Destination: LYON KAYAK!!!

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27747746_1829365810408170_26265024570452680_o-1024x683Source: www.lyonkayak.com

Cette course incontournable et qui n’a plus rien à prouver nous tient toujours à coeur.

Un événement riche et varié où tout le monde a sa place, que ce soit du débutant au kayakiste de compétition.

Une autre façon de découvrir Lyon depuis la Saône au départ de Rochetaillée/Saône jusqu’au port de Confluence.

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Pour cette édition 2018, afin de la vivre avec encore plus d’intensité, nous avons décidé de nous rendre à cette manifestation non pas en voiture, mais plutôt en kayak via le Haut Rhône de Seyssel (Haute Savoie) jusqu’à Lyon!

Soit, une distance à parcourir de 160Km!

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De la sortie du lac Léman à la confluence avec la Saône, cette partie du fleuve offre une variété de paysages, de reliefs jurassiens et préalpins à couper le souffle.

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Alternance entre petits rapides et ambiances sereines, vous pourrez suivre notre progression en temps réel jusqu’à notre arrivée Samedi 22/09 au port de Confluence (pour retirer nos dossards)  en consultant le lien ci dessous:

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Une excellente occasion pour faire connaître notre terrain de jeu immense qu’est le Rhône!

Un petit périple qui va démarrer Jeudi 20 Septembre à partir de la base de loisirs « Prolynx Sports » à Seyssel et durer 3 jours.

Ceux qui n’ont pas peur d’avaler les kilomètres seront les bienvenus!!!!!

86 Km entre le Rhône et le Lac du Bourget

86 Km entre le Rhône et le Lac du Bourget.

Bonjour à tous!

Ca y est!

Fiers de vous annoncer que nous venons de boucler notre dernier défi, à savoir:

Parcourir plus de 80km sur le Rhône et le Lac du Bourget en une journée seulement.

Le projet initial, au stade encore embryonnaire à l’époque, n’avait pas grand chose à voir. Le but était de faire le tour des 4 lacs: Lac d’Annecy, Lac du Bourget, Lac d’Aiguebelette, Lac de Paladru. Un défi hors norme sur la distance (100km au total). Mais très vite on s’est heurté avec Lionel à un gros soucis logistique: Le transfert entre chaque lacs qui allait nous faire perdre énormément de temps.

On opte donc pour une autre idée: Boucler le Rhône et son canal de déviation de Virignin à Yenne, en passant par le lac du Bourget.

Tout aussi ambitieux, mais malheureusement irréalisable faute de débit trop important du fleuve qui allait compliquer fortement notre remontée à contre courant sur le canal.

Au final, le projet sera le suivant:

Départ du camping “Le Nant Matraz” à Seyssel.
Descente du Vieux Rhône jusqu’à Chanaz.
Remontée du Canal de Savières.
Le tour complet du Lac du Bourget.
Descente du Canal de Savières pour rejoindre le Vieux Rhône.
Fin du parcours au camping “Le Kanoti” à Yenne.

La date n’a pas non plus été choisie au hasard.

Samedi 23 Juin est le premier week-end après le solstice d’été. Parcourir 80 Km allait nous demander beaucoup de temps. Hors de question de terminer la nuit.

Voilà maintenant plusieurs mois que nous attendions le jour J.

Impatients d’en découdre avec ce défi hors normes.

La veille au soir, rendez vous à notre point de départ: Le camping “Le Nant Matraz”.

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Camping le « Nant Matraz »

L’équipe de fadas sera constituée de Lionel, avec qui nous avions fait mûrir ce projet ambitieux.

Ludo, qui répond souvent à ce genre d’aventures. Il a le profil idéal pour mener à bien cette expédition et sera un précieux atout.
Et moi même.

La vue sur Seyssel depuis le camping est tout simplement magnifique. J’en profite pour faire quelques clichés avant le coucher du soleil.

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Vue sur Seyssel

J’aime prendre le temps d’apprécier ces instants de transition.… Transition qui tranche entre cette attente interminable de voir le projet se réaliser, et les quelques heures qui précèdent avant de commencer à concrétiser ce dernier.
C’est peut être étrange de raisonner ainsi, mais on pourrait comparer ces quelques heures au dernier jour de travail de la semaine.
Ces moments d’euphorie que nous connaissons tous lorsque l’on se retourne une dernière fois pour fermer la porte de son bureau un vendredi en fin d’après midi.
Lorsque l’on monte dans sa voiture pour s’abandonner à nos projets du week end qui ont mis tant de jours à gamberger dans nos têtes.
Le bruit que fait la clé lorsqu’elle s’introduit dans le neiman, juste avant de démarrer.. On l’entend tous les jours, et pourtant, juste à cet instant, ce même bruit, à une saveur toute particulière.

C’est un sentiment que je ressens constamment la veille d’un périple ou même d’une sortie à la journée.

Vous l’aurez deviné, le sommeil aura été difficile à trouver.

 

Samedi 23 Juin.

4h00 du matin.

Le bruit du zip de nos toiles de tente sonne comme un départ. Comme il m’a manqué ce bruit. Il me rappelle les jours de notre périple sur le Rhône en Septembre dernier avec Lionel, mais également les autres sorties de plusieurs jours effectuées avec les membres du forum.

Tout se fait machinalement.

On plie nos sacs, les matelas sont dégonflés, les tentes rangées…
Ludo nous prépare un bon café avec sa cafetière italienne. Son goût prononcé m’enivre comme une petite mise en bouche dans un restaurant gastronomique.

Le plat principal se dévoile…

Il commence par le Rhône qui nous tend les bras.

J’ai faim!!!

Un vide énorme qui nous tarde de combler en avalant ces kilomètres qui nous attendent.

Les conditions sont, comme j’ai l’habitude de le dire: “Aux petits oignons”. Une fenêtre météo généreuse… Juste un vent du Nord qui risque de compliquer notre retour sur le lac du Bourget, mais qu’importe. Notre motivation est sans failles.

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Rampe d’embarquement du camping

Le Rhône…

Nous voilà sur la rampe de mise à l’eau.

Le niveau a légèrement baissé depuis hier, mais le débit est toujours aussi important. Je l’estime visuellement à 500m3/s.
Lionel et Ludo embarquent en premiers. Ils m’attendent, immobiles dans un petit contre courant.
Je glisse mes jambes à l’intérieur de l’hiloire. Impatient de ne faire qu’un et de vivre la journée entière en symbiose avec mon kayak.
A peine sortis du contre courant, que nous voilà propulsés rapidement sur le fleuve.

Je ressens pleinement sa toute puissance. L’année dernière à la même époque, il avait une triste mine avec un débit quasi inexistant. Mais aujourd’hui il a retrouvé toute sa vigueur. C’est lui le patron, lui qui nous dictera les règles du jeu jusqu’à Chanaz.

Seyssel est splendide depuis le Rhône. Depuis mes débuts de kayakiste, je ne compte que sur les doigts d’une seule main les fois où j’ai côtoyé ces lieux sur le Rhône.

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Le vieux pont de Seyssel

Je tente quelques clichés de cet instant inédit. Il fait encore nuit et le jour apparaît timidement. Le jeu des lumières du vieux pont sur le cours d’eau ajoute du relief au fleuve qui renvoie cette même lumière un peu partout. J’essaye de restituer le plus fidèlement possible ce spectacle dans ma Gopro. Pas évident à vrai dire. La faible luminosité et le courant important m’obligent à rester vigilant.

En moins de temps qu’il ne le fallait, nous voici à la rampe du barrage de Motz pour notre premier portage.Ce sera le plus long de la journée. En prévision avec Lionel, on avait décidé de ne pas s’encombrer de chariots, mais au final, nous regretterons notre choix en prenant un temps fou à porter nos embarcations. En refusant cette solution stratégique par peur d’être trop encombrés, nous allons perdre de précieuses minutes sur notre timing.

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Embarquement en aval du barrage de Motz

Mais c’était sans compter sur le débit incroyable du Rhône.

Une fois à l’eau, nous sommes à nouveau portés par le courant généreux et soutenu du fleuve. Le kilométrage de la journée étant à peine entamé que nous pulvérisons notre propre record de vitesse sur la portion Motz Chanaz.

Le Rhône ne cesse de me surprendre. A chaque fois que je lui rend visite, il m’offre un visage différent. Il change sans arrêt d’aspect. Je ne m’en lasse jamais.
Ludo parvient même sans forcer à faire une pointe de 20 Km/h. Nôtre vitesse moyenne oscille entre 9 et 10 Km/h.
Juste avant d’aborder Culoz, on assiste à un spectacle grandiose.

Le lever du soleil.

Sur le Grand Colombier, la bande d’ombre le recouvrant s’abaisse à mesure que le soleil prend de l’ampleur. Elle glisse tout le long pour s’évanouir au pied de la montagne. La lumière est incroyablement belle. Elle est douce, laissant entrevoir toutes les facettes du paysage baignant dans ses rayons. A cette heure, l’atmosphère n’est pas encore laiteux. Tout est clair, parsemé de détails aussi infimes soient ils.

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Lever de soleil sur le vieux Rhône

S’ajoute à ce spectacle visuel, une ambiance sereine. Peu de bruit à cet heure ci. Nos congénères sont encore couchés. Nous sommes seuls, intimement liés à la nature qui se dévoile à nous timidement. Elle nous offre en primeur son plus beau visage en ce début de journée.

Le Grand Colombier, comme à son habitude nous domine jusqu’à Chanaz. Il a revêtu pour cette journée exceptionnelle sa plus belle panoplie d’arbres garnis d’un vert chatoyant à souhait. Un délice pour les yeux.

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Le Grand Colombier

Chanaz se dessine désormais devant nous. Rapidement, nous extrayons nos kayaks de l’eau pour le portage traditionnel qui nous fera quitter le Rhône et aborder ainsi le canal de Savières.

On se retourne face au Grand Colombier admiratifs devant la première étape de notre parcours accomplie. Un Rhône qui aura défilé à vitesse grand V, sans qu’on ai eu le temps de s’en apercevoir. Cela augure de belles choses pour la suite. Cette vitesse inespérée nous a fait gagner un temps précieux sur notre timing.

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Portage entre le Rhône et le Canal de Savières

Le Canal de Savières…

Il est un des rares cours d’eau dont le courant peut s’inverser. En temps normal, le Lac du Bourget se déverse dans le Rhône via ce canal. Mais lorsque le fleuve est en crue. C’est le phénomène inverse qui se produit. Le Lac sert alors de réserve tampon pour absorber le surplus du Rhône.

Par chance aujourd’hui, le courant sera quasi nul.

Le village de Chanaz est d’un calme olympien. Personne à l’horizon.

Nous remontons paisiblement le canal en direction du lac. Le décor est comme bloqué dans le temps. Nous prenons quelques minutes pour s’arrêter quelques instants. Tout est immobile. Même l’eau sur laquelle nous nous trouvons ondule à peine. Un vrai miroir d’une perfection absolue. Nos kayaks se figent dans cette ambiance étrange.

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Canal de Savières

Très vite, nous arrivons à l’embouchure du lac. Notre deuxième étape est maintenant bouclée, et il va falloir maintenant s’atteler au plus gros morceau de notre parcours:

Le Lac du Bourget…

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Au Nord du Lac du Bourget

Le tour complet est estimé à 40 kilomètres.

Un vent du Nord commence à gagner en intensité. On ne le ressent pas pour l’instant, protégés par les reliefs et les roselières, mais on l’entend s’affoler, siffler bruyamment au travers de chaque roseau.

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Lionel longeant les roselières

On choisit volontairement de parcourir en premier la rive Est du lac. Beaucoup moins attractive visuellement que la partie sauvage à l’Ouest. Notre mental sera ainsi préservé au retour. D’autant qu’il se fera par vent de face et nous fera perdre par la même occasion les quelques dizaines de minutes gagnées précieusement sur le Rhône.

Le Rocher, surplombé par le Château de Châtillon, le port et la plage du même nom défileront rapidement sous nos yeux. Pas le temps de flâner comme à l’accoutumée.

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Le Port de Châtillon 

Cap maintenant au Sud du lac. Une petite brise nous porte sur quelques vaguelettes, nous permettant ainsi d’avancer relativement facilement tout en s’épargnant du moindre effort.

Ludo, de part son embarcation taillée pour la vitesse et son coup de pagaie fluide, et redoutablement efficace, prend une nette avance sur Lionel et moi.
Il nous attendra un peu plus loin sur une petite plage de Brison.
32 Km au compteur. Un petit coup de faim nous guette. On décide de s’arrêter et prendre une petite collation. Quelques oeufs brouillés, abricots secs feront l’affaire.

On repart aussitôt. Nous sommes à présent dans la baie de Grésine. Cette anse, souvent prisée des pêcheurs en bateau sera déserte aujourd’hui. Pas étonnant, le vent commence à forcir, le lac se forme, les vagues grossissent et commencent à moutonner.

Le vent a beau être de notre côté, naviguer dans ses conditions me demande beaucoup d’effort pour corriger ma trajectoire, malgré la présence du gouvernail. Les vagues me poussent, me faisant légèrement partir en surf. Très bon pour l’accélération, mais cela se complique lorsque cette même vague me passe devant. Mon kayak “colle” alors sur l’eau, et se fait ballotter de gauche à droite, il perd sa notion directeur, et je dois pagayer d’avantage pour le recentrer et garder le cap.

On passe devant Aix les Bains. Beaucoup de monde, beaucoup de bruit, des joggueurs, des cyclistes, des voitures, et même des kitesurfeurs venus profiter du bénéfice du vent et se laisser porter par leur aile plusieurs mètres au dessus du lac.

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Aix les Bains

On est loin, très loin de cette tranquillité majestueuse de ce début de journée.

L’écart avec mes compagnons se creuse à mesure que nous avançons.
Ludo est en tête, j’ai même du mal à le distinguer. Quand à Lionel, il est dans son sillage mais garde un rythme très soutenu. Je peine à le suivre. J’arrive de temps en temps à pagayer juste derrière lui et prendre de temps en temps son aspiration pour récupérer un peu mais rien à faire. On ressent tout de suite notre différence de niveau. Cela sent la Dordogne intégrale à plein nez. Cette course folle de 130 kilomètres à laquelle Ludo et Lionel ont déjà participé, ce qui leur apporte un bénéfice énorme sur leur vitesse et leur endurance.

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Au Sud du lac du Bourget

Je pourrais être frustré, mais il n’en est rien.

Au contraire…

Plutôt que d’essayer de les suivre désespérément, je me recentre sur moi même et trouve mon propre rythme. D’autant que je commence à ressentir une légère douleur à mon bras droit. Je préfère donc me ménager un peu pour ne pas mettre en péril ce défi. De toute façon, nous allons arriver au bout du lac pour casser la croûte.

On avoisine les 50 Km. Très bon pour le moral, nous avons effectué plus de la moitié de notre parcours.

Pour la pause déjeuner, nous jetterons notre dévolu sur une petite plage à proximité de l’embouchure de la Leysse.

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Pause casse croûte

Mes jambes engourdies, je prends le temps de marcher un peu et contemple le paysage d’une beauté exceptionnelle.

Difficile de croire que nous sommes sur le lac du Bourget. Les couleurs, et le bleu turquoise de l’eau nous feraient presque penser que nous nous sommes échoués aux Bahamas.

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Plage de sable à l’embouchure de la Leysse

On pourrait croire qu’après tant de kilomètres avalés, l’intérieur de mon estomac présenterai un vide abyssal, mais curieusement, l’appétit n’était pas au rendez vous. Je prends tout de même le temps de savourer une salade piémontaise.

Retour au Nord du Lac…

Aller!!! On se motive un bon coup, et on garde le moral!!!

Du moral, on en aura besoin pour venir à bout des 18 kilomètres qui nous séparent du canal de Savières. Et le tout, avec un vent de face gagnant toujours en intensité.

On cesse de se poser moultes questions. Il est temps de débrancher nos cerveaux, faire le vide et ne penser à rien. Dans des conditions pareilles, l’erreur monumentale, qui pourrait être fatale, serait de regarder sans cesse notre GPS, consulter le kilométrage restant, notre vitesse, etc…. Le temps n’en serait qu’allongé et notre motivation fondrait comme neige au soleil.

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Plage du Bourget du Lac

Très vite, Ludo, en tête impose son rythme. Lionel le suit de près, profitant des petits courants générés par la pagaie de son prédécesseur pour rester dans l’aspiration.

A la troisième place, je fais de même avec Lionel.

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Maison bourgeoise avec en arrière plan le château de Bourdeau

A cet instant, je comprends désormais que je n’ai plus le choix.

Malgré mon endurance et mes capacités physiques en dessous des leurs, je dois tenir… Pire, je dois même aller au delà de ce que j’ai pu fournir comme efforts jusqu’à présent. Quelques prémices d’ampoules commençaient à faire leur apparition sur mes phalanges.
J’avais l’impression de tenir à la place de ma pagaie un morceau de ferraille chauffé à blanc.
Ce qui va alors se passer entre nous est comparable à un groupe d’alpinistes lors d’une ascension d’un sommet, encordés. Le courant généré entre nos kayaks représentent le lien qui nous unit. Il faut à tout prix maintenir ce lien sans le rompre.
Quelques passants au bord du lac nous regardent estomaqués. Ne comprenant pas notre démarche de remonter face au vent. Les embarcations à propulsion humaine que nous croisons vont toutes à contre sens.
Je fonctionne désormais comme une machine, commençant à m’habituer au rythme infligé par un Ludo chef d’orchestre. J’ai comme l’impression de ne plus avoir le contrôle sur mon corps. Il réagit tout seul, avec instinct.
On tient bon pendant une dizaine de kilomètres, et notre salut viendra du vent, qui d’un seul coup s’estompera sans prévenir.

Le lac redevient d’huile. Nous apercevons l’Abbaye d’Hautecombe à quelques centaines de mètres.

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L’Abbaye d’Hautecombe

Petite pause juste avant de franchir ce monument religieux, un des plus beaux symboles incontournables du lac.

Ludo sort à nouveau sa petite cafetière italienne et nous prépare encore un bon remontant.

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Ludo et sa fidèle cafetière italienne

L’abbaye se franchit sans encombres, Conjux viendra juste après, et nous terminerons le tour du lac en longeant les roselières avant de rejoindre à nouveau le canal de Savières.

Cette troisième étape aura été intense, tant en kilomètres parcourus que la fatigue accumulée. Le GPS affiche presque 70 Km. Un dernier coup d’oeil sur le lac, fiers d’avoir accompli cet exploit. Reste à rejoindre maintenant le Rhône et boucler majestueusement ce défi.

Retour sur le canal de Savières…

Rien à voir avec la sérénité de ce matin. On croise régulièrement des bateaux, profitant même de certains, empruntant le même sens que nous, de leur aspiration pour gagner en vitesse et s’économiser un peu.

Rapidement, on traverse à nouveau Chanaz, mais cette fois ci, il nous faut rejoindre le barrage de Savières pour le deuxième portage de notre aventure.

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Chanaz

Le Rhône nous tend les bras et nous offre à nouveau son courant libérateur, qui nous sera d’une grande aide.

Le Rhône…

Dernière partie de notre défi. On a largement dépassé les 70 Km, je pulvérise par la même occasion mon propre record personnel sur la plus longue distance parcourue en une journée.
Curieusement, avec un peu de déception, le débit du fleuve en aval du barrage n’a rien à voir avec ce que l’on a pu profiter le matin. Il va falloir pagayer efficacement pour arriver au bout.

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Le Vieux Rhône

Devant nous le seuil de Fournier. Je décide, malgré la fatigue qui me guette, de franchir ce seuil et m’économiser ainsi d’un portage. Un sans fautes.

En amont de Lucey, nous apercevons les derniers rayons du soleil éclairer majestueusement la dent du chat ainsi que le vignoble de Jongieux.

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Lucey

Je choisi volontairement de ne pas franchir le seuil de Lucey. Difficile de trouver un passage fiable, et vu mon état, ce ne serait pas raisonnable.

Ce seuil sera le symbole de notre dernier portage. La mise à l’eau en aval sonne comme un soulagement.

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Seuil de Lucey

Le soleil commence à nous tirer sa révérence sous un ciel légèrement laiteux.

Notre périple va désormais toucher à sa fin.

On reprend sur quelques kilomètres pour en finir, notre rythme frénétique avec une intensité proportionnelle à notre niveau d’énergie restant.

Dernière ligne droite…

Au loin, le camping et base de loisirs le “Kanoti”.

La rampe de débarquement sonnera la fin de notre défi.

On sort, tout engourdis de nos kayaks.

Mon corps est vidé, je suis envahi de courbatures. J’ai l’impression qu’il ne m’appartient plus. Mais dans ma tête, une euphorie me soulève, me fait planer au dessus de tout.

Nous nous retournons face au Rhône. Face à tout ce parcours réalisé. Ce projet enfin mené à bout.

On emmène désormais nos kayaks au camping, où nous retrouvons Mathieu, le gérant.
Je ne le remercierai jamais assez pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Petite photo de nous trois et nos kayaks pour clôturer dignement cette aventure.

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Camping le Kanoti à Yenne

J’espère que vous avez eu le courage de lire ce compte rendu jusqu’au bout.

Une fois de plus, nous avons dépassé nos limites, mais ce genre d’aventure et de défis, certes poussés à l’extrême, nous passionnent, et permettent de mettre en valeur la pratique du kayak de mer en Rhône Alpes.

A très bientôt!

CORNETTO Yves

Ci dessous, la totalité des photos de notre journée.

Bon visionnage!

 

Vidéo: « Le Haut Rhône à l’honneur sur France 3 »

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Emission » Chroniques d’en Haut »

Le massif du Jura est un peu à part. Reconnaissable à sa végétation de feuillus, il n’est pas le plus connu. Pourtant, il abrite de nombreuses merveilles parmi lesquelles le cours le plus sauvage du Rhône en France, un trésor à découvrir à bord d’un canoë.
Le Jura Sud, qu’on appelle aussi Bugey, est une enclave de nature sauvage à deux pas des grandes villes comme Lyon, Annecy ou Genève.
Laurent vous emmène à la découverte de ce qui pourrait bien ressembler à une Terra Incognita aux portes des Alpes et le long du Vieux Rhône
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Randonnée encadrée par Yannick VERICEL (Moniteur diplômé d’Etat) de de Randovive.

www.randovive.com

Guides du Rhône

 

« Guides du Rhône »

Samedi 12 Mai 2018

En prévision de notre futur défit (100 Km entre le Rhône, son canal de déviation et le Lac du Bourget Samedi 23 Juin 2018), nous avons prévu avec Lionel de parcourir le Rhône et son canal de déviation.

L’entraînement consistait à relier simplement Virignin à Motz et redescendre le Vieux Rhône jusqu’à Yenne. Un parcours d’environ 55 Km.

La météo annonçait beau toute la journée avec de la pluie en début de soirée.

Seule ombre au tableau, le débit du fleuve annoncé à 600m3/s au niveau de la balise de mesure du Pont de la Loi.

J’avais pour habitude de remonter le Rhône assez facilement lorsque ce dernier affichait des débits entre 200 & 300m3/s.

Bref, ce n’est pas grave, on tente quand même le coup, et de toute façon, si l’on ne parvient pas à réaliser notre objectif on aura un aperçu de ce que cela peu donner une navigation à contre courant sur des débits de 600m3/s.

Pile poil dans le timing.

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On avait prévu une mise à l’eau à 6h00 du matin. L’horaire a été respecté à la minute près.

Le rythme s’installe progressivement, il est bon, régulier.

On constate quand même un courant important au niveau du premier pont en aval de la base d’avirons de Virginin.

Même phénomène plus marquant cette fois sous le pont de Coron.

Les coups de pagaie deviennent énergiques. Et c’est une fois après avoir franchi cet ouvrage que nous constatons avec désarroi que notre vitesse moyenne affichée sur le GPS est à peine à 4,5km/h.

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Habituellement, sur cette portion, elle s’approche plutôt de 5 à 6 Km/h. Cela n’envisage rien de bon pour la suite.

Plus nous nous rapprochions du pont de la Loi, plus le courant était fort.

Vers le lac du Lit au Roi, l’étranglement sous le pont de Massignieu de Rives nous donnera du fil à retordre avec des vitesses moyennes de 3,5 Km/h.

On reprend notre souffle sur le lac avant d’entamer la remontée du canal pour rejoindre Lavours.

On plafonne toujours à 4,5 km/h.

Petite pause sur la rampe d’embarquement de l’Auberge « La Paillère ». J’observe le Rhône et son courant incroyable. Je me dis qu’il sera de plus en plus difficile d’atteindre le barrage de Motz. Nous sommes en retard d’une bonne heure et demie sur notre timing et ça ne va pas s’arranger.

On embarque en direction du Pont SNCF reliant Culoz à Vions. Je me dis qu’une fois franchi, nous allons pouvoir souffler un peu sur un élargissement du fleuve à hauteur de l’Auberge de Vions « La Guinguette ». Habituellement c’est un endroit calme avec un courant quasi nul…

Arrivés au pont en question, je regarde mon GPS et notre vitesse baisser dangereusement pour plafonner à peine à 2km/h.

On franchi l’ouvrage tant bien que mal en espérant se reposer juste après. Il n’en ai rien. Le courant en amont devient de plus en plus fort. J’arrive quand même à trouver une zone à contre courant sur ma droite, je fais signe à Lionel de me rejoindre.

On remonte… On remonte…

On aperçoit à peine le pont de la Loi que notre vitesse plafonne maintenant à 0,8Km/h. Oui, vous avez bien lu: 0,8Km/h!!!

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Nous ne nous faisons guère d’illusion, il va falloir rebrousser chemin, faire une croix sur le barrage de Motz et le vieux Rhône en amont de Culoz.

Sur notre droite, un homme nous interpelle pour nous demander des renseignements.

Nous nous approchons…

Il s’appelle Stefan. Accompagné de deux autres personnes: Mark et Scott, ils sont anglais et avaient décidé de descendre le Rhône de Genève à Lyon en kayak gonflable et en paddle.

Quelques doutes sur leur itinéraire les ont conduit à nous aborder.

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Avec Lionel, on décide, vu le résultat catastrophique de notre entraînement, de s’improviser « Guides du Rhône » et leur apporter notre aide ainsi que nos connaissances acquises sur le fleuve lors de notre périple en Septembre dernier.

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Au programme donc:

Descente du Rhône pour faire une visite incontournable de Chanaz à nos hôtes. Nous en profiterons pour établir en aval du barrage de Lavours notre pause repas avant de repartir en direction de Yenne.

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Passage des seuils de Fournier et Lucey avec quelques images (qui suivront par la suite) réalisées au drone par Stefan.

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Descente finale jusqu’au camping « Kanoti » de Yenne, où j’en profiterai pour faire la connaissance du Gérant: Mathieu.

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Cela fait maintenant quelques mois que nous échangions sur Facebook, et c’est toujours plus agréable de rencontrer les personnes dans le monde « réel ».

L’ambiance est chaleureuse, conviviale, nos compagnons de route sont comblés.

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Mission accomplie!!!

Il va falloir maintenant nous séparer. Nous échangeons nos numéros, emails, en se promettant de se recontacter.

Au final, 38 km parcourus!!!!

Ci dessous l’album complet de cette journée!!!

Le Rhône du « Fort l’Ecluse » à Chanaz »

Bonjour à tous!

Je vais faire entorse aux valeurs principales de ce site, à savoir, promouvoir la pratique du KAYAK DE MER dans la région pour vous parler d’un périple en kayak gonflable.

Habituellement peu séduit par ce type d’embarcation, (bien qu’il faut le reconnaître, très pratique pour ceux qui n’ont guère de place pour loger un bateau de plus de 5m dans le garage) le kayak gonflable offre une certaine souplesse pour le transport et la logistique qu’il serait difficile d’égaler en Kmer.

L’article que je vais vous faire découvrir et un récit écrit par Samuel BERGER qui navigue régulièrement dans la région.
Prenez le temps de vous arrêter devant ses photos sublimes, cadrées avec goût et qui feront redécouvrir à nouveau aux quelques connaisseurs, le Rhône.

Sans plus attendre, laissons place à Samuel:

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Bonjour à tous !

Enfin ! Cela faisait longtemps qu’elle me faisait envie cette balade. Pas de créneaux en 2017, pas assez de temps, pas la météo favorable, bref, c’était tout le temps partie remise. Et cela ne s’annonçait pas forcément mieux pour le moment en 2018 : un peu de temps libre en mai… et voilà que la météo recommence à faire des caprices. Aller, au moins 3 jours, de beau temps, de suite si possible, je ne demande que ça. C’est trop demander visiblement…

Avant de commencer, je souhaiterais adresser un grand merci à tous ceux qui ont partagé leurs informations, que ce soit sur le forum ou parfois sur leurs sites perso : rake51, Rikou, Tom2, Ours, M16, hittite pour ne citer qu’eux, mes excuses à ceux que j’oublie ici. J’ai peaufiné mon itinéraire avec les informations glanées ici et là, pour organiser les portages, évaluer les kilométrages, les points d’eau etc.

L’objectif initial : 3 jours sur le Haut Rhône, de Pont Carnot à Yenne.

Les inconnues : le temps nécessaire pour le faire en KG avec un Yakkair HP1 qui n’avance pas bien vite… J’avais opté pour une sortie tranquille en mode « touriste-photos » à allure cool.

Les surprises : le niveau du Rhône.

Le mélange des genres : kayak et randonnée pour les portages, ou randonnée pédestre à la Tine de Parnant (si, si, c’est possible !).

Au final, randonnée écourtée en 2 jours avec arrivée à Chanaz car orages annoncés pour ce mardi 8 mai et pour ne pas déranger mon super adorable taxi de navette retour un jour férié. Pas grave malgré un petit sentiment de frustration de ne pas être allé jusqu’au bout, mais ce n’est pas grave, c’était un très bon moment sur l’eau.

Départ dimanche 5 mai, arrivé à la cale de Pont Carnot à 7h15. Déballage des affaires, gonflage, chargement des affaires dans le kayak. Le petit sac de pont chinook Aquawave 20 se loge parfaitement sous le cover-deck avant, c’est parfait, on dirait que c’est étudié pour, après avoir modifié seulement le système d’attache au kayak. Très logeable, il contient presque toutes les affaires de bivouac (abri, tapis de sol, matelas, polo, collant polaire, chaussettes, sandales, bonnet, gants et diverses affaires).

Trois autres petits sacs étanches pour compléter :

– l’un avec le sac de couchage, une doudoune et un tee-shirt
– l’autre avec 3 litres d’eau et tous les repas pour la randonnée
– le dernier pour le petit matériel nécessaire pendant la journée

Les 2 premiers sacs viendront se loger sous le pont arrière, et le petit dernier sur le pont arrière, derrière le siège.

Le chariot de kayak sera lui fixé sur le pont arrière. Ce sera son baptême !

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Et là 1ère surprise. J’avais fait un repérage de la cale le 1er mai, et le débit du Rhône était alors de 550m3/s, et ce matin, c’est 285m3/s à 8h… Autant dire que le niveau d’eau a baissé de près de 2 mètres, et que la cale est désormais complètement envasée… Super le départ, super la mise à l’eau, mais je réussis à ne pas glisser et à ne pas me vautrer dans la fange (quoique les bains de boue, c’est bon pour la peau…). Les roues du chariot imitent à la perfection celle d’un tracteur qui viendrait de labourer un grand champ de terre bien grasse. Je n’ai pourtant pas prévu de faite pousser des salades sur le pont de mon kayak…

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Je salue amicalement les 3 pêcheurs présents qui me demandent jusqu’où je vais aller et m’éloigne de la rive en direction du Pont Carnot…

Il y a un peu de courant, c’est agréable, ni trop ni trop peu. Le Pont Carnot est déjà là, et Fort l’Ecluse suit dans la foulée. Pas le temps de s’ennuyer dans le coin, d’autant plus que le soleil arrive rapidement, même s’il est encore assez tôt.

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Il faut se méfier du vent froid sans cette gorge…? Je n’en n’aurai pas… ou alors très peu, parfois, à certains moments, mais un vent chaud… et dans le dos, histoire de pousser un peu, je ne dis pas non ! C’est loin d’être désagréable.

Les berges marquent clairement le faible niveau du Rhône, il manque de l’eau, bon, c’est le week-end, les besoins en électricité sont moindres, c’est dimanche. Il vaut mieux rester vigilant, car même si avec ce débit le Rhône n’est pas dangereux, malgré tout, quelques petites embâcles trainent par-ci par-là, quelques branches, quelques arbres, mais on les voit de loin, rien ne barre le passage, le Rhône est large. Juste toujours garder un œil sur ce qui se passe devant et sur ce vers quoi on se dirige.

Le viaduc de Longeray arrive rapidement.

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A Arcine, au lieu-dit « le Moulin », la berge est inaccessible, de la vase sur plusieurs mètres. Rapidement, la Tine de Parnant est en vue, un peu avant de passer la passerelle piétonne de Grésin. Les parois sont telles que je les imaginais par rapports aux photos déjà vues. C’est juste le niveau de l’eau qui fait bien défaut. Quelques dizaines de mètres après l’entrée, le niveau d’eau devient peau de chagrin jusqu’à devenir un ruisselet tout maigrelet…de quelques petits centimètres de profondeur, et encore, à peine. Bien, le débarquement devient obligatoire et non négociable semble-t-il! Le terrain est meuble par endroits, mais ce n’est pas vaseux, le sol est même bien dur en grande majorité. J’abandonne le kayak et poursuit… à pieds… une petite randonnée pédestre au cœur du fleuve Rhône, ça change ! L’ambiance est étrange, lumineuse et sombre à la fois, la remontée de la Tine à pieds se fait rapidement, et au dernier moment se fait entendre la cascade du fond de la Tine. Elle donne abondamment de l’eau. Etrange et agréable endroit qui semble coupé du monde. Pourtant, j’ai vu en haut de la Tine des VTTistes, il y a un sentier de randonnée avec un passerelle qui passe juste au-dessus.

Le passage aux Tines de Parnant était vraiment sympa et étrange, cela valait la peine : cet endroit a du charme avec ou sans eau et est donc attirant tout le temps. Peut-être ai-je eu de la chance de ne pas y trouver de vase à l’entrée, ce qui aurait empêché probablement sa remontée à pieds.

Je reprends le cours de ma balade, il est 10h. Quand je vois le chemin déjà parcouru, je me dis que j’avance plus vite que ce à quoi je m’attendais. Il y a un peu de courant qui aide.

La passerelle de Grésin, perdue au milieu de nulle part est déjà là et l’arrivée sur Bellegarde est assez rapide, bien avant 11h, ce qui me laissera le temps d’aller traîner ma pagaie sur une petite portion de la Valserine.

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Bellegarde… Bellegarde… et bien vue sous le soleil, ce n’est pas si moche que tous les commentaires que j’ai pu entendre jusqu’à présent. Oui, il y a mieux, mais la ville au passé très industriel ne s’en sort finalement pas si mal, vue du Rhône du moins.

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Certes, la ville apporte son lot de pollution (un peu de mousse par endroits…) mais le petit bout de Valserine à naviguer est des plus agréable, la gorge est un spectacle pour les yeux avec les vieux bâtiments industriels abandonnées qui lui donne un charme si particulier. Aucun détritus ne bloque l’accès, il faut dire qu’il y a un débit plus que soutenu des 2 déversoirs.

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Les vieux bâtiments de la vielle usine de Chanteau, la biscuiterie. Peut-être enfin une réhabilitation prochaine : http://www.latribunerepublicaine.fr/a-la-une-la-tribune-republicaine/bellegarde-de-nouvelles-perspectives-s-ouvrent-pour-le-ia921b0n193157#

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Demi-tour sur la Valserine…avec une jolie couleur verte

Puis c’est au tour du pont de Bellegarde et du viaduc autoroutier qui, par perspective, semblent enchâssés l’un dans l’autre.

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La descente continue…

Le Rhône s’élargit et pas conséquence devient bien plus doux, calme et moins rapide. Je flemmarde, le temps de passer quelques coups de fils, le temps filoche, et vers 12h30, après avoir passé, comme c’est marqué sur le bâtiment, une « unité de traitement des déchets » (bref, un incinérateur), j’arrive doucement en vue des installations de Génissiat.

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Je n’avance plus bien vite sur le lac de barrage et il faut certainement que je recharge un peu les batteries avec un petit picnic.

L’arrivée à la cale de sortie de Génissiat se fait à 13h, toujours sous le soleil. Hop, le petit chariot prend du service, il sera un élément indispensable pour tous les divers portages qui seront nécessaires, mais pour Génissiat, c’est le gros morceau : 1,6km de portage. Avec le KG, je craignais que cela soit assez casse gueule, n’ayant eu que l’occasion de quelques mini tests. Bien centré et sanglé sur le 3/4 arrière du kayak, la charge est très équilibrée, l’avant du kayak est ainsi délesté, le kayak s’équilibre tout seul sur son centre de gravité et le poids ne se faire que peu ressentir. Du moins, le KG avec le matériel n’est pas pénible à tirer, ça roule même bien !

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Aller… ça roule !

Et puis sur la 1ère partie bitumée, c’est un billard !

Pour info, il existe au niveau du barrage deux points d’eau : un au barrage lui-même, l’autre à l’aire de picnic. Un précédent repérage m’avait fait constater que l’eau était coupée sur ces deux installations. Bien m’en a pris de transporter de l’eau avec moi car aucun réappro n’y est actuellement possible ! Merci la CNR de mettre à disposition ces 2 points d’eau inutiles ! A quoi cela sert-il que ces installations ne soit pas fonctionnelles au mois de mai !

L’entretien semble vraiment laisser à désirer : l’air de pic-nic est sale, des détritus abandonnés par manque de civisme, certes, mais d’autre part aucun entretien ne semble fait par le CNR non plus. L’image n’est pas très valorisante. Triste…

Je picnic et me remets en route vers 14h15 pour continuer le portage (en ayant mis à la poubelle mes détritus et certains autres qui traînaient…)

Deuxième partie du portage de Génissiat (photos juste pour illustrer ce qui attend ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure !)

Le début est une formalité car le chemin est en parfait état (aurait-il été refait ???). Enfin, c’est un chemin empierré qui semble avoir été passé au rouleau compresseur et d’où quasiment aucune pierre ne dépasse. Bref, cela roule très bien.

Et puis au détour d’un grand virage à gauche, le beau chemin s’arrête et devient un petit chemin plus étroit, irrégulier et là, cela roule déjà beaucoup moins bien. Les photos ne rendent pas bien compte du degré de pente qui est très marqué.

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Ca descend fort ! C’est probablement un des rares moments où l’on apprécie d’être en KG avec un poids très contenu, car ça pousse dans la descente. Mais c’est tout à fait faisable bien entendu, cela demande seulement un peu d’attention, surtout sur la deuxième partie du chemin plus dégradée, et sur la toute fin, vraiment mauvaise, vers la mise à l’eau (qui peut s’avérer scabreuse).

On arrive ensuite à une belle petite passerelle, limitée à 300kg (à l’aise… je passe question poids, même avec le bonhomme dessus !  😆 )

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Sur la gauche, on aperçoit le Rhône, qui n’est pas encore là… il faut descendre encore un peu !

Et la dernière partie du chemin est assez mauvaise.

Sur place, le niveau du Rhône est une nouvelle fois très bas. J’étais passé il y a quelques jours et le niveau était alors juste à la hauteur de la grosse pierre équipée d’un anneau d’amarrage. Là, c’est environ 3 mètres plus bas ! Et il y a aussi un peu de vase par-dessus le marché.

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Il y a 3 jeunes pêcheurs supers sympas sur place. L’un me propose de lui-même de m’aider à descendre le kayak sur la première marche pour arriver déjà à voir à quel endroit je pourrais mettre à l’eau. C’est pas aisé, heureusement, le kayak n’est pas lourd !

Ensuite, un deuxième coup de main de leur part : il y a encore 2 mètres pour arriver à l’eau. Je me mets en contrebas, vers l’eau, en faisant attention de ne pas glisser pendant qu’un des pêcheurs me fait glisser le kayak par en haut. Impeccable, ils étaient au top ces 3 jeunes pêcheurs et ils m’ont bien aidé, Seul, cela aurait été vraiment une belle galère. Cela leur aura fait un peu d’animation car la pêche ne semblait pas miraculeuse d’après ce qu’ils me disaient

Avant de partir, à mon tour de partir au secours d’un des 3 pêcheur dont la ligne est coincée dans le Rhône et qu’il n’arrive pas à dégager. Hop, quelques coups de pagaies, quelques manœuvres dans le courant et victoire, je lui débloque ça ligne, équipée d’un magnifique quadruple hameçon. Entraide mutuelle, tout le monde est content, tout le monde est gagnant !

Aller, je repends le cours du Rhône, il est 14h45 quand je recommence à mettre une pagaie dans l’eau.

Après le passage de Génissiat, je retrouve un peu de courant et un mini « seuil » quelques minutes après la mise à l’eau, rien de bien méchant.

C’est fou comme le niveau est bas par endroits ! Je vois le fond… pas très loin… ça passe sans jamais frotter, mais mieux vaut rester plutôt dans la « veine » principale.

Passage du Pont de Pyrimont.

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300m après le pont, je tente une bifurcation sur la droite pour aller voir le Pain de sucre… Ce sera pour une prochaine fois, il n’y a pas assez d’eau, impossible même de seulement commencer à remonter le petit bras d’eau. Je suis stoppé dans mon élan par le fond qui me retiens… Bon, ce sera là encore une occasion de revenir !

Puis viennent les piles de l’ancien pont de Pyrimont dont il ne reste plus grand chose. Enfin, une pile est encore debout, c’est tout. Peu de courant, le passage est tranquille.

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La fatigue dans les bras commence à se faire sentir…

Après Pyrimont, la section navigable est plus large, longe en grande partie la voie ferrée avant d’arriver sur Seyssel.

Cette portion me semble interminable… Et puis le paysage est d’une grande monotonie sur ce long parcours, je m’ennuie, c’est la fin de la journée. Pas grand chose pour réveiller les yeux, pas grand chose pour s’émerveiller. Telle une vache, je regarde les rares trains passer depuis mon kayak.

Et puis parfois le vent se lève un peu, bien entendu, de face et cela n’aide pas.

Enfin, apparaît au fond le barrage de Seyssel, signe que la cale de sortie est proche. 16h45…La cale est à peu près propre, un tout petit peu de vase, mais rien de bien gênant. Aller, c’est reparti pour un nouveau portage de kayak, cette fois ci 865m à faire à pieds, à côté de la voie ferrée. Portage facile et sans encombre, heureusement que la route est peu fréquentée car elle n’est pas large et il est parfois compliqué de se croiser avec une voiture.

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Pour aujourd’hui, les bras en ont assez et demandent un peu de repos. Je n’avais rien planifié pour le soir et le camping de Seyssel, le Nant Matraz tombe à point nommé. Je l’avais repéré sur ma carte, au cas où, et finalement, il sera bien utile. Il suffit juste de remettre le kayak à l’eau, et de traverser la Rhône en diagonale au milieu du courant. La cale est juste devant une entrée du camping, c’est étudié pour on dirait, c’est parfait. Je dérange le moins possible une petite famille de canetons… maman canard n’est pas loin…

L’accueil au camping est plutôt sympathique par une charmante demoiselle. Je m’installe sur un emplacement mi soleil mi ombre. Certes, la route n’est pas bien loin et on l’entend un peu, mais pour une nuit ça ira très bien. Et puis il est idéalement placé au bord du Rhône, sans portage interminable.

La douche est très appréciée. Il fait beau et chaud… Atteint par une flemmingite aigüe, je décide, en accord avec moi-même, de me passer de mon abri ce soir. Ca tombe bien, pas du tout motivé pour le monter.

Ce sera une belle nuit à la belle étoile, camping 1000 étoiles pour la nuit donc.

Pour ce 1er jour : environ 30 kilomètres effectués, je ne pensais pas arriver jusque-là en une journée. Tout se passe bien, c’est parfait. Même pas de galère !

La nuit a été plutôt reposante, même si dormir n’est vraiment pas ce que je sais faire de mieux. Un tout petit peu d’humidité au matin, rien de bien gênant.

6h30 et déjà l’envie de sortir du sac de couchage.

Dans le camping, encore peu de bruit. Il y a quelques cyclotouristes, aucuns kayakistes. Il y a même un cyclotouriste en vélo couché…encore couché…

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Tranquillement, j’avale un petit déjeuner à base de céréales enrichies « maison » avec noix de coco, bananes séchées, raisins, pépites de chocolats. Ca passe bien et ça cale bien le matin.

Hier soir, au moment de sortir de l’eau à 17h30, le courant dans le Rhône était en train de forcir. La cale d’accès au camping présentait tout de même une belle marche pour y accéder. Ce matin, le Rhône est plus haut d’au moins 50cm ou plus, ça débite bien, la cale est en partie sous l’eau. Il y a un courant très fortement marqué.

Aller, je plie bagage, il est 8h00, le temps de mettre le kayak à l’eau. La cale est peu protégée du courant, mieux vaut ne pas laisser le kayak filer. A l’œil, j’évalue la vitesse du courant à 8 ou 10km/h environ, ce n’est qu’estimatif. Peut-être un peu plus en fait…

Mise à l’eau à 8h25 exactement, la reprise du courant se fait sans soucis, et c’est vitesse grand « V » que le Rhône me proposera une visite éclair et expresse de Seyssel en mode « visite de Paris à la japonaise »… Presque pas le temps de s’occuper à prendre des photos, il faut tenir la pagaie et le kayak dans le courant et ses « rouleaux éruptifs » (j’ai trouvé cette image bien évocatrice du phénomène de brassage des eaux du Rhône à certains endroits, c’est comme cela que décrit ce phénomène Serge de Marchi dans un film amateur sur le Rhône de 1947 :  https://www.cinematheque-bretagne.fr/Exploration_Trilogie-Rhodanienne-970-15127-0-0.html .
Un petit film très intéressant et instructif sur le Rhône et les modifications de son cours.

Et effectivement, il faut le maintenir en ligne le kayak au milieu de ces « rouleaux éruptifs » du vieux pont de Seyssel. Enfin, je fais surtout ce que je peux. Et Le kayak, lui, il fait plutôt ce qu’il veut, nuance… ! En fait de tenir la ligne, le résultat est plutôt une prise de courbe marquée et pas prévue du tout : après le passage du pont, les rouleaux sont tellement marqués et inévitables que malgré tous mes soins à batailler pour contrer les flots (vous savez, le gars qui se prend pour Don Quichotte…), le kayak se met à prendre sérieusement la tangente, se met à 45° sans que je n’y puisse rien, et quitte la direction voulue pendant quelques dizaines de mètres. Certes, rien de grave, rien de bien méchant, mais je me dis qu’il n’aurait mieux pas fallu qu’un obstacle quelconque se présente, je n’aurais pas pu faire grand-chose.

C’est là que l’on voit les limites des capacités de navigation d’un Yakkair HP1 : ouais, ce n’est qu’un gonflable avec toute de même un comportement perfectible. Mais il ne faut pas jeter la pierre au kayak, le piètre pagayeur que je suis ne doit pas y être pour rien. Même si je pensais avoir mis quelques bons coups de pagaies, malgré tout, je pense que j’ai plutôt subi le courant. Enfin, ça fait tout bizarre subitement de ne plus rien contrôler dans la trajectoire de son kayak. Mais y’a pas d’mal, c’est l’essentiel.

A peine le temps de me retourner pour immortaliser la vue aval du vieux pont de Seyssel.

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Très rapidement arrive le pont routier à haubans de la route de Paris. Lui aussi défile vite, il y a du courant… je laisse filer le kayak. Après tout, le courant me porte…

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Le courant aidant, le kayak (et le bonhomme dessus) avancent plutôt vite. Les bras apprécient cette remise en route tranquille pour cette seconde journée.

Le Rhône s’élargit et prend ses aises à la confluence avec le Fier, les rives s’éloignent, c’est le calme plat ce matin, quelques branches traînent par ci par là dans le courant. La visite dans le Fier, ce sera pour un autre fois.

Je longe les roselières où ont élu domicile quelques cygnes. Le paysage est calme.

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Et c’est presque sans efforts que j’atteins vers 9h45 le barrage de Motz, après un pagayage plutôt mollasson.

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Et c’est parti pour un petit portage tranquille de seulement 500m pour éviter le barrage, sur une petite portion de route bitumée qui se transforme en un petit chemin très carrossable.

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La mise à l’eau en aval de Motz marque l’entrée dans le vieux Rhône, une portion qui, aux dires de tous, vaut le détour. Et cette portion du Rhône ne faillira pas à sa réputation.

Derrière le barrage, forcément, on retrouve un peu de courant, bien agréable. Le niveau d’eau n’est pas bien élevé malgré tout.

Après une large courbe, le Rhône entame une ligne droite assez quelconque… mais pas pour très longtemps.

Le long de la digue de Picollet, j’avance bien, tranquille. Ce n’est qu’après de longues minutes que je me rends compte d’un bruit qu’au début je n’arrive pas à déterminer (idiot que je suis !) : des travaux dans les alentours ? Une machine industrielle ? Non, non, rien de tout ça. C’est le Rhône, oui, c’est bien lui.

En effet, au loin et se rapprochant, je distingue quelques petites écumes blanches bruyantes. Tiens, c’est marrant, le seuil Tournier et de Lucey ont migré ! Mais non, mais non, restons sérieux, c’est juste le Rhône qui, avec son niveau très bas, franchit un petit seuil facile avec quelques remous. Je vois le fond. Ca passe bien, plutôt mieux à droite d’ailleurs, le Yakkair HP1 se comporte très bien dans ce type de passage, il est très stable.

Quelques temps après, la même chose, un peu plus remuant, cela passe bien aussi, plutôt à droite encore, et cette fois je sens quand même que je frotte un caillou, un léger déséquilibre, rien de plus, encore une fois, le comportement du Yakkair est très serein et sécurisant (au détriment d’une vitesse peu élevée, on ne peut pas tout avoir !).

Le Rhône entame alors une série de courbes et de circonvolutions du plus bel effet avec différents petits bras d’eau qui divisent la veine principale. Le niveau est bas et rend la balade magnifique, très sauvage.

J’en prend plein les yeux, je m’arrête par-ci par-là, sur les blancs de sable, sur les gravières. L’eau est très limpide et claire. Il faut simplement regarder souvent loin devant soi pour repérer à l’avance les bancs de gravier où le niveau d’eau est insuffisant, même si le tirant d’eau d’un Yakkair est très faible et permet de passer presque partout même avec peu d’eau.

Qu’il est agréable de se fondre au milieu des Iles de la Malourdie. Passé 11h du matin, je décide même de m’arrêter sur la rive, un peu en aval du barrage de Chautagne (qui lui est sur le canal du Rhône), dans une grande courbe à gauche. L’envie de laisser un peu filer le temps. Parce que du temps, j’en ai. Et je ne veux pas le gâcher.

En effet, la météo pour le lendemain donne toujours de l’orage pour l’après-midi, et nous avons convenu, avec ma « super taxi-transfert-kayak-service » de nous donner rendez-vous à Chanaz à 16h30. Je n’irai pas jusqu’à Yenne cette fois, il faudra donc revenir (super l’excuse !). Alors autant profiter à fond de la journée.

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Sur une grande étendue de galets, je sors le Yakkair de l’eau. J’ai des doutes quant à l’efficacité du chariot sur ce type de terrain, mais au contraire, ce sera un bon test : et ça roule, pas top, mais ça roule et je peux ainsi rejoindre dans la courbe du Rhône une zone ombragée où je peux donc protéger le kayak du soleil, KG et soleil ne faisant généralement pas bon ménage. J’en profite au passage pour sortir les quelques affaires de bivouac un peu humides du matin et les étendre pour finir de les faire sécher.

Ce n’est que vers 12h30 que je commence le picnic avec le Rhône en panorama XXL et les canards qui s’amusent à faire des concours de descentes dans la veine de courant : à celui qui arrivera le plus vite… On se croirait à la fête foraine avec des canards en bois qui défilent devant les carabines à plombs.

Solel… picnic… séchage des affaires… calme…regarder l’eau passer… regarder le temps passer… et se remettre en route, quand même, il faut y penser, car je ne voudrais quand même pas faire attendre ma charmante taxi-navette-kayak à Chanaz !

Remise en mode « glisse sur l’eau » à 14h15. C’était une pause royale !

Dans ses grandes courbes et ses rétrécissements, le vieux Rhône, aussi vieux soit-il, est encore bien véloce, le bougre. Il est joueur et se laisse facilement naviguer. C’est un régal, et toujours sous un franc soleil. La crème solaire est de rigueur depuis 2 jours d’ailleurs.

Encore une ou deux petites courbes et le voilà qu’il file presque tout droit retrouver son compère canalisé, un peu avant le Pont de la Loi.

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Sur les panneaux, à la jonction, en se retournant, on voit clairement le côté réservé à la navigation fluviale à moteur, et l’autre, le vieux Rhône, réservée aux pratiquant tels que nous.

Les 4 arches du pont de la Loi enjambent majestueusement le Rhône qui vient tout juste de se remarier, quelques centaines de mètres en amont et scelle ainsi leur union. Le courant forcit, ça avance tout seul, le pont arrive vite.

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Le pont ferroviaire de Culoz ne se fait pas attendre non plus, l’atteindre ne demande guère d’efforts avec le courant. Au moment où j’arrive, un train me grille la priorité.

Une petite vue aval du pont ferroviaire de Culoz en passant… il s’éloigne bien vite…

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Le Rhône est devenu très large, et prends mieux son statut de fleuve. Pas de remous, il avance, droit dans ses bottes, enfin, droit dans son lit.

Après 2 jours sur l’eau, je croise enfin le seul et unique bateau de mon périple : la bateau touristique qui fait la navette dans le canal de Savières et sur le Rhône. Je ne peux pas dire que j’ai été beaucoup dérangé par le trafic fluvial.

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Un peu avant la cale à bateau de Savières, le Rhône a pris la consistance d’un lac, il est calme, pas un souffle de vent, l’eau ne présente presque pas de rides.

Comme pour me dire au revoir (et je l’espère à bientôt, « l’invincygne armada » vient me saluer en remontant le courant à faible distance de ma petite embarcation. Ils sont en groupe, en balade. Le spectacle est sympathique juste avant d’arriver à la cale…

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L’arrivée à la cale à bateaux (qui sera aussi ma cale à kayak…) est en vue, juste quelques mètres avant l’écluse du Canal de Savières. Elle marque pour cette fois la fin du petit périple. La suite devra encore attendre un peu.

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Dernière sortie de l’eau, dernier montage du chariot, dernières manœuvres, dernier portage. Et dernier regard sur le Rhône, fidèle compagnon de voyage que j’ai suivi pendant ces deux jours. La terre ferme ne me manquait pas du tout.

Il est 15h30 lorsque je retrouve la terre ferme. Une petite étape de 20 kilomètres aujourd’hui.

Le temps est toujours ensoleillé, quoique certains nuages soient moins sympathiques que d’autres.

Je me trouve un petit coin tranquille : dégonflage, pliage et rangeage  😀 du kayak et des affaires. Un arbre bienvenu m’offre sa protection car quelques gouttes de pluie commencent à tomber. Pas bien méchant, pas beaucoup, juste un peu, cela fait du bien et rafraîchit à peine l’atmosphère.

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Il est 17h lorsque je vois apparaître mon transport retour. On charge tout dans le coffre en quelques minutes. Il nous faudra une petite heure de route, en roulant très tranquille pour rejoindre l’autre véhicule stationné vers Pont Carnot. Pendant le trajet, nous essuierons quelques bonnes averses. Il était temps de sortir de l’eau !

Peu de (mauvaises) surprises sur cette portion du Haut-Rhône qui a déjà été parcourue plusieurs fois par plusieurs membres du forum. Une interrogation seulement quant à l’absence d’un quelconque aménagement d’une cale, aussi simple et succincte soit-elle, pour la mise à l’eau aval au barrage de Génissiat. Je ne parle pas du chemin d’accès qui, comme me l’a confirmé rake51, a bien été refait (c’est tout récent, cela date du début de l’année) au moins sur 1/3 du portage. La fin du chemin est moyenne tout de même, et la mise à l’eau, suivant le niveau du Rhône, peut s’avérer très hasardeuse (je dirais presque limite dangereuse) et dépourvue du moindre aménagement, si on ne tient pas compte de la présence d’un simple et unique anneau sur une dalle pour amarrer une embarcation. Il me semble qu’il y a là un petit loupé de la CNR, et j’en ignore la raison. Le reste des aménagements reste de bonne qualité (si l’on met de côté l’absence de possibilité de faire de l’eau à Génissiat alors que 2 points d’eau sont présents, mais non fonctionnels lors de mon passage).

Je valide de mon côté la possibilité de partir plusieurs jours en autonomie avec mon Yakkair HP1, pour peu que l’on emporte un matériel optimisé en termes de poids et d’encombrement. Contrairement à un rigide, la capacité d’emport n’est probablement pas énorme, mais le kayak est assez astucieusement équipé et facilement customisable pour trouver la place nécessaire au stockage de plusieurs jours de balade. Je n’ai pas encore utilisé toutes ses ressources et astuces de rangements : la poche interne sous le pont avant était vide par exemple, il me restait aussi de la place sur le pont avant et beaucoup de place sur le pont arrière. La forme en pointe à l’arrière, sous le pont avec les boudins latéraux n’est-elle pas très pratique et demande un peu de faire un puzzle, je n’ai pas encore assez travaillé la question pour trouver la meilleure solution, même si 2 grands sac étanches tiennent très bien. Chose non négligeable, les sacs sont le pont arrière sont bien protégés de l’eau sous la grande toile zippée.

Le chariot : vraiment agréablement surpris. C’est un modèle basique, sans marque, prévu pour transporter une charge de 70kg, charge que je suis bien loin d’atteindre ! Cette sortie a été son baptême. Pour moins de 40€ (je l’avais trouvé en promo à l’époque), il fait très bien le job. Aussi bien sur le bitume, les chemins tortueux, les montées de trottoirs (en faisant attention) que les galets du Rhône et la vase… Pour le Yakkair, il suffit de bien écarter la sangle de manière à ce que le chariot se maintienne bien ouvert, de bien répartir le poids entre l’avant et l’arrière pour trouver au mieux son point d’équilibre, et le portage se fait sans aucune difficulté et presque sans efforts.

Ici le lien pour ceux qui seraient éventuellement intéressés par quelques photos supplémentaires de la balade (j’insère aussi ce lien dans le 1er post) :

https://www.flickr.com/photos/156445105@N04/sets/72157694841472101

Déjà impatient de repartir…

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Samuel BERGER…

 

De Culoz au Bourget du Lac (Aller & Retour) 55 Km.

Démesuré!!!

Voilà maintenant quelques mois pour ne pas dire quelques années, que le projet de rallier Culoz au Lac du Bourget, faire le tour de ce dernier, pour revenir ensuite à mon point de départ, me trottait dans la tête.

L’idée était d’utiliser la rivière du Jourdan à Culoz en aval du magasin Carrefour pour rejoindre le Rhône.

Une fois sur le fleuve, il n’y avait plus qu’à descendre jusqu’à Chanaz, remonter le canal de Savières et rejoindre le lac du Bourget pour un tour complet.

J’avais déjà tenté l’année dernière de rallier Culoz à Conjux mais par un aller simple.

Le trajet en lui même reste assez facile, seul point noir au tableau, la départementale D992 à traverser pour le portage. En effet, cette route est très fréquentée et rares sont les automobilistes qui respectent la limitation à 90 km/h.

Un projet démesuré, qui en ma connaissance, n’a été tenté par aucun kayakiste.

Qui peut être assez fou pour faire une boucle avoisinant les 60 Km en une journée, avec pour finir une remontée du Rhône à contre courant!!??

Mis à par moi, je ne voyais qu’une seule autre personne…

Ceux qui ont pu suivre nos aventures via mon blog auront déjà une idée…

Lionel…

Inutile de vous le présenter, je vous invite, pour ceux qui ne le connaissent pas encore à lire le compte rendu des 14 jours passés en sa compagnie sur le Rhône de Genève aux Saintes Maries de la Mer en Septembre 2017.

Rendez vous donc pris Jeudi 12 Avril 2017 à 6h00 du matin au bord du Jourdan.

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Le Jourdan:

Le Jourdan prend sa source au pied du Massif du Colombier sur la commune de Culoz. Autrefois affluent direct du Rhône avant les aménagements CNR du Rhône, il afflue dorénavant dans le contre canal du Haut Rhône qui rejoint le Séran à Cressin Rochefort.

Source: http://www.culoz.fr/services/syndicat-mixte.htm

A peine avions nous embarqué qu’une petite pluie fine s’invite histoire de nous taquiner un peu. Je reste malgré tout confiant, la météo annonce un temps entre soleil et nuages mais sans précipitations, excepté en fin de journée aux alentours des 17h00.

Nous arrivons rapidement au bout de la rivière. Cette dernière passe sous un tube fait de tôle ondulée. Elle traverse via ce tube la départementale D992. Lors de mes précédentes tentatives, je m’étais souvent posé la question à savoir, si je pouvais passer dessous malgré la faible hauteur et largeur. Pas évident à vrai dire. L’étroitesse de ce passage pouvant gêner le mouvement de pagaie.

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Finalement, on préfère porter et traverser la route. D’autant qu’à cette heure, peu de véhicules pour parasiter notre portage.

Une fois de l’autre côté, deux solutions s’offrent à nous:
Embarquer directement dans le Rhône, ou pourquoi pas, essayer d’emprunter l’étang du Comte pour ensuite rejoindre le fleuve au prix d’un autre portage.

L’étang du Comte:

Il est situé à Culoz, dans le département de l’Ain (01), en région Auvergne-Rhône-Alpes, en France.

Il est un proche voisin de L’étang de la Rica dont il n’est séparé que par une digue sur laquelle passe une voie ferrée.

D’une superficie de 7 à 8 ha et d’une profondeur se situant entre trois et cinq mètres, cette ancienne gravière d’aspect sauvage avec ses bordures de joncs et ses massifs de nénuphars, abrite dans ses eaux des carpes de belle taille dont la moyenne se situe entre 8 et 12 kilos. Ses fonds de graviers et de substrat en décomposition, assez pauvres en nourriture naturelle, rendent la pêche assez facile pour peu que les appâts choisis apportent aux carpes les éléments dont elles ont besoin. Pas de poissons chats, mais attention aux ragondins qui coupent les cheveux pour prendre les appâts!

Source: https://www.geocarp.com/item/etang-comte-carpe-ain/

On optera pour la deuxième solution et traverser cet étang.

J’avais en prévision de ce périple fait quelques recherches pour savoir si la navigation en kayak y était autorisée mais sans résultat.

J’invite d’ailleurs toute personne lisant cet article, à me communiquer d’avantages d’informations à ce sujet, je suis preneur.

A cette heure, peu de chance de perturber les pêcheurs. Personne aux alentours.

On embarque. La météo change, et ce n’est plus quelques gouttes qui nous frappent mais des grêlons. Fort heureusement ce supplice ne durera que 5 minutes.

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Tout s’arrête brusquement. Les nuages se dispersent pour laisser apparaître timidement le Grand Colombier. Malgré la faible lumière j’en profite pour faire quelques clichés.

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Le Rhône…

C’est la première fois que j’aborde le fleuve sous le pont SNCF. Peu de courant à cet endroit. La mise à l’eau se fait facilement.

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On se laisse glisser tranquillement sur l’eau devant un spectacle d’une pure beauté. Le ciel bleu se dévoile à nous. Le soleil matinal nous offre sa plus belle lumière. Je me retourne (comme à l’accoutumée lorsque je navigue sur cette portion du Rhône) pour observer le Grand Colombier. Il est d’une beauté incroyable, baigné de cette lumière exceptionnelle, il nous dévoile son plus beau visage.

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Je ne peux rester indifférent, et décide sans plus attendre à saisir ces plus beaux instants à l’aide de ma Gopro.

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Chanaz.

Basculement entre l’Ain et la Savoie pour ensuite rejoindre le Lac du Bourget par le Canal de Savières.

La remontée du canal se fera au prix d’efforts titanesques. Depuis que je l’emprunte, je n’ai jamais éprouvé autant de difficultés à affronter le contre courant. Sentiment partagé avec mon ami Lionel.

Pas le temps de faire beaucoup de photos. A peine arrêtons nous de pagayer que nous reculons brusquement.

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On appréciera notre arrivée triomphale à l’embouchure du Lac du Bourget. Je contemple le panorama devant nous, le printemps se réveille timidement, il manque encore un peu de verdure sur les arbres pour agrémenter ce spectacle mais qu’importe. La vue est magnifique.

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Cap sur le Château St Gilles.

Quasiment invisible depuis la route de l’abbaye d’Hautecombe et à proximité de celle-ci, le château Saint-Gilles ne passe pas inaperçu depuis le lac du Bourget.

Semblable à un château de princesse, la bâtisse rose aux volets verts est occupée à la belle saison par ses propriétaires résidant en Allemagne. Retour sur l’histoire de cette propriété qui a accueilli reine et marquise.

Au XIIème siècle, à l’emplacement du château actuel, se trouvait un bâtiment rural dépendant de l’abbaye d’Hautecombe. En 1796, l’abbaye et ses dépendances sont vendus à Henry Léger, Louis et Joseph Landoz qui la transforment en faïencerie pour quelques années. La ferme de Saint-Gilles, composée d’une maison d’habitation, d’une grange et d’une écurie est alors exploitée par Antoine Rubelin. Au début du XIXème siècle, l’abbaye d’Hautecombe est restaurée par le roi de Sardaigne, Charles-Félix de Savoie, nouveau propriétaire du domaine. Son épouse Marie-Christine de Bourbon-Siciles venait régulièrement se promener jusqu’à la ferme de Saint-Gilles. A leur décès, les époux royaux seront enterrés à l’abbaye.

En 1850, le bâtiment devient la propriété de Madame Rousseau, épouse Guichard, d’Aix-les-Bains puis, par la suite, de Louis-Amédée Mougin et Albert Malifâtre, originaires de Paris qui entreprennent, alors, la construction du château.

Bâti sur une terrasse de 50 mètres d’élévation sur le lac du Bourget, il est orné de deux élégantes tourelles. A l’époque, le château est d’une couleur neutre. En 1886, il est vendu aux enchères à un syndic de faillites puis, en 1890, à Stéphanie-Félicité de Boubée, marquise douairière de Vivens. Au décès de cette dernière, au début du XXème siècle, il est cédé à la famille Girard puis à la famille Bocqueraz-Chiron.

En 1922, Lucien Chiron, maire de Chambéry, Président de la CCI et directeur de la cimenterie Chiron, acquiert le château avec le frère de son épouse, Léon Bocqueraz, banquier à San Francisco.

Depuis presque un siècle, le château de Saint-Gilles est resté aux mains de la famille Chiron. Repeint en rose, il y a quelques années, par la propriétaire actuelle, il est occupé à la belle saison, la famille résidant en Allemagne.

Source: http://www.ballad-et-vous.fr/lac-du-bourget-le-chateau-rose-de-saint-gilles/

Au Sud du Château, on décide de faire une pose histoire de se dégourdir les jambes à la Grotte de Raphaël.

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Je constate qu’il reste encore du petit bois qu’on avait entreposé pour d’autres personnes lors de notre dernière sortie de Janvier: « Diots Kayak »

J’en profite pour consulter mon GPS et je m’aperçois avec amertume que les piles sont vides. Tant pis, je range ce dernier avec quand même une certaine frustration, celle de ne pas connaître avec précision le kilométrage réalisé.

On ne perd pas de temps, et reprenons notre route en direction de l’Abbaye d’Hautecombe. Je la dévisage avec d’avantage d’attention. Depuis notre visite des carrières de Ste Foy avec Yannick de Randovive quelques semaines auparavant, je ne peux m’empêcher dorénavant de faire le lien entre ses pierres apparentes et celles extraites de ces carrières dans les années 1800.

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Au fil de notre progression, nous croisons peu de monde. Quelques avirons du club du Bourget du Lac, un père et ses deux enfants dans un canoë, 2 ou 3 bateaux de pêche…

Nous rejoignons rapidement le Château de Bourdeau. Symbole de notre arrivée imminente au bout du lac.

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La Chaîne de Belledonne largement enneigée se dessine maintenant devant nos yeux.

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Quelques photos pour immortaliser l’instant, et ce sera ensuite sur la plage de galets du camping « l’Ile aux Cygnes » qu’on fera notre pause repas.

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On contemple maintenant de loin notre chemin du retour qui semble interminable. Des ampoules apparaissent sur mes mains. Cela ne me surprend guère, c’est la première fois que je sollicite autant ma pagaie Groenlandaise sur une si longue distance. Avec l’habitude, ce phénomène se reproduira de moins en moins. En tout cas, rien pour entamer notre moral.

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Après une courte digestion, c’est repartit pour le retour. On abordera le côté le moins drôle du lac. Nous savons à l’avance qu’une fois passé Aix les Bains et la plage de Brison, la portion jusqu’à Châtillon va être monotone.

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Louis choisi justement la plage de Brison pour venir nous tenir compagnie et partager cette fin de parcours à nos côtés.

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Le château nous paraît inaccessible, et le ciel s’assombri dangereusement. Une petite brise altère le reflet du lac et génère une poussée de travers qui complique notre tenue de cap.

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Le canal de Savières nous invite à le parcourir, mais cette fois ci dans le bon sens. Sans forcer, nous filons à une vitesse folle (dommage pour les piles du GPS…) pour rejoindre Chanaz.

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Louis nous laissera terminer le parcours à hauteur de l’écluse de Chanaz.

Je retrouve par la suite cette vue sur le Grand Colombier dont je ne suis pas prêt de me lasser. Mise à l’eau et remontée du Rhône jusqu’au pont SNCF.

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Je jette un petit coup d’oeil sur l’étang du Comte. Un pêcheur occupe les lieux. Mais une autre solution de dernière minute s’offre à nous, parcourir l’aval du Jourdan pour rejoindre le tube traversant la D992.

C’est parti… Le portage est beaucoup plus court et moins fastidieux que si on avait à rejoindre l’étang.

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Je découvre une fois à l’eau une autre vue splendide sur notre Grand Colombier, et pour agrémenter le tout, les nuages qui étaient quelques heures auparavant menaçants, reculent pour laisser entrevoir un peu de bleu en cette fin de journée.

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Je regarde l’heure: 19h30. On arrive en contrebas de la D992, il reste encore un portage pour traverser cette route qui, depuis ce matin, est beaucoup plus fréquentée. Le bruit généré par les vas et viens des usagers perturbent cette ambiance bucolique.

Je regarde ce tube en tôle avec intrigue… Mon regard se pose en premier sur ma pagaie et la largeur de ce tube… C’est certain, en pagayant ça ne passera pas. Je profite de la présence de Lionel pour tenter quelque chose. Je range ma pagaie sur mon kayak de manière à ce qu’elle soit le moins encombrante possible. C’est à l’aide de mes mains que je me propulse à l’intérieur du tube. Une opération facile à réaliser d’autant que ses ondulations m’empêchent de glisser sur sa paroi et sécurise ma traversée. Aucun risque de dessalage, bref, c’est beaucoup plus simple d’avancer de cette manière qu’avec la pagaie.

Lionel tente le coup également.

On se retrouve en l’espace d’à peine une minute de l’autre côté avec une facilité déconcertante.

Et c’est en remontant paisiblement sur la dernière partie du Jourdan que nous rejoignons Culoz.

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Nous sommes sur les rotules, mais satisfaits d’avoir accompli ce nouveau défit.

Frustré tout de même de ne pas connaître avec exactitude la distance parcourue.
Avec Google map, en retraçant fidèlement le parcours, nous estimons notre périple aux alentours des 55 Km.

Pour les plus curieux d’entre vous, je vous invite à consulter l’album photos complet de notre journée folle!!!

A très bientôt pour de nouvelles aventures.

 

 

CORNETTO Yves