Archives pour la catégorie Rivières

Rivières à proximité du Bugey et des 2 Savoies

Retour d’expérience avec mon Safari

Bonjour à tous !

Comme promis, je reviens vers vous avec un nouveau compte rendu de mon expérience avec mon Gumotex Safari.

Avant de rentrer dans les détails, petit retour en arrière sur un revirement de situation quant à mon approche sur les Kayaks Gonflables. En effet, j’étais, il faut le dire assez fermé sur l’utilisation des gonflables, prétextant qu’ils étaient synonymes d’une pratique totalement amateur, débutant etc… Bref, le gros cliché du mec qui décide sur un coup de tête de se mettre au kayak et qui sans hésiter, cède à l’appel des sirènes d’une grande enseigne de sport connue de tous, proposant des KG à 300€ pour se lancer dans l’aventure.

Le « vrai » kayak à mes yeux, c’était plutôt un rigide aux lignes fines et épurées rappelant celles de leurs ancêtres groenlandais.

Je reste néanmoins fidèle à cette façon de penser, avec malgré tout quelques nuances et pas des moindres.

J’ai la chance d’habiter à proximité de belles petites rivières dont j’ai eu l’occasion en Juin dernier de faire les éloges de l’une d’entre elles : Le Séran.

Mais pour parcourir ces petits cours d’eau magiques, un kayak de mer n’est et ne sera clairement pas adapté.

Il me fallait trouver une alternative pour côtoyer de nouveaux spots. Cette interrogation donnera naissance à une relation nouvelle avec un autre bateau :

Le Gumotex Safari 330

1637

Je ne vais pas à nouveau présenter ce KG. J’invite, comme à l’accoutumée les plus curieux d’entre vous sur ce sujet à consulter un ancien article rédigé ici :

https://kayakrhonelacs.com/2019/07/21/vers-de-nouveaux-horizons/

Voilà maintenant quelques mois que je vis des choses incroyables avec ce bateau !

Tout d’abord, soyons francs. Même si sur le site officiel du fabriquant le Safari était présenté comme un kayak de randonnée, je dirais plutôt qu’il a surtout été conçu pour l’eau vive.

Après quelques essais sur le Rhône et le bassin de Yenne, nous avons décidé sans retenue d’aller affronter les eaux de la Durance. Une rivière idéale pour s’initier à l’eau vive. Avec un petit passage en classe III / IV (La vague du Rabioux).

Une expérience incroyable et superbe avec quelques petites gamelles mais sans gravité. On commence d’ailleurs à apprécier pleinement le côté peu encombrant du gonflable. Une fois rangés dans leurs sacs, leurs volumes minimisés nous permettra même de profiter d’une navette retour organisée par une équipe de rafting. Chose qui nous aurait été impossible si nous avions eu à transporter des rigides.

GPTempDownload-38

Un point tout de même qu’il ne faut pas négliger avec les gonflables, c’est le contrôle régulier de la pression d’air. En effet, en cas de fortes chaleurs, comme ce fut le cas cet été, la température ambiante élevée a pour effet de dilater l’air à l’intérieur des boudins. La pression augmentera rapidement au risque de faire éclater ce même boudin. Cela dit, ce risque est à prendre en considération que lorsque le kayak est à terre. Une fois sur l’eau, la température plus fraîche de cette dernière diminuera, voir supprimera significativement ce phénomène.

Dans le cas du Gumotex Safari 330, il existe plusieurs compartiments d’air.

  • Le plancher, qui lui est équipé d’une valve de surpression. Aucuns soucis de dilatation d’air. L’excédent s’échappera par cette même valve.
  • Les 2 boudins latéraux quant à eux devront être régulièrement contrôlés une fois à terre en faisant chuter légèrement la pression afin d’anticiper au mieux le phénomène de dilatation d’air.
  • Le siège et les cales pieds devront eux aussi être contrôlés avec davantage de vigilance étant donné que même lorsque le kayak est sur l’eau, ceux ci ne sont pas en contact direct et ne se refroidiront pas aussi efficacement que le reste du bateau.

Des opérations qui peuvent en théorie en rebuter certains, mais avec la pratique, ce sont des automatismes qui s’acquièrent rapidement sans contraintes particulières. Et de plus, ces opérations ne se feront que dans les mois les plus chauds (Juillet Août) ou en cas de canicule. Le reste de l’année, pas d’inquiétude à avoir.

Voilà pour le « petit » côté obscur du Safari, qui de toute façon s’appliquera à n’importe quel KG de toutes marques.

J’avais survolé rapidement les accessoires fournis avec le bateau lors de ma séance « unboxing » proposée dans l’article suivant :

https://kayakrhonelacs.com/2019/07/21/vers-de-nouveaux-horizons/

GPTempDownload-12

Concernant la dérive, je ne m’étalerai pas davantage pour diverses raisons. Elle peut être très pratique pour rendre le kayak directeur et s’économiser ainsi de mouvements de pagaie supplémentaires, synonyme d’un vrai supplice pour le kayakiste débutant désireux de remettre son bateau dans le « droit chemin ». Dans le cas de notre utilisation en eaux vives, je déconseille fortement de monter cette dérive. Le kayak dans ces eaux tumultueuses aura besoin d’être réactif et manœuvrable, mais surtout, si la hauteur d’eau est faible, cette même dérive accrochera au risque d’arracher le fond du bateau.

5144043_003

Nous n’avons, et ce, malgré avoir raclé le fond des rivières et accroché quelques branchages, toujours pas eu recours au kit de réparation fourni avec le Safari.

gumotex_kit_reparation_nitrilon_red_13_07_2015_14_49_29

Le petit embout de gonflage nous est pour l’instant d’aucune utilité. En effet, la K-Pump K100 et son adaptateur caoutchouc remplie pleinement sa fonction. De plus elle est rapide et facile à mettre en œuvre. Seul petit bémol, être rigoureux sur l’inclinaison de cette dernière quant au gonflage des boudins latéraux. L’espace plus restreint nous obligera à tenir fermement la partie avant de la pompe afin que l’embout ne se déboite pas de la valve pendant l’acheminement de l’air. Rien de bien méchant, mais il faut en être conscient au départ pour s’économiser d’un pompage fastidieux par la suite. Mais rien ne vous oblige à opter pour la K100. Une pompe classique raccordée à l’embout Gumotex fera parfaitement l’affaire sans contraintes particulières.

adaptateur_pour_valve_gumotex_push_push_2

61re9ubabbl._sl1500_

L’éponge fournie est vraiment pratique et permet, une fois le kayak partiellement séché, d’évacuer tout résiduel humide afin de le ranger et de le stocker dans les meilleures conditions.

Pour ce qui est de la pratique maintenant.

J’apprécie à mesure de mes sorties la facilité et la rapidité de préparation du kayak. En moins de 10 min. Oui, vous m’avez bien lu : Moins de 10 min, le siège, le cale-pied et les 3 compartiments principaux sont gonflés. Le Safari étant plus court que le Solar, le volume d’air est par conséquent diminué et donc plus rapide à acheminer. Pour optimiser ce temps de préparation, j’ai choisi de laisser les sangles cale-cuisses, le siège et le cale-pied solidaires du kayak.

Le sac étanche très pratique me permettra de garder mes affaires de rechange au sec. Je le range à l’arrière du bateau. Le filet en croisillons assurera un maintien sans failles du sac, même en cas de dessalage. Et pour davantage de fiabilité, j’attache également ce même sac à la poignée de portage arrière à l’aide d’un mousqueton.

GPTempDownload-172

Une fois à l’eau, c’est un véritable jouet d’une manœuvrabilité incroyable. Vif et réactif. On a beau être plus haut sur l’eau qu’avec un kayak de rivière rigide, la stabilité est au rendez-vous. Sa coque légèrement gironnée s’adapte à merveille dans les rapides de classe II/III. Dans ces mêmes rapides justement, lorsque les vagues éclaboussent la proue et remplissent l’intérieur du bateau, la quantité d’eau présente n’altère en rien la stabilité, et de plus, va s’évacuer rapidement au travers des trous auto-videurs situés sur les flancs du Safari. Le temps de vidange annoncé par le constructeur (moins de 20 secondes) est largement respecté.

GPTempDownload-167

Concernant le confort de navigation. Je reste toujours dans un programme de rivière et non de randonnée sur plusieurs heures comme j’ai l’habitude d’en faire en kayak de mer. Sur une descente de 2 ou 3 heures, je n’ai ressenti aucune courbature ni de mal de dos ou de crampes diverses. Le siège et plus particulièrement le dossier beaucoup plus volumineux que celui du Solar apporte un réel confort.

Malgré sa petite taille, ce bateau dispose de deux compartiments de rangements. J’ai déjà développé un peu plus haut celui situé à l’arrière très spacieux. On en aura un autre similaire avec également un filet en croisillons à l’avant. Beaucoup plus petit certes mais qui permettra d’attacher pourquoi pas un autre sac étanche afin de partir pour la journée. Je caresse l’espoir sous réserve de bien optimiser mon matériel, de pouvoir randonner avec ce kayak en rivière sur 2 ou 3 jours… A méditer…

Je me projette maintenant sur des sorties en quasi-autonomie côté logistique. L’idée serait de pouvoir (une fois la rivière descendue) revenir à mon point de départ à pieds et ce, avec le kayak rangé dans le sac.

Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai profité des dernières pluies intenses et tant attendues pour pouvoir à nouveau naviguer sur le Séran et mettre en pratique ce concept.

Un débit généreux qui m’a permis par la même occasion d’appliquer les quelques bases d’eaux-vives acquises lors d’un stage de 2 jours au bassin de St Pierre de Bœuf encadré par Yannick VERICEL de Randovive. Je mets d’ailleurs ce compte rendu entre parenthèses pour justement prendre le temps de vous parler un peu d’eau vive. Je n’ai aucune prétention de vous faire la morale, mais sachez une chose :

La pratique en eau calme (lacs et rivières calmes), largement répandue, ne nécessite pas forcément de technique particulière pour peu que l’on sache nager et d’être équipé au minimum (gilet d’aide à la flottabilité, etc…). En effet, aucun mouvement parasite ne viendra gâcher votre progression sous réserve de naviguer dans de bonnes conditions météo (pas de vent, etc…). Rapidement vous allez prendre du plaisir et « progresser » à votre rythme.

La pratique en eaux-vives quant à elle ne s’improvise pas. Certains risques sont bien réels et une connaissance minimum est requise avant de s’engager dans une rivière quelle qu’elle soit. Je ne vais pas vous faire de cours ou remplacer un moniteur diplômé d’état. Juste souligner que si jamais vous souhaitez franchir le pas, passez par la case « formation ou stage ». Une journée ou deux vous apportera beaucoup et vous permettra de vous faire plaisir par la suite.

Le plaisir justement. Revenons-en au Séran, qui décidément n’a pas fini de me surprendre. Propulsé par ses 22m3/s j’ai pris un pied énorme à lire dans cette rivière et débusquer le moindre contre-courant me permettant de faire durer le plaisir dans les quelques rapides rencontrés. Le Safari est joueur, et l’envoyer dans ces vagues est un pur délice. J’ai enchaîné sur une semaine pas moins de 4 sorties.

C’est à l’issue de l’une d’entre elles justement que j’ai décidé de revenir à pieds avec mon matériel sur le dos. J’avais un parcours pédestre de 5 km à réaliser. Pour être franc avec vous, je pense sincèrement que c’est jouable avec seulement que le kayak dans le sac. Je dis bien « que le kayak ». Car oui, il faut bien l’avouer, dans un cas concret comme celui-ci, il faudra ajouter la pagaie, le casque, le gilet, mais également les affaires de rechange (chaussures, pantalon, etc…). Tout ce matériel mis bouts à bouts ajoutera un poids considérable à la charge totale. Et là clairement, le sac étanche n’est pas du tout adapté pour réaliser une telle distance, les bretelles sont standards, et au bout de 2 km, on ressentira rapidement des crampes au niveau des trapèzes. Il aurait été souhaitable pour ce type de pratique, d’avoir sur le sac étanche une sangle ventrale et quelques mousses confort sur les bretelles d’origine afin de mieux répartir la charge sur le corps. Mais bon. Disons que sur ce cas bien précis je pousse l’expérience un peu loin.

Pour aller plus loin justement dans ce retour d’expérience, j’ai, au cours de notre stage en eaux-vives acquis quelques repères me permettant de « comparer » le Safari à un kayak d’eaux-vives rigide. Sur ce dernier, le constat est sans appel. Le calage à l’intérieur de l’embarcation est d’une précision redoutable. Le moindre mouvement des hanches transmet directement les informations nécessaires au kayak pour gîter, manœuvrer, bref, on ressent pleinement cette symbiose avec notre embarcation.
Sur le Safari, le calage grâce aux sangles cale cuisses permet de nous « rapprocher » de cette précision sans pour autant l’égaler. Mais une fois de plus, là où ce KG tirera son épingle du jeu par rapport à son homologue rigide sera dans sa capacité à se remettre rapidement en piste à la suite d’un dessalage ou autre incident du même genre. En effet, là où un kayak rigide rempli d’eau, dont il faudra évacuer manuellement une quantité importante avoisinant un chiffre à 2 zéros, synonyme d’un poids énorme à tracter jusqu’à la berge, le Safari, de part ses trous auto-videurs, évacuera rapidement ce surplus d’eau sans que l’on ait le moindre effort à fournir.

Voilà donc mes premières impressions sur ce bateau fantastique. Je n’ai malheureusement pas réussi à synthétiser davantage ce ressenti au travers de cet article. Peut être ai-je égaré certains lecteurs qui auront préféré abandonner et ne pas connaître la suite. Pour les plus courageux, ou pourquoi pas, les plus passionnés, j’espère sincèrement que la lecture de ce compte rendu aura apporté quelques réponses à vos questions.

CORNETTO Yves

 

logo-gumotex-mack-kayak-gonflable 29663725_1793176060747034_459046473_n  river-eqipement

 

Vers de nouveaux horizons

Ceux qui ont suivi le dernier compte rendu « Le Séran et ses Secrets » de notre Blog ont forcément remarqué notre attrait récent sur la navigation en KG (Kayak Gonflable).

Bien que le kayak de mer occupe et occupera toujours une place importante dans notre pratique, nous avons néanmoins décidé de changer radicalement de cap afin d’explorer de nouveaux spots et cours d’eau que peut nous offrir notre belle région « Entre Rhône & Lacs ». 

Je vous invite donc, non pas à vivre par procuration une nouvelle aventure sur l’eau, mais plutôt à découvrir ces nouveaux jouets venus d’ailleurs qui nous offrirons un complément de navigation non négligeable.

Je reprends le fil des événements suite à notre dernière sortie sur le Séran en Juin dernier, qui a agit comme un catalyseur. En effet, l’issue de ce parcours mémorable m’a poussé à en savoir davantage sur ces bateaux quitte à investir dans un modèle plus petit que le Solar afin de gagner en poids et m’économiser d’une logistique fastidieuse.

Il s’agit ni plus ni moins du Safari de la gamme Gumotex.

Présenté initialement comme un bateau de randonnée sur le site officiel, il a l’avantage par rapport aux autres modèles d’être auto-videur. Un détail important qui faisait cruellement défaut au Solar et qui nous obligeait à nous arrêter pour vider le kayak lorsque ce dernier était rempli d’eau. De plus, il est même conçu pour affronter des rivières de classe IV. Ses sangles cale cuisses permettent justement un contrôle précis sur la gîte.

J’avais en Décembre dernier fait connaissance avec ce petit jouet d’une maniabilité remarquable, et cette expérience m’avait laissé des souvenirs impérissables.
Pour les retardataires, je vous invite à consulter le compte rendu de cette navigation hivernale.

Après moulte hésitations, nous décidons, Lionel et moi-même de franchir le pas et de commander 2 Safaris chez Randovive.

Afin de faire plus ample connaissance avec ce nouveau kayak, je vous propose ma première séance d’Unboxing :

Nous y sommes enfin. Après avoir réceptionné les deux colis via Randovive, nous allons faire connaissance avec ce nouveau bateau prometteur. Pour commencer, voici le carton d’emballage à l’effigie de la marque « Gumotex »

GPTempDownload-19

Une fois ouvert, le sac à dos étanche Gumotex dans lequel se trouve le kayak. Très pratique car une fois le bateau gonflé, il pourra être utilisé pour stocker nos affaires sensibles à l’humidité pendant la navigation.

Avant d’aller plus loin, je tenais également à vous présenter la « K-Pump K100 ». J’avais eu l’occasion de la tester lors d’essais de canoës Gumotex et je l’avais trouvée plus pratique pour gonfler le bateau qu’une pompe classique.

GPTempDownload-17

Elle est fournie avec une housse de rangement et divers embouts. Je ne sais pas si c’était fait exprès mais celui fixé d’origine correspond pile poil aux valves du Safari.

Revenons donc sur notre sac étanche. A l’intérieur se trouve le kayak plié dans du papier à bulles, une boîte bleue contenant un kit de réparation en cas de crevaison, mais également un embout compatible avec les pompes à pied, une éponge, une dérive, et un sac filet dans lequel on trouvera les sangles cales cuisses que l’on développera plus tard…

Une fois déballé, il faudra avant d’aller plus loin, de fixer le siège à l’aide de deux cordes noires, avec lesquelles on adaptera l’une des extrémités des sangles cales cuisses.

GPTempDownload-8

Une fois ces dernières fixées, passer l’autre extrémité dans la bride de réglage à l’avant du kayak. On en profitera pour fixer également le cale pieds.

A cette étape, la K-Pump K100 entre en action. Je commence par le fond du kayak. Aucun soucis, l’embout s’emboite parfaitement et le gonflage se fait avec une rapidité remarquable.

Le gonflage des boudins latéraux se complique un peu avec la K100. Il faut vraiment trouver le « bon » angle pour que la pompe reste bien emboîtée pendant l’opération. Un peu galère au début, mais avec un peu d’habitude et après quelques sorties ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

GPTempDownload-3

Une fois les trois compartiments gonflés, reste plus qu’à ajuster les sangles cale cuisses ainsi que la pression du dossier du siège pour un confort optimal.

GPTempDownload-2

Reste plus qu’à tester tout ça!

GPTempDownload

 

Dimanche 30 Juin 2019

C’est à l’occasion d’une sortie organisée à l’improviste via le site www.forum-kayak.fr que je vais pouvoir faire mes premiers pas avec ce Safari.

Pour information, j’ai pris le soin de ne pas démonter le siège du kayak et les sangles lorsque j’ai replié le bateau. Ce qui me fera gagner un temps considérable pour la préparation du kayak.

GPTempDownload-25

Pour le lieu, ce sera la réserve naturelle du Haut Rhône pour un parcours d’environ 8 km. Une distance volontairement réduite à cause de la météo. Pas de mauvais temps annoncé, c’est même tout le contraire. La région est en vigilance canicule et les températures à l’ombre sont annoncées aux alentours des 40°c en milieu de journée. L’horaire sera même avancé pour une mise à l’eau sur le coup des 6h30.

GPTempDownload-40

Rendez vous donc avec Hugo à 5h30 pour laisser une voiture à l’arrivée et nous rendre sur le point de départ avec l’autre véhicule. Le temps de prendre un bon café et nous voilà en route.

Malgré l’horaire très matinal, nous nous sentons déjà alourdis sous le poids écrasant de cette chaleur.
Hugo possède également un kayak Gumotex: Le SeaWave. Il va d’ailleurs lui même inaugurer son nouveau bateau.

Je regarde les deux sacs de rangements stockés l’un contre l’autre à l’intérieur du coffre de la voiture pour me rendre compte à quel point la logistique est beaucoup plus souple à organiser.

GPTempDownload-23

6h30

Sous le pont de la Bruyère, une fois sortis de leurs sacs, nous « déroulons » nos bateaux avant de leur administrer les quantités d’air nécessaires pour leur donner leur forme définitive. Je suis impressionné par la rapidité de la préparation de mon Safari. J’estime guère plus de 5min le gonflage du fond et des boudins latéraux ainsi que le siège et les cales pieds. Mon Solar, de taille plus imposante nécessitait une bonne dizaine de minutes.

Sans plus attendre, nous nous lançons sur le bras principal du Rhône.

Comme je pouvais m’y attendre, la navigation n’a rien à voir avec un kayak de mer. Si le gain en maniabilité est indéniable, je ne peux pas en dire autant de l’inertie. J’arrête à peine de pagayer que le bateau tourne sur lui même. La vitesse bien que plus lente n’est pas médiocre pour autant. On arrive malgré tout à tenir un rythme raisonnable pour se faire plaisir sur de la petite randonnée comme nous allons le faire aujourd’hui.

Une fois à l’intérieur des lônes, ce petit kayak va me montrer une bonne partie de ses atouts grâce à sa maniabilité remarquable, qui me sera d’une grande aide pour me « faufiler » au travers des branchages, et autres obstacles dans ces petits cours d’eau.

Huit kilomètres qu’on aura négocié assez rapidement. Peut être même un peu trop rapidement justement pour que je puisse apprécier davantage mon Safari.

 

Dimanche 7 Juillet 2019

Une semaine s’est écoulée, et je vais pouvoir à nouveau tester d’autres capacités de mon Safari, pour ne pas dire « ses » capacités principales pour lesquelles il a été conçu: La navigation en eaux vives.

Ne pratiquant pas en club, il me sera difficile d’apprendre les fondamentaux nécessaires pour évoluer correctement et en toute sécurité dans cet univers qui m’est pour l’instant inconnu.
Mais c’était sans compter sur la générosité incroyable de Laurent NICOLET avec qui j’ai pu organiser cette sortie la veille au dernier moment.

GPTempDownload-14

Laurent NICOLET, pour ceux qui ne le connaisse pas encore, c’est un personnage charismatique de la pratique en eaux vives et en raft, mais également un passionné des rivières de France qui a d’ailleurs écrit un ouvrage « Rivières nature en kayak gonflable » disponible aux éditions « le Canotier ». Sa passion va bien au delà des frontières car il a également parcouru le Grand Canyon.

rivieres_nature_couv

Pour être bref et sans aller dans les détails, je vous propose de visionner la vidéo ci dessous dans laquelle il se déchaîne dans ce fleuve qui paraît indomptable à bord justement d’un Gumotex Safari.

Rendez vous donc à 8h30 sur le parking à proximité du camping de Yenne.

Au programme, descente du Rhône sur un peu plus d’un kilomètre pour rejoindre le bassin d’eaux vives.

Une fois sur place il nous faudra se « familiariser » avec la rivière (artificielle) et apprendre à lire les courants.

GPTempDownload-5

Pour « démystifier » cette « peur » ancestrale que nous avons nous, novices de ces courants incroyables, il nous faudra comme le dit l’expression qui n’a jamais pris autant de sens ce jour là:

« Se jeter à l’eau »

Une étape de l’apprentissage fondamentale, qui aura pour effet d’annihiler nos préjugés sur les rivières.

Une fois à l’eau, on se laissera porter par les courants jusqu’à saisir les contres courants pour rejoindre la rive.

Malgré beaucoup d’appréhension au départ, on se prendra rapidement au jeu, quittes à recommencer tels des enfants surexcités devant le superbe toboggan nautique d’un parc d’attractions. A la seule différence que l’on s’économisera d’un billet d’entrée au prix bien souvent astronomique, mais également de la file d’attente interminable avant de goûter aux plaisir d’être propulsés par ces courants.

GPTempDownload-9

On choisira dans un premier temps de travailler les fondamentaux de la navigation en eau vive en aval du bassin, et faire par la même occasion connaissance avec des mots que j’avais déjà entendu par le passé, mais qui raisonnaient dans ma tête comme du chinois:

Les « Bacs », les « Stops » et les « Reprises » de courants.

Rapidement, on se surprend tous à pouvoir, tels des truites ou des saumons, remonter le courant et jouer avec.

On appréciera les sangles cales cuisses qui, une fois bien réglées nous permettrons d’avoir un contrôle précis sur nos Safaris.

GPTempDownload-6

Sur la fin de la séance, on tente même une descente avec plus ou moins de succès sur une partie du bassin d’eaux vives.

On finira la séance par une balade dans les Gorges de la Balme et le défilé de Pierre Châtel avant de rejoindre notre point de débarquement à Virignin.

GPTempDownload-12

Superbe sortie donc, qui me permettra de prendre encore d’avantage de recul et faire encore plus ample connaissance avec mon nouveau jouet le Safari dont je ne suis pas prêt de me lasser.

GPTempDownload-0

Je remercie mille fois Laurent pour ces cours privilégiés et le prêt pour mes amis de quelques bateaux tests.

Je ne manquerai pas de vous faire un retour sur les prochaines expériences à venir avec ce kayak.

 

Les photos de la sortie du Haut Rhône:

 

Les photos de la séance eaux vives:

Le Séran et ses secrets

Le Séran

Je commencerai ce compte rendu par un seul mot:

« Hasard »

On l’emploie souvent, et parfois même sans forcément s’en rendre compte.
Si l’on s’intéresse à sa définition, on obtient ceci:

« Puissance considérée comme la cause d’événements apparemment fortuits ou inexplicables »

Ou alors:

« Circonstance de caractère imprévu ou imprévisible dont les effets peuvent être favorables ou défavorables pour quelqu’un »

Lorsque l’on organise un événement important, la phrase suivante revient souvent:

« Rien n’a été laissé au hasard »…

C’est un mot qui, dans nos sociétés modernes où tout est cloisonné, n’a que peu de place.
La recherche perpétuelle de la perfection absolue dans nos attentions, notre travail, voir parfois, dans notre vie quotidienne, laissera le hasard à l’extérieur. A l’image d’un être qu’il ne faut en aucun cas fréquenter sous peine d’être relayé nous aussi au rang d’intrus à éviter.

En ce Samedi 15 Juin 2019, rien ne me prédestinait à programmer une sortie en kayak.

Cependant, le hasard a voulu que la météo se gâte avec des orages importants annoncés en fin d’après-midi. Après consultation des bulletins, pas de doutes, le département est même placé en vigilance orange.

Je vais dans ce compte rendu, vous parler à nouveau du Séran.

Inutile de me répéter sur les origines de cette rivière. Pour ceux qui seraient passés à côté de mon dernier CR sur ce cours d’eau, je vous invite à le lire ICI.

GPTempDownload-10

Les chances pour voir l’eau parcourir généreusement le lit de cette rivière après le mois d’Avril sont faibles, voir quasi inexistantes. La particularité du Séran, bien que renforcé par son confluent avec le Groin sur la commune d’Artemare, est son débit qui varie brusquement d’un jour à l’autre.

Je m’explique…

Pour avoir le privilège de pouvoir naviguer sur cette rivière, il faudra guetter comme le lait sur le feu la météo, et plus particulièrement les grosses averses ou les orages importants qui renforceront le débit afin d’avoir un niveau d’eau suffisant. Ingrédients nécessaires pour une navigation réussie. Et de plus, il ne faudra pas « louper le créneau » car dès le lendemain ce même débit sera déjà divisé par 2.

Les repères à prendre en compte, sont d’additionner les débits du Groin et du Séran pour obtenir une valeur de référence.
Cette référence ne doit en aucun cas être en dessous de 7 m3/s sous peine de racler constamment le fond.

Vous trouverez ci-dessous les liens officiels des stations de mesure pour vous faire une idée.

La station de Belmont-Luthézieu pour le Séran:
https://www.rdbrmc.com/hydroreel2/station.php?codestation=868

La Station d’Artemare pour le Groin:
https://www.rdbrmc.com/hydroreel2/station.php?codestation=869

Je reviens donc sur ce hasard ou cette chance incroyable en cette journée de Samedi.

Les débits additionnés juste avant l’orage me faisaient hésiter un peu. Sur le coup des 14 heures, ils s’élevaient à peine à 7 m3/s.

Mais l’orage, bien qu’annoncé quelques heures auparavant, s’invitera brusquement avec des vents incroyables, suivis de pluies diluviennes. Ces mêmes pluies, qui malgré une fourchette horaire très courte, seront suffisantes pour faire varier les débits du Groin et du Séran à des valeurs frôlant les 30 m3/s en début de soirée.

Ni une ni deux, je saisi mon téléphone et improvise avec un ami une sortie pour le lendemain.

GPTempDownload-13

Dimanche 16 Juin

La nuit aura été courte. Un sommeil tardant à venir, parasité par cette excitation frénétique que nous ressentons tous au prélude d’un événement important qui nous tient à cœur.
A peine levé que je me précipite sur les relevés des débits. Les valeurs de référence égalant les 30 m3/s vers 22h00 sont redescendues maintenant à 22 m3/s.


Notre point d’embarquement n’étant qu’à 5min, nous sautons avec mon compagnon de route dans la voiture sans plus tarder et filons à vive allure vers une nouvelle aventure.

Je vais également au travers de ce compte rendu mettre à nouveau la lumière sur les kayaks gonflables et plus particulièrement ceux de la marque Gumotex.

Bien que réticent sur ces embarcations il y a encore quelques mois, j’apprends au fil de mes sorties à m’habituer, et surtout à apprécier les qualités que peuvent nous offrir ce type de kayaks.
Certes, il faut bien avouer que question vitesse, prise au vent, et navigation dans des conditions soutenues en mer ou en lacs, les KG (Kayaks Gonflables) ne sont pas encore prêts d’égaler les rigides.
Mais là où ces engins venus d’un autre monde vont tirer tous leurs avantages par rapport aux rigides sera dans leur capacité de transport, stockage, mais également leurs qualités de navigation dans de petits cours d’eau, rivières, etc, là où des kayaks de mers ne pourront aller.

GPTempDownload-11

La gamme Gumotex, en comparaison avec d’autres gonflables bénéficie d’un matériau résistant aux abrasions et aux UV:

Le Nitrilon

3299_0

Je ne vais pas m’étendre sur les caractéristiques techniques et mécaniques de ce matériau, mais j’invite les plus curieux d’entre vous à consulter le lien suivant:

https://www.gumotexboats.com/fr/materiaux-utilises

J’ai depuis 4 ans maintenant fait l’acquisition pour une utilisation occasionnelle et familiale du Solar, l’un de leur kayaks les plus polyvalents et les plus répandus.

31671

J’étais sceptique quand à la résistance de ces bateaux, mais après avoir effectué une sortie hivernale sur le Séran, raclé un peu le fond de la rivière, percuté quelques branchages parfois épineux, je dois bien avouer que je regarde maintenant ces bateaux sous un angle nouveau, avec une vision prometteuse et de nouvelles possibilités qui s’ouvrent à moi sur des spots de la région encore inexplorés.

Ci dessous, une vidéo d’une sortie hivernale sur le Séran:

Comme cité un peu plus haut, ils ne remplaceront jamais les kayaks de mer que j’aime tant.

Ces bateaux qui n’ont pas encore fini de faire parler d’eux représentent un complément de navigation que ne peut nous offrir le kayak de mer, embourbés par une organisation logistique importante, une manœuvrabilité limitée, et bien sûr, leur poids.

9h30

Nous voilà au pied du Séran, juste à côté de l’entrée du camping le Vaugrais. Nous acheminons  énergiquement des quantités d’air à l’intérieur du Solar par des mouvements répétitifs du pied droit (suivi du pied gauche une fois le côté opposé engourdi par l’effort) sur la pompe.
A mesure que le kayak prend forme notre frénésie gagne en intensité.

GPTempDownload-20

La lumière ambiante est d’une pureté flirtant avec la perfection. Je remercie les orages de la veille, mais surtout cette pluie dense et intense qui a eu pour effet de « laver » l’atmosphère. Le soleil, se fraye une place au travers d’un résiduel nuageux de la veille. Ce mélange d’un blanc, jaune, bleu, additionné à un vert végétal d’un feuillage bien fourni en cette saison sera un précieux allié pour embellir mes photos. Seul absent de ces futurs clichés numériques, la transparence cristalline de l’eau, remplacée par un mélange légèrement boueux. C’est malheureusement le prix à payer pour avoir un niveau d’eau suffisant.

Une fois le kayak gonflé, j’attache au moyen de sangles et mousquetons les sacs étanches et divers accessoires à bord. Mon compagnon de route se demande d’ailleurs si cela est vraiment nécessaire. Après avoir perdu une Gopro lors d’une sortie en mer quelques années auparavant, je préfère ne prendre aucuns risques.

GPTempDownload-19

Nous prenons place à bord pour une navigation en biplace et sans plus attendre les premiers coups de pagaies commencent à rythmer cette sortie. Ils sont un peu timides au début, le temps de synchroniser nos efforts pour diriger le kayak au mieux.

Nous sommes propulsés par un courant généreux. A peine avons-nous franchi les premiers 100 mètres que nous rejoignons le Groin.

Je ne sais pas si vous avez pris le temps en lisant ce compte rendu de vous arrêter un peu plus haut sur les deux copies d’écran concernant les courbes de débits du Séran et du Groin. Sur ce dernier, vous remarquerez facilement que sa puissance par rapport au Séran est multipliée par 2.

Nous ressentons pleinement cette puissance sur place. Des vagues anarchiques nous ballottent. Mais nous arrivons à nous positionner sur le courant central. Le kayak rebondit sur ces mêmes vagues, qui d’ailleurs une fois fracassées sur la proue, remplissent l’intérieur de notre embarcation. Les premières hésitations de mon partenaire face à ces premiers caprices du Séran se transforment en un enthousiasme sans failles avide d’en connaitre davantage.

GPTempDownload-18

Sur notre gauche, les arbres longeant la rue des Glières (derrière laquelle se dresse le gymnase d’Artemare) défilent à vitesse grand V. En moins de temps qu’il nous le fallait, nous franchissons le pont de la rue de Lyon. Quelques premiers branchages nous font barrage. Après avoir franchi avec succès cet obstacle, un autre entremêlement boisé beaucoup plus dense pointe le bout de son nez. Nous cherchons désespérément une ouverture dans ce chaos. Il va falloir improviser. A peine avions nous eut le temps de commencer à se dégager de ces sbires feuillus que le kayak se place de travers. Le courant commence alors à avaler notre embarcation déjà pleine d’eau. Je comprends alors à la dernière fraction de seconde que le dessalage est inévitable. Mon premier réflexe est de saisir énergiquement le kayak et ma pagaie avant de passer à l’eau. Malgré nos combinaisons néoprène, je ressens ce choc thermique violent qui me coupe le souffle les 10 premières secondes. Tellement troublé que je n’arrive pas à passer oralement les consignes à mon partenaire. Fort heureusement, ce dernier a eu le même réflexe pour s’emparer du bateau également, et sans paniquer, nous rejoignons la rive droite pour vider rapidement notre embarcation.  Nous faisons immédiatement référence à notre conversation lors de notre préparation au camping le Vaugrais lorsque j’attachais les affaires au kayak.

Mais il va falloir nous ressaisir rapidement et se concentrer pour la suite. Quelques minutes après, un nouveau rapide, généré par un vieux passage à gué partiellement détruit par une ancienne crue de la rivière. Nous négocions avec brio ce rapide presque équivalent à de la classe II.

Arrivés au confluent avec un petit ruisseau « Le Laval », on s’offre une petite pause pour quelques photos et prenons le temps d’apprécier ce débit incroyable qui décidément est bien parti pour nous offrir l’une de nos plus belles sorties de l’année.

Tout s’enchaîne rapidement, est sans que l’on ait eu le temps de s’en rendre compte, voici devant nous le pont SNCF de Marlieu, qui avec 22m3/s va générer malgré lui de beaux rapides synonymes de sensations fortes. Une autre pause s’impose histoire de saisir quelques clichés du pont.

Les courants bienfaiteurs nous propulseront quelques dizaines de minutes après vers un autre confluent où le ruisseau « Les Rousses » viendra épouser le Séran. Pour pénétrer dans ce cours d’eau, il faut être vigilant afin de ne pas « louper » l’embouchure légèrement masquée par les feuillages aux alentours et les quelques branchages. Les 22m3/s assureront assez de hauteur d’eau pour que l’on puisse le remonter.

GPTempDownload-2

Les Rousses,

Difficile de trouver des informations sur ce petit affluent qui semble prendre sa source à Luyrieu, petit hameau de la commune de Béon.

Long d’un peu plus de 2 km, il nous permettra par la même occasion de pénétrer dans les marais de Lavours.

Nous avions déjà eu l’occasion en Décembre dernier de pouvoir parcourir ces eaux calmes, à la seule différence, et pas des moindres, qu’en ce mois de Juin, ce méandre est garni d’une végétation dense et chatoyante à souhait recouvrant avec générosité ces mêmes branchages rachitiques que j’avais côtoyé cet hiver. Ces nouvelles teintes viendront colorer délicieusement les clichés que je m’empresse de saisir.

La quiétude, et la beauté des lieux, sont de précieux trésors qui se méritent. En effet, une fois engagés dans les entrailles des marais, nous faisons face tous les 100 mètres à des enchevêtrements de branches, troncs d’arbres échoués au travers du cours d’eau. Il nous faudra ruser et ce, de façon variée à chaque obstacle afin de pouvoir accéder à ce sanctuaire tant convoité. La végétation ombragée se dégage à mesure de notre progression pour nous dévoiler en fond de toile le Grand Colombier sous un angle nouveau. J’avais pour habitude de le contempler depuis le Rhône. Je ne compte d’ailleurs même plus le nombre de photos que j’ai pu faire de ce point d’observation.

GPTempDownload-8

Mais ici, je prends pleinement conscience à chaque fois que j’appuie sur le déclencheur que de pouvoir accéder à tant de richesse visuelle est un privilège d’exception. L’eau trouble de ce début de journée s’éclaircie au fil de notre parcours à contre-courant. Son état boueux se dilue petit à petit dans ce mélange limpide jusqu’à laisser entrevoir le fond du lit de ce ruisseau qui décidément n’a pas fini de nous surprendre. Surpris, justement, tout comme ces quelques chevesnes que nous venons, au travers de notre progression, de déranger. Nous les observons filer à vivre allure dans cet univers translucide et cristallin. La magie opère et nous voilà, mon coéquipier et moi-même transportés dans ce qui pourrait ressembler à s’y méprendre au paradis sur terre.

GPTempDownload-21

Il nous faudra, faute de timing à respecter, rebrousser chemin et rejoindre sans plus attendre le Séran.

On quittera les eaux calmes des Rousses pour retrouver de puissants courants qui nous conduirons sans le moindre effort de notre part à notre arrivée finale.

Pour rajouter une dernière dose de défi à cette sortie, un dernier embâcle décidé à nous en faire baver jusqu’au bout. Je suis obligé de descendre du kayak et prendre appui sur la branche principale en travers du cours d’eau dans l’espoir que notre embarcation traverse cet obstacle avant d’apercevoir le symbole de notre arrivée :

L’arche du Pont d’Aignoz permettant aux touristes de rejoindre depuis le village les sentiers sur pilotis incontournables pour visiter les Marais de Lavours.

GPTempDownload

Cette même arche étrangle malgré elle le courant du Séran qui s’intensifie à sa sortie. Une fois le pont traversé, nous sommes propulsés comme jamais juste avant de saisir un joli contre-courant rive droite qui nous permettra un débarquement aisé.

On se dirige vers un chemin qui, avec le débit actuel de la rivière se trouve sous l’eau. La hauteur d’eau diminue à mesure que nous avançons. L’espace est ombragé. Les arbres bordant ce chemin, forment avec leurs branches une arche qui nous protège des rayons brûlants du soleil qui atteint bientôt le zénith. Sa position écrasante au ciel symbolisant la mi journée, m’encourage, une fois après avoir débarqué, à sortir deux bonnes bières que nous dégustons, fiers de notre parcours, accoudés sur les bords du pont d’Aignoz, en observant avec respect et reconnaissance,  le Séran au loin, qui continuera sa course sans nous.

Le Kayak est dégonflé, plié et rangé dans le sac. Une opération qui ne monopolisera que quelques minutes de notre temps, nous rappelant une fois de plus le côté pratique du kayak gonflable, en nous économisant d’opérations logistiques compliquées.

Je terminerai ce récit avec un regard beaucoup plus mûr sur ces embarcations qui à mes yeux vont m’offrir de nouvelles voies à explorer que je ne manquerai pas de mettre en avant au travers de mon blog.

CORNETTO Yves

logo-gumotex-mack-kayak-gonflable logo-maison-marais-lavours  bugey sud tourisme

 

Dordogne Intégrale: 350 km

logodi350

 

Bonjour à tous!

Avant toute chose, sachez que je m’étais promis à l’origine de ne pas faire de compte rendu de ces quatre jours passés sur la Dordogne.

En effet, le lieu ainsi que l’évènement n’ont aucun lien avec notre territoire que je m’efforce de mettre en valeur de CR en CR.

Mais l’issue de ces 350 Km passés en compagnie de mes amis a engendré tellement d’émotions, et d’autres sentiments, dont il m’est encore à l’heure actuelle difficile de trouver les mots justes pour vous les faire vivre au travers de ces lignes, que je vais à nouveau faire entorse aux préceptes fondamentaux de mon blog pour vous conter cette course folle dont j’ai pu être l’un des 200 protagonistes à avoir eu le privilège de vivre à 200 %.

La genèse de cette aventure à commencé l’année dernière jour pour jour à l’issue de l’épreuve classique de la Dordogne intégrale (à savoir, réaliser un parcours de 130 Km d’Argentat à Castelnaud-La-Chapelle en une seule journée).

Mes amis, Lionel, Ludo, et Raphaëlle, qui avaient déjà participé aux événements précédents, m’ont fait part d’une édition spéciale pour les 10 ans de l’évènement sur 2019. Un parcours de 350 km, toujours au départ d’Argentat, qui devait se terminer, non pas à Castelnaud, mais à Blaye en Gironde.

Il fallait veiller comme le lait sur le feu l’ouverture des inscriptions car les places allaient s’écouler comme des petits pains, 200 embarcations au maximum.

Lionel nous inscrits en K2 sous le nom des « RhôneAlpins ». Un nom qui pourrait être banal, mais habitant pratiquement au bord du Rhône et Lionel au coeur des stations Alpines, cela ne pouvait pas mieux tomber.

350 kilomètres…

En premier lieu, nous avions déjà effectué d’avantage dans le passé.

Mais la difficulté de ce défi est de réaliser cette distance en 3 jours et demi avec plusieurs barrières horaires à ne pas dépasser sur les checks points principaux sous peine de pénalité.

Autant dire qu’il me faudra pour ma part, naviguer avec un rythme beaucoup plus soutenu qu’à l’accoutumée.

Et pour ne pas arranger les choses, lors d’un entrainement en Janvier dernier, j’ai eu la maladresse d’exécuter un mauvais mouvement de pagaie qui m’a valu une inflammation au coude droit laissant présager un éventuel début de tendinite.

Bref… J’abordais cette course avec une certaine appréhension.

Jeudi 18 Avril

Rendez vous au camping du « Gibanel » situé aux portes d’Argentat.
Nous retrouvons nos amis Ludo et sa « Team de la Tour du Pin » ainsi que Rikou et son ami Eric qui assurera sa logistique durant la course.

19h00

Rendez vous à la salle polyvalente « Les Confluences » pour le retrait des dossards, le tracker GPS et participer au repas offert par l’organisation avant le briefing présenté par Philippe MARCHEGAY. Personnage charismatique qui depuis maintenant 10 ans a organisé la Dordogne intégrale de 130 km. Il nous fait part, pour cette édition spéciale 2019 qu’il tirera sa révérence à l’issue de la course pour laisser place à une nouvelle équipe l’année prochaine. La salle se lève et applaudit avec une émotion commune tellement intense qu’elle me fait vibrer de l’intérieur. Devant cette ovation incroyable, nous prenons tous conscience que cette « Dordogne 350 », risque peut être de ne pas se reproduire avant longtemps.

Juste avant de partir, nous croisons Raphaëlle et son mari.
Nous nous souhaitons mutuellement bonne chance pour la course.

Vendredi 19 Avril

6h30,

GPTempDownload-20

On embarque à 1 km en amont de la ligne de départ. En effet, sur la rampe officielle grouille déjà pas mal de monde.

Une fois positionnés, nous sommes attentifs au compte à rebours…

20 secondes… 10 secondes…

Je regarde autour de notre embarcation toute cette masse agglutinée au même endroit prête à en découdre…

5 secondes…

Le rythme cardiaque s’accélère telle une bielle surexcitée transmettant le mouvement d’un piston déjà surchauffé.

3…

2…

1…

La masse que nous formons tous s’élance dans un bruit de clapotis violent, elle se disloque lentement mais reste malgré tout compacte.

Ludo est déjà loin devant, nous ne voyons plus Rikou qui est resté derrière nous, prisonnier d’une partie de cette masse dont il a du mal à s’extraire. Quant à Raphaëlle, je pense qu’il en est de même.

Difficile de trouver mes propres repères dans cette ambiance agitée où chacun tente de prendre le dessus sur l’autre. Je peine à supporter toute cette agitation. Cela ne ressemble en rien à ce que je vais chercher dans la pratique du kayak, et ce qui a toujours été un leitmotiv à chacune de mes sorties, à savoir, me ressourcer dans le calme et la plénitude.

Le bruit de l’eau violentée à coup de pagaies, ainsi que le vacarme général (malgré une ambiance entre concurrents très conviviale) parasite notre communication avec Lionel sur notre K2.

On essaie tant bien que mal de se faire notre place. Paddles, et kayaks fuselés nous doublent avec une facilité déconcertante. Inutile de chercher à se placer dans leur aspiration. Notre « péniche » n’est pas taillée pour rivaliser avec ces engins d’élite, et nos efforts pour nous maintenir vainement à leur rythme nous épuiseraient avant la fin de la journée.

Les premiers rapides se dessinent devant nous. La largeur de la rivière se rétrécie, et notre masse de kayakistes semblable à un essaim d’abeilles, qui commençait à peine à se dissoudre, se reforme dangereusement dans cet entonnoir improvisé où malheureusement tout le monde n’aura pas sa place. En effet, c’est une fois engagés dans ce tumulte, que les premiers dessalages se font entendre. Nous parvenons à nous frayer un chemin dans ce chaos pour en ressortir victorieux et indemnes. Nos entraînements hivernaux dans les rapides du Rhône ont porté leurs fruits.

A peine avons nous le temps de reprendre notre souffle qu’une grosse embarcation se faufile habilement dans notre sillage pour arriver à notre hauteur. Un canoë 9 places avec à son bord, l’équipe féminine du club de kayak d’Annecy.

57821826_2223164214567728_8067631650722283520_o

Elles pagaient énergiquement, tel un groupe d’amazones avec une âme conquérante. Bien décidées à se rapprocher le plus près possible au sommet du classement afin que le chiffre tant convoité corresponde fidèlement à leur numéro de dossard arboré fièrement sur leur canoë.

Nous avions eu l’occasion de se présenter et d’échanger un peu au camping la veille de la course. Elles nous interpellent d’ailleurs amicalement par un :

– « Coucou les voisins! »

(en faisant référence à nos emplacements du camping et à notre région commune) avant de nous dépasser sans qu’on ai le temps d’anticiper quoi que ce soit.

Le brouhaha de ce début de course commence à s’estomper à mesure que les embarcations s’espacent.

J’en profite pour jeter un œil derrière nous dans l’espoir de retrouver Raphaëlle et Rikou.

Ce dernier nous a rejoint rapidement après avoir eu l’audace de franchir avec succès un seuil impressionnant au km 40. Quant à Raphaëlle, toujours pas de nouvelles. Je croise les doigts en espérant que tout se passe pour le mieux de son côté.

Enfin un peu de calme. Nous prenons maintenant le temps d’apprécier cette Dordogne comme elle le mérite. Cette rivière regorge de surprises. Je suis impressionné par la propreté aux abords, la beauté et la variété des paysages entre berges verdoyantes et des gorges impressionnantes dont certaines ressemblent à s’y méprendre à celles de l’Ardèche. Elle se dévoile à nous, belle et charismatique sous son meilleur jour, une eau claire, cristalline, au travers de laquelle des algues d’un vert clair et parfois chlorophylle nous indiquent généreusement le sens du courant. Porté par ces flots libérateurs, le stress de ce début de course disparaît subitement, laissant mon cœur s’ouvrir progressivement. Il m’est alors difficile de résister au charme de cette Dordogne et ses atouts de séduction que j’en ferais presque des infidélités au Rhône que j’apprécie tant.

Les kilomètres défilent les uns après les autres sans qu’on ai le temps de s’en apercevoir. Tellement absorbés par ces paysages idylliques qu’en l’espace de seulement quelques heures, nous venons de nous apercevoir que nous avons complètement oublié notre ami Rikou qui est resté loin derrière. Pas d’inquiétudes, on connait suffisamment notre compère pour savoir qu’il rattrapera vite son retard et reviendra à nos côtés.

En début de soirée nous approchons du kilomètre 130 à Castelnaud la Chapelle, où se trouve le check point obligatoire et le ravitaillement. Cinq kilomètres en amont se dresse sur la rive droite « La Roque Gageac », un des plus beaux villages de France. Il ne laisse personne indifférent en nous imposant ses falaises immenses à l’intérieur desquelles ont été créées des habitations peu orthodoxes surplombant le reste du bourg.

GPTempDownload-12

19h15,

Nous arrivons à notre premier check point.

525497912665049210_IMG_0925
©Louis SALOMON

Quelques légères courbatures, rien de bien méchant. Cette petite pause ne nous fera pas de mal.

Rikou nous rejoindra comme prévu quelques minutes après.

Par contre, toujours pas de nouvelles de Raphaëlle. J’espère qu’elle arrivera avant la barrière horaire de 22h00, sans quoi, elle risque une pénalité.

Certains de nos protagonistes décident de bivouaquer à Castelnaud. Lionel et moi même décidons de poursuivre notre route. Rikou préférera rester sur place pour récupérer un peu.

Le soleil commence à disparaître, laissant entrevoir quelques reflets magiques sur les eaux que nous parcourons. Timidement, la nuit s’installe. Des nuées de moucherons viendront provisoirement parasiter notre progression sur ces eaux limpides et partiellement calmes que nous offre cette Dordogne décidément surprenante.

_5367704312619085717_IMG_0958
©Louis SALOMON

Louis, notre assistant suiveur nous attendra au Km 135 pour notre premier bivouac.

Mais une fois sur les lieux, Lionel décide de me pousser dans mes derniers retranchements pour tenter de gagner en distance et ainsi rattraper le retard dû à notre embarcation inadaptée pour la vitesse.

Je sens mes forces m’abandonner, je tente un refus. Et fais face à notre premier désaccord, après tant d’années de navigation avec mon partenaire. J’appréhende également un éventuel rendez-vous raté avec Louis sur notre prochain bivouac (faute de réseau téléphonique suffisant, ou d’accès compliqué).

Finalement, Lionel parvient à me convaincre.

Nous allons jouer notre partition favorite et faire ce que nous avions jusqu’à présent toujours su faire : avaler les kilomètres les uns après les autres pour atteindre le chiffre incroyable de 150 Km parcourus sur la journée.

GPTempDownload-7

Il est 23h00 et j’ai encore de la peine à y croire. Je viens de pulvériser mon propre record (86 Km en une journée) établi l’année dernière lors de notre défit entre le Rhône et le Lac du Bourget. A cet instant précis, et ce, malgré le poids d’une fatigue incommensurable, je commence à me rendre compte à quel point le corps humain peut être capable de s’adapter et aller au-delà de ses propres limites.

Pas le temps d’apprécier cette performance exceptionnelle. Il faut vite monter la tente, se changer pour la nuit qui sera courte.

Nos yeux émerveillés de cette journée remplie d’émotions se fermeront à minuit pour s’ouvrir à 5h15 le lendemain.

Bercés par les flots de la rivière, et courbaturés de la veille, le réveil se fera difficilement. Pourtant, pas le temps de traîner. Le temps de plier la tente et ranger les affaires, nous embarquons à 6h30 dans un calme et une plénitude sans précédent. L’ambiance matinale dans laquelle on se trouve nous rappelle étrangement nos étapes matinales lors de notre périple sur le Rhône deux ans auparavant.

Au loin, nous apercevons la silhouette d’un kayakiste.

Nous arrivons progressivement à le rattraper.

Je devine la forme de sa pagaie, cette dernière semble similaire à la mienne. Enfin un protagoniste adepte des méthodes de navigation ancestrales. Je commençais à me sentir seul.

Je suis en admiration devant sa technique et son rythme. Tout se fait en silence… Sa pagaie trad pénètre à l’intérieur de l’eau avec douceur, pour en ressortir sans bruit, laissant sa partie opposée effectuer le même cycle. Un métronome réglé à la perfection. L’ambiance de ce début de matinée flirtant avec un calme olympien, ajoute d’avantage d’harmonie à son mouvement de pagaie exécuté avec grâce et élégance.

57533060_10157390169261155_3399611067419066368_n

Arrivé à sa hauteur, je reconnais également son embarcation. Un kayak pliable de la marque TRAK, dont les lignes épurées ont été inspirées des premiers kayaks Groenlandais. Un délice pour les yeux. Voilà maintenant quelques mois que ce bateau me fait de l’oeil. Son prix, dont je ne communiquerai pas le montant, me fait vite comprendre à grands regrets que ce jouet ne m’est pour l’instant inaccessible.

La similitude de nos moyens de propulsion brise immédiatement la glace (qui d’ailleurs n’a jamais eu le temps de se former) au profit d’une discussion engagée et passionnante autour de notre passion commune.

Hervé, en plus du kayak connaît et organise régulièrement des séjours au Groenland, en Russie (Lac Baïkal). Je découvre au fil de la conversation que nous avions également des connaissances communes: Laurent NICOLET, etc…

57502942_10157390169241155_8112976313410650112_n

A mesure de notre discussion, nous ne prenons plus conscience des kilomètres avalés pour s’apercevoir que nous arrivons maintenant à Mauzac, étape cruciale où nous attend l’organisateur de la course pour un nouveau check Point. Louis est présent également car un transfert de 30km en voiture est obligatoire pour éviter 3 portages successifs.

GPTempDownload-25

On profite de ce transfert et du temps règlementaire impartit d’une heure et demie qu’il nous est interdit d’écourter pour acheter quiches et pizzas histoire de nous rassasier et nous faire gagner ainsi de précieuses minutes sur l’étape à venir.

Cette étape… Parlons en justement.

Avec le recul sur le parcours global, je dois avouer que l’étape la plus monotone est bien celle que nous allons entamer.

Le courant est faible, et les petits rapides bienfaiteurs de la veille se feront de plus en plus rares à mesure que nous avançons en direction de notre prochain Check point à Castillon.

Notre kilométrage incroyable de la veille nous a permis de dépasser beaucoup de concurrents.

Ludo, qui justement nous avait laissé sur place la veille au départ revient timidement derrière nous. On en profite pour faire une petite pause commune de 10 min. Ce dernier nous apprendra que Raphaëlle, malgré sont rythme un poil en dessous du notre a quand même réussi à franchir le premier check point de Castelnaud avant 22h00. Je suis rassuré, d’autant qu’elle s’était investi corps et âme à la préparation de cette course.

GPTempDownload-24

Malheureusement, d’autres concurrents on dû déclarer forfait pour diverses raisons. Embarcations cassées, et blessures trop importantes ne permettant pas la poursuite de l’aventure.

Pour ce dernier cas, Cédric, qu’on avait rencontré lors d’un de nos entrainements a malheureusement été victime d’une tendinite au coude et a dû jeter l’éponge au kilomètre 100.

Lui aussi avait investi un temps et une énergie énormes qui allait bien au delà de ce que l’on avait pu préparer avec Lionel. Je suis surpris d’apprendre cette triste nouvelle, mais je suis tout aussi surpris de constater que malgré tout, nous sommes toujours en piste, et ce sans aucun souci physique à déplorer. Mon inflammation au coude ne s’aggrave pas. Au contraire. Est ce l’échauffement produit par l’effort qui diminue la douleur? Quoi qu’il en soit j’en profite sans me poser d’autres questions.

Nous avançons au mental. Je regarde le moins possible le GPS sous peine d’en perdre le moral. La lenteur de notre progression nous ferait presque croire que nous naviguons sur de la colle.

GPTempDownload-23

Les 30 derniers kilomètres avant Castillon se feront dans la douleur. On se fixe une pause tous les 10 km pour se dégourdir les jambes et les fessiers.

GPTempDownload-29

Le soleil commence à décliner petit à petit.

Après tant de galères, j’aperçois le stand tant convoité du Check Point, orné de ses deux panneaux en tissu blanc floqués « Itiwit » (marque annexe de Décathlon, principal sponsor de l’événement).

Je me retourne, intrigué par une embarcation au loin plus volumineuse que les autres.

Il s’agit à nouveau de l’équipe féminine « Yaute la Boum » en C9 qui nous avait déjà doublé la veille. On accélère le rythme pour marquer le stop avant elles et garder notre avantage acquis grâce à nos efforts de la veille. Tout se joue dans un mouchoir de poche, et une fois de plus, ces amazones pagayant avec une énergie incroyable, leurs efforts conjugués ne formant qu’une seule unité, nous passeront devant sur les derniers mètres. Toujours dans la bonne humeur, sans esprit de rivalité, nous nous prenons au jeu de la concurrence dans cette course.

57652687_2223170147900468_6371569982022615040_o
L’équipe féminine « Yaute la Boum » au Check Point de Castillon

Lionel règle les formalités au check point pendant que je bavarde avec l’équipe du C9 et nous repartons aussi sec.

Toujours cette lumière incroyable en fin de journée. Je décide d’immortaliser l’instant en saisissant un cliché. La beauté du paysage pourrait presque être similaire à ce que l’on a pu voir la veille au soir à un détail près.

GPTempDownload-27

Il faut savoir qu’à partir de Castillon, la Dordogne évolue maintenant avec les caprices de la marée. Les berges verdoyantes de ce début de course laisseront place à de grandes pentes vaseuses hideuses, impossibles à emprunter pour sortir de l’eau.

Et pour compliquer les choses, ce sera tout notre mode de navigation qui faudra désormais repenser. Pour la plupart des navigateurs du monde entier, la marée est incontournable et fait partie de leur quotidien. Quand à nous et notre expérience, nous sommes complètement novices en la matière. Je sais juste après quelques repérages sur le web effectués au préalable qu’il nous faudra sortir de l’eau avant la marée montante prévue à 21h00. On risque également de rencontrer le fameux Mascaret, une vague soit disant importante engendrée juste avant la marée montante avec un risque de déferlantes.

Nous ferons escale à St Jean de Blaignac en compagnie de l’équipe d’assistance de Ludo qui nous aidera à acheminer notre embarcation au travers de cette vase immonde pour rejoindre la berge.

GPTempDownload-26

Je suis frustré de constater qu’il nous reste largement assez d’énergie pour avaler au moins 30 bornes mais que nous devons arrêter à cause de la barrière horaire qui change en aval de Castillon (21h00), mais surtout à cause de cette marée qui nous barre la route.

Plutôt que de continuer à me lamenter devant tant de frustration, l’idée de retranscrire cette aventure exceptionnelle dans un compte rendu commence à gamberger dans ma tête. Je décide d’aller chercher quelques infos via le web sur les lieux traversés, mais également sur les quelques protagonistes rencontrés durant cette course.

Je repense à notre première rencontre de la journée:

Hervé.

En tapant son nom sur un moteur de recherche connu de tous, il ne me faudra pas longtemps pour apprendre que l’on est tombé sur un GRAND monsieur.
Hervé a vécu son enfance entre la Chine et la Russie. Une fois de retour en France, il commence à briller dans une carrière de footballeur professionnel qu’il décide de stopper alors que cette dernière le destinait au haut niveau, pour devenir éducateur sportif et entreprendre un nombre incalculable de voyages au travers de la planète et plus particulièrement dans la sphère Nordique (Russie, pays scandinaves, etc…).
Il travaille pour l’agence 66° Nord.

Ma mâchoire reste grande ouverte, sa partie inférieure prête à toucher le sol. Mais ce qui va enfoncer le clou résultera des recherches suivantes.

L’équipe féminine du C9, avec qui nous commençons à jouer au jeu du chat et de la souris m’intrigue également. Je décide de regrouper quelques informations sur Facebook, Instagram, etc… pour me rendre compte que leur défi va bien au delà de cette Dordogne. Elles font partie de l’association « Drôles de Rames » ou « Dragon Ladies ». Une équipe de pagayeuses qui a vu le jour au Canada en 1996. Pour les femmes opérées du cancer du sein, une amélioration de la mobilité de l’épaule est rapidement démontrée avec la pratique du Dragon Boat. L’équipe d’Annecy a vue le jour en 2012.

58373294_2223167051234111_2215407675317944320_o

Pas étonnant de les voir pleine d’énergie et de joie de vivre. Ce n’est pas un C9 ordinaire à qui nous avons à faire, mais à un véritable rouleau compresseur prêt à aller non seulement jusqu’au bout de la course, mais à relever tous les défis. Comme par exemple la Maxi Race qui aura lieu prochainement sur le lac d’Annecy, mais également d’autres événements de renommée comme la Vogalonga, etc… Je crois même qu’elles sont allées jusqu’en Chine.

Chapeau bas mesdames…

Il va falloir maintenant revenir en piste et élaborer une stratégie pour composer avec cette marée décidée à nous en faire baver jusqu’au bout.

La pleine mer est annoncée pour 10h30 demain. Ce qui veut dire qu’on pourrai embarquer juste avant et profiter de la marée descendante pour gagner en vitesse.

Devant cet horaire tardif, nous décidons de nous réveiller vers 7h30 pour se mettre à l’eau vers 9h30, 10h00, une fois le plus gros de la marée passé.

Troisième jour…

Il est à peine 5h00 que je commence à tourner dans tous les sens à l’intérieur de la tente, cherchant d’autres stratégies pour gagner un maximum de temps. La fenêtre de 6h00 laissée par la descendante ne nous permettra pas d’avaler autant de kilomètres qu’à l’accoutumée.

J’entends deux concurrents en paddle discuter du même sujet. Je me joins à eux pour élaborer un nouveau plan d’action. L’horaire réglementaire de navigation commence à 6h30. Ce qui nous laisse environ une petite heure avant la marée montante qui nous barrera la route jusqu’à au moins 10h30.

Je réveille Lionel pour changer brutalement nos plans et partir plus tôt. Ce dernier acquiesce sans hésiter.

6h30 pile, le kayak est à l’eau et nous voilà partis vers l’inconnu.

J’appréhende ce renversement de marée et ce fameux Mascaret.

Nous avalons tous les km que nous pouvons. Arrivés à Branne, le cours d’eau devient lisse et limpide avec subitement une absence de courant. J’observe les bouées scellées via une chaine. Aucun sillage à leur embase. On décide alors de sortir rapidement le kayak de l’eau pour observer ce phénomène incroyable que nous réserve dame nature.

Quelques minutes après, nous apercevons au loin une ondulation arrivant de l’horizon de la rivière avec des vagues déferlantes secouant tout sur les deux rives.

Un calme plat s’en suit. Je suis même surpris que le courant inverse ne soit pas plus violent que ça. J’hésiterai presque à embarquer. Après tout, je m’étais entraîné régulièrement sur le Rhône à contre courant avec des débits allant jusqu’à 400 m3/s. Mais alors que la question finie à peine de se diluer dans mon esprit que des courants incroyables se forment, renversant spectaculairement le sens de la rivière. La violence des eaux me ferait presque croire que je suis en sortie du barrage de Génissiat les vannes ouvertes.

Lionel me ramène à la raison. Inutile d’embarquer dans des conditions pareilles.

Les quelques kayakistes tentant vainement leur chance avancent à peine, voir, font du sur place.

Une heure après, nous apercevons Ludo luttant contre le courant pour venir nous rejoindre. Et sans plus attendre, notre maître Rikou apparaît dans son sillage. Nos deux compères ont vite compris qu’il sera inutile de continuer.

GPTempDownload-36

D’autres protagonistes se joignent à nous, l’un d’entre eux nous offrira généreusement du thé pour faire passer le temps.

GPTempDownload-30

10h30

Enfin un créneau, le courant commence à se calmer et nous voilà enfin sur les eaux.

Il reste à peu près 70 km avant l’arrivée finale. Pourrions nous caresser l’espoir de rejoindre Blaye dans la journée? Sans cette maudite marée cela n’aurait été qu’une formalité.

Bref, on débranche nos cerveaux, préférant faire chauffer la pagaie.

Des vitesses incroyables commencent à s’afficher sur nos GPS: 10, 11, 12, voir parfois 14 km/h, et ce, sans forcer. Mais le temps passe et il va falloir maintenant s’inquiéter de la marée montante et de son fameux Mascaret.

Le Mascaret…

Un mot que je n’aurai jamais autant prononcé de ma vie en une seule journée. Quand va t’il arriver? D’après les rumeurs, il serait de plus en plus violent à mesure que nous nous rapprochons de l’arrivée. Mon esprit se retourne sans dessus dessous.

– On tente d’aller plus loin au risque de dessaler et foutre en l’air tout le périple pour quelques bornes avant l’arrivée?

– Ou on joue la sécurité pour repérer un endroit propice et sécurisé afin de remettre la fin de l’aventure au lendemain?

Je commence à questionner les personnes rencontrées, aussi bien concurrents que locaux.

-« A quelle heure est prévu le Mascaret? »

A cette question chaque personne me donne un horaire différent. D’autres sont incapables de me répondre. Cela ne va pas arranger les choses…

Plus on gagne du terrain plus je m’inquiète. Le stress m’envahi tellement que je ne remarque pas le bout d’une rampe à laquelle nous avons fait une pause et mon pied, croyant toucher encore le béton se retrouve sous l’eau dans le vide m’entraînant avec lui dans le bain. Un gag énorme que mes amis, Lionel, Rikou et Ludo regretteront de ne pas avoir pu l’immortaliser numériquement.

A ce même moment, qui voit on arriver? Le fameux C9 arrivant à toute bombe vers nous.

« Salut les Voisins!!!! »

J’en profite pour tenter une question:

– « A quelle heure le Mascaret??? »

– « On n’en sait rien, on tente notre chance ».

On essaye de profiter de l’inertie de leur vague pour les suivre mais sans succès.

Finalement, Eric, l’accompagnateur de Rikou nous attendra au port de Cubzac en nous dégotant un bivouac de rêve.

On sort nos embarcations et attendons le fameux Mascaret!

D’autres concurrents on fait de même comme une équipe Suisse en relais sur un paddle 4 places ainsi qu’un autre kayakiste qui a décidé de faire la course en autonomie sans assistance.

Je questionne mon entourage…

– « Quelle heure le Mascaret? »

Toujours des réponses évasives.

Plutôt que d’attendre inutilement, on décide avec Rikou, Ludo et toute la bande de monter le bivouac.

2h30 après notre débarquement le tant attendu Mascaret, celui qui devait être plus puissant que son homologue matinal arrive.

Je ne sais pas si au travers de ces quelques lignes je vais arriver à vous faire part de toute la frustration mélangée à une rage incroyable me faisant bouillir de l’intérieur que j’ai ressenti à la vue de ce spectacle à la limite de la provocation.

Deux ondulations pitoyables. Hautes d’à peine 50cm. Qui ne feraient même pas dessaler un enfant de 10 ans novice en kayak.

Des noms d’oiseaux que je garde au fond de ma bouche cherchent à sortir pour exprimer ma colère et la frustration de ne pas avoir pu tenter d’aller plus loin et de rallier notre arrivée à Blaye.

La meilleur citation viendra de notre ami Rikou:

– « Ce n’est pas un Mascaret, c’est une MASCARADE!!!!!! ».

Heureusement, on se console autour de notre dernier bivouac festif à souhaits préparé aux petits oignons par les équipes de Ludo et de Rikou. Un moment fort et riche en convivialité dont on ne sera pas prêt d’oublier. On aurait aimé être rejoints par Raphaëlle pour compléter le groupe. Heureusement, sa balise GPS indique qu’elle n’est pas très loin de nous, environ une vingtaine de km. Courage Raphaëlle tu y est presque!!!

Difficile de trouver le sommeil. Je tourne en rond comme un Lion en cage ayant le ventre vide.

J’essaye de me consoler en observant cette force de la nature que nul ne peut contrôler. J’apprends à découvrir et apprécier le phénomène de la marée. Je me laisse apprivoiser par sa puissance. La hauteur d’eau évoluant sous mes yeux me remet à ma place.

Ma curiosité commence à porter ses fruits et en observant de plus près, je m’aperçois que la montante génère un contre courant incroyable sur la rive droite. Je ne sais pas jusqu’à combien de km il peut courir, mais une chose est sûre. Les débris est branchages vont bien dans le sens contraire du courant et filent à vive allure. J’en touche deux mots à Ludo. La pleine mer et le créneau pour profiter de la descendante ne se fera pas avant 10h30. Pourquoi ne pas tenter d’utiliser ce contre courant bienfaiteur et gagner un maximum de km avant le renversement qui sera en notre faveur?

J’ai le souvenir d’une discussion avec Sébastien, un kayakiste Breton installé à Lyon m’expliquant qu’avec ses amis dans le golfe du Morbihan, ils réussissaient à doubler des voiliers de touristes dans la marée montante, et ce, rien qu’en empruntant des contres courants.

Dernier jour.

Cette fois nous sommes décidés et regonflés à bloc. Plus que 25 bornes pour en finir une bonne fois pour toutes.

Départ à 8h30 en pleine marée montante.

Rikou préférera attendre la descendante vers 10h30.

Lionel et moi même embarquons avec Ludo dans ce fameux contre courant.

Bingo!

GPTempDownload-41

Malgré un courant de face impressionnant, nous filons à 8 km/h sans forcer pendant au moins 2 km.

Nous rejoignons rapidement le port de Plagne où l’on aperçoit le C9 de l’équipe d’Annecy vide. Je pense que l’équipage préférera attendre lui aussi la descendante.

Les choses se corsent un peu par la suite. Mon GPS baisse à 3 km/h malgré un rythme intensif. Nous n’avons plus le choix. Il faudra tenir jusqu’au renversement de la marée.

La Dordogne se métamorphose complètement. La couleur de l’eau jadis transparente au début de la course laissera place à un marron couleur vase. Le paysage n’a plus grand chose à nous offrir visuellement et les zones que nous parcourons commencent à s’industrialiser.

Ludo, prend une nette avance sur nous. Je me concentre sur mon GPS en implorant le plus rapidement l’inversement de la marée.

GPTempDownload-40

Bonne nouvelle. Notre vitesse revient à des valeurs beaucoup plus encourageantes. 5 km/h. Ce n’est pas encore ce que j’espérais mais cela fait du bien au moral. Une heure après toujours pas d’évolution. Ces 25 km auront été les plus longs du parcours. J’entends Lionel pester:

– « Ils vont la tirer quand leur chasse d’eau???!! »

Faisant référence à l’inversion de la marée qui tarde à venir, nous commençons à perdre patience.

Soudain, mon GPS commence à s’affoler.

La vitesse moyenne monte lentement mais progressivement. 5 – 6 – 7 – 7,5 – 8 km/h

Nous voilà maintenant dans le flux tant convoité, avec un peu plus de 10 km à parcourir.

Notre adrénaline reliée spirituellement à mon GPS va monter en flèche à mesure que la vitesse affichée sur l’écran. Les chiffres après la virgule symbolisant les kilomètres défilent de plus en plus vite.

Pour motiver mon partenaire j’annonce chaque kilomètre parcourus et la vitesse actuelle lorsque cette dernière évolue.

18 km!

10km/h!

12 km/h!

Une frénésie s’empare alors de nous. Nos corps et nos articulations fonctionnent comme une machine prête à en découdre.

La barrière symbolique des 20 km parcourus s’affiche!

Des équipes d’assistance d’autres coureurs nous encouragent au bord des quais!

– « Allez y vous y êtes presque!!!! Courage !!!! »

Plus que 5 bornes!

On donne tout ce qu’il nous reste pour effacer au plus vite ce chiffre 5 de l’écran!

4 km!!!

13 km/h!!!!

J’en crois pas mes yeux! A présent tout s’enchaine dans ma tête! Ce fameux phénomène de transition déjà ressenti lors de notre périple sur le Rhône refait surface. Nous sommes dans une barrière temporelle entre l’arrivée imminente et l’envie de revivre l’aventure au début. Tous ces souvenirs qui se construisent et prennent place dans mon esprit resteront à jamais, et ce, jusqu’à la fin de mes jours gravés dans ma tête. J’entrevois même à cet instant précis les premières lignes du futur récit que je suis entrain de vous conter.

Lionel prend le leadership en imposant les vitesses à atteindre.

– « Visons les 14 km/h! »

J’annonce la vitesse convoitée sur mon GPS oralement.

– « Alors tentons les 15 km/h! »

Nous ne comptons plus en kilomètres restants mais désormais en centaines de mètres!

– « Allez, maintenant les 16 km/h! »

Les valeurs plafonneront à 15,5 km/h jusqu’à apercevoir le panneau libérateur sur lequel figure le mot tant attendu:

« ARRIVEE ».

8264478694131062025_IMG_1041
©Louis SALOMON

Nous sommes accueillis en héros par l’organisateur de la course en personne « Philippe MARCHEGAY ». Ma première réaction sera de lui offrir une poignée de main forte et chaleureuse accompagnée d’un GRAND merci à lui et toute son équipe sans qui rien de tout cela n’aurait été possible.

Je me sens envahi d’une euphorie comme jamais. Je profite pleinement de ce sentiment de bien être que j’ai déjà connu par le passé et qui, je le sais, va retomber rapidement. Ce trésor immatériel dont la valeur est indéchiffrable.

Je profite de l’accueil que me réserve mes proches, ainsi que de ce regard complice et satisfait que nous échangeons avec mon compagnon de route Lionel.

Rikou ne tardera pas à faire une arrivée triomphale quelques dizaines de minutes après nous.

A peine avons nous le temps de revenir sur terre qu’il nous faut désormais penser à la route du retour.

Je repars avec des étoiles dans les yeux, mais le coeur serré, d’autant qu’on ne pourra être présent pour accueillir Raphaëlle à l’arrivée. Je lui fait parvenir un message d’encouragement car malgré l’écart que nous avions, cette fois ci, c’est certain, elle terminera la course largement dans les temps et avec les honneurs. J’échange quelques mots avec Christophe son mari qui assure son assistance, lui demandant de lui transmettre toutes mes félicitations.

Comment terminer dignement ce compte rendu?

Je tiens à remercier tout d’abord l’équipe de Philippe pour avoir mis sur pieds cet événement incroyable.

Mais également Lionel pour m’avoir proposé de participer à ce défi hors normes. Considéré comme la course de kayak d’endurance extrême la plus longue d’Europe. Je me connais assez bien pour savoir que de mon propre chef, je n’aurai jamais tenté l’expérience.

Je remercie également le hasard de nous avoir permis nous autres Rhônalpins de partager ensemble des moments forts dans cette course.

Merci aussi à Louis pour son assistance, mais également à la Team de la Tour du Pin ainsi qu’à Eric (l’assistant suiveur de Rikou) pour sa gentillesse, son humour incroyable et intarissable, ainsi qu’à sa joie de vivre!

Ce que l’on vient de vivre tous justement n’est pas seulement une course ordinaire, ni une compétition. C’est aussi et surtout une ode à l’élévation de soi, à l’enrichissement personnel, et une porte ouverte à de nouvelles rencontres qui je l’espère perdureront dans le temps.

CORNETTO Yves

IMG_4317
©Louis SALOMON