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Fondus de Kayak 2020

Dimanche 16 Février 2020,

9h35 – Rampe d’embarquement en aval du barrage de Motz.

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Rampe d’embarquement en aval du barrage de Motz

Cinq petites minutes de retard sur notre timing initial, mais qui ne perturberont en rien la magie de cette superbe journée.

Je lève les yeux au ciel avec un sentiment de méfiance quant à la météo annoncée. Elle prend un malin plaisir à flirter entre nuages quelques peu menaçants, et un soleil qui tente de toutes ses forces à se faire une place au travers de ces mêmes nuages afin de régner en maître pour ces prochaines heures.

Sept kayakistes dont je fais partie s’apprêtent à glisser sur les eaux timides d’un Rhône encore endormi. Les vannes du barrage de Motz resteront fermées, ne laissant écouler que le débit réservé minimum. Insuffisant à mes yeux pour nous permettre d’aller nous faufiler dans les méandres du vieux Rhône et caresser l’espoir d’aller chercher cette quiétude tant convoitée.

Fort heureusement, l’objectif et l’attraction principale de cette journée se trouvent ailleurs…

Nous nous apprêtons à revivre la magie conviviale de l’événement :

« Fondus de kayak »

Ce nom vous est encore inconnu ?

Je vous invite sans plus attendre à rattraper votre retard en lisant le compte rendu d’un des plus gros événements réalisés en 2017 ci-dessous :

https://kayakrhonelacs.com/2017/11/18/fondus-de-kayak/

C’est en ce Samedi 18 Janvier 2020 que la genèse de cette nouvelle édition à commencé.

Rendez vous avec Yannick VERICEL (Randovive) à son QG situé à Meyzieu pour récupérer du matos.
On en profite pour boire un verre et refaire le monde autour du kayak.
Malheureusement, le temps nous manque cruellement pour poursuivre ces échanges passionnants, et chacun doit vaquer à son agenda respectif.

Juste avant de me retourner face à mon véhicule il m’interpelle une dernière fois :

– « J’ai quelques week-ends de dispo en Février. Voudrais tu organiser à nouveau une sortie kayak avec une bonne fondue à la clé ? »

Mon emploi du temps surchargé me laisse dubitatif et émettre quelques doutes quant à l’organisation d’une sortie de cette ampleur. Mais ces mêmes secondes à peine écoulées, se dilueront instantanément devant un enthousiasme que je sens renaître en moi tel un phœnix émergeant à nouveau de ses cendres.

Rapidement une date est trouvée et sans plus attendre, je me hâte à ouvrir un groupe de discussion sur FaceBook Messenger afin de réunir les futurs protagonistes qui prendront part à cette édition 2020.

Malgré la réputation nauséabonde que l’on peut se faire des réseaux sociaux, je reste persuadé que cet outil utilisé à bon escient peut s’avérer être un fil conducteur puissant capable de nous rallier les uns aux autres autour de notre passion commune : Le Kayak

Au final, pas moins de 18 kayakistes inscrits, avec comme nouveauté cette année, le mélange des nationalités Belges, Françaises et Suisses.

Pour ces derniers, Coralie & Yves, rencontrés lors de l’événement Rhôn’O’Lac en Septembre 2019, nous proposerons de partager à leur côtés leur fondue préparée selon la plus pure tradition Suisse.

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Coralie & Yves – © Randovive

Autre nouveauté également, l’événement attire désormais les plus jeunes : Thomas & Grégoire âgés de 11 & 12 ans.

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Thomas & Grégoire – ©JP Lesage

Traditionnellement, nous avions pour coutume d’aller naviguer sur un Lac (Bourget, Annecy). J’ai, pour cette 4ème édition, décidé d’ajouter quelques kilomètres supplémentaires sur le Rhône.

Le projet est de partir de Motz,

  • Descendre le fleuve jusqu’à Chanaz,
  • Remonter le canal de Savière en direction du Lac du Bourget
  • Parcourir ce dernier sur environ 6 km en direction de la grotte de Raphaël, lieu incontournable pour déguster la fondue tant convoitée.

Afin que cet événement soit accessible à tous, une partie du groupe aura la possibilité de prendre le train en route à Portout.

Il me faudra jongler avec une logistique optimisée de façon à privilégier ceux qui viennent de loin afin qu’ils puissent prendre la route rapidement pour le retour.

Un vrai casse tête sur le papier, mais je prends un réel plaisir à mettre toute cette organisation sur pieds. Quelques petits aléas m’incite à revoir quelques détails, mais dans l’ensemble, tout devrait pouvoir fonctionner à merveille le jour « J ».

Les quelques jours et les quelques heures précédant l’événement, je reste toujours aux aguets avec une vigilance absolue, redoutant un revirement brutal de situation (absence d’un des membres, etc..) nécessitant une remise en question complète de la logistique initiale. Bref, la métaphore du grain de sable dans une mécanique complexe.
Fort heureusement, les quelques imprévus de dernières minutes ne perturberont en rien tout ce que j’ai mis tant de temps à bâtir.

9h35

Les premiers kayaks quittent la rampe de Motz. Leurs poupes raclent légèrement la surface bétonnée de cette même rampe pour caresser et rejoindre les eaux du Rhône.

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Dirk au départ

Je pose un regard complice envers mon ami Rikou partageant avec lui depuis plusieurs années maintenant cette passion commune pour ce fleuve.

Une passion qu’il me tarde de transmettre à mes nouveaux compagnons, Fred, Coralie et Yves, qui n’ont jamais navigué en ces lieux.

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Fred & Rikou

Il nous faudra être vigilants par rapport à la hauteur d’eau qui se mesure à certains endroits en centimètres, afin de préserver au mieux les coques de nos kayaks.

La montre jouant un peu contre nous, nous la consultons régulièrement afin de ne pas trop faire attendre l’autre partie du groupe qui nous rejoindra à Portout aux alentours de 12h30.

Je garde un oeil vigilant sur la météo. En effet, la tempête « Dennis » traverse actuellement le pays sur sa partie Nord Nord/Ouest avec des vents avoisinant les 130 km/h.

De part notre position géographique et notre localisation beaucoup plus protégée, des vents nettement plus atténués sont annoncés pour cette fin de matinée avec des rafales pouvant atteindre malgré tout les 30 km/h.

Nous essuyons d’ailleurs quelques prémices de ces mêmes rafales sur le Rhône, qui arrivent parfois à nous faire légèrement dériver.

Malgré tout, je prends un plaisir certain à retrouver mes marques en ces lieux. En effet, les dernières sorties en rivière effectuées sur le Séran, m’avaient éloigné provisoirement de ma pratique initiale. Je retrouve avec joie les sensations et la vitesse du kayak de mer, porté par les eaux de mon compagnon de toujours.

Rapidement nous rejoignons Culoz, et subitement, les quelques rafales qui nous provoquaient sans cesse en ce milieu de matinée s’effacent brutalement. J’en suis le premier surpris. En temps normal, la traversée de Culoz sous les vents devient particulièrement difficile, ces derniers se renforçant souvent dans cette zone.

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Cap sur le Pont de La Loi reliant Culoz à la Savoie

A mesure de notre progression, le cercle de feu prend de l’ampleur, dépassant les quelques nuages rebroussant chemin, ne pouvant résister devant ses rayons conquérants. Ils transpercent lentement, mais surement cette masse blanche qui se disloque à notre arrivée à Chanaz.

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Yves dans l’une des rares lônes qu’on aura pu visiter en aval de Culoz

Nos combinaisons sèches nous protégeant du froid et de l’hypothermie représentent désormais un fardeau lourd à porter sous ces quelques degrés supplémentaires gagnés en quelques minutes.

Comme le fardeau cité quelques mots en arrière, il nous faudra porter également nos embarcations pour franchir la digue séparant le Rhône du Canal de Savière.

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Fred & Guillaume acheminant un kayak du Rhône au Canal de Savière

La vue sur le Grand Colombier dominant cette partie du fleuve est toujours aussi agréable à contempler. Ce géant du Bugey trône comme un roi faisant face à la Savoie.

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Coralie & Yves sur le Rhône avec en arrière plan le Grand Colombier

Le temps presse et sans plus attendre, nous prenons la direction de Chanaz que nous traverserons en l’espace de quelques petites minutes pour continuer avec frénésie notre ascension du canal pour rejoindre le reste du groupe à Portout.

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Dirk sur le point de Franchir le Pont vénitien de Chanaz

Rive droite, nous apercevons l’Auberge de Portout et son ponton aménagé spécialement pour les plaisanciers désireux de faire une pause repas sur le canal.

A ce même ponton, embarque la deuxième partie du groupe. Du moins ce qu’il en reste. Ne nous voyant pas arriver, les premiers protagonistes de Portout auront préféré rejoindre directement la grotte et ainsi gagner un temps précieux sur la préparation du feu.

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Corinne, Fred, Dirk, Rikou et Ludo sous le pont de Portout

Nous faisons une petite halte pour récupérer les vivres laissées au préalable le matin sur le parking de Portout dans les voitures de la logistique retour. En effet, il nous était inutile de s’encombrer d’un poids supplémentaire le matin même lors de notre descente du Rhône.

Plus que quelques centaines de mètres avant de rejoindre l’embouchure du canal et apercevoir cette vue panoramique incroyable que nous offre le Nord du lac du Bourget. Tout au loin de cette étendue d’eau propre au plus grand lac naturel de France, se dresse majestueusement le massif de Belledonne. Ses sommets enneigés avec générosité nous renvoient la pureté d’une lumière dynamique, générée par un soleil qui désormais, imposera pour le reste de la journée sa grandeur et sa toute puissance.

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Coralie, Yves et le reste du groupe à l’embouchure du canal de Savière avec vue sur le Lac

La surface du lac présente de légères ondulations, qui ne gêneront en rien notre progression jusqu’à notre destination finale. Le vent a complètement disparu. Les quelques rafales agressives du matin se métamorphoseront en petites brises légères nous caressant le visage avec un peu de fraîcheur, et nous aideront malgré elles à mieux supporter le poids de la chaleur à l’intérieur de nos combinaisons.

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Le Lac du Bourget avec vue sur le massif de Belledonne – © Randovive

Pas le temps d’apprécier davantage le paysage nous entourant. Les proues de nos kayaks s’alignent en direction du Château St Gilles reconnaissable à sa couleur rose, qui pourrait presque nous faire croire que nous prenons l’assaut de ce dernier afin de délivrer une pseudo princesse ressemblant à s’y méprendre aux plus gros clichés de la gent féminine des studios Disney.

Les pseudos princes charmants que nous sommes en ces lieux n’ont en aucun cas l’intention de réveiller la belle, mais plutôt de combler un vide énorme qui s’intensifie à mesure de nos coups de pagaies.

Si dans les contes de fée de notre enfance, les chevelures de ces dames de haut rang, sont pour la plupart de couleur dorée, reflétant le soleil à la manière d’un champ de blé, nous n’en retiendrons seulement que les quelques filaments parfumés d’Emmental mélangé à d’autres ingrédients tels que le Beaufort, le Vacherin et son cousin Suisse Fribourgeois, s’enroulant avec délice autour de ce morceau de pain légèrement rassis d’une croûte brunâtre craquelée suite à la pénétration vigoureuse d’un javelot en acier inoxydable. Ce même morceau de pain pompera de ces interstices le mélange d’un vin blanc chauffé dont les effluves mariées à l’odeur d’un ail raclé au préalable et noyé dans ce trio de fromage fondu cloquant sous l’effet de la chaleur.

Ces quelques pensées furtives qui ne font qu’alimenter notre faim, transmettront toute la motivation pour trouver l’énergie nécessaire afin d’arriver au plus vite à destination.

A la base du Château de St Gilles, la digue séparant son port privé nous indiquera une fois franchie, une masse sombre quelques centaines de mètres plus loin, épousant le lac.

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Vue sur l’Abbaye avec à droite, la pente rocheuse protégeant la grotte de Raphaël – © Randovive

A hauteur de cette même masse viendra se dessiner les contours de notre lieu d’accueil:

« La Grotte de Raphaël »

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La Grotte de Raphaël – ©JP Lesage

Nos kayaks s’échouent sur la plage de galets dont la surface sera recouverte au trois quarts par nos embarcations.

On s’extrait de nos hiloires et quelques uns d’entre nous retirent leurs combinaisons sèches à la manière d’un papillon sortant de sa chrysalide.

Le reste du groupe nous attend avec impatience. Derrière eux, le feu crépite de joie.

Les bouchons des trappes se déclipsent les uns après les autres, révélant à l’intérieur de chaque caisson divers accessoires et victuailles qu’il nous tarde d’extraire au plus vite.

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Les trappes ouvertes pour notre plus grand bonheur – © Randovive

Tout s’organise autour du feu à la manière de nos ancêtres lointains dépeçant leur gibier attrapé après des heures de chasse parfois au péril de leur vie.

Les quelques briquettes de jus de fruit sont quand à elles, réservées à l’âge juvénile.

Pour le reste, bière Belge, blanc, et une cuvée de Royal d’Hautecombe offerte généreusement par Yvan. Un apéritif bien fourni, agrémenté de saucisson, jambon cru, chorizo, et en bonus quelques boites de pâté maison confectionnées par la belle mère de notre ami Rikou. Un délice mélangé à une explosion de saveurs préparant notre palais à l’attraction clé tant attendue de cette journée.

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Yvan et sa cuvé de « Royal d’Hautecombe » – ©JP Lesage
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Une bonne tartine de pâté avant la suite!!! – © Randovive

Les réchauds se mettent en place. Les premières odeurs d’ail frotté sur les caquelons viennent chatouiller nos narines, libérant à l’intérieur de nous mêmes une quantité non négligeable de sérotonine qui viendra stimuler notre appétit.

Le clapotis du flot extrait du goulot de vin blanc viendra jouer les premières notes d’une musique culinaire qu’il nous tarde d’écouter. L’amorce étincelante viendra enflammer le sifflement silencieux du flux de gaz allumant ainsi les uns après les autres dans une vitesse quasi instantanée touts les interstices circulaires rangés en cercle autour du bruleur.

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Raphaëlle préparant la fondue – ©JP Lesage

Quelques minutes après, les premières effluves alcooliques, mélangées à l’ail émietté au fond du caquelon viendront amplifier d’avantage notre frénésie.

Les premiers morceaux finement coupés des ingrédients principaux tombent désormais à l’intérieur de cette bouillonnante musique qui cesse les premiers instants avant de reprendre de plus belle une fois le fromage dilué progressivement dans une danse rythmée par une spatule en bois énergique, aérant le mélange afin d’intégrer au mieux tous les éléments présents et obtenir cette osmose parfaite, parfumée et prête à déguster.

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La fondue enfin prête – © Randovive

Nous sommes trois volontaires à orchestrer cette symphonie, Raphaëlle, Yves et moi même, ajustant les derniers détails avec un soupçon de noix de Muscade et autres ingrédients propres à finaliser définitivement nos préparations. Entourés d’un auditoire dont les papilles gustatives s’emballent d’impatience et prêtes à en découdre.

 

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Yves & Yves préparant la fondue – ©JP Lesage

Seuls au fond de la grotte, imperméables à tout ce spectacle, Thomas et Grégoire s’essayent au « Fire Striker » sous l’oeil bienveillant de Yannick.

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Grégoire et Thomas suivant les instructions de Yannick – ©JP Lesage
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Et ça marche !!!!! – © Randovive

Un premier morceau de pain viendra s’immerger et s’imprégner du mélange finalisé. Je le mets en bouche avant de valider et déclarer la fondue prête à consommer.

Nous entrons tous en danse. Chacun navigant d’un caquelon à l’autre pour comparer, se délecter et apprécier comme il se doit chaque fondue.

Au final, les caquelons seront tous expédiés, certains d’entre nous usant même de leur pics pour racler le restant de fromage séché au fond par l’excédent de chaleur pour ne pas en perdre une miette.

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Affamés !!!! – ©JP Lesage

Yannick nous préparera un bon café à l’aide de sa fidèle cafetière italienne. Cette dernière chauffant progressivement sur l’un des réchauds. Les clapotis de l’eau avoisinant les 100°c métamorphoseront cette dernière en un état vaporeux qui viendra épouser le café moulu et ressortir au sommet du deuxième compartiment dans sa forme finale.

Rikou prendra rapidement le relais en dégainant sa bouteille d’eau de vie à la poire. La ration, bien que minime pour ce genre de breuvage, une fois absorbée, clôturera définitivement le repas.

S’ensuit alors au cours d’une digestion commune, des sujets de conversation diverses, pour la plupart orientés à notre pratique du kayak.

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La convivialité à son apogée!!! – © Randovive

Chaque protagoniste trouve naturellement sa place dans cette communauté improvisée. Personne n’est mis à l’écart. Néanmoins, je fais volontairement exception le temps de quelques minutes pour apprécier comme il se doit cet événement. Je m’assois furtivement près du feu, observant à distance cette convivialité, symbolisant à mes yeux la récompense de toute cette organisation qui, sans la proposition de Yannick en ce Samedi 18 Janvier dernier, n’aurait probablement pas vu le jour cette année.

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Photo de groupe!!! – ©JP Lesage

Le soleil amorce désormais son déclin. L’ombre qu’il projette depuis la grotte, se répand sur le lac. Il nous faut nous hâter et ranger rapidement nos affaires à l’intérieur des trappes étanches. Se remettre en selle et rejoindre l’embouchure du canal avant la nuit.

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Fred & le reste du groupe à l’embarquement pour le retour – ©JP Lesage

Avant de nous réfugier à l’intérieur du canal de Savière, je me retourne face à cette magnifique chaine de Belledonne, scintillant encore sous les derniers reflets lumineux.

Ce tableau de maître, que seule dame nature à la faculté de projeter sous les yeux de ceux qui veulent prendre le temps d’apprécier l’instant, symbolisera la fin de cette quatrième édition de « fondus de kayak ».

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Dernières lueurs sur le massif de Belledonne – © Randovive

Je tenais à remercier tout d’abord Yannick VERICEL de m’avoir sollicité pour organiser cet événement. De mon propre chef, je ne sais pas si j’aurai eu le courage de me lancer dans cette entreprise cette année.

Merci également à tous les protagonistes qui ont participé, ceux qui n’ont pas hésiter à bousculer leur agenda pour nous gratifier de leur présence! Ils se reconnaîtront à la lecture de ces lignes.

De nouvelles idées pour la prochaine édition commencent déjà à gamberger dans ma tête.

Hâte de vous retrouver l’année prochaine!!!!!

CORNETTO Yves

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© Randovive

Vidéo: « Die Rhône »

J’ai l’honneur et le plaisir de vous proposer un extrait tiré d’un documentaire Allemand sur le Rhône « DIE RHÔNE ». Des prises de vues superbes du Rhône entre Fort l’Ecluse et Chanaz, en passant par Seyssel et le canal de Savières.

Pour les plus curieux d’entre vous, vous aurez la possibilité de visionner le documentaire complet ci dessous sur la chaîne allemande SWR:
https://www.ardmediathek.de/…/Y3JpZDovL3N3ci5kZS9hZXgvbzEx…/

Tout à commencé en Mai dernier lorsqu’une équipe de tournage (AlongMekong) a pris contact avec nous. La réalisation d’un documentaire complet sur le Rhône des Alpes Suisses à la Camargue, a permis à cette équipe de tomber par hasard sur notre blog.
Deux jours de tournage passionnants, mais également éprouvants. En effet, les vents exceptionnels particulièrement intenses nous ont contraint à stopper pour des raisons de sécurité une séance de prise de vues sur le secteur de Fort l’Ecluse. Malgré ce contre temps, ce fut une expérience hors du commun.
Je remercie Emmanuelle LAMBERT-WAGNER pour nous avoir fait confiance, mais également Rolf LAMBERT et son équipe de tournage composée d’André GÖTZMANN (caméra) et de Jens WILMS (prise de son).
Un énorme merci également à Yannick #alpinepaddle de m’avoir accompagné dans cette odyssée sur le Rhône.

Petite précision, c’est en Allemand 

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Liens à ne pas manquer:

Chaîne TV allemande SWR:
https://www.ardmediathek.de/…/Y3JpZDovL3N3ci5kZS9hZXgvbzEx…/

Site officiel de l’équipe de tournage:
https://www.alongmekong.com/

D’autres vidéos disponibles sur lien suivant:

https://kayakrhonelacs.com/videos/

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Vers de nouveaux horizons

Ceux qui ont suivi le dernier compte rendu « Le Séran et ses Secrets » de notre Blog ont forcément remarqué notre attrait récent sur la navigation en KG (Kayak Gonflable).

Bien que le kayak de mer occupe et occupera toujours une place importante dans notre pratique, nous avons néanmoins décidé de changer radicalement de cap afin d’explorer de nouveaux spots et cours d’eau que peut nous offrir notre belle région « Entre Rhône & Lacs ». 

Je vous invite donc, non pas à vivre par procuration une nouvelle aventure sur l’eau, mais plutôt à découvrir ces nouveaux jouets venus d’ailleurs qui nous offrirons un complément de navigation non négligeable.

Je reprends le fil des événements suite à notre dernière sortie sur le Séran en Juin dernier, qui a agit comme un catalyseur. En effet, l’issue de ce parcours mémorable m’a poussé à en savoir davantage sur ces bateaux quitte à investir dans un modèle plus petit que le Solar afin de gagner en poids et m’économiser d’une logistique fastidieuse.

Il s’agit ni plus ni moins du Safari de la gamme Gumotex.

Présenté initialement comme un bateau de randonnée sur le site officiel, il a l’avantage par rapport aux autres modèles d’être auto-videur. Un détail important qui faisait cruellement défaut au Solar et qui nous obligeait à nous arrêter pour vider le kayak lorsque ce dernier était rempli d’eau. De plus, il est même conçu pour affronter des rivières de classe IV. Ses sangles cale cuisses permettent justement un contrôle précis sur la gîte.

J’avais en Décembre dernier fait connaissance avec ce petit jouet d’une maniabilité remarquable, et cette expérience m’avait laissé des souvenirs impérissables.
Pour les retardataires, je vous invite à consulter le compte rendu de cette navigation hivernale.

Après moulte hésitations, nous décidons, Lionel et moi-même de franchir le pas et de commander 2 Safaris chez Randovive.

Afin de faire plus ample connaissance avec ce nouveau kayak, je vous propose ma première séance d’Unboxing :

Nous y sommes enfin. Après avoir réceptionné les deux colis via Randovive, nous allons faire connaissance avec ce nouveau bateau prometteur. Pour commencer, voici le carton d’emballage à l’effigie de la marque « Gumotex »

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Une fois ouvert, le sac à dos étanche Gumotex dans lequel se trouve le kayak. Très pratique car une fois le bateau gonflé, il pourra être utilisé pour stocker nos affaires sensibles à l’humidité pendant la navigation.

Avant d’aller plus loin, je tenais également à vous présenter la « K-Pump K100 ». J’avais eu l’occasion de la tester lors d’essais de canoës Gumotex et je l’avais trouvée plus pratique pour gonfler le bateau qu’une pompe classique.

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Elle est fournie avec une housse de rangement et divers embouts. Je ne sais pas si c’était fait exprès mais celui fixé d’origine correspond pile poil aux valves du Safari.

Revenons donc sur notre sac étanche. A l’intérieur se trouve le kayak plié dans du papier à bulles, une boîte bleue contenant un kit de réparation en cas de crevaison, mais également un embout compatible avec les pompes à pied, une éponge, une dérive, et un sac filet dans lequel on trouvera les sangles cales cuisses que l’on développera plus tard…

Une fois déballé, il faudra avant d’aller plus loin, de fixer le siège à l’aide de deux cordes noires, avec lesquelles on adaptera l’une des extrémités des sangles cales cuisses.

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Une fois ces dernières fixées, passer l’autre extrémité dans la bride de réglage à l’avant du kayak. On en profitera pour fixer également le cale pieds.

A cette étape, la K-Pump K100 entre en action. Je commence par le fond du kayak. Aucun soucis, l’embout s’emboite parfaitement et le gonflage se fait avec une rapidité remarquable.

Le gonflage des boudins latéraux se complique un peu avec la K100. Il faut vraiment trouver le « bon » angle pour que la pompe reste bien emboîtée pendant l’opération. Un peu galère au début, mais avec un peu d’habitude et après quelques sorties ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

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Une fois les trois compartiments gonflés, reste plus qu’à ajuster les sangles cale cuisses ainsi que la pression du dossier du siège pour un confort optimal.

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Reste plus qu’à tester tout ça!

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Dimanche 30 Juin 2019

C’est à l’occasion d’une sortie organisée à l’improviste via le site www.forum-kayak.fr que je vais pouvoir faire mes premiers pas avec ce Safari.

Pour information, j’ai pris le soin de ne pas démonter le siège du kayak et les sangles lorsque j’ai replié le bateau. Ce qui me fera gagner un temps considérable pour la préparation du kayak.

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Pour le lieu, ce sera la réserve naturelle du Haut Rhône pour un parcours d’environ 8 km. Une distance volontairement réduite à cause de la météo. Pas de mauvais temps annoncé, c’est même tout le contraire. La région est en vigilance canicule et les températures à l’ombre sont annoncées aux alentours des 40°c en milieu de journée. L’horaire sera même avancé pour une mise à l’eau sur le coup des 6h30.

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Rendez vous donc avec Hugo à 5h30 pour laisser une voiture à l’arrivée et nous rendre sur le point de départ avec l’autre véhicule. Le temps de prendre un bon café et nous voilà en route.

Malgré l’horaire très matinal, nous nous sentons déjà alourdis sous le poids écrasant de cette chaleur.
Hugo possède également un kayak Gumotex: Le SeaWave. Il va d’ailleurs lui même inaugurer son nouveau bateau.

Je regarde les deux sacs de rangements stockés l’un contre l’autre à l’intérieur du coffre de la voiture pour me rendre compte à quel point la logistique est beaucoup plus souple à organiser.

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6h30

Sous le pont de la Bruyère, une fois sortis de leurs sacs, nous « déroulons » nos bateaux avant de leur administrer les quantités d’air nécessaires pour leur donner leur forme définitive. Je suis impressionné par la rapidité de la préparation de mon Safari. J’estime guère plus de 5min le gonflage du fond et des boudins latéraux ainsi que le siège et les cales pieds. Mon Solar, de taille plus imposante nécessitait une bonne dizaine de minutes.

Sans plus attendre, nous nous lançons sur le bras principal du Rhône.

Comme je pouvais m’y attendre, la navigation n’a rien à voir avec un kayak de mer. Si le gain en maniabilité est indéniable, je ne peux pas en dire autant de l’inertie. J’arrête à peine de pagayer que le bateau tourne sur lui même. La vitesse bien que plus lente n’est pas médiocre pour autant. On arrive malgré tout à tenir un rythme raisonnable pour se faire plaisir sur de la petite randonnée comme nous allons le faire aujourd’hui.

Une fois à l’intérieur des lônes, ce petit kayak va me montrer une bonne partie de ses atouts grâce à sa maniabilité remarquable, qui me sera d’une grande aide pour me « faufiler » au travers des branchages, et autres obstacles dans ces petits cours d’eau.

Huit kilomètres qu’on aura négocié assez rapidement. Peut être même un peu trop rapidement justement pour que je puisse apprécier davantage mon Safari.

 

Dimanche 7 Juillet 2019

Une semaine s’est écoulée, et je vais pouvoir à nouveau tester d’autres capacités de mon Safari, pour ne pas dire « ses » capacités principales pour lesquelles il a été conçu: La navigation en eaux vives.

Ne pratiquant pas en club, il me sera difficile d’apprendre les fondamentaux nécessaires pour évoluer correctement et en toute sécurité dans cet univers qui m’est pour l’instant inconnu.
Mais c’était sans compter sur la générosité incroyable de Laurent NICOLET avec qui j’ai pu organiser cette sortie la veille au dernier moment.

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Laurent NICOLET, pour ceux qui ne le connaisse pas encore, c’est un personnage charismatique de la pratique en eaux vives et en raft, mais également un passionné des rivières de France qui a d’ailleurs écrit un ouvrage « Rivières nature en kayak gonflable » disponible aux éditions « le Canotier ». Sa passion va bien au delà des frontières car il a également parcouru le Grand Canyon.

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Pour être bref et sans aller dans les détails, je vous propose de visionner la vidéo ci dessous dans laquelle il se déchaîne dans ce fleuve qui paraît indomptable à bord justement d’un Gumotex Safari.

Rendez vous donc à 8h30 sur le parking à proximité du camping de Yenne.

Au programme, descente du Rhône sur un peu plus d’un kilomètre pour rejoindre le bassin d’eaux vives.

Une fois sur place il nous faudra se « familiariser » avec la rivière (artificielle) et apprendre à lire les courants.

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Pour « démystifier » cette « peur » ancestrale que nous avons nous, novices de ces courants incroyables, il nous faudra comme le dit l’expression qui n’a jamais pris autant de sens ce jour là:

« Se jeter à l’eau »

Une étape de l’apprentissage fondamentale, qui aura pour effet d’annihiler nos préjugés sur les rivières.

Une fois à l’eau, on se laissera porter par les courants jusqu’à saisir les contres courants pour rejoindre la rive.

Malgré beaucoup d’appréhension au départ, on se prendra rapidement au jeu, quittes à recommencer tels des enfants surexcités devant le superbe toboggan nautique d’un parc d’attractions. A la seule différence que l’on s’économisera d’un billet d’entrée au prix bien souvent astronomique, mais également de la file d’attente interminable avant de goûter aux plaisir d’être propulsés par ces courants.

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On choisira dans un premier temps de travailler les fondamentaux de la navigation en eau vive en aval du bassin, et faire par la même occasion connaissance avec des mots que j’avais déjà entendu par le passé, mais qui raisonnaient dans ma tête comme du chinois:

Les « Bacs », les « Stops » et les « Reprises » de courants.

Rapidement, on se surprend tous à pouvoir, tels des truites ou des saumons, remonter le courant et jouer avec.

On appréciera les sangles cales cuisses qui, une fois bien réglées nous permettrons d’avoir un contrôle précis sur nos Safaris.

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Sur la fin de la séance, on tente même une descente avec plus ou moins de succès sur une partie du bassin d’eaux vives.

On finira la séance par une balade dans les Gorges de la Balme et le défilé de Pierre Châtel avant de rejoindre notre point de débarquement à Virignin.

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Superbe sortie donc, qui me permettra de prendre encore d’avantage de recul et faire encore plus ample connaissance avec mon nouveau jouet le Safari dont je ne suis pas prêt de me lasser.

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Je remercie mille fois Laurent pour ces cours privilégiés et le prêt pour mes amis de quelques bateaux tests.

Je ne manquerai pas de vous faire un retour sur les prochaines expériences à venir avec ce kayak.

 

Les photos de la sortie du Haut Rhône:

 

Les photos de la séance eaux vives:

Boucle sur le Rhône de Massignieu de Rives à Seyssel

Encore une sortie insolite, que l’on pourra désormais ajouter à notre tableau de chasse.

Voilà maintenant quelques semaines que je guette scrupuleusement le débit du Rhône dans l’espoir que ce dernier n’excède pas 200 m3/s (débit mesuré sous le pont de la Loi).
En effet, au delà de ce seuil, il nous sera alors impossible de remonter le fleuve à contre courant, et plus particulièrement dans le secteur du Pont de la Loi. Le débit du Vieux Rhône additionné à celui de son canal en sortie du barrage de Châtel va générer un courant important qui en plus de gagner en intensité, nous stoppera net, voir nous fera reculer comme ce fût le cas au mois de Mai l’année dernière (débit enregistré supérieur à 500 m3/s).

Nous allons au travers de ce parcours audacieux côtoyer 3 départements: l’Ain, la Savoie et la Haute Savoie. Comme je l’ai déjà conté dans ce blog, le Rhône n’est pas une frontière, c’est à mes yeux au contraire un lien profond qui nous unis tous, Bugistes (Pour ne pas dire Aindinois, nom trouvé récemment par le conseil départemental de l’Ain afin de pouvoir enfin nous nommer), Savoyards et Hauts Savoyards.
Le hasard à voulu qu’en cette journée exceptionnelle, chaque département soit représenté par un kayakiste.

Lionel, habitant Valmeinier (Savoie)
Cédric, moniteur de kayak au sein du club de Sévrier (Haute Savoie)
Moi même, habitant du Bugey (Ain)

Et en bonus… Notre ami Rikou, qui malgré un passage difficile à l’heure d’été, viendra compléter le groupe représentant son département qui n’a d’autre nom que celui du fleuve que l’on va parcourir.

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Embarquement au Port de Massignieu de Rives

Le départ se fera du port de Massignieu de Rives.
C’est un lieu calme et idyllique, loin des zones où se regroupe la population et le tourisme de masse.

L’objectif est de rallier Seyssel en arpentant 23 km à contre courant principalement sur le canal de déviation afin de se réserver le meilleur (Vieux Rhône) pour la suite.

Dès le départ, Cédric prend une nette avance sur nous. En effet, de part son expérience et son embarcation taillée pour la vitesse, il est évident que nous ne boxons pas du tout dans la même catégorie.

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Malgré tout, le lien entre nous se construit progressivement à mesure que nous avalons les kilomètres.

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Sur le Rhône principal à hauteur de Culoz avec vue sur le Grand Colombier

Après avoir franchi sans encombres le pont SNCF de Culoz, nous voilà maintenant dans la zone tant redoutée, celle du Pont de la Loi. Malgré un débit mesuré en dessous des 200 m3/s, on ressent pleinement la force du courant. On voit l’eau défiler, nous faisant presque croire que nous gagnons en vitesse. Mais en scrutant au travers de ces reflets cristallins, nous apercevons les galets tapis au fond qui peinent à avancer sous nos yeux.

Il va falloir jouer avec les quelques contres courants générés par les piles de pont ou les berges adjacentes pour s’économiser dans cette ascension.

Une fois l’ouvrage franchi, nous rejoignons rapidement le canal de déviation pour s’extraire au plus vite des courants résiduels afin de pouvoir souffler un peu.

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Petite pause en amont du Pont de la Loi sur le canal de déviation.

Notre prochain objectif, rallier le barrage de Châtel pour notre premier portage de la journée.
Les demandes en électricité étant moindres le week end, le canal en sortie du barrage présente peu de courant. La planéité parfaite de l’eau en surface nous ferait presque croire que nous naviguons sur un lac.

Rapidement, l’ouvrage convoité se dessine devant nos yeux et la rampe de débarquement apparaît quelques minutes après.

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Petite pause au barrage de Châtel.

Dernière partie du canal avant de rejoindre le fleuve principal en amont du barrage de Motz. Un canal long de 5 km dont une partie est constituée d’une ligne droite quasi parfaite sur 3,5 km.

A ce niveau du parcours, le Grand Colombier qui régnait en maître sur la partie sud cèdera sa place au massif du Grand Crêt d’Eau dominant le Nord. Il en impose d’avantage avec presque 100 mètres d’écart que notre géant du Bugey.
Quelques dernières traces de neige persistent sur son sommet. Signe que malgré un soleil bien présent, il n’est pas encore temps de tomber la veste. D’ailleurs un vent frais venu du nord viendra chatouiller notre visage, parasitant légèrement notre remontée.

Nous arrivons maintenant à proximité du barrage de Motz, symbole de notre deuxième portage que nous effectuerons tout à l’heure, après avoir fait demi tour à Seyssel.

Seyssel…

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Seyssel (Haute Savoie)

Cette, ou plutôt ces deux communes homonymes sont limitrophes l’une de l’autre, séparées par le Rhône.

Ces deux entités vivent en harmonie reliées par 2 ponts.
Un premier à haubans, mis en service en 1987 que nous apercevons au loin, nous guidera jusqu’à l’entrée de la ville.

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Arrivée sur Seyssel avec vue sur le pont à haubans

Quand au deuxième, il ne tardera pas à se dévoiler une fois son cadet franchi.
Le « Pont de la Vierge Noire » ou « Vieux Pont de Seyssel » date de 1840 et représente un lien fort entre ces deux communes situées sur deux départements différents (Ain & Haute Savoie).

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Entrée dans Seyssel avec au loin le Pont de la Vierge Noire

Je faisais référence à plusieurs reprises dans mes récits précédents sur l’émotion forte et poignante que je pouvais ressentir lors de mes traversées de Lyon en kayak. A plus petite échelle, je découvre que Seyssel, parcourue dans le sens inverse du Rhône procure autant de magie. A ce décor, s’ajoute également une ambiance calme et reposante.
Nos premiers 23 km vont prendre fin une fois le Pont de la Vierge Noire contourné. Quelques passants nous regardent, étonnés de nous voir avancer dans le sens inverse à la normale.
Seyssel sonnera comme une récompense de cette remontée à contre courant.
Une autre façon peu orthodoxe de parcourir le Rhône certes, mais le fait de revenir en arrière sur ce fleuve nous offre de nouvelles perspectives, de nouveaux paysages, de nouveaux angles de vue. Je me délecte de ces instants où ce sport que nous pratiquons, se mélange à tant de poésie.

Depuis mes premières expériences de kayakiste, j’ai toujours été frustré de ne pas pouvoir prendre d’avantage le temps nécessaire pour apprécier cette ville au fil de l’eau et lui donner la place qu’elle mérite dans mon coeur.
Majoritairement, Seyssel ne représentait qu’une étape de départ que l’on regardait à peine, préférant se focaliser vers l’issue de nos expéditions.

Cette euphorie restera dans ma tête durant tout le reste de la journée, au point de voler la vedette au Vieux Rhône que j’apprécie tant.

Nous rejoindrons d’ailleurs cette partie du fleuve après avoir englouti le repas sur les berges de Seyssel et effectué le portage traditionnel du barrage de Motz.

La succession des petits rapides assaisonnera notre parcours qui était, il faut le dire monotone sur les portions canalisées.

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Le Vieux Rhône et ses petits rapides bienfaiteurs.

Nous retrouverons par la suite rapidement l’une d’entre elles que nous avons parcouru le matin, reliant Lavours à Massignieu de Rives.

Cette dernière portion nous paraîtra interminable avant de pouvoir franchir le pont reliant la commune de Cressin Rochefort à Massignieu de Rives pour ensuite apercevoir le lac du Lit Au Roi avec en arrière plan le Mont du Chat.

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Rikou sur le Lac du Lit au Roi

Le compteur kilométrique atteindra les 48 km qui symboliseront la fin de notre parcours.

Quelques courbatures et ampoules aux mains, mais qu’importe, comme à l’accoutumée, cette sensation de bien être qui s’empare de nous à chaque sortie prendra le dessus, alimentant notre esprit vers de prochaines aventures.

 

CORNETTO Yves