Archives du mot-clé Kayak

Rhôn’ Ô Lac

– Marie, Natalie, Bergamote, Christine, Sylvaine, Bernard, Jean-François, Nicolas, Adrien, Eric, Tom, Vincent et son fils, Valério, Yvan –

GOPR5566

Si de manière conventionnelle, il est d’usage de ne citer ces personnes qu’en fin de récit, reportage ou autres formes de narration, je choisis volontairement de violer ces règles fondamentales afin de mettre en lumière tous ces bénévoles qui dans l’ombre déploient une énergie incroyable, et qui ont pris sur leur temps libre pour que nous autres participants, puissions apprécier comme il se doit cet événement formidable que je m’empresse sans plus attendre de vous conter le plus fidèlement possible.

Il y a maintenant quelques mois, un ami me fait parvenir un lien web, symbole d’un événement pour le moins surprenant.

http://www.rhonolac.fr/

lune-kayak-copie-1024x668

L’architecture de ce nom de domaine résultant d’un assemblage très astucieux de deux mots qui me sont pour le moins familier me ferait presque penser à l’étymologie de mon propre blog « Entre Rhône & Lacs ». Je me hâte d’un clic de souris, et me rends expressément sur le site associé.

Arrivé à destination, je reconnais rapidement le logo du club de « Chambery Le Bourget Canoë Kayak ». En image de fond, j’aperçois l’Abbaye d’Hautecombe avec en premier plan une série de mots dont quelques-uns, se démarquant, illustrent à la perfection mon terrain de jeu :

« Lac du Bourget » – « Canal de Savières », et le plus beau à mes yeux : le « Rhône » !

Je repense aux anciens événements incontournables de l’époque : « Le Marathon du Haut Rhône », ou alors « La Translac ». Deux rassemblements, organisés, si mes souvenirs sont bons par Pierrot DESCOTES.

A la seule différence, et pas des moindres, que l’évènement qui aura lieu en Septembre prochain sera une manifestation non compétitive. Oui, vous m’avez bien lu :

« NON COMPETITIVE ».

Je ne rêve pas… Tout est clairement stipulé dans le règlement disponible sur le site. Sur ce même site trônent d’ailleurs fièrement, parmi les autres partenaires, les quatre lettres de la Fédération Française de Canoë Kayak qui attisent encore d’avantage ma curiosité et mon incompréhension.

Comment la FFCK, arborant fièrement la compétition, les résultats, etc… au détriment de la pratique loisir telle que nous la connaissons s’intéresserait subitement à un évènement de ce genre ?

En ma connaissance, et d’après les retours de beaucoup de kayakistes ayant fréquenté quelques clubs de la région affiliés à la FFCK, cette dernière ressemblerai à s’y méprendre à une entité comparable à un ogre tentaculaire, se délectant frénétiquement de toutes les activités liées à la compétition (course en ligne, slalom, etc…) et régurgitant avec un mélange de mépris et de dégoût les activités liées au loisir.

Très vite, je repense à une discussion passionnante que nous avions engagé sur le forum-kayak 3 ans auparavant. Je ne vais pas rentrer dans les détails au risque de sortir du sujet initial de ce récit, mais, comme à l’accoutumée, j’inviterai les plus curieux d’entre vous à consulter ce lien :

http://www.forum-kayak.fr/index.php/topic,10060.msg101094.html#msg101094

logo3

En parlant du forum justement, il ne me faudra pas attendre plus longtemps pour faire la connaissance de Guigalis73, alias Yvan. Inscrit l’année dernière au club de Chambéry le Bourget dans la section loisir.

Une section qui lui, et d’autres pratiquants tiennent à mettre en valeur par l’intermédiaire justement de « Rhôn’Ô Lac ».

Malgré mon indépendance et mon côté « électron libre » dans ma pratique du kayak, je me décide malgré tout de prendre contact avec Yvan pour en savoir un peu plus sur ce qui nous attendra en Septembre.

Rapidement, le clavier laissera place à des conversations téléphoniques passionnantes avec même à la clé une sortie en commun dans l’un des plus beaux spots que peux nous offrir le Rhône :

La réserve du Haut Rhône.

J’en apprends un peu plus sur cette fameuse section loisirs bien décidée à valoriser sa philosophie du kayak de randonnée. Il est d’ailleurs dommage que l’activité ne soit pas davantage mise en avant sur le site officiel du club.

Espérons que l’événement « Rhôn’Ô Lac » change la donne.

Nous voilà donc à la date tant attendue :

Samedi 14 Septembre 2019

GOPR5514

Après avoir pris nos emplacements au camping de Conjux, on rejoint rapidement la plage.

Sur place, le stand principal où les bénévoles du club nous distribuent notre panier cadeau. A l’intérieur, une serviette micro fibres à l’effigie de l’événement, accompagnée de magazines et flyers sur les lieux touristiques incontournables à proximité.

Trois tickets de différentes couleurs nous sont remis également.

  • Un pour justifier de notre inscription à l’événement et ainsi bénéficier d’un titre gratuit pour visiter l’Abbaye d’Hautecombe.
  • Le deuxième, qui nous permettra de nous restaurer le soir.
  • Le rôle du dernier ticket sera similaire, mais pour le repas du lendemain à midi.

D’autres stands sont également présents:

  • Attitude Outdoor, magasin de kayak, SUP etc… situé à Thonon Les Bains présente quelques modèles de kayaks et canoës de la marque Gumotex ainsi que des Paddles gonflables. J’aurai d’ailleurs l’occasion d’échanger un peu avec Laurent NICOLET venu prêter main forte au gérant du magasin.
  • Un peu plus loin, un autre stand occupé par Philippe, qui réalise à ses heures perdues des pagaies traditionnelles en bois. Pagaies similaires à mon Alpine Paddle que j’utilise depuis bientôt 2 ans.

L’ambiance générale flirte avec une convivialité sans précédent. On est loin, très loin de cette « oppression » que l’on peut parfois ressentir quelques secondes avant le départ d’une course ou tout autre compétition.

Une majorité de kayaks de mer et Sit On Top sont présents. Accompagnés de quelques gonflables, canoës, et paddles.

Tous prennent la direction de l’Abbaye d’Hautecombe aux alentours des 14h00. Un trajet que je connais depuis maintenant quelques années.

GOPR5485

Pas de timing à respecter, chacun voguera à son rythme sur la partie nord du lac.

GOPR5491

Débarquement sur une petite plage juste en dessous de la Grange Batelière, où nous sommes accueillis par quelques bénévoles nous aidant non seulement à débarquer, mais également à porter nos kayaks afin de les ranger côtes à côtes et permettre ainsi au plus grand nombre d’apprécier comme il se doit la visite de l’Abbaye.

GOPR5503

Autre détail, un vestiaire est mis en place, nous permettant de troquer aisément notre look de kayakiste contre un autre, beaucoup plus conventionnel pour visiter l’exposition sur les Ducs de Savoie à la Grange Batelière et l’Abbaye d’Hautecombe.

Il nous faudra cependant respecter l’horaire de rassemblement prévu vers 18h30 pour le briefing de la navigation nocturne qui doit commencer vers 21h00.

En effet, tout l’intérêt de l’événement « Rhôn’Ô Lac », sera de pouvoir naviguer de nuit. Quand à la date du 14 Septembre, elle n’a pas été choisie au hasard. Le calendrier lunaire a été consulté au préalable par l’organisation pour nous permettre de pagayer à la pleine lune.

Cet événement convivial me permettra également de faire connaissance avec de nouvelles têtes.

Je pense à ce trio Helvétique: Xavier, Yves, et Coralie, venus tout droit de Genève avec leurs kayaks pliants.

GOPR5568

C’est d’ailleurs l’originalité de leurs embarcations qui a joué le rôle de catalyseur dans notre rencontre. Je les revois au loin, acheminant jusqu’à la plage avec une facilité déconcertante leurs kayaks à l’épaule, synonyme d’un poids plume par rapport à une longueur proche des 5,20m. J’évoquais dans ma tête le Wisper de Feathercraft. Une fois la conversation engagée, il se révélera que leurs bateaux sont de la marque Nortic. Un fabriquant Allemand qui propose une gamme très intéressante de kayaks pliants.

GOPR5501

Leurs modèles, l’Argo, est un kayak d’expédition qui leur a permis de parcourir une grande partie de la baie de Disko au Groenland.

csm_nortik_argo_rot_d4b9868cf3

Je ne vous en dis pas davantage et vous invite sans plus attendre à vous rendre sur le blog riche en informations et rédigé avec passion de Xavier:

https://diskooooooo.blogspot.com/

122bao25c325bbt2b2014-p1010181

Voilà ce que je suis venu chercher pendant cette manifestation. Si il est évident que côté spot de navigation, le coin n’a plus grand chose à m’apprendre, j’avais dans l’espoir de pouvoir rencontrer et échanger avec d’autres kayakistes pendant ces deux jours.

Mais ce qui enfoncera le clou, sera ma rencontre avec Fred. Un kayakiste passionné qui habite à seulement 2 km de chez moi. Il a à son actif plusieurs sorties en mer, mais également sur les rivières du coin que j’ai déjà pu parcourir comme le Séran. Il a également réalisé le parcours du Furans, une rivière que je convoite depuis bientôt 2 ans. Une discussion engagée et passionnante avec un flux d’informations à la seconde dépassant toutes mes espérances, prend forme entre nous.

Le briefing pour la navigation nocturne commence. Un tube de cyalume nous sera remis, accompagné de quelques consignes de bases sur la sécu.

Une fois terminé, nous passons au traditionnel apéritif. Ce dernier, à ma grande surprise nous est offert par l’organisation. Je repense à quelques amis sceptiques quand au tarif d’inscription et qui n’ont pas oser franchir le pas. Tant pis pour eux. Nous passons maintenant au repas, et c’est avec une énorme et délicieuse croziflette réalisée par le traiteur Prest’Assiette que nous nous délectons. L’organisation du repas est d’ailleurs gérée de manière astucieuse. Une fois le ticket remis, le plat nous est servi dans une assiette en porcelaine blanche. La croziflette terminée, il nous faudra rendre cette assiette pour bénéficier du dessert et du café.

GOPR5532

21h00

Nous prenons place dans nos kayaks pour une destination similaire à ce que l’on a pu faire dans l’après midi.

Je me remémore le programme du site officiel:

« Navigation à la pleine lune vers la grotte Raphaël et l’Abbaye d’Hautecombe ».

Contre toute attente, une fois la digue du Château de St Gilles franchie, nous sommes comme happés par une musique jazz venue tout droit de la nouvelle Orléans. Elle nous guide vers une barge sur laquelle trônent les musiciens du groupe:

« Red Pepper Sauce ».

Capture d’écran 2019-09-21 à 18.12.21

Chaque kayakiste prend place autour de cet univers presque irréel. Nous sommes tous agglutinés, comme hypnotisés par non seulement cette musique, mais également par cette ambiance surréaliste. Nous nous laissons dériver lentement à mesure que nous apprécions chaque morceau du groupe. Volontairement ou non, les kayaks se mélangent les uns aux autres. Le spectacle global ressemblerait à s’y méprendre à un ballet d’aimants s’attirant et se repoussant avec douceur au rythme de la nouvelle Orléans.

Malheureusement, la faible luminosité et le peu de matériel dont je disposais à bord, ne me permettra pas d’obtenir des clichés de qualité. Même si elles sont à des années lumière de pouvoir rendre hommage à cet événement incroyable, je vous propose néanmoins quelques photos floues pour vous donner un petit aperçu de cette ambiance.

Le concert terminé, nous retournons tous à notre camp de base sur la plage de Conjux.

Encore une fois, l’organisation et les bénévoles sauront nous surprendre en nous offrant un bon vin chaud.

Tout a été pensé jusqu’au bout. Inutile de s’encombrer à cette heure ci de nos embarcations. Il nous faudra juste les acheminer à l’intérieur du terrain de tennis de la commune situé à une dizaine de mètres de la plage. Ce dernier sera fermé et surveillé par des bénévoles qui dormiront à proximité.

Dimanche15 Septembre 2019

Rendez vous à 9h30 pour une navigation matinale sur la partie Nord du lac et sur le canal de Savière pour rejoindre Chanaz. Comme pour la veille, chaque kayakiste évoluera à son rythme.

Une fois la commune de Chanaz franchie, rendez vous sur la rampe de débarquement du barrage de Savières (Frontière entre le canal de Savière et le Rhône).

GOPR5569

Le site, désert habituellement, sera garni d’un chapiteau et de tables pour le repas de midi.

GOPR5573

Des toilettes sèches installées à l’occasion sont même à disposition.

Une fois de plus, le traiteur officiel Prest’Assiette sera nous surprendre grâce à un plateau repas garni avec générosité. Nous dégustons tous notre repas avec une vue imprenable sur le canal de Savières, le Rhône et le Grand Colombier trônant fièrement au loin.

Pour cette dernière partie de l’événement, deux solutions s’offrent à nous.

  • Ceux qui le souhaitent peuvent remonter le canal de Savière et rejoindre la plage de Conjux pour clôturer la journée.
  • Quand aux autres, il leur sera possible de naviguer sur le Rhône en aval du barrage de Savière et rejoindre Lucey, terminus de la balade.

Mon amour pour le Rhône me poussera à choisir sans hésitation la deuxième option. J’en profite pour convaincre mes amis Suisses rencontrés la veille et leurs bateaux fantastiques de venir nous rejoindre pour cette mini expédition. Hésitants au départ, ils cèderons devant mes arguments passionnés faisant hommage à ce fleuve que j’apprécie tant.

GOPR5578

Et c’est encore une fois aidés par les bénévoles de l’association que nous acheminons nos kayaks à l’embarquement prévu en contrebas du barrage. Nous en profitons pour remercier chaleureusement toute l’équipe et les bénévoles présents qui ont su rendre ces instants magiques avant de nous engager vers un Rhône qui se sera mis sur son 31 pour nous offrir d’excellentes conditions de navigation.

GOPR5581

En effet, une eau calme, lisse et silencieuse nous portera tranquillement vers les grondements du seuil de Fournier. Habituellement, en sortie de barrage, cette même eau est trouble, voir laiteuse. Mais l’absence de pluie depuis bientôt plusieurs semaines nous offrira une transparence certes timide, mais suffisante pour que l’on puisse entrevoir le fond du lit tapissé de galets ronds et lisses que seul le Rhône sait nous offrir.

GOPR5584

Une fois le seuil franchi, j’invite mes compagnons à rejoindre la lône de Moiroud. Un trésor réservé aux avertis. Seul et sans repères, le kayakiste lambda se contentera de rester sur le tronçon principal du fleuve sans même s’apercevoir qu’il sera passé à côté de l’entrée de la lône.

Le Rhône s’incline légèrement, nous offrant quelques dénivelés, synonymes de petits courants et d’accélérations, variant le parcours avant d’entrer dans cet endroit magique:

La lône de Moiroud.

GOPR5588

Anciennement, le Séran se jetait directement dans le Rhône. Mais les aménagements de la CNR dans les années 70 ont contraint cette rivière à passer dans un siphon artificiel situé en dessous d’un canal aménagé pour ressortir et rejoindre le Rhône en servant d’affluent à la lône de Moiroud circulant à proximité.

C’est une fois à l’intérieur de ce sanctuaire que nous apprécierons les premières couleurs timides de l’automne. En effet, le feuillage de quelques arbres d’un vert pourtant intense, commence à varier légèrement vers quelques teintes jaunâtres. Notre trio Helvétique, habitué au Rhône à proximité de Genève se laissera apaiser par la magie du Rhône en ces lieux. L’eau qui était en amont légèrement transparente deviendra cristalline. A tel point que la faible profondeur mélangée à cette même eau flirtant avec l’invisible nous ferait presque croire que nous lévitons sur les galets. L’ombre de notre embarcation se reflétant directement sur ces derniers avance à mesure de notre progression tel un oiseau volant près du sol.

GOPR5587

Nous rebrousserons chemin pour rejoindre le tronçon principal.

La vue sur le vignoble de Jongieux que nous pouvons apercevoir en amont du pont de Lucey est juste splendide.

GOPR5591

Cette même vue symbolisera la fin de notre petit voyage. Une fois le pont franchi, nous débarquerons rive gauche en amont du seuil de lucey pour réaliser la navette de retour.

L’événement « Rhôn’Ô Lac » s’achèvera pour nous.

Que dire de ces deux jours et de cette manifestation non compétitive?

Une énergie incroyable déployée par une équipe de kayakistes de loisirs passionnée. Beaucoup de doute et de stress pour l’organisation d’après ce que j’ai pu échangé avec Yvan. Mais sachez que vous avez été largement à la hauteur voir au delà. Préparez vous pour l’année prochaine… Quelque chose me dit que le nombre de participants risque d’augmenter de manière exponentielle.

Je vous dit donc un grand bravo à vous tous! Très heureux d’avoir pu faire votre connaissance et j’espère sincèrement que nous aurons l’occasion de se rencontrer à nouveau sur l’eau!

Rendez vous pris pour 2020!

GOPR5549

CORNETTO Yves

L’album photos complet:

 

 

Vers de nouveaux horizons

Ceux qui ont suivi le dernier compte rendu « Le Séran et ses Secrets » de notre Blog ont forcément remarqué notre attrait récent sur la navigation en KG (Kayak Gonflable).

Bien que le kayak de mer occupe et occupera toujours une place importante dans notre pratique, nous avons néanmoins décidé de changer radicalement de cap afin d’explorer de nouveaux spots et cours d’eau que peut nous offrir notre belle région « Entre Rhône & Lacs ». 

Je vous invite donc, non pas à vivre par procuration une nouvelle aventure sur l’eau, mais plutôt à découvrir ces nouveaux jouets venus d’ailleurs qui nous offrirons un complément de navigation non négligeable.

Je reprends le fil des événements suite à notre dernière sortie sur le Séran en Juin dernier, qui a agit comme un catalyseur. En effet, l’issue de ce parcours mémorable m’a poussé à en savoir davantage sur ces bateaux quitte à investir dans un modèle plus petit que le Solar afin de gagner en poids et m’économiser d’une logistique fastidieuse.

Il s’agit ni plus ni moins du Safari de la gamme Gumotex.

Présenté initialement comme un bateau de randonnée sur le site officiel, il a l’avantage par rapport aux autres modèles d’être auto-videur. Un détail important qui faisait cruellement défaut au Solar et qui nous obligeait à nous arrêter pour vider le kayak lorsque ce dernier était rempli d’eau. De plus, il est même conçu pour affronter des rivières de classe IV. Ses sangles cale cuisses permettent justement un contrôle précis sur la gîte.

J’avais en Décembre dernier fait connaissance avec ce petit jouet d’une maniabilité remarquable, et cette expérience m’avait laissé des souvenirs impérissables.
Pour les retardataires, je vous invite à consulter le compte rendu de cette navigation hivernale.

Après moulte hésitations, nous décidons, Lionel et moi-même de franchir le pas et de commander 2 Safaris chez Randovive.

Afin de faire plus ample connaissance avec ce nouveau kayak, je vous propose ma première séance d’Unboxing :

Nous y sommes enfin. Après avoir réceptionné les deux colis via Randovive, nous allons faire connaissance avec ce nouveau bateau prometteur. Pour commencer, voici le carton d’emballage à l’effigie de la marque « Gumotex »

GPTempDownload-19

Une fois ouvert, le sac à dos étanche Gumotex dans lequel se trouve le kayak. Très pratique car une fois le bateau gonflé, il pourra être utilisé pour stocker nos affaires sensibles à l’humidité pendant la navigation.

Avant d’aller plus loin, je tenais également à vous présenter la « K-Pump K100 ». J’avais eu l’occasion de la tester lors d’essais de canoës Gumotex et je l’avais trouvée plus pratique pour gonfler le bateau qu’une pompe classique.

GPTempDownload-17

Elle est fournie avec une housse de rangement et divers embouts. Je ne sais pas si c’était fait exprès mais celui fixé d’origine correspond pile poil aux valves du Safari.

Revenons donc sur notre sac étanche. A l’intérieur se trouve le kayak plié dans du papier à bulles, une boîte bleue contenant un kit de réparation en cas de crevaison, mais également un embout compatible avec les pompes à pied, une éponge, une dérive, et un sac filet dans lequel on trouvera les sangles cales cuisses que l’on développera plus tard…

Une fois déballé, il faudra avant d’aller plus loin, de fixer le siège à l’aide de deux cordes noires, avec lesquelles on adaptera l’une des extrémités des sangles cales cuisses.

GPTempDownload-8

Une fois ces dernières fixées, passer l’autre extrémité dans la bride de réglage à l’avant du kayak. On en profitera pour fixer également le cale pieds.

A cette étape, la K-Pump K100 entre en action. Je commence par le fond du kayak. Aucun soucis, l’embout s’emboite parfaitement et le gonflage se fait avec une rapidité remarquable.

Le gonflage des boudins latéraux se complique un peu avec la K100. Il faut vraiment trouver le « bon » angle pour que la pompe reste bien emboîtée pendant l’opération. Un peu galère au début, mais avec un peu d’habitude et après quelques sorties ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

GPTempDownload-3

Une fois les trois compartiments gonflés, reste plus qu’à ajuster les sangles cale cuisses ainsi que la pression du dossier du siège pour un confort optimal.

GPTempDownload-2

Reste plus qu’à tester tout ça!

GPTempDownload

 

Dimanche 30 Juin 2019

C’est à l’occasion d’une sortie organisée à l’improviste via le site www.forum-kayak.fr que je vais pouvoir faire mes premiers pas avec ce Safari.

Pour information, j’ai pris le soin de ne pas démonter le siège du kayak et les sangles lorsque j’ai replié le bateau. Ce qui me fera gagner un temps considérable pour la préparation du kayak.

GPTempDownload-25

Pour le lieu, ce sera la réserve naturelle du Haut Rhône pour un parcours d’environ 8 km. Une distance volontairement réduite à cause de la météo. Pas de mauvais temps annoncé, c’est même tout le contraire. La région est en vigilance canicule et les températures à l’ombre sont annoncées aux alentours des 40°c en milieu de journée. L’horaire sera même avancé pour une mise à l’eau sur le coup des 6h30.

GPTempDownload-40

Rendez vous donc avec Hugo à 5h30 pour laisser une voiture à l’arrivée et nous rendre sur le point de départ avec l’autre véhicule. Le temps de prendre un bon café et nous voilà en route.

Malgré l’horaire très matinal, nous nous sentons déjà alourdis sous le poids écrasant de cette chaleur.
Hugo possède également un kayak Gumotex: Le SeaWave. Il va d’ailleurs lui même inaugurer son nouveau bateau.

Je regarde les deux sacs de rangements stockés l’un contre l’autre à l’intérieur du coffre de la voiture pour me rendre compte à quel point la logistique est beaucoup plus souple à organiser.

GPTempDownload-23

6h30

Sous le pont de la Bruyère, une fois sortis de leurs sacs, nous « déroulons » nos bateaux avant de leur administrer les quantités d’air nécessaires pour leur donner leur forme définitive. Je suis impressionné par la rapidité de la préparation de mon Safari. J’estime guère plus de 5min le gonflage du fond et des boudins latéraux ainsi que le siège et les cales pieds. Mon Solar, de taille plus imposante nécessitait une bonne dizaine de minutes.

Sans plus attendre, nous nous lançons sur le bras principal du Rhône.

Comme je pouvais m’y attendre, la navigation n’a rien à voir avec un kayak de mer. Si le gain en maniabilité est indéniable, je ne peux pas en dire autant de l’inertie. J’arrête à peine de pagayer que le bateau tourne sur lui même. La vitesse bien que plus lente n’est pas médiocre pour autant. On arrive malgré tout à tenir un rythme raisonnable pour se faire plaisir sur de la petite randonnée comme nous allons le faire aujourd’hui.

Une fois à l’intérieur des lônes, ce petit kayak va me montrer une bonne partie de ses atouts grâce à sa maniabilité remarquable, qui me sera d’une grande aide pour me « faufiler » au travers des branchages, et autres obstacles dans ces petits cours d’eau.

Huit kilomètres qu’on aura négocié assez rapidement. Peut être même un peu trop rapidement justement pour que je puisse apprécier davantage mon Safari.

 

Dimanche 7 Juillet 2019

Une semaine s’est écoulée, et je vais pouvoir à nouveau tester d’autres capacités de mon Safari, pour ne pas dire « ses » capacités principales pour lesquelles il a été conçu: La navigation en eaux vives.

Ne pratiquant pas en club, il me sera difficile d’apprendre les fondamentaux nécessaires pour évoluer correctement et en toute sécurité dans cet univers qui m’est pour l’instant inconnu.
Mais c’était sans compter sur la générosité incroyable de Laurent NICOLET avec qui j’ai pu organiser cette sortie la veille au dernier moment.

GPTempDownload-14

Laurent NICOLET, pour ceux qui ne le connaisse pas encore, c’est un personnage charismatique de la pratique en eaux vives et en raft, mais également un passionné des rivières de France qui a d’ailleurs écrit un ouvrage « Rivières nature en kayak gonflable » disponible aux éditions « le Canotier ». Sa passion va bien au delà des frontières car il a également parcouru le Grand Canyon.

rivieres_nature_couv

Pour être bref et sans aller dans les détails, je vous propose de visionner la vidéo ci dessous dans laquelle il se déchaîne dans ce fleuve qui paraît indomptable à bord justement d’un Gumotex Safari.

Rendez vous donc à 8h30 sur le parking à proximité du camping de Yenne.

Au programme, descente du Rhône sur un peu plus d’un kilomètre pour rejoindre le bassin d’eaux vives.

Une fois sur place il nous faudra se « familiariser » avec la rivière (artificielle) et apprendre à lire les courants.

GPTempDownload-5

Pour « démystifier » cette « peur » ancestrale que nous avons nous, novices de ces courants incroyables, il nous faudra comme le dit l’expression qui n’a jamais pris autant de sens ce jour là:

« Se jeter à l’eau »

Une étape de l’apprentissage fondamentale, qui aura pour effet d’annihiler nos préjugés sur les rivières.

Une fois à l’eau, on se laissera porter par les courants jusqu’à saisir les contres courants pour rejoindre la rive.

Malgré beaucoup d’appréhension au départ, on se prendra rapidement au jeu, quittes à recommencer tels des enfants surexcités devant le superbe toboggan nautique d’un parc d’attractions. A la seule différence que l’on s’économisera d’un billet d’entrée au prix bien souvent astronomique, mais également de la file d’attente interminable avant de goûter aux plaisir d’être propulsés par ces courants.

GPTempDownload-9

On choisira dans un premier temps de travailler les fondamentaux de la navigation en eau vive en aval du bassin, et faire par la même occasion connaissance avec des mots que j’avais déjà entendu par le passé, mais qui raisonnaient dans ma tête comme du chinois:

Les « Bacs », les « Stops » et les « Reprises » de courants.

Rapidement, on se surprend tous à pouvoir, tels des truites ou des saumons, remonter le courant et jouer avec.

On appréciera les sangles cales cuisses qui, une fois bien réglées nous permettrons d’avoir un contrôle précis sur nos Safaris.

GPTempDownload-6

Sur la fin de la séance, on tente même une descente avec plus ou moins de succès sur une partie du bassin d’eaux vives.

On finira la séance par une balade dans les Gorges de la Balme et le défilé de Pierre Châtel avant de rejoindre notre point de débarquement à Virignin.

GPTempDownload-12

Superbe sortie donc, qui me permettra de prendre encore d’avantage de recul et faire encore plus ample connaissance avec mon nouveau jouet le Safari dont je ne suis pas prêt de me lasser.

GPTempDownload-0

Je remercie mille fois Laurent pour ces cours privilégiés et le prêt pour mes amis de quelques bateaux tests.

Je ne manquerai pas de vous faire un retour sur les prochaines expériences à venir avec ce kayak.

 

Les photos de la sortie du Haut Rhône:

 

Les photos de la séance eaux vives:

Le Séran et ses secrets

Le Séran

Je commencerai ce compte rendu par un seul mot:

« Hasard »

On l’emploie souvent, et parfois même sans forcément s’en rendre compte.
Si l’on s’intéresse à sa définition, on obtient ceci:

« Puissance considérée comme la cause d’événements apparemment fortuits ou inexplicables »

Ou alors:

« Circonstance de caractère imprévu ou imprévisible dont les effets peuvent être favorables ou défavorables pour quelqu’un »

Lorsque l’on organise un événement important, la phrase suivante revient souvent:

« Rien n’a été laissé au hasard »…

C’est un mot qui, dans nos sociétés modernes où tout est cloisonné, n’a que peu de place.
La recherche perpétuelle de la perfection absolue dans nos attentions, notre travail, voir parfois, dans notre vie quotidienne, laissera le hasard à l’extérieur. A l’image d’un être qu’il ne faut en aucun cas fréquenter sous peine d’être relayé nous aussi au rang d’intrus à éviter.

En ce Samedi 15 Juin 2019, rien ne me prédestinait à programmer une sortie en kayak.

Cependant, le hasard a voulu que la météo se gâte avec des orages importants annoncés en fin d’après-midi. Après consultation des bulletins, pas de doutes, le département est même placé en vigilance orange.

Je vais dans ce compte rendu, vous parler à nouveau du Séran.

Inutile de me répéter sur les origines de cette rivière. Pour ceux qui seraient passés à côté de mon dernier CR sur ce cours d’eau, je vous invite à le lire ICI.

GPTempDownload-10

Les chances pour voir l’eau parcourir généreusement le lit de cette rivière après le mois d’Avril sont faibles, voir quasi inexistantes. La particularité du Séran, bien que renforcé par son confluent avec le Groin sur la commune d’Artemare, est son débit qui varie brusquement d’un jour à l’autre.

Je m’explique…

Pour avoir le privilège de pouvoir naviguer sur cette rivière, il faudra guetter comme le lait sur le feu la météo, et plus particulièrement les grosses averses ou les orages importants qui renforceront le débit afin d’avoir un niveau d’eau suffisant. Ingrédients nécessaires pour une navigation réussie. Et de plus, il ne faudra pas « louper le créneau » car dès le lendemain ce même débit sera déjà divisé par 2.

Les repères à prendre en compte, sont d’additionner les débits du Groin et du Séran pour obtenir une valeur de référence.
Cette référence ne doit en aucun cas être en dessous de 7 m3/s sous peine de racler constamment le fond.

Vous trouverez ci-dessous les liens officiels des stations de mesure pour vous faire une idée.

La station de Belmont-Luthézieu pour le Séran:
https://www.rdbrmc.com/hydroreel2/station.php?codestation=868

La Station d’Artemare pour le Groin:
https://www.rdbrmc.com/hydroreel2/station.php?codestation=869

Je reviens donc sur ce hasard ou cette chance incroyable en cette journée de Samedi.

Les débits additionnés juste avant l’orage me faisaient hésiter un peu. Sur le coup des 14 heures, ils s’élevaient à peine à 7 m3/s.

Mais l’orage, bien qu’annoncé quelques heures auparavant, s’invitera brusquement avec des vents incroyables, suivis de pluies diluviennes. Ces mêmes pluies, qui malgré une fourchette horaire très courte, seront suffisantes pour faire varier les débits du Groin et du Séran à des valeurs frôlant les 30 m3/s en début de soirée.

Ni une ni deux, je saisi mon téléphone et improvise avec un ami une sortie pour le lendemain.

GPTempDownload-13

Dimanche 16 Juin

La nuit aura été courte. Un sommeil tardant à venir, parasité par cette excitation frénétique que nous ressentons tous au prélude d’un événement important qui nous tient à cœur.
A peine levé que je me précipite sur les relevés des débits. Les valeurs de référence égalant les 30 m3/s vers 22h00 sont redescendues maintenant à 22 m3/s.


Notre point d’embarquement n’étant qu’à 5min, nous sautons avec mon compagnon de route dans la voiture sans plus tarder et filons à vive allure vers une nouvelle aventure.

Je vais également au travers de ce compte rendu mettre à nouveau la lumière sur les kayaks gonflables et plus particulièrement ceux de la marque Gumotex.

Bien que réticent sur ces embarcations il y a encore quelques mois, j’apprends au fil de mes sorties à m’habituer, et surtout à apprécier les qualités que peuvent nous offrir ce type de kayaks.
Certes, il faut bien avouer que question vitesse, prise au vent, et navigation dans des conditions soutenues en mer ou en lacs, les KG (Kayaks Gonflables) ne sont pas encore prêts d’égaler les rigides.
Mais là où ces engins venus d’un autre monde vont tirer tous leurs avantages par rapport aux rigides sera dans leur capacité de transport, stockage, mais également leurs qualités de navigation dans de petits cours d’eau, rivières, etc, là où des kayaks de mers ne pourront aller.

GPTempDownload-11

La gamme Gumotex, en comparaison avec d’autres gonflables bénéficie d’un matériau résistant aux abrasions et aux UV:

Le Nitrilon

3299_0

Je ne vais pas m’étendre sur les caractéristiques techniques et mécaniques de ce matériau, mais j’invite les plus curieux d’entre vous à consulter le lien suivant:

https://www.gumotexboats.com/fr/materiaux-utilises

J’ai depuis 4 ans maintenant fait l’acquisition pour une utilisation occasionnelle et familiale du Solar, l’un de leur kayaks les plus polyvalents et les plus répandus.

31671

J’étais sceptique quand à la résistance de ces bateaux, mais après avoir effectué une sortie hivernale sur le Séran, raclé un peu le fond de la rivière, percuté quelques branchages parfois épineux, je dois bien avouer que je regarde maintenant ces bateaux sous un angle nouveau, avec une vision prometteuse et de nouvelles possibilités qui s’ouvrent à moi sur des spots de la région encore inexplorés.

Ci dessous, une vidéo d’une sortie hivernale sur le Séran:

Comme cité un peu plus haut, ils ne remplaceront jamais les kayaks de mer que j’aime tant.

Ces bateaux qui n’ont pas encore fini de faire parler d’eux représentent un complément de navigation que ne peut nous offrir le kayak de mer, embourbés par une organisation logistique importante, une manœuvrabilité limitée, et bien sûr, leur poids.

9h30

Nous voilà au pied du Séran, juste à côté de l’entrée du camping le Vaugrais. Nous acheminons  énergiquement des quantités d’air à l’intérieur du Solar par des mouvements répétitifs du pied droit (suivi du pied gauche une fois le côté opposé engourdi par l’effort) sur la pompe.
A mesure que le kayak prend forme notre frénésie gagne en intensité.

GPTempDownload-20

La lumière ambiante est d’une pureté flirtant avec la perfection. Je remercie les orages de la veille, mais surtout cette pluie dense et intense qui a eu pour effet de « laver » l’atmosphère. Le soleil, se fraye une place au travers d’un résiduel nuageux de la veille. Ce mélange d’un blanc, jaune, bleu, additionné à un vert végétal d’un feuillage bien fourni en cette saison sera un précieux allié pour embellir mes photos. Seul absent de ces futurs clichés numériques, la transparence cristalline de l’eau, remplacée par un mélange légèrement boueux. C’est malheureusement le prix à payer pour avoir un niveau d’eau suffisant.

Une fois le kayak gonflé, j’attache au moyen de sangles et mousquetons les sacs étanches et divers accessoires à bord. Mon compagnon de route se demande d’ailleurs si cela est vraiment nécessaire. Après avoir perdu une Gopro lors d’une sortie en mer quelques années auparavant, je préfère ne prendre aucuns risques.

GPTempDownload-19

Nous prenons place à bord pour une navigation en biplace et sans plus attendre les premiers coups de pagaies commencent à rythmer cette sortie. Ils sont un peu timides au début, le temps de synchroniser nos efforts pour diriger le kayak au mieux.

Nous sommes propulsés par un courant généreux. A peine avons-nous franchi les premiers 100 mètres que nous rejoignons le Groin.

Je ne sais pas si vous avez pris le temps en lisant ce compte rendu de vous arrêter un peu plus haut sur les deux copies d’écran concernant les courbes de débits du Séran et du Groin. Sur ce dernier, vous remarquerez facilement que sa puissance par rapport au Séran est multipliée par 2.

Nous ressentons pleinement cette puissance sur place. Des vagues anarchiques nous ballottent. Mais nous arrivons à nous positionner sur le courant central. Le kayak rebondit sur ces mêmes vagues, qui d’ailleurs une fois fracassées sur la proue, remplissent l’intérieur de notre embarcation. Les premières hésitations de mon partenaire face à ces premiers caprices du Séran se transforment en un enthousiasme sans failles avide d’en connaitre davantage.

GPTempDownload-18

Sur notre gauche, les arbres longeant la rue des Glières (derrière laquelle se dresse le gymnase d’Artemare) défilent à vitesse grand V. En moins de temps qu’il nous le fallait, nous franchissons le pont de la rue de Lyon. Quelques premiers branchages nous font barrage. Après avoir franchi avec succès cet obstacle, un autre entremêlement boisé beaucoup plus dense pointe le bout de son nez. Nous cherchons désespérément une ouverture dans ce chaos. Il va falloir improviser. A peine avions nous eut le temps de commencer à se dégager de ces sbires feuillus que le kayak se place de travers. Le courant commence alors à avaler notre embarcation déjà pleine d’eau. Je comprends alors à la dernière fraction de seconde que le dessalage est inévitable. Mon premier réflexe est de saisir énergiquement le kayak et ma pagaie avant de passer à l’eau. Malgré nos combinaisons néoprène, je ressens ce choc thermique violent qui me coupe le souffle les 10 premières secondes. Tellement troublé que je n’arrive pas à passer oralement les consignes à mon partenaire. Fort heureusement, ce dernier a eu le même réflexe pour s’emparer du bateau également, et sans paniquer, nous rejoignons la rive droite pour vider rapidement notre embarcation.  Nous faisons immédiatement référence à notre conversation lors de notre préparation au camping le Vaugrais lorsque j’attachais les affaires au kayak.

Mais il va falloir nous ressaisir rapidement et se concentrer pour la suite. Quelques minutes après, un nouveau rapide, généré par un vieux passage à gué partiellement détruit par une ancienne crue de la rivière. Nous négocions avec brio ce rapide presque équivalent à de la classe II.

Arrivés au confluent avec un petit ruisseau « Le Laval », on s’offre une petite pause pour quelques photos et prenons le temps d’apprécier ce débit incroyable qui décidément est bien parti pour nous offrir l’une de nos plus belles sorties de l’année.

Tout s’enchaîne rapidement, est sans que l’on ait eu le temps de s’en rendre compte, voici devant nous le pont SNCF de Marlieu, qui avec 22m3/s va générer malgré lui de beaux rapides synonymes de sensations fortes. Une autre pause s’impose histoire de saisir quelques clichés du pont.

Les courants bienfaiteurs nous propulseront quelques dizaines de minutes après vers un autre confluent où le ruisseau « Les Rousses » viendra épouser le Séran. Pour pénétrer dans ce cours d’eau, il faut être vigilant afin de ne pas « louper » l’embouchure légèrement masquée par les feuillages aux alentours et les quelques branchages. Les 22m3/s assureront assez de hauteur d’eau pour que l’on puisse le remonter.

GPTempDownload-2

Les Rousses,

Difficile de trouver des informations sur ce petit affluent qui semble prendre sa source à Luyrieu, petit hameau de la commune de Béon.

Long d’un peu plus de 2 km, il nous permettra par la même occasion de pénétrer dans les marais de Lavours.

Nous avions déjà eu l’occasion en Décembre dernier de pouvoir parcourir ces eaux calmes, à la seule différence, et pas des moindres, qu’en ce mois de Juin, ce méandre est garni d’une végétation dense et chatoyante à souhait recouvrant avec générosité ces mêmes branchages rachitiques que j’avais côtoyé cet hiver. Ces nouvelles teintes viendront colorer délicieusement les clichés que je m’empresse de saisir.

La quiétude, et la beauté des lieux, sont de précieux trésors qui se méritent. En effet, une fois engagés dans les entrailles des marais, nous faisons face tous les 100 mètres à des enchevêtrements de branches, troncs d’arbres échoués au travers du cours d’eau. Il nous faudra ruser et ce, de façon variée à chaque obstacle afin de pouvoir accéder à ce sanctuaire tant convoité. La végétation ombragée se dégage à mesure de notre progression pour nous dévoiler en fond de toile le Grand Colombier sous un angle nouveau. J’avais pour habitude de le contempler depuis le Rhône. Je ne compte d’ailleurs même plus le nombre de photos que j’ai pu faire de ce point d’observation.

GPTempDownload-8

Mais ici, je prends pleinement conscience à chaque fois que j’appuie sur le déclencheur que de pouvoir accéder à tant de richesse visuelle est un privilège d’exception. L’eau trouble de ce début de journée s’éclaircie au fil de notre parcours à contre-courant. Son état boueux se dilue petit à petit dans ce mélange limpide jusqu’à laisser entrevoir le fond du lit de ce ruisseau qui décidément n’a pas fini de nous surprendre. Surpris, justement, tout comme ces quelques chevesnes que nous venons, au travers de notre progression, de déranger. Nous les observons filer à vivre allure dans cet univers translucide et cristallin. La magie opère et nous voilà, mon coéquipier et moi-même transportés dans ce qui pourrait ressembler à s’y méprendre au paradis sur terre.

GPTempDownload-21

Il nous faudra, faute de timing à respecter, rebrousser chemin et rejoindre sans plus attendre le Séran.

On quittera les eaux calmes des Rousses pour retrouver de puissants courants qui nous conduirons sans le moindre effort de notre part à notre arrivée finale.

Pour rajouter une dernière dose de défi à cette sortie, un dernier embâcle décidé à nous en faire baver jusqu’au bout. Je suis obligé de descendre du kayak et prendre appui sur la branche principale en travers du cours d’eau dans l’espoir que notre embarcation traverse cet obstacle avant d’apercevoir le symbole de notre arrivée :

L’arche du Pont d’Aignoz permettant aux touristes de rejoindre depuis le village les sentiers sur pilotis incontournables pour visiter les Marais de Lavours.

GPTempDownload

Cette même arche étrangle malgré elle le courant du Séran qui s’intensifie à sa sortie. Une fois le pont traversé, nous sommes propulsés comme jamais juste avant de saisir un joli contre-courant rive droite qui nous permettra un débarquement aisé.

On se dirige vers un chemin qui, avec le débit actuel de la rivière se trouve sous l’eau. La hauteur d’eau diminue à mesure que nous avançons. L’espace est ombragé. Les arbres bordant ce chemin, forment avec leurs branches une arche qui nous protège des rayons brûlants du soleil qui atteint bientôt le zénith. Sa position écrasante au ciel symbolisant la mi journée, m’encourage, une fois après avoir débarqué, à sortir deux bonnes bières que nous dégustons, fiers de notre parcours, accoudés sur les bords du pont d’Aignoz, en observant avec respect et reconnaissance,  le Séran au loin, qui continuera sa course sans nous.

Le Kayak est dégonflé, plié et rangé dans le sac. Une opération qui ne monopolisera que quelques minutes de notre temps, nous rappelant une fois de plus le côté pratique du kayak gonflable, en nous économisant d’opérations logistiques compliquées.

Je terminerai ce récit avec un regard beaucoup plus mûr sur ces embarcations qui à mes yeux vont m’offrir de nouvelles voies à explorer que je ne manquerai pas de mettre en avant au travers de mon blog.

CORNETTO Yves

logo-gumotex-mack-kayak-gonflable logo-maison-marais-lavours  bugey sud tourisme

 

Le Rhin – Dernier Jour

Samedi 25 Mai 2019 – 12:20

1194,2 km!!!!

Distance désormais officielle de cette descente du Rhin terminée avec brio!!!!!

Un peu frustré de ne pas avoir arrondi ce chiffre déjà incroyable à 1200 km, mais qu’importe! Cette aventure titanesque viendra garnir le tableau de chasse (déjà bien chargé) de notre ami Rikou!

Arrivé sans encombres à destination avec un temps splendide (bon, quelques petits crachins en début de matinée), sans vent. Bref, des conditions « aux petits oignons » pour terminer ce périple de la meilleure manière qu’il soit!

Dernière distance parcourue: 27 km! Une simple formalité pour cet avaleur de miles!

Un énorme BRAVO Rikou pour cette aventure! Merci à toi de nous avoir permis de vivre par procuration ce périple varié (neige au début pour un temps clément à la fin)

Ci dessous, la carte globale avec les étapes réalisées:

Et pour finir en beauté, quelques photos!!!!

Le Rhin – Avant dernier Jour!!!

Vendredi 24/05/2019 – 61 Km

Dernier bivouac…

Comment retracer fidèlement les émotions et toute cette montée d’euphorie intérieure ressenties juste avant le grand final?

Nous venons justement de partager au téléphone ces sentiments étranges. Charnière entre l’aventure qui va bientôt se terminer et tout le chemin parcouru jusqu’à présent.
J’ai souvent tenté via mes propres comptes rendus de retracer ce mélange de sentiments contraires, entre euphorie et mélancolie. Cette symbiose paradoxale qu’il me plaît d’apprécier au delà même de la réussite d’un défi.

Tout ça pour vous dire que Rikou est justement aux portes de la réussite!
Le vieil adage « Ne pas vendre la peau de l’ours… » est toujours de rigueur. Mais le faible kilométrage qui lui reste à parcourir (à peine 30 km) ainsi que la fenêtre météo généreuse de demain, lui enlèveront tout obstacle, voir même, lui ouvriront le chemin final qui, une fois la ligne franchie, transcendera notre serviteur!

Capture d’écran 2019-05-24 à 23.22.28

Ci dessous, la carte globale avec les étapes réalisées:

La suite au prochain épisode

Le Rhin – Jour 19

Jeudi 23/05/2019 – 73 Km

Le kilométrage total assimilé depuis le début de l’aventure s’articule depuis quelques jours avec 4 chiffres: 1105 km!!!!

Et pour enrober généreusement les dernières étapes de ce périple incroyable, le soleil a accompagné Rikou toute la journée, avec toutefois une petite nuance qui s’est invitée vers 15h30 avec un vent contraire, bien décidé à ne pas se faire oublier et toujours autant de circulation fluviale.

Vendredi, en fonction de la forme, de la météo et du trafic fluvial, il se peut bien que notre héros vienne à bout de ces 1223 bornes!

Aller Rikou!!! C’est pratiquement dans poche!!!!!!

Ci dessous, la carte globale avec les étapes réalisées:

La suite au prochain épisode

Le Rhin – Jour 18

Mercredi 22/05/2019 – 68 Km

20:00 – C’est avec émotion que je reçois un appel du père Rikou. Ce dernier esquisse avec un mélange d’humour et de joie quelques mots néerlandais.

Et Oui!!!!!

Cette étape symbolique marque le franchissement de la frontière entre l’Allemagne et les Pays Bas.
Il quitte par la même occasion le Rhin principal pour emprunter le Waal qui le conduira avec un peu de chance en 2 jours à destination.

La journée commencée à 9h30 avec un temps maussade, changera radicalement vers 10h30 pour offrir à notre serviteur un temps enfin clément, avec un léger vent en fin de journée.
Les 2 dernières heures auront été infernales, non pas à cause de la météo, mais au trafic fluvial de plus en plus intense, parasitant régulièrement la navigation.

68 km pour cette étape.

Mais l’objectif est largement à portée avec toujours 2 jours d’avance!

GO Rikou!!!! GO!!!!!!!

Ci dessous, la carte globale avec les étapes réalisées:

La suite au prochain épisode