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Rhôn’ Ô Lac

– Marie, Natalie, Bergamote, Christine, Sylvaine, Bernard, Jean-François, Nicolas, Adrien, Eric, Tom, Vincent et son fils, Valério, Yvan –

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Si de manière conventionnelle, il est d’usage de ne citer ces personnes qu’en fin de récit, reportage ou autres formes de narration, je choisis volontairement de violer ces règles fondamentales afin de mettre en lumière tous ces bénévoles qui dans l’ombre déploient une énergie incroyable, et qui ont pris sur leur temps libre pour que nous autres participants, puissions apprécier comme il se doit cet événement formidable que je m’empresse sans plus attendre de vous conter le plus fidèlement possible.

Il y a maintenant quelques mois, un ami me fait parvenir un lien web, symbole d’un événement pour le moins surprenant.

http://www.rhonolac.fr/

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L’architecture de ce nom de domaine résultant d’un assemblage très astucieux de deux mots qui me sont pour le moins familier me ferait presque penser à l’étymologie de mon propre blog « Entre Rhône & Lacs ». Je me hâte d’un clic de souris, et me rends expressément sur le site associé.

Arrivé à destination, je reconnais rapidement le logo du club de « Chambery Le Bourget Canoë Kayak ». En image de fond, j’aperçois l’Abbaye d’Hautecombe avec en premier plan une série de mots dont quelques-uns, se démarquant, illustrent à la perfection mon terrain de jeu :

« Lac du Bourget » – « Canal de Savières », et le plus beau à mes yeux : le « Rhône » !

Je repense aux anciens événements incontournables de l’époque : « Le Marathon du Haut Rhône », ou alors « La Translac ». Deux rassemblements, organisés, si mes souvenirs sont bons par Pierrot DESCOTES.

A la seule différence, et pas des moindres, que l’évènement qui aura lieu en Septembre prochain sera une manifestation non compétitive. Oui, vous m’avez bien lu :

« NON COMPETITIVE ».

Je ne rêve pas… Tout est clairement stipulé dans le règlement disponible sur le site. Sur ce même site trônent d’ailleurs fièrement, parmi les autres partenaires, les quatre lettres de la Fédération Française de Canoë Kayak qui attisent encore d’avantage ma curiosité et mon incompréhension.

Comment la FFCK, arborant fièrement la compétition, les résultats, etc… au détriment de la pratique loisir telle que nous la connaissons s’intéresserait subitement à un évènement de ce genre ?

En ma connaissance, et d’après les retours de beaucoup de kayakistes ayant fréquenté quelques clubs de la région affiliés à la FFCK, cette dernière ressemblerai à s’y méprendre à une entité comparable à un ogre tentaculaire, se délectant frénétiquement de toutes les activités liées à la compétition (course en ligne, slalom, etc…) et régurgitant avec un mélange de mépris et de dégoût les activités liées au loisir.

Très vite, je repense à une discussion passionnante que nous avions engagé sur le forum-kayak 3 ans auparavant. Je ne vais pas rentrer dans les détails au risque de sortir du sujet initial de ce récit, mais, comme à l’accoutumée, j’inviterai les plus curieux d’entre vous à consulter ce lien :

http://www.forum-kayak.fr/index.php/topic,10060.msg101094.html#msg101094

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En parlant du forum justement, il ne me faudra pas attendre plus longtemps pour faire la connaissance de Guigalis73, alias Yvan. Inscrit l’année dernière au club de Chambéry le Bourget dans la section loisir.

Une section qui lui, et d’autres pratiquants tiennent à mettre en valeur par l’intermédiaire justement de « Rhôn’Ô Lac ».

Malgré mon indépendance et mon côté « électron libre » dans ma pratique du kayak, je me décide malgré tout de prendre contact avec Yvan pour en savoir un peu plus sur ce qui nous attendra en Septembre.

Rapidement, le clavier laissera place à des conversations téléphoniques passionnantes avec même à la clé une sortie en commun dans l’un des plus beaux spots que peux nous offrir le Rhône :

La réserve du Haut Rhône.

J’en apprends un peu plus sur cette fameuse section loisirs bien décidée à valoriser sa philosophie du kayak de randonnée. Il est d’ailleurs dommage que l’activité ne soit pas davantage mise en avant sur le site officiel du club.

Espérons que l’événement « Rhôn’Ô Lac » change la donne.

Nous voilà donc à la date tant attendue :

Samedi 14 Septembre 2019

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Après avoir pris nos emplacements au camping de Conjux, on rejoint rapidement la plage.

Sur place, le stand principal où les bénévoles du club nous distribuent notre panier cadeau. A l’intérieur, une serviette micro fibres à l’effigie de l’événement, accompagnée de magazines et flyers sur les lieux touristiques incontournables à proximité.

Trois tickets de différentes couleurs nous sont remis également.

  • Un pour justifier de notre inscription à l’événement et ainsi bénéficier d’un titre gratuit pour visiter l’Abbaye d’Hautecombe.
  • Le deuxième, qui nous permettra de nous restaurer le soir.
  • Le rôle du dernier ticket sera similaire, mais pour le repas du lendemain à midi.

D’autres stands sont également présents:

  • Attitude Outdoor, magasin de kayak, SUP etc… situé à Thonon Les Bains présente quelques modèles de kayaks et canoës de la marque Gumotex ainsi que des Paddles gonflables. J’aurai d’ailleurs l’occasion d’échanger un peu avec Laurent NICOLET venu prêter main forte au gérant du magasin.
  • Un peu plus loin, un autre stand occupé par Philippe, qui réalise à ses heures perdues des pagaies traditionnelles en bois. Pagaies similaires à mon Alpine Paddle que j’utilise depuis bientôt 2 ans.

L’ambiance générale flirte avec une convivialité sans précédent. On est loin, très loin de cette « oppression » que l’on peut parfois ressentir quelques secondes avant le départ d’une course ou tout autre compétition.

Une majorité de kayaks de mer et Sit On Top sont présents. Accompagnés de quelques gonflables, canoës, et paddles.

Tous prennent la direction de l’Abbaye d’Hautecombe aux alentours des 14h00. Un trajet que je connais depuis maintenant quelques années.

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Pas de timing à respecter, chacun voguera à son rythme sur la partie nord du lac.

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Débarquement sur une petite plage juste en dessous de la Grange Batelière, où nous sommes accueillis par quelques bénévoles nous aidant non seulement à débarquer, mais également à porter nos kayaks afin de les ranger côtes à côtes et permettre ainsi au plus grand nombre d’apprécier comme il se doit la visite de l’Abbaye.

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Autre détail, un vestiaire est mis en place, nous permettant de troquer aisément notre look de kayakiste contre un autre, beaucoup plus conventionnel pour visiter l’exposition sur les Ducs de Savoie à la Grange Batelière et l’Abbaye d’Hautecombe.

Il nous faudra cependant respecter l’horaire de rassemblement prévu vers 18h30 pour le briefing de la navigation nocturne qui doit commencer vers 21h00.

En effet, tout l’intérêt de l’événement « Rhôn’Ô Lac », sera de pouvoir naviguer de nuit. Quand à la date du 14 Septembre, elle n’a pas été choisie au hasard. Le calendrier lunaire a été consulté au préalable par l’organisation pour nous permettre de pagayer à la pleine lune.

Cet événement convivial me permettra également de faire connaissance avec de nouvelles têtes.

Je pense à ce trio Helvétique: Xavier, Yves, et Coralie, venus tout droit de Genève avec leurs kayaks pliants.

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C’est d’ailleurs l’originalité de leurs embarcations qui a joué le rôle de catalyseur dans notre rencontre. Je les revois au loin, acheminant jusqu’à la plage avec une facilité déconcertante leurs kayaks à l’épaule, synonyme d’un poids plume par rapport à une longueur proche des 5,20m. J’évoquais dans ma tête le Wisper de Feathercraft. Une fois la conversation engagée, il se révélera que leurs bateaux sont de la marque Nortic. Un fabriquant Allemand qui propose une gamme très intéressante de kayaks pliants.

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Leurs modèles, l’Argo, est un kayak d’expédition qui leur a permis de parcourir une grande partie de la baie de Disko au Groenland.

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Je ne vous en dis pas davantage et vous invite sans plus attendre à vous rendre sur le blog riche en informations et rédigé avec passion de Xavier:

https://diskooooooo.blogspot.com/

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Voilà ce que je suis venu chercher pendant cette manifestation. Si il est évident que côté spot de navigation, le coin n’a plus grand chose à m’apprendre, j’avais dans l’espoir de pouvoir rencontrer et échanger avec d’autres kayakistes pendant ces deux jours.

Mais ce qui enfoncera le clou, sera ma rencontre avec Fred. Un kayakiste passionné qui habite à seulement 2 km de chez moi. Il a à son actif plusieurs sorties en mer, mais également sur les rivières du coin que j’ai déjà pu parcourir comme le Séran. Il a également réalisé le parcours du Furans, une rivière que je convoite depuis bientôt 2 ans. Une discussion engagée et passionnante avec un flux d’informations à la seconde dépassant toutes mes espérances, prend forme entre nous.

Le briefing pour la navigation nocturne commence. Un tube de cyalume nous sera remis, accompagné de quelques consignes de bases sur la sécu.

Une fois terminé, nous passons au traditionnel apéritif. Ce dernier, à ma grande surprise nous est offert par l’organisation. Je repense à quelques amis sceptiques quand au tarif d’inscription et qui n’ont pas oser franchir le pas. Tant pis pour eux. Nous passons maintenant au repas, et c’est avec une énorme et délicieuse croziflette réalisée par le traiteur Prest’Assiette que nous nous délectons. L’organisation du repas est d’ailleurs gérée de manière astucieuse. Une fois le ticket remis, le plat nous est servi dans une assiette en porcelaine blanche. La croziflette terminée, il nous faudra rendre cette assiette pour bénéficier du dessert et du café.

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21h00

Nous prenons place dans nos kayaks pour une destination similaire à ce que l’on a pu faire dans l’après midi.

Je me remémore le programme du site officiel:

« Navigation à la pleine lune vers la grotte Raphaël et l’Abbaye d’Hautecombe ».

Contre toute attente, une fois la digue du Château de St Gilles franchie, nous sommes comme happés par une musique jazz venue tout droit de la nouvelle Orléans. Elle nous guide vers une barge sur laquelle trônent les musiciens du groupe:

« Red Pepper Sauce ».

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Chaque kayakiste prend place autour de cet univers presque irréel. Nous sommes tous agglutinés, comme hypnotisés par non seulement cette musique, mais également par cette ambiance surréaliste. Nous nous laissons dériver lentement à mesure que nous apprécions chaque morceau du groupe. Volontairement ou non, les kayaks se mélangent les uns aux autres. Le spectacle global ressemblerait à s’y méprendre à un ballet d’aimants s’attirant et se repoussant avec douceur au rythme de la nouvelle Orléans.

Malheureusement, la faible luminosité et le peu de matériel dont je disposais à bord, ne me permettra pas d’obtenir des clichés de qualité. Même si elles sont à des années lumière de pouvoir rendre hommage à cet événement incroyable, je vous propose néanmoins quelques photos floues pour vous donner un petit aperçu de cette ambiance.

Le concert terminé, nous retournons tous à notre camp de base sur la plage de Conjux.

Encore une fois, l’organisation et les bénévoles sauront nous surprendre en nous offrant un bon vin chaud.

Tout a été pensé jusqu’au bout. Inutile de s’encombrer à cette heure ci de nos embarcations. Il nous faudra juste les acheminer à l’intérieur du terrain de tennis de la commune situé à une dizaine de mètres de la plage. Ce dernier sera fermé et surveillé par des bénévoles qui dormiront à proximité.

Dimanche15 Septembre 2019

Rendez vous à 9h30 pour une navigation matinale sur la partie Nord du lac et sur le canal de Savière pour rejoindre Chanaz. Comme pour la veille, chaque kayakiste évoluera à son rythme.

Une fois la commune de Chanaz franchie, rendez vous sur la rampe de débarquement du barrage de Savières (Frontière entre le canal de Savière et le Rhône).

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Le site, désert habituellement, sera garni d’un chapiteau et de tables pour le repas de midi.

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Des toilettes sèches installées à l’occasion sont même à disposition.

Une fois de plus, le traiteur officiel Prest’Assiette sera nous surprendre grâce à un plateau repas garni avec générosité. Nous dégustons tous notre repas avec une vue imprenable sur le canal de Savières, le Rhône et le Grand Colombier trônant fièrement au loin.

Pour cette dernière partie de l’événement, deux solutions s’offrent à nous.

  • Ceux qui le souhaitent peuvent remonter le canal de Savière et rejoindre la plage de Conjux pour clôturer la journée.
  • Quand aux autres, il leur sera possible de naviguer sur le Rhône en aval du barrage de Savière et rejoindre Lucey, terminus de la balade.

Mon amour pour le Rhône me poussera à choisir sans hésitation la deuxième option. J’en profite pour convaincre mes amis Suisses rencontrés la veille et leurs bateaux fantastiques de venir nous rejoindre pour cette mini expédition. Hésitants au départ, ils cèderons devant mes arguments passionnés faisant hommage à ce fleuve que j’apprécie tant.

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Et c’est encore une fois aidés par les bénévoles de l’association que nous acheminons nos kayaks à l’embarquement prévu en contrebas du barrage. Nous en profitons pour remercier chaleureusement toute l’équipe et les bénévoles présents qui ont su rendre ces instants magiques avant de nous engager vers un Rhône qui se sera mis sur son 31 pour nous offrir d’excellentes conditions de navigation.

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En effet, une eau calme, lisse et silencieuse nous portera tranquillement vers les grondements du seuil de Fournier. Habituellement, en sortie de barrage, cette même eau est trouble, voir laiteuse. Mais l’absence de pluie depuis bientôt plusieurs semaines nous offrira une transparence certes timide, mais suffisante pour que l’on puisse entrevoir le fond du lit tapissé de galets ronds et lisses que seul le Rhône sait nous offrir.

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Une fois le seuil franchi, j’invite mes compagnons à rejoindre la lône de Moiroud. Un trésor réservé aux avertis. Seul et sans repères, le kayakiste lambda se contentera de rester sur le tronçon principal du fleuve sans même s’apercevoir qu’il sera passé à côté de l’entrée de la lône.

Le Rhône s’incline légèrement, nous offrant quelques dénivelés, synonymes de petits courants et d’accélérations, variant le parcours avant d’entrer dans cet endroit magique:

La lône de Moiroud.

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Anciennement, le Séran se jetait directement dans le Rhône. Mais les aménagements de la CNR dans les années 70 ont contraint cette rivière à passer dans un siphon artificiel situé en dessous d’un canal aménagé pour ressortir et rejoindre le Rhône en servant d’affluent à la lône de Moiroud circulant à proximité.

C’est une fois à l’intérieur de ce sanctuaire que nous apprécierons les premières couleurs timides de l’automne. En effet, le feuillage de quelques arbres d’un vert pourtant intense, commence à varier légèrement vers quelques teintes jaunâtres. Notre trio Helvétique, habitué au Rhône à proximité de Genève se laissera apaiser par la magie du Rhône en ces lieux. L’eau qui était en amont légèrement transparente deviendra cristalline. A tel point que la faible profondeur mélangée à cette même eau flirtant avec l’invisible nous ferait presque croire que nous lévitons sur les galets. L’ombre de notre embarcation se reflétant directement sur ces derniers avance à mesure de notre progression tel un oiseau volant près du sol.

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Nous rebrousserons chemin pour rejoindre le tronçon principal.

La vue sur le vignoble de Jongieux que nous pouvons apercevoir en amont du pont de Lucey est juste splendide.

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Cette même vue symbolisera la fin de notre petit voyage. Une fois le pont franchi, nous débarquerons rive gauche en amont du seuil de lucey pour réaliser la navette de retour.

L’événement « Rhôn’Ô Lac » s’achèvera pour nous.

Que dire de ces deux jours et de cette manifestation non compétitive?

Une énergie incroyable déployée par une équipe de kayakistes de loisirs passionnée. Beaucoup de doute et de stress pour l’organisation d’après ce que j’ai pu échangé avec Yvan. Mais sachez que vous avez été largement à la hauteur voir au delà. Préparez vous pour l’année prochaine… Quelque chose me dit que le nombre de participants risque d’augmenter de manière exponentielle.

Je vous dit donc un grand bravo à vous tous! Très heureux d’avoir pu faire votre connaissance et j’espère sincèrement que nous aurons l’occasion de se rencontrer à nouveau sur l’eau!

Rendez vous pris pour 2020!

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CORNETTO Yves

L’album photos complet:

 

 

Vers de nouveaux horizons

Ceux qui ont suivi le dernier compte rendu « Le Séran et ses Secrets » de notre Blog ont forcément remarqué notre attrait récent sur la navigation en KG (Kayak Gonflable).

Bien que le kayak de mer occupe et occupera toujours une place importante dans notre pratique, nous avons néanmoins décidé de changer radicalement de cap afin d’explorer de nouveaux spots et cours d’eau que peut nous offrir notre belle région « Entre Rhône & Lacs ». 

Je vous invite donc, non pas à vivre par procuration une nouvelle aventure sur l’eau, mais plutôt à découvrir ces nouveaux jouets venus d’ailleurs qui nous offrirons un complément de navigation non négligeable.

Je reprends le fil des événements suite à notre dernière sortie sur le Séran en Juin dernier, qui a agit comme un catalyseur. En effet, l’issue de ce parcours mémorable m’a poussé à en savoir davantage sur ces bateaux quitte à investir dans un modèle plus petit que le Solar afin de gagner en poids et m’économiser d’une logistique fastidieuse.

Il s’agit ni plus ni moins du Safari de la gamme Gumotex.

Présenté initialement comme un bateau de randonnée sur le site officiel, il a l’avantage par rapport aux autres modèles d’être auto-videur. Un détail important qui faisait cruellement défaut au Solar et qui nous obligeait à nous arrêter pour vider le kayak lorsque ce dernier était rempli d’eau. De plus, il est même conçu pour affronter des rivières de classe IV. Ses sangles cale cuisses permettent justement un contrôle précis sur la gîte.

J’avais en Décembre dernier fait connaissance avec ce petit jouet d’une maniabilité remarquable, et cette expérience m’avait laissé des souvenirs impérissables.
Pour les retardataires, je vous invite à consulter le compte rendu de cette navigation hivernale.

Après moulte hésitations, nous décidons, Lionel et moi-même de franchir le pas et de commander 2 Safaris chez Randovive.

Afin de faire plus ample connaissance avec ce nouveau kayak, je vous propose ma première séance d’Unboxing :

Nous y sommes enfin. Après avoir réceptionné les deux colis via Randovive, nous allons faire connaissance avec ce nouveau bateau prometteur. Pour commencer, voici le carton d’emballage à l’effigie de la marque « Gumotex »

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Une fois ouvert, le sac à dos étanche Gumotex dans lequel se trouve le kayak. Très pratique car une fois le bateau gonflé, il pourra être utilisé pour stocker nos affaires sensibles à l’humidité pendant la navigation.

Avant d’aller plus loin, je tenais également à vous présenter la « K-Pump K100 ». J’avais eu l’occasion de la tester lors d’essais de canoës Gumotex et je l’avais trouvée plus pratique pour gonfler le bateau qu’une pompe classique.

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Elle est fournie avec une housse de rangement et divers embouts. Je ne sais pas si c’était fait exprès mais celui fixé d’origine correspond pile poil aux valves du Safari.

Revenons donc sur notre sac étanche. A l’intérieur se trouve le kayak plié dans du papier à bulles, une boîte bleue contenant un kit de réparation en cas de crevaison, mais également un embout compatible avec les pompes à pied, une éponge, une dérive, et un sac filet dans lequel on trouvera les sangles cales cuisses que l’on développera plus tard…

Une fois déballé, il faudra avant d’aller plus loin, de fixer le siège à l’aide de deux cordes noires, avec lesquelles on adaptera l’une des extrémités des sangles cales cuisses.

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Une fois ces dernières fixées, passer l’autre extrémité dans la bride de réglage à l’avant du kayak. On en profitera pour fixer également le cale pieds.

A cette étape, la K-Pump K100 entre en action. Je commence par le fond du kayak. Aucun soucis, l’embout s’emboite parfaitement et le gonflage se fait avec une rapidité remarquable.

Le gonflage des boudins latéraux se complique un peu avec la K100. Il faut vraiment trouver le « bon » angle pour que la pompe reste bien emboîtée pendant l’opération. Un peu galère au début, mais avec un peu d’habitude et après quelques sorties ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

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Une fois les trois compartiments gonflés, reste plus qu’à ajuster les sangles cale cuisses ainsi que la pression du dossier du siège pour un confort optimal.

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Reste plus qu’à tester tout ça!

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Dimanche 30 Juin 2019

C’est à l’occasion d’une sortie organisée à l’improviste via le site www.forum-kayak.fr que je vais pouvoir faire mes premiers pas avec ce Safari.

Pour information, j’ai pris le soin de ne pas démonter le siège du kayak et les sangles lorsque j’ai replié le bateau. Ce qui me fera gagner un temps considérable pour la préparation du kayak.

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Pour le lieu, ce sera la réserve naturelle du Haut Rhône pour un parcours d’environ 8 km. Une distance volontairement réduite à cause de la météo. Pas de mauvais temps annoncé, c’est même tout le contraire. La région est en vigilance canicule et les températures à l’ombre sont annoncées aux alentours des 40°c en milieu de journée. L’horaire sera même avancé pour une mise à l’eau sur le coup des 6h30.

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Rendez vous donc avec Hugo à 5h30 pour laisser une voiture à l’arrivée et nous rendre sur le point de départ avec l’autre véhicule. Le temps de prendre un bon café et nous voilà en route.

Malgré l’horaire très matinal, nous nous sentons déjà alourdis sous le poids écrasant de cette chaleur.
Hugo possède également un kayak Gumotex: Le SeaWave. Il va d’ailleurs lui même inaugurer son nouveau bateau.

Je regarde les deux sacs de rangements stockés l’un contre l’autre à l’intérieur du coffre de la voiture pour me rendre compte à quel point la logistique est beaucoup plus souple à organiser.

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6h30

Sous le pont de la Bruyère, une fois sortis de leurs sacs, nous « déroulons » nos bateaux avant de leur administrer les quantités d’air nécessaires pour leur donner leur forme définitive. Je suis impressionné par la rapidité de la préparation de mon Safari. J’estime guère plus de 5min le gonflage du fond et des boudins latéraux ainsi que le siège et les cales pieds. Mon Solar, de taille plus imposante nécessitait une bonne dizaine de minutes.

Sans plus attendre, nous nous lançons sur le bras principal du Rhône.

Comme je pouvais m’y attendre, la navigation n’a rien à voir avec un kayak de mer. Si le gain en maniabilité est indéniable, je ne peux pas en dire autant de l’inertie. J’arrête à peine de pagayer que le bateau tourne sur lui même. La vitesse bien que plus lente n’est pas médiocre pour autant. On arrive malgré tout à tenir un rythme raisonnable pour se faire plaisir sur de la petite randonnée comme nous allons le faire aujourd’hui.

Une fois à l’intérieur des lônes, ce petit kayak va me montrer une bonne partie de ses atouts grâce à sa maniabilité remarquable, qui me sera d’une grande aide pour me « faufiler » au travers des branchages, et autres obstacles dans ces petits cours d’eau.

Huit kilomètres qu’on aura négocié assez rapidement. Peut être même un peu trop rapidement justement pour que je puisse apprécier davantage mon Safari.

 

Dimanche 7 Juillet 2019

Une semaine s’est écoulée, et je vais pouvoir à nouveau tester d’autres capacités de mon Safari, pour ne pas dire « ses » capacités principales pour lesquelles il a été conçu: La navigation en eaux vives.

Ne pratiquant pas en club, il me sera difficile d’apprendre les fondamentaux nécessaires pour évoluer correctement et en toute sécurité dans cet univers qui m’est pour l’instant inconnu.
Mais c’était sans compter sur la générosité incroyable de Laurent NICOLET avec qui j’ai pu organiser cette sortie la veille au dernier moment.

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Laurent NICOLET, pour ceux qui ne le connaisse pas encore, c’est un personnage charismatique de la pratique en eaux vives et en raft, mais également un passionné des rivières de France qui a d’ailleurs écrit un ouvrage « Rivières nature en kayak gonflable » disponible aux éditions « le Canotier ». Sa passion va bien au delà des frontières car il a également parcouru le Grand Canyon.

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Pour être bref et sans aller dans les détails, je vous propose de visionner la vidéo ci dessous dans laquelle il se déchaîne dans ce fleuve qui paraît indomptable à bord justement d’un Gumotex Safari.

Rendez vous donc à 8h30 sur le parking à proximité du camping de Yenne.

Au programme, descente du Rhône sur un peu plus d’un kilomètre pour rejoindre le bassin d’eaux vives.

Une fois sur place il nous faudra se « familiariser » avec la rivière (artificielle) et apprendre à lire les courants.

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Pour « démystifier » cette « peur » ancestrale que nous avons nous, novices de ces courants incroyables, il nous faudra comme le dit l’expression qui n’a jamais pris autant de sens ce jour là:

« Se jeter à l’eau »

Une étape de l’apprentissage fondamentale, qui aura pour effet d’annihiler nos préjugés sur les rivières.

Une fois à l’eau, on se laissera porter par les courants jusqu’à saisir les contres courants pour rejoindre la rive.

Malgré beaucoup d’appréhension au départ, on se prendra rapidement au jeu, quittes à recommencer tels des enfants surexcités devant le superbe toboggan nautique d’un parc d’attractions. A la seule différence que l’on s’économisera d’un billet d’entrée au prix bien souvent astronomique, mais également de la file d’attente interminable avant de goûter aux plaisir d’être propulsés par ces courants.

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On choisira dans un premier temps de travailler les fondamentaux de la navigation en eau vive en aval du bassin, et faire par la même occasion connaissance avec des mots que j’avais déjà entendu par le passé, mais qui raisonnaient dans ma tête comme du chinois:

Les « Bacs », les « Stops » et les « Reprises » de courants.

Rapidement, on se surprend tous à pouvoir, tels des truites ou des saumons, remonter le courant et jouer avec.

On appréciera les sangles cales cuisses qui, une fois bien réglées nous permettrons d’avoir un contrôle précis sur nos Safaris.

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Sur la fin de la séance, on tente même une descente avec plus ou moins de succès sur une partie du bassin d’eaux vives.

On finira la séance par une balade dans les Gorges de la Balme et le défilé de Pierre Châtel avant de rejoindre notre point de débarquement à Virignin.

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Superbe sortie donc, qui me permettra de prendre encore d’avantage de recul et faire encore plus ample connaissance avec mon nouveau jouet le Safari dont je ne suis pas prêt de me lasser.

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Je remercie mille fois Laurent pour ces cours privilégiés et le prêt pour mes amis de quelques bateaux tests.

Je ne manquerai pas de vous faire un retour sur les prochaines expériences à venir avec ce kayak.

 

Les photos de la sortie du Haut Rhône:

 

Les photos de la séance eaux vives:

Boucle sur le Rhône de Massignieu de Rives à Seyssel

Encore une sortie insolite, que l’on pourra désormais ajouter à notre tableau de chasse.

Voilà maintenant quelques semaines que je guette scrupuleusement le débit du Rhône dans l’espoir que ce dernier n’excède pas 200 m3/s (débit mesuré sous le pont de la Loi).
En effet, au delà de ce seuil, il nous sera alors impossible de remonter le fleuve à contre courant, et plus particulièrement dans le secteur du Pont de la Loi. Le débit du Vieux Rhône additionné à celui de son canal en sortie du barrage de Châtel va générer un courant important qui en plus de gagner en intensité, nous stoppera net, voir nous fera reculer comme ce fût le cas au mois de Mai l’année dernière (débit enregistré supérieur à 500 m3/s).

Nous allons au travers de ce parcours audacieux côtoyer 3 départements: l’Ain, la Savoie et la Haute Savoie. Comme je l’ai déjà conté dans ce blog, le Rhône n’est pas une frontière, c’est à mes yeux au contraire un lien profond qui nous unis tous, Bugistes (Pour ne pas dire Aindinois, nom trouvé récemment par le conseil départemental de l’Ain afin de pouvoir enfin nous nommer), Savoyards et Hauts Savoyards.
Le hasard à voulu qu’en cette journée exceptionnelle, chaque département soit représenté par un kayakiste.

Lionel, habitant Valmeinier (Savoie)
Cédric, moniteur de kayak au sein du club de Sévrier (Haute Savoie)
Moi même, habitant du Bugey (Ain)

Et en bonus… Notre ami Rikou, qui malgré un passage difficile à l’heure d’été, viendra compléter le groupe représentant son département qui n’a d’autre nom que celui du fleuve que l’on va parcourir.

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Embarquement au Port de Massignieu de Rives

Le départ se fera du port de Massignieu de Rives.
C’est un lieu calme et idyllique, loin des zones où se regroupe la population et le tourisme de masse.

L’objectif est de rallier Seyssel en arpentant 23 km à contre courant principalement sur le canal de déviation afin de se réserver le meilleur (Vieux Rhône) pour la suite.

Dès le départ, Cédric prend une nette avance sur nous. En effet, de part son expérience et son embarcation taillée pour la vitesse, il est évident que nous ne boxons pas du tout dans la même catégorie.

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Malgré tout, le lien entre nous se construit progressivement à mesure que nous avalons les kilomètres.

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Sur le Rhône principal à hauteur de Culoz avec vue sur le Grand Colombier

Après avoir franchi sans encombres le pont SNCF de Culoz, nous voilà maintenant dans la zone tant redoutée, celle du Pont de la Loi. Malgré un débit mesuré en dessous des 200 m3/s, on ressent pleinement la force du courant. On voit l’eau défiler, nous faisant presque croire que nous gagnons en vitesse. Mais en scrutant au travers de ces reflets cristallins, nous apercevons les galets tapis au fond qui peinent à avancer sous nos yeux.

Il va falloir jouer avec les quelques contres courants générés par les piles de pont ou les berges adjacentes pour s’économiser dans cette ascension.

Une fois l’ouvrage franchi, nous rejoignons rapidement le canal de déviation pour s’extraire au plus vite des courants résiduels afin de pouvoir souffler un peu.

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Petite pause en amont du Pont de la Loi sur le canal de déviation.

Notre prochain objectif, rallier le barrage de Châtel pour notre premier portage de la journée.
Les demandes en électricité étant moindres le week end, le canal en sortie du barrage présente peu de courant. La planéité parfaite de l’eau en surface nous ferait presque croire que nous naviguons sur un lac.

Rapidement, l’ouvrage convoité se dessine devant nos yeux et la rampe de débarquement apparaît quelques minutes après.

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Petite pause au barrage de Châtel.

Dernière partie du canal avant de rejoindre le fleuve principal en amont du barrage de Motz. Un canal long de 5 km dont une partie est constituée d’une ligne droite quasi parfaite sur 3,5 km.

A ce niveau du parcours, le Grand Colombier qui régnait en maître sur la partie sud cèdera sa place au massif du Grand Crêt d’Eau dominant le Nord. Il en impose d’avantage avec presque 100 mètres d’écart que notre géant du Bugey.
Quelques dernières traces de neige persistent sur son sommet. Signe que malgré un soleil bien présent, il n’est pas encore temps de tomber la veste. D’ailleurs un vent frais venu du nord viendra chatouiller notre visage, parasitant légèrement notre remontée.

Nous arrivons maintenant à proximité du barrage de Motz, symbole de notre deuxième portage que nous effectuerons tout à l’heure, après avoir fait demi tour à Seyssel.

Seyssel…

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Seyssel (Haute Savoie)

Cette, ou plutôt ces deux communes homonymes sont limitrophes l’une de l’autre, séparées par le Rhône.

Ces deux entités vivent en harmonie reliées par 2 ponts.
Un premier à haubans, mis en service en 1987 que nous apercevons au loin, nous guidera jusqu’à l’entrée de la ville.

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Arrivée sur Seyssel avec vue sur le pont à haubans

Quand au deuxième, il ne tardera pas à se dévoiler une fois son cadet franchi.
Le « Pont de la Vierge Noire » ou « Vieux Pont de Seyssel » date de 1840 et représente un lien fort entre ces deux communes situées sur deux départements différents (Ain & Haute Savoie).

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Entrée dans Seyssel avec au loin le Pont de la Vierge Noire

Je faisais référence à plusieurs reprises dans mes récits précédents sur l’émotion forte et poignante que je pouvais ressentir lors de mes traversées de Lyon en kayak. A plus petite échelle, je découvre que Seyssel, parcourue dans le sens inverse du Rhône procure autant de magie. A ce décor, s’ajoute également une ambiance calme et reposante.
Nos premiers 23 km vont prendre fin une fois le Pont de la Vierge Noire contourné. Quelques passants nous regardent, étonnés de nous voir avancer dans le sens inverse à la normale.
Seyssel sonnera comme une récompense de cette remontée à contre courant.
Une autre façon peu orthodoxe de parcourir le Rhône certes, mais le fait de revenir en arrière sur ce fleuve nous offre de nouvelles perspectives, de nouveaux paysages, de nouveaux angles de vue. Je me délecte de ces instants où ce sport que nous pratiquons, se mélange à tant de poésie.

Depuis mes premières expériences de kayakiste, j’ai toujours été frustré de ne pas pouvoir prendre d’avantage le temps nécessaire pour apprécier cette ville au fil de l’eau et lui donner la place qu’elle mérite dans mon coeur.
Majoritairement, Seyssel ne représentait qu’une étape de départ que l’on regardait à peine, préférant se focaliser vers l’issue de nos expéditions.

Cette euphorie restera dans ma tête durant tout le reste de la journée, au point de voler la vedette au Vieux Rhône que j’apprécie tant.

Nous rejoindrons d’ailleurs cette partie du fleuve après avoir englouti le repas sur les berges de Seyssel et effectué le portage traditionnel du barrage de Motz.

La succession des petits rapides assaisonnera notre parcours qui était, il faut le dire monotone sur les portions canalisées.

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Le Vieux Rhône et ses petits rapides bienfaiteurs.

Nous retrouverons par la suite rapidement l’une d’entre elles que nous avons parcouru le matin, reliant Lavours à Massignieu de Rives.

Cette dernière portion nous paraîtra interminable avant de pouvoir franchir le pont reliant la commune de Cressin Rochefort à Massignieu de Rives pour ensuite apercevoir le lac du Lit Au Roi avec en arrière plan le Mont du Chat.

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Rikou sur le Lac du Lit au Roi

Le compteur kilométrique atteindra les 48 km qui symboliseront la fin de notre parcours.

Quelques courbatures et ampoules aux mains, mais qu’importe, comme à l’accoutumée, cette sensation de bien être qui s’empare de nous à chaque sortie prendra le dessus, alimentant notre esprit vers de prochaines aventures.

 

CORNETTO Yves

 

86 Km entre le Rhône et le Lac du Bourget

86 Km entre le Rhône et le Lac du Bourget.

Bonjour à tous!

Ca y est!

Fiers de vous annoncer que nous venons de boucler notre dernier défi, à savoir:

Parcourir plus de 80km sur le Rhône et le Lac du Bourget en une journée seulement.

Le projet initial, au stade encore embryonnaire à l’époque, n’avait pas grand chose à voir. Le but était de faire le tour des 4 lacs: Lac d’Annecy, Lac du Bourget, Lac d’Aiguebelette, Lac de Paladru. Un défi hors norme sur la distance (100km au total). Mais très vite on s’est heurté avec Lionel à un gros soucis logistique: Le transfert entre chaque lacs qui allait nous faire perdre énormément de temps.

On opte donc pour une autre idée: Boucler le Rhône et son canal de déviation de Virignin à Yenne, en passant par le lac du Bourget.

Tout aussi ambitieux, mais malheureusement irréalisable faute de débit trop important du fleuve qui allait compliquer fortement notre remontée à contre courant sur le canal.

Au final, le projet sera le suivant:

Départ du camping “Le Nant Matraz” à Seyssel.
Descente du Vieux Rhône jusqu’à Chanaz.
Remontée du Canal de Savières.
Le tour complet du Lac du Bourget.
Descente du Canal de Savières pour rejoindre le Vieux Rhône.
Fin du parcours au camping “Le Kanoti” à Yenne.

La date n’a pas non plus été choisie au hasard.

Samedi 23 Juin est le premier week-end après le solstice d’été. Parcourir 80 Km allait nous demander beaucoup de temps. Hors de question de terminer la nuit.

Voilà maintenant plusieurs mois que nous attendions le jour J.

Impatients d’en découdre avec ce défi hors normes.

La veille au soir, rendez vous à notre point de départ: Le camping “Le Nant Matraz”.

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Camping le « Nant Matraz »

L’équipe de fadas sera constituée de Lionel, avec qui nous avions fait mûrir ce projet ambitieux.

Ludo, qui répond souvent à ce genre d’aventures. Il a le profil idéal pour mener à bien cette expédition et sera un précieux atout.
Et moi même.

La vue sur Seyssel depuis le camping est tout simplement magnifique. J’en profite pour faire quelques clichés avant le coucher du soleil.

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Vue sur Seyssel

J’aime prendre le temps d’apprécier ces instants de transition.… Transition qui tranche entre cette attente interminable de voir le projet se réaliser, et les quelques heures qui précèdent avant de commencer à concrétiser ce dernier.
C’est peut être étrange de raisonner ainsi, mais on pourrait comparer ces quelques heures au dernier jour de travail de la semaine.
Ces moments d’euphorie que nous connaissons tous lorsque l’on se retourne une dernière fois pour fermer la porte de son bureau un vendredi en fin d’après midi.
Lorsque l’on monte dans sa voiture pour s’abandonner à nos projets du week end qui ont mis tant de jours à gamberger dans nos têtes.
Le bruit que fait la clé lorsqu’elle s’introduit dans le neiman, juste avant de démarrer.. On l’entend tous les jours, et pourtant, juste à cet instant, ce même bruit, à une saveur toute particulière.

C’est un sentiment que je ressens constamment la veille d’un périple ou même d’une sortie à la journée.

Vous l’aurez deviné, le sommeil aura été difficile à trouver.

 

Samedi 23 Juin.

4h00 du matin.

Le bruit du zip de nos toiles de tente sonne comme un départ. Comme il m’a manqué ce bruit. Il me rappelle les jours de notre périple sur le Rhône en Septembre dernier avec Lionel, mais également les autres sorties de plusieurs jours effectuées avec les membres du forum.

Tout se fait machinalement.

On plie nos sacs, les matelas sont dégonflés, les tentes rangées…
Ludo nous prépare un bon café avec sa cafetière italienne. Son goût prononcé m’enivre comme une petite mise en bouche dans un restaurant gastronomique.

Le plat principal se dévoile…

Il commence par le Rhône qui nous tend les bras.

J’ai faim!!!

Un vide énorme qui nous tarde de combler en avalant ces kilomètres qui nous attendent.

Les conditions sont, comme j’ai l’habitude de le dire: “Aux petits oignons”. Une fenêtre météo généreuse… Juste un vent du Nord qui risque de compliquer notre retour sur le lac du Bourget, mais qu’importe. Notre motivation est sans failles.

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Rampe d’embarquement du camping

Le Rhône…

Nous voilà sur la rampe de mise à l’eau.

Le niveau a légèrement baissé depuis hier, mais le débit est toujours aussi important. Je l’estime visuellement à 500m3/s.
Lionel et Ludo embarquent en premiers. Ils m’attendent, immobiles dans un petit contre courant.
Je glisse mes jambes à l’intérieur de l’hiloire. Impatient de ne faire qu’un et de vivre la journée entière en symbiose avec mon kayak.
A peine sortis du contre courant, que nous voilà propulsés rapidement sur le fleuve.

Je ressens pleinement sa toute puissance. L’année dernière à la même époque, il avait une triste mine avec un débit quasi inexistant. Mais aujourd’hui il a retrouvé toute sa vigueur. C’est lui le patron, lui qui nous dictera les règles du jeu jusqu’à Chanaz.

Seyssel est splendide depuis le Rhône. Depuis mes débuts de kayakiste, je ne compte que sur les doigts d’une seule main les fois où j’ai côtoyé ces lieux sur le Rhône.

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Le vieux pont de Seyssel

Je tente quelques clichés de cet instant inédit. Il fait encore nuit et le jour apparaît timidement. Le jeu des lumières du vieux pont sur le cours d’eau ajoute du relief au fleuve qui renvoie cette même lumière un peu partout. J’essaye de restituer le plus fidèlement possible ce spectacle dans ma Gopro. Pas évident à vrai dire. La faible luminosité et le courant important m’obligent à rester vigilant.

En moins de temps qu’il ne le fallait, nous voici à la rampe du barrage de Motz pour notre premier portage.Ce sera le plus long de la journée. En prévision avec Lionel, on avait décidé de ne pas s’encombrer de chariots, mais au final, nous regretterons notre choix en prenant un temps fou à porter nos embarcations. En refusant cette solution stratégique par peur d’être trop encombrés, nous allons perdre de précieuses minutes sur notre timing.

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Embarquement en aval du barrage de Motz

Mais c’était sans compter sur le débit incroyable du Rhône.

Une fois à l’eau, nous sommes à nouveau portés par le courant généreux et soutenu du fleuve. Le kilométrage de la journée étant à peine entamé que nous pulvérisons notre propre record de vitesse sur la portion Motz Chanaz.

Le Rhône ne cesse de me surprendre. A chaque fois que je lui rend visite, il m’offre un visage différent. Il change sans arrêt d’aspect. Je ne m’en lasse jamais.
Ludo parvient même sans forcer à faire une pointe de 20 Km/h. Nôtre vitesse moyenne oscille entre 9 et 10 Km/h.
Juste avant d’aborder Culoz, on assiste à un spectacle grandiose.

Le lever du soleil.

Sur le Grand Colombier, la bande d’ombre le recouvrant s’abaisse à mesure que le soleil prend de l’ampleur. Elle glisse tout le long pour s’évanouir au pied de la montagne. La lumière est incroyablement belle. Elle est douce, laissant entrevoir toutes les facettes du paysage baignant dans ses rayons. A cette heure, l’atmosphère n’est pas encore laiteux. Tout est clair, parsemé de détails aussi infimes soient ils.

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Lever de soleil sur le vieux Rhône

S’ajoute à ce spectacle visuel, une ambiance sereine. Peu de bruit à cet heure ci. Nos congénères sont encore couchés. Nous sommes seuls, intimement liés à la nature qui se dévoile à nous timidement. Elle nous offre en primeur son plus beau visage en ce début de journée.

Le Grand Colombier, comme à son habitude nous domine jusqu’à Chanaz. Il a revêtu pour cette journée exceptionnelle sa plus belle panoplie d’arbres garnis d’un vert chatoyant à souhait. Un délice pour les yeux.

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Le Grand Colombier

Chanaz se dessine désormais devant nous. Rapidement, nous extrayons nos kayaks de l’eau pour le portage traditionnel qui nous fera quitter le Rhône et aborder ainsi le canal de Savières.

On se retourne face au Grand Colombier admiratifs devant la première étape de notre parcours accomplie. Un Rhône qui aura défilé à vitesse grand V, sans qu’on ai eu le temps de s’en apercevoir. Cela augure de belles choses pour la suite. Cette vitesse inespérée nous a fait gagner un temps précieux sur notre timing.

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Portage entre le Rhône et le Canal de Savières

Le Canal de Savières…

Il est un des rares cours d’eau dont le courant peut s’inverser. En temps normal, le Lac du Bourget se déverse dans le Rhône via ce canal. Mais lorsque le fleuve est en crue. C’est le phénomène inverse qui se produit. Le Lac sert alors de réserve tampon pour absorber le surplus du Rhône.

Par chance aujourd’hui, le courant sera quasi nul.

Le village de Chanaz est d’un calme olympien. Personne à l’horizon.

Nous remontons paisiblement le canal en direction du lac. Le décor est comme bloqué dans le temps. Nous prenons quelques minutes pour s’arrêter quelques instants. Tout est immobile. Même l’eau sur laquelle nous nous trouvons ondule à peine. Un vrai miroir d’une perfection absolue. Nos kayaks se figent dans cette ambiance étrange.

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Canal de Savières

Très vite, nous arrivons à l’embouchure du lac. Notre deuxième étape est maintenant bouclée, et il va falloir maintenant s’atteler au plus gros morceau de notre parcours:

Le Lac du Bourget…

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Au Nord du Lac du Bourget

Le tour complet est estimé à 40 kilomètres.

Un vent du Nord commence à gagner en intensité. On ne le ressent pas pour l’instant, protégés par les reliefs et les roselières, mais on l’entend s’affoler, siffler bruyamment au travers de chaque roseau.

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Lionel longeant les roselières

On choisit volontairement de parcourir en premier la rive Est du lac. Beaucoup moins attractive visuellement que la partie sauvage à l’Ouest. Notre mental sera ainsi préservé au retour. D’autant qu’il se fera par vent de face et nous fera perdre par la même occasion les quelques dizaines de minutes gagnées précieusement sur le Rhône.

Le Rocher, surplombé par le Château de Châtillon, le port et la plage du même nom défileront rapidement sous nos yeux. Pas le temps de flâner comme à l’accoutumée.

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Le Port de Châtillon 

Cap maintenant au Sud du lac. Une petite brise nous porte sur quelques vaguelettes, nous permettant ainsi d’avancer relativement facilement tout en s’épargnant du moindre effort.

Ludo, de part son embarcation taillée pour la vitesse et son coup de pagaie fluide, et redoutablement efficace, prend une nette avance sur Lionel et moi.
Il nous attendra un peu plus loin sur une petite plage de Brison.
32 Km au compteur. Un petit coup de faim nous guette. On décide de s’arrêter et prendre une petite collation. Quelques oeufs brouillés, abricots secs feront l’affaire.

On repart aussitôt. Nous sommes à présent dans la baie de Grésine. Cette anse, souvent prisée des pêcheurs en bateau sera déserte aujourd’hui. Pas étonnant, le vent commence à forcir, le lac se forme, les vagues grossissent et commencent à moutonner.

Le vent a beau être de notre côté, naviguer dans ses conditions me demande beaucoup d’effort pour corriger ma trajectoire, malgré la présence du gouvernail. Les vagues me poussent, me faisant légèrement partir en surf. Très bon pour l’accélération, mais cela se complique lorsque cette même vague me passe devant. Mon kayak “colle” alors sur l’eau, et se fait ballotter de gauche à droite, il perd sa notion directeur, et je dois pagayer d’avantage pour le recentrer et garder le cap.

On passe devant Aix les Bains. Beaucoup de monde, beaucoup de bruit, des joggueurs, des cyclistes, des voitures, et même des kitesurfeurs venus profiter du bénéfice du vent et se laisser porter par leur aile plusieurs mètres au dessus du lac.

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Aix les Bains

On est loin, très loin de cette tranquillité majestueuse de ce début de journée.

L’écart avec mes compagnons se creuse à mesure que nous avançons.
Ludo est en tête, j’ai même du mal à le distinguer. Quand à Lionel, il est dans son sillage mais garde un rythme très soutenu. Je peine à le suivre. J’arrive de temps en temps à pagayer juste derrière lui et prendre de temps en temps son aspiration pour récupérer un peu mais rien à faire. On ressent tout de suite notre différence de niveau. Cela sent la Dordogne intégrale à plein nez. Cette course folle de 130 kilomètres à laquelle Ludo et Lionel ont déjà participé, ce qui leur apporte un bénéfice énorme sur leur vitesse et leur endurance.

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Au Sud du lac du Bourget

Je pourrais être frustré, mais il n’en est rien.

Au contraire…

Plutôt que d’essayer de les suivre désespérément, je me recentre sur moi même et trouve mon propre rythme. D’autant que je commence à ressentir une légère douleur à mon bras droit. Je préfère donc me ménager un peu pour ne pas mettre en péril ce défi. De toute façon, nous allons arriver au bout du lac pour casser la croûte.

On avoisine les 50 Km. Très bon pour le moral, nous avons effectué plus de la moitié de notre parcours.

Pour la pause déjeuner, nous jetterons notre dévolu sur une petite plage à proximité de l’embouchure de la Leysse.

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Pause casse croûte

Mes jambes engourdies, je prends le temps de marcher un peu et contemple le paysage d’une beauté exceptionnelle.

Difficile de croire que nous sommes sur le lac du Bourget. Les couleurs, et le bleu turquoise de l’eau nous feraient presque penser que nous nous sommes échoués aux Bahamas.

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Plage de sable à l’embouchure de la Leysse

On pourrait croire qu’après tant de kilomètres avalés, l’intérieur de mon estomac présenterai un vide abyssal, mais curieusement, l’appétit n’était pas au rendez vous. Je prends tout de même le temps de savourer une salade piémontaise.

Retour au Nord du Lac…

Aller!!! On se motive un bon coup, et on garde le moral!!!

Du moral, on en aura besoin pour venir à bout des 18 kilomètres qui nous séparent du canal de Savières. Et le tout, avec un vent de face gagnant toujours en intensité.

On cesse de se poser moultes questions. Il est temps de débrancher nos cerveaux, faire le vide et ne penser à rien. Dans des conditions pareilles, l’erreur monumentale, qui pourrait être fatale, serait de regarder sans cesse notre GPS, consulter le kilométrage restant, notre vitesse, etc…. Le temps n’en serait qu’allongé et notre motivation fondrait comme neige au soleil.

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Plage du Bourget du Lac

Très vite, Ludo, en tête impose son rythme. Lionel le suit de près, profitant des petits courants générés par la pagaie de son prédécesseur pour rester dans l’aspiration.

A la troisième place, je fais de même avec Lionel.

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Maison bourgeoise avec en arrière plan le château de Bourdeau

A cet instant, je comprends désormais que je n’ai plus le choix.

Malgré mon endurance et mes capacités physiques en dessous des leurs, je dois tenir… Pire, je dois même aller au delà de ce que j’ai pu fournir comme efforts jusqu’à présent. Quelques prémices d’ampoules commençaient à faire leur apparition sur mes phalanges.
J’avais l’impression de tenir à la place de ma pagaie un morceau de ferraille chauffé à blanc.
Ce qui va alors se passer entre nous est comparable à un groupe d’alpinistes lors d’une ascension d’un sommet, encordés. Le courant généré entre nos kayaks représentent le lien qui nous unit. Il faut à tout prix maintenir ce lien sans le rompre.
Quelques passants au bord du lac nous regardent estomaqués. Ne comprenant pas notre démarche de remonter face au vent. Les embarcations à propulsion humaine que nous croisons vont toutes à contre sens.
Je fonctionne désormais comme une machine, commençant à m’habituer au rythme infligé par un Ludo chef d’orchestre. J’ai comme l’impression de ne plus avoir le contrôle sur mon corps. Il réagit tout seul, avec instinct.
On tient bon pendant une dizaine de kilomètres, et notre salut viendra du vent, qui d’un seul coup s’estompera sans prévenir.

Le lac redevient d’huile. Nous apercevons l’Abbaye d’Hautecombe à quelques centaines de mètres.

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L’Abbaye d’Hautecombe

Petite pause juste avant de franchir ce monument religieux, un des plus beaux symboles incontournables du lac.

Ludo sort à nouveau sa petite cafetière italienne et nous prépare encore un bon remontant.

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Ludo et sa fidèle cafetière italienne

L’abbaye se franchit sans encombres, Conjux viendra juste après, et nous terminerons le tour du lac en longeant les roselières avant de rejoindre à nouveau le canal de Savières.

Cette troisième étape aura été intense, tant en kilomètres parcourus que la fatigue accumulée. Le GPS affiche presque 70 Km. Un dernier coup d’oeil sur le lac, fiers d’avoir accompli cet exploit. Reste à rejoindre maintenant le Rhône et boucler majestueusement ce défi.

Retour sur le canal de Savières…

Rien à voir avec la sérénité de ce matin. On croise régulièrement des bateaux, profitant même de certains, empruntant le même sens que nous, de leur aspiration pour gagner en vitesse et s’économiser un peu.

Rapidement, on traverse à nouveau Chanaz, mais cette fois ci, il nous faut rejoindre le barrage de Savières pour le deuxième portage de notre aventure.

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Chanaz

Le Rhône nous tend les bras et nous offre à nouveau son courant libérateur, qui nous sera d’une grande aide.

Le Rhône…

Dernière partie de notre défi. On a largement dépassé les 70 Km, je pulvérise par la même occasion mon propre record personnel sur la plus longue distance parcourue en une journée.
Curieusement, avec un peu de déception, le débit du fleuve en aval du barrage n’a rien à voir avec ce que l’on a pu profiter le matin. Il va falloir pagayer efficacement pour arriver au bout.

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Le Vieux Rhône

Devant nous le seuil de Fournier. Je décide, malgré la fatigue qui me guette, de franchir ce seuil et m’économiser ainsi d’un portage. Un sans fautes.

En amont de Lucey, nous apercevons les derniers rayons du soleil éclairer majestueusement la dent du chat ainsi que le vignoble de Jongieux.

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Lucey

Je choisi volontairement de ne pas franchir le seuil de Lucey. Difficile de trouver un passage fiable, et vu mon état, ce ne serait pas raisonnable.

Ce seuil sera le symbole de notre dernier portage. La mise à l’eau en aval sonne comme un soulagement.

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Seuil de Lucey

Le soleil commence à nous tirer sa révérence sous un ciel légèrement laiteux.

Notre périple va désormais toucher à sa fin.

On reprend sur quelques kilomètres pour en finir, notre rythme frénétique avec une intensité proportionnelle à notre niveau d’énergie restant.

Dernière ligne droite…

Au loin, le camping et base de loisirs le “Kanoti”.

La rampe de débarquement sonnera la fin de notre défi.

On sort, tout engourdis de nos kayaks.

Mon corps est vidé, je suis envahi de courbatures. J’ai l’impression qu’il ne m’appartient plus. Mais dans ma tête, une euphorie me soulève, me fait planer au dessus de tout.

Nous nous retournons face au Rhône. Face à tout ce parcours réalisé. Ce projet enfin mené à bout.

On emmène désormais nos kayaks au camping, où nous retrouvons Mathieu, le gérant.
Je ne le remercierai jamais assez pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Petite photo de nous trois et nos kayaks pour clôturer dignement cette aventure.

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Camping le Kanoti à Yenne

J’espère que vous avez eu le courage de lire ce compte rendu jusqu’au bout.

Une fois de plus, nous avons dépassé nos limites, mais ce genre d’aventure et de défis, certes poussés à l’extrême, nous passionnent, et permettent de mettre en valeur la pratique du kayak de mer en Rhône Alpes.

A très bientôt!

CORNETTO Yves

Ci dessous, la totalité des photos de notre journée.

Bon visionnage!

 

Guides du Rhône

 

« Guides du Rhône »

Samedi 12 Mai 2018

En prévision de notre futur défit (100 Km entre le Rhône, son canal de déviation et le Lac du Bourget Samedi 23 Juin 2018), nous avons prévu avec Lionel de parcourir le Rhône et son canal de déviation.

L’entraînement consistait à relier simplement Virignin à Motz et redescendre le Vieux Rhône jusqu’à Yenne. Un parcours d’environ 55 Km.

La météo annonçait beau toute la journée avec de la pluie en début de soirée.

Seule ombre au tableau, le débit du fleuve annoncé à 600m3/s au niveau de la balise de mesure du Pont de la Loi.

J’avais pour habitude de remonter le Rhône assez facilement lorsque ce dernier affichait des débits entre 200 & 300m3/s.

Bref, ce n’est pas grave, on tente quand même le coup, et de toute façon, si l’on ne parvient pas à réaliser notre objectif on aura un aperçu de ce que cela peu donner une navigation à contre courant sur des débits de 600m3/s.

Pile poil dans le timing.

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On avait prévu une mise à l’eau à 6h00 du matin. L’horaire a été respecté à la minute près.

Le rythme s’installe progressivement, il est bon, régulier.

On constate quand même un courant important au niveau du premier pont en aval de la base d’avirons de Virginin.

Même phénomène plus marquant cette fois sous le pont de Coron.

Les coups de pagaie deviennent énergiques. Et c’est une fois après avoir franchi cet ouvrage que nous constatons avec désarroi que notre vitesse moyenne affichée sur le GPS est à peine à 4,5km/h.

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Habituellement, sur cette portion, elle s’approche plutôt de 5 à 6 Km/h. Cela n’envisage rien de bon pour la suite.

Plus nous nous rapprochions du pont de la Loi, plus le courant était fort.

Vers le lac du Lit au Roi, l’étranglement sous le pont de Massignieu de Rives nous donnera du fil à retordre avec des vitesses moyennes de 3,5 Km/h.

On reprend notre souffle sur le lac avant d’entamer la remontée du canal pour rejoindre Lavours.

On plafonne toujours à 4,5 km/h.

Petite pause sur la rampe d’embarquement de l’Auberge « La Paillère ». J’observe le Rhône et son courant incroyable. Je me dis qu’il sera de plus en plus difficile d’atteindre le barrage de Motz. Nous sommes en retard d’une bonne heure et demie sur notre timing et ça ne va pas s’arranger.

On embarque en direction du Pont SNCF reliant Culoz à Vions. Je me dis qu’une fois franchi, nous allons pouvoir souffler un peu sur un élargissement du fleuve à hauteur de l’Auberge de Vions « La Guinguette ». Habituellement c’est un endroit calme avec un courant quasi nul…

Arrivés au pont en question, je regarde mon GPS et notre vitesse baisser dangereusement pour plafonner à peine à 2km/h.

On franchi l’ouvrage tant bien que mal en espérant se reposer juste après. Il n’en ai rien. Le courant en amont devient de plus en plus fort. J’arrive quand même à trouver une zone à contre courant sur ma droite, je fais signe à Lionel de me rejoindre.

On remonte… On remonte…

On aperçoit à peine le pont de la Loi que notre vitesse plafonne maintenant à 0,8Km/h. Oui, vous avez bien lu: 0,8Km/h!!!

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Nous ne nous faisons guère d’illusion, il va falloir rebrousser chemin, faire une croix sur le barrage de Motz et le vieux Rhône en amont de Culoz.

Sur notre droite, un homme nous interpelle pour nous demander des renseignements.

Nous nous approchons…

Il s’appelle Stefan. Accompagné de deux autres personnes: Mark et Scott, ils sont anglais et avaient décidé de descendre le Rhône de Genève à Lyon en kayak gonflable et en paddle.

Quelques doutes sur leur itinéraire les ont conduit à nous aborder.

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Avec Lionel, on décide, vu le résultat catastrophique de notre entraînement, de s’improviser « Guides du Rhône » et leur apporter notre aide ainsi que nos connaissances acquises sur le fleuve lors de notre périple en Septembre dernier.

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Au programme donc:

Descente du Rhône pour faire une visite incontournable de Chanaz à nos hôtes. Nous en profiterons pour établir en aval du barrage de Lavours notre pause repas avant de repartir en direction de Yenne.

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Passage des seuils de Fournier et Lucey avec quelques images (qui suivront par la suite) réalisées au drone par Stefan.

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Descente finale jusqu’au camping « Kanoti » de Yenne, où j’en profiterai pour faire la connaissance du Gérant: Mathieu.

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Cela fait maintenant quelques mois que nous échangions sur Facebook, et c’est toujours plus agréable de rencontrer les personnes dans le monde « réel ».

L’ambiance est chaleureuse, conviviale, nos compagnons de route sont comblés.

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Mission accomplie!!!

Il va falloir maintenant nous séparer. Nous échangeons nos numéros, emails, en se promettant de se recontacter.

Au final, 38 km parcourus!!!!

Ci dessous l’album complet de cette journée!!!

De Culoz au Bourget du Lac (Aller & Retour) 55 Km.

Démesuré!!!

Voilà maintenant quelques mois pour ne pas dire quelques années, que le projet de rallier Culoz au Lac du Bourget, faire le tour de ce dernier, pour revenir ensuite à mon point de départ, me trottait dans la tête.

L’idée était d’utiliser la rivière du Jourdan à Culoz en aval du magasin Carrefour pour rejoindre le Rhône.

Une fois sur le fleuve, il n’y avait plus qu’à descendre jusqu’à Chanaz, remonter le canal de Savières et rejoindre le lac du Bourget pour un tour complet.

J’avais déjà tenté l’année dernière de rallier Culoz à Conjux mais par un aller simple.

Le trajet en lui même reste assez facile, seul point noir au tableau, la départementale D992 à traverser pour le portage. En effet, cette route est très fréquentée et rares sont les automobilistes qui respectent la limitation à 90 km/h.

Un projet démesuré, qui en ma connaissance, n’a été tenté par aucun kayakiste.

Qui peut être assez fou pour faire une boucle avoisinant les 60 Km en une journée, avec pour finir une remontée du Rhône à contre courant!!??

Mis à par moi, je ne voyais qu’une seule autre personne…

Ceux qui ont pu suivre nos aventures via mon blog auront déjà une idée…

Lionel…

Inutile de vous le présenter, je vous invite, pour ceux qui ne le connaissent pas encore à lire le compte rendu des 14 jours passés en sa compagnie sur le Rhône de Genève aux Saintes Maries de la Mer en Septembre 2017.

Rendez vous donc pris Jeudi 12 Avril 2017 à 6h00 du matin au bord du Jourdan.

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Le Jourdan:

Le Jourdan prend sa source au pied du Massif du Colombier sur la commune de Culoz. Autrefois affluent direct du Rhône avant les aménagements CNR du Rhône, il afflue dorénavant dans le contre canal du Haut Rhône qui rejoint le Séran à Cressin Rochefort.

Source: http://www.culoz.fr/services/syndicat-mixte.htm

A peine avions nous embarqué qu’une petite pluie fine s’invite histoire de nous taquiner un peu. Je reste malgré tout confiant, la météo annonce un temps entre soleil et nuages mais sans précipitations, excepté en fin de journée aux alentours des 17h00.

Nous arrivons rapidement au bout de la rivière. Cette dernière passe sous un tube fait de tôle ondulée. Elle traverse via ce tube la départementale D992. Lors de mes précédentes tentatives, je m’étais souvent posé la question à savoir, si je pouvais passer dessous malgré la faible hauteur et largeur. Pas évident à vrai dire. L’étroitesse de ce passage pouvant gêner le mouvement de pagaie.

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Finalement, on préfère porter et traverser la route. D’autant qu’à cette heure, peu de véhicules pour parasiter notre portage.

Une fois de l’autre côté, deux solutions s’offrent à nous:
Embarquer directement dans le Rhône, ou pourquoi pas, essayer d’emprunter l’étang du Comte pour ensuite rejoindre le fleuve au prix d’un autre portage.

L’étang du Comte:

Il est situé à Culoz, dans le département de l’Ain (01), en région Auvergne-Rhône-Alpes, en France.

Il est un proche voisin de L’étang de la Rica dont il n’est séparé que par une digue sur laquelle passe une voie ferrée.

D’une superficie de 7 à 8 ha et d’une profondeur se situant entre trois et cinq mètres, cette ancienne gravière d’aspect sauvage avec ses bordures de joncs et ses massifs de nénuphars, abrite dans ses eaux des carpes de belle taille dont la moyenne se situe entre 8 et 12 kilos. Ses fonds de graviers et de substrat en décomposition, assez pauvres en nourriture naturelle, rendent la pêche assez facile pour peu que les appâts choisis apportent aux carpes les éléments dont elles ont besoin. Pas de poissons chats, mais attention aux ragondins qui coupent les cheveux pour prendre les appâts!

Source: https://www.geocarp.com/item/etang-comte-carpe-ain/

On optera pour la deuxième solution et traverser cet étang.

J’avais en prévision de ce périple fait quelques recherches pour savoir si la navigation en kayak y était autorisée mais sans résultat.

J’invite d’ailleurs toute personne lisant cet article, à me communiquer d’avantages d’informations à ce sujet, je suis preneur.

A cette heure, peu de chance de perturber les pêcheurs. Personne aux alentours.

On embarque. La météo change, et ce n’est plus quelques gouttes qui nous frappent mais des grêlons. Fort heureusement ce supplice ne durera que 5 minutes.

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Tout s’arrête brusquement. Les nuages se dispersent pour laisser apparaître timidement le Grand Colombier. Malgré la faible lumière j’en profite pour faire quelques clichés.

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Le Rhône…

C’est la première fois que j’aborde le fleuve sous le pont SNCF. Peu de courant à cet endroit. La mise à l’eau se fait facilement.

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On se laisse glisser tranquillement sur l’eau devant un spectacle d’une pure beauté. Le ciel bleu se dévoile à nous. Le soleil matinal nous offre sa plus belle lumière. Je me retourne (comme à l’accoutumée lorsque je navigue sur cette portion du Rhône) pour observer le Grand Colombier. Il est d’une beauté incroyable, baigné de cette lumière exceptionnelle, il nous dévoile son plus beau visage.

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Je ne peux rester indifférent, et décide sans plus attendre à saisir ces plus beaux instants à l’aide de ma Gopro.

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Chanaz.

Basculement entre l’Ain et la Savoie pour ensuite rejoindre le Lac du Bourget par le Canal de Savières.

La remontée du canal se fera au prix d’efforts titanesques. Depuis que je l’emprunte, je n’ai jamais éprouvé autant de difficultés à affronter le contre courant. Sentiment partagé avec mon ami Lionel.

Pas le temps de faire beaucoup de photos. A peine arrêtons nous de pagayer que nous reculons brusquement.

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On appréciera notre arrivée triomphale à l’embouchure du Lac du Bourget. Je contemple le panorama devant nous, le printemps se réveille timidement, il manque encore un peu de verdure sur les arbres pour agrémenter ce spectacle mais qu’importe. La vue est magnifique.

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Cap sur le Château St Gilles.

Quasiment invisible depuis la route de l’abbaye d’Hautecombe et à proximité de celle-ci, le château Saint-Gilles ne passe pas inaperçu depuis le lac du Bourget.

Semblable à un château de princesse, la bâtisse rose aux volets verts est occupée à la belle saison par ses propriétaires résidant en Allemagne. Retour sur l’histoire de cette propriété qui a accueilli reine et marquise.

Au XIIème siècle, à l’emplacement du château actuel, se trouvait un bâtiment rural dépendant de l’abbaye d’Hautecombe. En 1796, l’abbaye et ses dépendances sont vendus à Henry Léger, Louis et Joseph Landoz qui la transforment en faïencerie pour quelques années. La ferme de Saint-Gilles, composée d’une maison d’habitation, d’une grange et d’une écurie est alors exploitée par Antoine Rubelin. Au début du XIXème siècle, l’abbaye d’Hautecombe est restaurée par le roi de Sardaigne, Charles-Félix de Savoie, nouveau propriétaire du domaine. Son épouse Marie-Christine de Bourbon-Siciles venait régulièrement se promener jusqu’à la ferme de Saint-Gilles. A leur décès, les époux royaux seront enterrés à l’abbaye.

En 1850, le bâtiment devient la propriété de Madame Rousseau, épouse Guichard, d’Aix-les-Bains puis, par la suite, de Louis-Amédée Mougin et Albert Malifâtre, originaires de Paris qui entreprennent, alors, la construction du château.

Bâti sur une terrasse de 50 mètres d’élévation sur le lac du Bourget, il est orné de deux élégantes tourelles. A l’époque, le château est d’une couleur neutre. En 1886, il est vendu aux enchères à un syndic de faillites puis, en 1890, à Stéphanie-Félicité de Boubée, marquise douairière de Vivens. Au décès de cette dernière, au début du XXème siècle, il est cédé à la famille Girard puis à la famille Bocqueraz-Chiron.

En 1922, Lucien Chiron, maire de Chambéry, Président de la CCI et directeur de la cimenterie Chiron, acquiert le château avec le frère de son épouse, Léon Bocqueraz, banquier à San Francisco.

Depuis presque un siècle, le château de Saint-Gilles est resté aux mains de la famille Chiron. Repeint en rose, il y a quelques années, par la propriétaire actuelle, il est occupé à la belle saison, la famille résidant en Allemagne.

Source: http://www.ballad-et-vous.fr/lac-du-bourget-le-chateau-rose-de-saint-gilles/

Au Sud du Château, on décide de faire une pose histoire de se dégourdir les jambes à la Grotte de Raphaël.

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Je constate qu’il reste encore du petit bois qu’on avait entreposé pour d’autres personnes lors de notre dernière sortie de Janvier: « Diots Kayak »

J’en profite pour consulter mon GPS et je m’aperçois avec amertume que les piles sont vides. Tant pis, je range ce dernier avec quand même une certaine frustration, celle de ne pas connaître avec précision le kilométrage réalisé.

On ne perd pas de temps, et reprenons notre route en direction de l’Abbaye d’Hautecombe. Je la dévisage avec d’avantage d’attention. Depuis notre visite des carrières de Ste Foy avec Yannick de Randovive quelques semaines auparavant, je ne peux m’empêcher dorénavant de faire le lien entre ses pierres apparentes et celles extraites de ces carrières dans les années 1800.

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Au fil de notre progression, nous croisons peu de monde. Quelques avirons du club du Bourget du Lac, un père et ses deux enfants dans un canoë, 2 ou 3 bateaux de pêche…

Nous rejoignons rapidement le Château de Bourdeau. Symbole de notre arrivée imminente au bout du lac.

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La Chaîne de Belledonne largement enneigée se dessine maintenant devant nos yeux.

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Quelques photos pour immortaliser l’instant, et ce sera ensuite sur la plage de galets du camping « l’Ile aux Cygnes » qu’on fera notre pause repas.

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On contemple maintenant de loin notre chemin du retour qui semble interminable. Des ampoules apparaissent sur mes mains. Cela ne me surprend guère, c’est la première fois que je sollicite autant ma pagaie Groenlandaise sur une si longue distance. Avec l’habitude, ce phénomène se reproduira de moins en moins. En tout cas, rien pour entamer notre moral.

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Après une courte digestion, c’est repartit pour le retour. On abordera le côté le moins drôle du lac. Nous savons à l’avance qu’une fois passé Aix les Bains et la plage de Brison, la portion jusqu’à Châtillon va être monotone.

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Louis choisi justement la plage de Brison pour venir nous tenir compagnie et partager cette fin de parcours à nos côtés.

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Le château nous paraît inaccessible, et le ciel s’assombri dangereusement. Une petite brise altère le reflet du lac et génère une poussée de travers qui complique notre tenue de cap.

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Le canal de Savières nous invite à le parcourir, mais cette fois ci dans le bon sens. Sans forcer, nous filons à une vitesse folle (dommage pour les piles du GPS…) pour rejoindre Chanaz.

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Louis nous laissera terminer le parcours à hauteur de l’écluse de Chanaz.

Je retrouve par la suite cette vue sur le Grand Colombier dont je ne suis pas prêt de me lasser. Mise à l’eau et remontée du Rhône jusqu’au pont SNCF.

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Je jette un petit coup d’oeil sur l’étang du Comte. Un pêcheur occupe les lieux. Mais une autre solution de dernière minute s’offre à nous, parcourir l’aval du Jourdan pour rejoindre le tube traversant la D992.

C’est parti… Le portage est beaucoup plus court et moins fastidieux que si on avait à rejoindre l’étang.

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Je découvre une fois à l’eau une autre vue splendide sur notre Grand Colombier, et pour agrémenter le tout, les nuages qui étaient quelques heures auparavant menaçants, reculent pour laisser entrevoir un peu de bleu en cette fin de journée.

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Je regarde l’heure: 19h30. On arrive en contrebas de la D992, il reste encore un portage pour traverser cette route qui, depuis ce matin, est beaucoup plus fréquentée. Le bruit généré par les vas et viens des usagers perturbent cette ambiance bucolique.

Je regarde ce tube en tôle avec intrigue… Mon regard se pose en premier sur ma pagaie et la largeur de ce tube… C’est certain, en pagayant ça ne passera pas. Je profite de la présence de Lionel pour tenter quelque chose. Je range ma pagaie sur mon kayak de manière à ce qu’elle soit le moins encombrante possible. C’est à l’aide de mes mains que je me propulse à l’intérieur du tube. Une opération facile à réaliser d’autant que ses ondulations m’empêchent de glisser sur sa paroi et sécurise ma traversée. Aucun risque de dessalage, bref, c’est beaucoup plus simple d’avancer de cette manière qu’avec la pagaie.

Lionel tente le coup également.

On se retrouve en l’espace d’à peine une minute de l’autre côté avec une facilité déconcertante.

Et c’est en remontant paisiblement sur la dernière partie du Jourdan que nous rejoignons Culoz.

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Nous sommes sur les rotules, mais satisfaits d’avoir accompli ce nouveau défit.

Frustré tout de même de ne pas connaître avec exactitude la distance parcourue.
Avec Google map, en retraçant fidèlement le parcours, nous estimons notre périple aux alentours des 55 Km.

Pour les plus curieux d’entre vous, je vous invite à consulter l’album photos complet de notre journée folle!!!

A très bientôt pour de nouvelles aventures.

 

 

CORNETTO Yves

 

Diots Kayak!!!

Samedi 20 Janvier 2018, 10h45

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Suite au succès de la sortie de Novembre « Fondus de Kayak », nous décidions avec nos compères une fois de plus, par l’intermédiaire du www.forum-kayak.fr de dupliquer le concept kayak, gastronomie Alpine.
C’est Eric (Eric 38110) qui se lance en proposant une sortie Diots sur le lac du Bourget. Ni une ni deux, j’enchaîne avec un itinéraire sur la partie Nord du Lac.
L’idée initiale: Partir de la plage de Conjux en direction de l’embouchure du canal de Savières, longer par la suite le rocher de Châtillon, dominé par son château. Une fois à la pointe, direction l’Abbaye pour ensuite rejoindre la grotte de Raphaël pour déguster les Diots de la Ferme du Marais. Pour terminer, balade digestive le long de la côte sauvage du lac pour rejoindre Conjux.

Mais c’était avant….

Avant la météo capricieuse annoncée qui réduira le nombre de volontaires à 6…

Au programme: Vent du sud avec des rafales de 30 noeuds (entre 50 et 60 Km/h) accompagné en début d’après midi d’une pluie diluvienne et de neige en altitude.

Le groupe de « Fadas » sera le suivant:

Eric (Rikou)
Yannick (AlpinePaddle)
Thomas (Tom2)
Ludo (Bido38)
Pierre (PMor)
Moi même (Rake51)

Rendez vous à 10h00 sur la plage de Conjux.

Nous étions tous impatients de nous retrouver et de partager à nouveau une sortie hors du commun.

Le ciel devenait laiteux pour virer au blanc. Le soleil peinait à traverser cette couche qui allait s’épaissir à vue d’oeil.
Au loin, les massifs et montagnes enneigées se dévoilaient dans les moindres détails. Habitué des lieux, je savais que ce phénomène étrange ne présagerai rien de bon côté météo…
Le niveau du lac est exceptionnellement haut. La plage de galets que nous avions l’habitude de fouler n’existe plus.

 

 

Le temps de se préparer, nous faisons la connaissance de Pierre (PMor), inscrit récemment sur le forum qui est venu avec son Gumotex Seawave.

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10h45, nous sommes tous sur l’eau. Rikou, a décidé de partir du sud du lac pour nous rejoindre.

 

 

Les premiers coups de pagaie ne se font plus attendre. A mesure de notre progression, le vent commence à gagner en intensité. Malgré le fait de l’avoir de face, nous ressentons peu de résistance, mais si nous avions le malheur d’arrêter de pagayer, on reculait inévitablement. Je m’habitue de mieux en mieux à ma nouvelle pagaie, offrant peu de prise au vent. Je m’inquiète quand même un peu pour Pierre et son gonflable qui ne joue pas avec les mêmes armes que nous.

 

 

La balade sera de toute façon écourtée. Au lieu d’aller vers Châtillon, on s’orientera directement en direction de la grotte.

Au bout des deux premiers kilomètres, des vagues impressionnantes commencent à se former. Difficile d’estimer leur taille mais les amplitudes frôlaient les 1 m. Leur hauteur masquait parfois le kayakiste en avant.

L’arrivée dans la grotte se fera dans des conditions « Rock n Roll », une fois échoués sur la plage, il ne faudra pas s’attarder sous peine de voir en une fraction de seconde notre hiloire rempli d’eau.

Passons maintenant aux choses sérieuses. Un autre avantage déjà évoqué en kayak de mer, c’est ça capacité de chargement, qui nous permettra de profiter de bonnes bières, d’un réchaud de qualité pour préparer les Diots tans convoités.
Je ne vous en dit pas plus et vous laisse contempler les photos qui parleront d’elle mêmes.

 

 

 

 

Au cours de notre repas, bien abrités dans la grotte, la lumière ambiante baissera radicalement pour faire place à une pluie incessante. On la voit au loin, recouvrir les massifs et se diriger dangereusement vers nous.

L’embarquement sera folklorique, et je ne regretterai absolument pas d’avoir investi dans une combinaison étanche.

Nous reprenons donc notre route avec cette fois le vent dans le dos, accompagné  des vagues toujours immenses qui nous offriront de belles sessions de surf.

 

 

Arrivés à hauteur de Conjux, on décide de poursuivre notre route vers l’embouchure du canal de Savières. Les roselières « dansent » au rythme des vagues et du vent. Le spectacle est magnifique.


 

 

Mais pas le temps de traîner, malgré ces sensations exceptionnelles vécues aujourd’hui, la fatigue commence à se faire sentir et le clapotis des gouttes sur nos visages devient agaçant.
Retour sur la plage de Conjux accompagnés d’une pluie qui gagnera en intensité et qui nous ne quittera plus de la journée.

On remballe le matériel avec des sourires satisfaits de joie. Une joie qui malgré l’ambiance morose de la météo aura largement pris le dessus.

A refaire!!!!!