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Vers de nouveaux horizons

Ceux qui ont suivi le dernier compte rendu « Le Séran et ses Secrets » de notre Blog ont forcément remarqué notre attrait récent sur la navigation en KG (Kayak Gonflable).

Bien que le kayak de mer occupe et occupera toujours une place importante dans notre pratique, nous avons néanmoins décidé de changer radicalement de cap afin d’explorer de nouveaux spots et cours d’eau que peut nous offrir notre belle région « Entre Rhône & Lacs ». 

Je vous invite donc, non pas à vivre par procuration une nouvelle aventure sur l’eau, mais plutôt à découvrir ces nouveaux jouets venus d’ailleurs qui nous offrirons un complément de navigation non négligeable.

Je reprends le fil des événements suite à notre dernière sortie sur le Séran en Juin dernier, qui a agit comme un catalyseur. En effet, l’issue de ce parcours mémorable m’a poussé à en savoir davantage sur ces bateaux quitte à investir dans un modèle plus petit que le Solar afin de gagner en poids et m’économiser d’une logistique fastidieuse.

Il s’agit ni plus ni moins du Safari de la gamme Gumotex.

Présenté initialement comme un bateau de randonnée sur le site officiel, il a l’avantage par rapport aux autres modèles d’être auto-videur. Un détail important qui faisait cruellement défaut au Solar et qui nous obligeait à nous arrêter pour vider le kayak lorsque ce dernier était rempli d’eau. De plus, il est même conçu pour affronter des rivières de classe IV. Ses sangles cale cuisses permettent justement un contrôle précis sur la gîte.

J’avais en Décembre dernier fait connaissance avec ce petit jouet d’une maniabilité remarquable, et cette expérience m’avait laissé des souvenirs impérissables.
Pour les retardataires, je vous invite à consulter le compte rendu de cette navigation hivernale.

Après moulte hésitations, nous décidons, Lionel et moi-même de franchir le pas et de commander 2 Safaris chez Randovive.

Afin de faire plus ample connaissance avec ce nouveau kayak, je vous propose ma première séance d’Unboxing :

Nous y sommes enfin. Après avoir réceptionné les deux colis via Randovive, nous allons faire connaissance avec ce nouveau bateau prometteur. Pour commencer, voici le carton d’emballage à l’effigie de la marque « Gumotex »

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Une fois ouvert, le sac à dos étanche Gumotex dans lequel se trouve le kayak. Très pratique car une fois le bateau gonflé, il pourra être utilisé pour stocker nos affaires sensibles à l’humidité pendant la navigation.

Avant d’aller plus loin, je tenais également à vous présenter la « K-Pump K100 ». J’avais eu l’occasion de la tester lors d’essais de canoës Gumotex et je l’avais trouvée plus pratique pour gonfler le bateau qu’une pompe classique.

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Elle est fournie avec une housse de rangement et divers embouts. Je ne sais pas si c’était fait exprès mais celui fixé d’origine correspond pile poil aux valves du Safari.

Revenons donc sur notre sac étanche. A l’intérieur se trouve le kayak plié dans du papier à bulles, une boîte bleue contenant un kit de réparation en cas de crevaison, mais également un embout compatible avec les pompes à pied, une éponge, une dérive, et un sac filet dans lequel on trouvera les sangles cales cuisses que l’on développera plus tard…

Une fois déballé, il faudra avant d’aller plus loin, de fixer le siège à l’aide de deux cordes noires, avec lesquelles on adaptera l’une des extrémités des sangles cales cuisses.

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Une fois ces dernières fixées, passer l’autre extrémité dans la bride de réglage à l’avant du kayak. On en profitera pour fixer également le cale pieds.

A cette étape, la K-Pump K100 entre en action. Je commence par le fond du kayak. Aucun soucis, l’embout s’emboite parfaitement et le gonflage se fait avec une rapidité remarquable.

Le gonflage des boudins latéraux se complique un peu avec la K100. Il faut vraiment trouver le « bon » angle pour que la pompe reste bien emboîtée pendant l’opération. Un peu galère au début, mais avec un peu d’habitude et après quelques sorties ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

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Une fois les trois compartiments gonflés, reste plus qu’à ajuster les sangles cale cuisses ainsi que la pression du dossier du siège pour un confort optimal.

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Reste plus qu’à tester tout ça!

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Dimanche 30 Juin 2019

C’est à l’occasion d’une sortie organisée à l’improviste via le site www.forum-kayak.fr que je vais pouvoir faire mes premiers pas avec ce Safari.

Pour information, j’ai pris le soin de ne pas démonter le siège du kayak et les sangles lorsque j’ai replié le bateau. Ce qui me fera gagner un temps considérable pour la préparation du kayak.

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Pour le lieu, ce sera la réserve naturelle du Haut Rhône pour un parcours d’environ 8 km. Une distance volontairement réduite à cause de la météo. Pas de mauvais temps annoncé, c’est même tout le contraire. La région est en vigilance canicule et les températures à l’ombre sont annoncées aux alentours des 40°c en milieu de journée. L’horaire sera même avancé pour une mise à l’eau sur le coup des 6h30.

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Rendez vous donc avec Hugo à 5h30 pour laisser une voiture à l’arrivée et nous rendre sur le point de départ avec l’autre véhicule. Le temps de prendre un bon café et nous voilà en route.

Malgré l’horaire très matinal, nous nous sentons déjà alourdis sous le poids écrasant de cette chaleur.
Hugo possède également un kayak Gumotex: Le SeaWave. Il va d’ailleurs lui même inaugurer son nouveau bateau.

Je regarde les deux sacs de rangements stockés l’un contre l’autre à l’intérieur du coffre de la voiture pour me rendre compte à quel point la logistique est beaucoup plus souple à organiser.

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6h30

Sous le pont de la Bruyère, une fois sortis de leurs sacs, nous « déroulons » nos bateaux avant de leur administrer les quantités d’air nécessaires pour leur donner leur forme définitive. Je suis impressionné par la rapidité de la préparation de mon Safari. J’estime guère plus de 5min le gonflage du fond et des boudins latéraux ainsi que le siège et les cales pieds. Mon Solar, de taille plus imposante nécessitait une bonne dizaine de minutes.

Sans plus attendre, nous nous lançons sur le bras principal du Rhône.

Comme je pouvais m’y attendre, la navigation n’a rien à voir avec un kayak de mer. Si le gain en maniabilité est indéniable, je ne peux pas en dire autant de l’inertie. J’arrête à peine de pagayer que le bateau tourne sur lui même. La vitesse bien que plus lente n’est pas médiocre pour autant. On arrive malgré tout à tenir un rythme raisonnable pour se faire plaisir sur de la petite randonnée comme nous allons le faire aujourd’hui.

Une fois à l’intérieur des lônes, ce petit kayak va me montrer une bonne partie de ses atouts grâce à sa maniabilité remarquable, qui me sera d’une grande aide pour me « faufiler » au travers des branchages, et autres obstacles dans ces petits cours d’eau.

Huit kilomètres qu’on aura négocié assez rapidement. Peut être même un peu trop rapidement justement pour que je puisse apprécier davantage mon Safari.

 

Dimanche 7 Juillet 2019

Une semaine s’est écoulée, et je vais pouvoir à nouveau tester d’autres capacités de mon Safari, pour ne pas dire « ses » capacités principales pour lesquelles il a été conçu: La navigation en eaux vives.

Ne pratiquant pas en club, il me sera difficile d’apprendre les fondamentaux nécessaires pour évoluer correctement et en toute sécurité dans cet univers qui m’est pour l’instant inconnu.
Mais c’était sans compter sur la générosité incroyable de Laurent NICOLET avec qui j’ai pu organiser cette sortie la veille au dernier moment.

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Laurent NICOLET, pour ceux qui ne le connaisse pas encore, c’est un personnage charismatique de la pratique en eaux vives et en raft, mais également un passionné des rivières de France qui a d’ailleurs écrit un ouvrage « Rivières nature en kayak gonflable » disponible aux éditions « le Canotier ». Sa passion va bien au delà des frontières car il a également parcouru le Grand Canyon.

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Pour être bref et sans aller dans les détails, je vous propose de visionner la vidéo ci dessous dans laquelle il se déchaîne dans ce fleuve qui paraît indomptable à bord justement d’un Gumotex Safari.

Rendez vous donc à 8h30 sur le parking à proximité du camping de Yenne.

Au programme, descente du Rhône sur un peu plus d’un kilomètre pour rejoindre le bassin d’eaux vives.

Une fois sur place il nous faudra se « familiariser » avec la rivière (artificielle) et apprendre à lire les courants.

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Pour « démystifier » cette « peur » ancestrale que nous avons nous, novices de ces courants incroyables, il nous faudra comme le dit l’expression qui n’a jamais pris autant de sens ce jour là:

« Se jeter à l’eau »

Une étape de l’apprentissage fondamentale, qui aura pour effet d’annihiler nos préjugés sur les rivières.

Une fois à l’eau, on se laissera porter par les courants jusqu’à saisir les contres courants pour rejoindre la rive.

Malgré beaucoup d’appréhension au départ, on se prendra rapidement au jeu, quittes à recommencer tels des enfants surexcités devant le superbe toboggan nautique d’un parc d’attractions. A la seule différence que l’on s’économisera d’un billet d’entrée au prix bien souvent astronomique, mais également de la file d’attente interminable avant de goûter aux plaisir d’être propulsés par ces courants.

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On choisira dans un premier temps de travailler les fondamentaux de la navigation en eau vive en aval du bassin, et faire par la même occasion connaissance avec des mots que j’avais déjà entendu par le passé, mais qui raisonnaient dans ma tête comme du chinois:

Les « Bacs », les « Stops » et les « Reprises » de courants.

Rapidement, on se surprend tous à pouvoir, tels des truites ou des saumons, remonter le courant et jouer avec.

On appréciera les sangles cales cuisses qui, une fois bien réglées nous permettrons d’avoir un contrôle précis sur nos Safaris.

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Sur la fin de la séance, on tente même une descente avec plus ou moins de succès sur une partie du bassin d’eaux vives.

On finira la séance par une balade dans les Gorges de la Balme et le défilé de Pierre Châtel avant de rejoindre notre point de débarquement à Virignin.

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Superbe sortie donc, qui me permettra de prendre encore d’avantage de recul et faire encore plus ample connaissance avec mon nouveau jouet le Safari dont je ne suis pas prêt de me lasser.

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Je remercie mille fois Laurent pour ces cours privilégiés et le prêt pour mes amis de quelques bateaux tests.

Je ne manquerai pas de vous faire un retour sur les prochaines expériences à venir avec ce kayak.

 

Les photos de la sortie du Haut Rhône:

 

Les photos de la séance eaux vives:

Le Séran et ses secrets

Le Séran

Je commencerai ce compte rendu par un seul mot:

« Hasard »

On l’emploie souvent, et parfois même sans forcément s’en rendre compte.
Si l’on s’intéresse à sa définition, on obtient ceci:

« Puissance considérée comme la cause d’événements apparemment fortuits ou inexplicables »

Ou alors:

« Circonstance de caractère imprévu ou imprévisible dont les effets peuvent être favorables ou défavorables pour quelqu’un »

Lorsque l’on organise un événement important, la phrase suivante revient souvent:

« Rien n’a été laissé au hasard »…

C’est un mot qui, dans nos sociétés modernes où tout est cloisonné, n’a que peu de place.
La recherche perpétuelle de la perfection absolue dans nos attentions, notre travail, voir parfois, dans notre vie quotidienne, laissera le hasard à l’extérieur. A l’image d’un être qu’il ne faut en aucun cas fréquenter sous peine d’être relayé nous aussi au rang d’intrus à éviter.

En ce Samedi 15 Juin 2019, rien ne me prédestinait à programmer une sortie en kayak.

Cependant, le hasard a voulu que la météo se gâte avec des orages importants annoncés en fin d’après-midi. Après consultation des bulletins, pas de doutes, le département est même placé en vigilance orange.

Je vais dans ce compte rendu, vous parler à nouveau du Séran.

Inutile de me répéter sur les origines de cette rivière. Pour ceux qui seraient passés à côté de mon dernier CR sur ce cours d’eau, je vous invite à le lire ICI.

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Les chances pour voir l’eau parcourir généreusement le lit de cette rivière après le mois d’Avril sont faibles, voir quasi inexistantes. La particularité du Séran, bien que renforcé par son confluent avec le Groin sur la commune d’Artemare, est son débit qui varie brusquement d’un jour à l’autre.

Je m’explique…

Pour avoir le privilège de pouvoir naviguer sur cette rivière, il faudra guetter comme le lait sur le feu la météo, et plus particulièrement les grosses averses ou les orages importants qui renforceront le débit afin d’avoir un niveau d’eau suffisant. Ingrédients nécessaires pour une navigation réussie. Et de plus, il ne faudra pas « louper le créneau » car dès le lendemain ce même débit sera déjà divisé par 2.

Les repères à prendre en compte, sont d’additionner les débits du Groin et du Séran pour obtenir une valeur de référence.
Cette référence ne doit en aucun cas être en dessous de 7 m3/s sous peine de racler constamment le fond.

Vous trouverez ci-dessous les liens officiels des stations de mesure pour vous faire une idée.

La station de Belmont-Luthézieu pour le Séran:
https://www.rdbrmc.com/hydroreel2/station.php?codestation=868

La Station d’Artemare pour le Groin:
https://www.rdbrmc.com/hydroreel2/station.php?codestation=869

Je reviens donc sur ce hasard ou cette chance incroyable en cette journée de Samedi.

Les débits additionnés juste avant l’orage me faisaient hésiter un peu. Sur le coup des 14 heures, ils s’élevaient à peine à 7 m3/s.

Mais l’orage, bien qu’annoncé quelques heures auparavant, s’invitera brusquement avec des vents incroyables, suivis de pluies diluviennes. Ces mêmes pluies, qui malgré une fourchette horaire très courte, seront suffisantes pour faire varier les débits du Groin et du Séran à des valeurs frôlant les 30 m3/s en début de soirée.

Ni une ni deux, je saisi mon téléphone et improvise avec un ami une sortie pour le lendemain.

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Dimanche 16 Juin

La nuit aura été courte. Un sommeil tardant à venir, parasité par cette excitation frénétique que nous ressentons tous au prélude d’un événement important qui nous tient à cœur.
A peine levé que je me précipite sur les relevés des débits. Les valeurs de référence égalant les 30 m3/s vers 22h00 sont redescendues maintenant à 22 m3/s.


Notre point d’embarquement n’étant qu’à 5min, nous sautons avec mon compagnon de route dans la voiture sans plus tarder et filons à vive allure vers une nouvelle aventure.

Je vais également au travers de ce compte rendu mettre à nouveau la lumière sur les kayaks gonflables et plus particulièrement ceux de la marque Gumotex.

Bien que réticent sur ces embarcations il y a encore quelques mois, j’apprends au fil de mes sorties à m’habituer, et surtout à apprécier les qualités que peuvent nous offrir ce type de kayaks.
Certes, il faut bien avouer que question vitesse, prise au vent, et navigation dans des conditions soutenues en mer ou en lacs, les KG (Kayaks Gonflables) ne sont pas encore prêts d’égaler les rigides.
Mais là où ces engins venus d’un autre monde vont tirer tous leurs avantages par rapport aux rigides sera dans leur capacité de transport, stockage, mais également leurs qualités de navigation dans de petits cours d’eau, rivières, etc, là où des kayaks de mers ne pourront aller.

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La gamme Gumotex, en comparaison avec d’autres gonflables bénéficie d’un matériau résistant aux abrasions et aux UV:

Le Nitrilon

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Je ne vais pas m’étendre sur les caractéristiques techniques et mécaniques de ce matériau, mais j’invite les plus curieux d’entre vous à consulter le lien suivant:

https://www.gumotexboats.com/fr/materiaux-utilises

J’ai depuis 4 ans maintenant fait l’acquisition pour une utilisation occasionnelle et familiale du Solar, l’un de leur kayaks les plus polyvalents et les plus répandus.

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J’étais sceptique quand à la résistance de ces bateaux, mais après avoir effectué une sortie hivernale sur le Séran, raclé un peu le fond de la rivière, percuté quelques branchages parfois épineux, je dois bien avouer que je regarde maintenant ces bateaux sous un angle nouveau, avec une vision prometteuse et de nouvelles possibilités qui s’ouvrent à moi sur des spots de la région encore inexplorés.

Ci dessous, une vidéo d’une sortie hivernale sur le Séran:

Comme cité un peu plus haut, ils ne remplaceront jamais les kayaks de mer que j’aime tant.

Ces bateaux qui n’ont pas encore fini de faire parler d’eux représentent un complément de navigation que ne peut nous offrir le kayak de mer, embourbés par une organisation logistique importante, une manœuvrabilité limitée, et bien sûr, leur poids.

9h30

Nous voilà au pied du Séran, juste à côté de l’entrée du camping le Vaugrais. Nous acheminons  énergiquement des quantités d’air à l’intérieur du Solar par des mouvements répétitifs du pied droit (suivi du pied gauche une fois le côté opposé engourdi par l’effort) sur la pompe.
A mesure que le kayak prend forme notre frénésie gagne en intensité.

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La lumière ambiante est d’une pureté flirtant avec la perfection. Je remercie les orages de la veille, mais surtout cette pluie dense et intense qui a eu pour effet de « laver » l’atmosphère. Le soleil, se fraye une place au travers d’un résiduel nuageux de la veille. Ce mélange d’un blanc, jaune, bleu, additionné à un vert végétal d’un feuillage bien fourni en cette saison sera un précieux allié pour embellir mes photos. Seul absent de ces futurs clichés numériques, la transparence cristalline de l’eau, remplacée par un mélange légèrement boueux. C’est malheureusement le prix à payer pour avoir un niveau d’eau suffisant.

Une fois le kayak gonflé, j’attache au moyen de sangles et mousquetons les sacs étanches et divers accessoires à bord. Mon compagnon de route se demande d’ailleurs si cela est vraiment nécessaire. Après avoir perdu une Gopro lors d’une sortie en mer quelques années auparavant, je préfère ne prendre aucuns risques.

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Nous prenons place à bord pour une navigation en biplace et sans plus attendre les premiers coups de pagaies commencent à rythmer cette sortie. Ils sont un peu timides au début, le temps de synchroniser nos efforts pour diriger le kayak au mieux.

Nous sommes propulsés par un courant généreux. A peine avons-nous franchi les premiers 100 mètres que nous rejoignons le Groin.

Je ne sais pas si vous avez pris le temps en lisant ce compte rendu de vous arrêter un peu plus haut sur les deux copies d’écran concernant les courbes de débits du Séran et du Groin. Sur ce dernier, vous remarquerez facilement que sa puissance par rapport au Séran est multipliée par 2.

Nous ressentons pleinement cette puissance sur place. Des vagues anarchiques nous ballottent. Mais nous arrivons à nous positionner sur le courant central. Le kayak rebondit sur ces mêmes vagues, qui d’ailleurs une fois fracassées sur la proue, remplissent l’intérieur de notre embarcation. Les premières hésitations de mon partenaire face à ces premiers caprices du Séran se transforment en un enthousiasme sans failles avide d’en connaitre davantage.

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Sur notre gauche, les arbres longeant la rue des Glières (derrière laquelle se dresse le gymnase d’Artemare) défilent à vitesse grand V. En moins de temps qu’il nous le fallait, nous franchissons le pont de la rue de Lyon. Quelques premiers branchages nous font barrage. Après avoir franchi avec succès cet obstacle, un autre entremêlement boisé beaucoup plus dense pointe le bout de son nez. Nous cherchons désespérément une ouverture dans ce chaos. Il va falloir improviser. A peine avions nous eut le temps de commencer à se dégager de ces sbires feuillus que le kayak se place de travers. Le courant commence alors à avaler notre embarcation déjà pleine d’eau. Je comprends alors à la dernière fraction de seconde que le dessalage est inévitable. Mon premier réflexe est de saisir énergiquement le kayak et ma pagaie avant de passer à l’eau. Malgré nos combinaisons néoprène, je ressens ce choc thermique violent qui me coupe le souffle les 10 premières secondes. Tellement troublé que je n’arrive pas à passer oralement les consignes à mon partenaire. Fort heureusement, ce dernier a eu le même réflexe pour s’emparer du bateau également, et sans paniquer, nous rejoignons la rive droite pour vider rapidement notre embarcation.  Nous faisons immédiatement référence à notre conversation lors de notre préparation au camping le Vaugrais lorsque j’attachais les affaires au kayak.

Mais il va falloir nous ressaisir rapidement et se concentrer pour la suite. Quelques minutes après, un nouveau rapide, généré par un vieux passage à gué partiellement détruit par une ancienne crue de la rivière. Nous négocions avec brio ce rapide presque équivalent à de la classe II.

Arrivés au confluent avec un petit ruisseau « Le Laval », on s’offre une petite pause pour quelques photos et prenons le temps d’apprécier ce débit incroyable qui décidément est bien parti pour nous offrir l’une de nos plus belles sorties de l’année.

Tout s’enchaîne rapidement, est sans que l’on ait eu le temps de s’en rendre compte, voici devant nous le pont SNCF de Marlieu, qui avec 22m3/s va générer malgré lui de beaux rapides synonymes de sensations fortes. Une autre pause s’impose histoire de saisir quelques clichés du pont.

Les courants bienfaiteurs nous propulseront quelques dizaines de minutes après vers un autre confluent où le ruisseau « Les Rousses » viendra épouser le Séran. Pour pénétrer dans ce cours d’eau, il faut être vigilant afin de ne pas « louper » l’embouchure légèrement masquée par les feuillages aux alentours et les quelques branchages. Les 22m3/s assureront assez de hauteur d’eau pour que l’on puisse le remonter.

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Les Rousses,

Difficile de trouver des informations sur ce petit affluent qui semble prendre sa source à Luyrieu, petit hameau de la commune de Béon.

Long d’un peu plus de 2 km, il nous permettra par la même occasion de pénétrer dans les marais de Lavours.

Nous avions déjà eu l’occasion en Décembre dernier de pouvoir parcourir ces eaux calmes, à la seule différence, et pas des moindres, qu’en ce mois de Juin, ce méandre est garni d’une végétation dense et chatoyante à souhait recouvrant avec générosité ces mêmes branchages rachitiques que j’avais côtoyé cet hiver. Ces nouvelles teintes viendront colorer délicieusement les clichés que je m’empresse de saisir.

La quiétude, et la beauté des lieux, sont de précieux trésors qui se méritent. En effet, une fois engagés dans les entrailles des marais, nous faisons face tous les 100 mètres à des enchevêtrements de branches, troncs d’arbres échoués au travers du cours d’eau. Il nous faudra ruser et ce, de façon variée à chaque obstacle afin de pouvoir accéder à ce sanctuaire tant convoité. La végétation ombragée se dégage à mesure de notre progression pour nous dévoiler en fond de toile le Grand Colombier sous un angle nouveau. J’avais pour habitude de le contempler depuis le Rhône. Je ne compte d’ailleurs même plus le nombre de photos que j’ai pu faire de ce point d’observation.

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Mais ici, je prends pleinement conscience à chaque fois que j’appuie sur le déclencheur que de pouvoir accéder à tant de richesse visuelle est un privilège d’exception. L’eau trouble de ce début de journée s’éclaircie au fil de notre parcours à contre-courant. Son état boueux se dilue petit à petit dans ce mélange limpide jusqu’à laisser entrevoir le fond du lit de ce ruisseau qui décidément n’a pas fini de nous surprendre. Surpris, justement, tout comme ces quelques chevesnes que nous venons, au travers de notre progression, de déranger. Nous les observons filer à vivre allure dans cet univers translucide et cristallin. La magie opère et nous voilà, mon coéquipier et moi-même transportés dans ce qui pourrait ressembler à s’y méprendre au paradis sur terre.

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Il nous faudra, faute de timing à respecter, rebrousser chemin et rejoindre sans plus attendre le Séran.

On quittera les eaux calmes des Rousses pour retrouver de puissants courants qui nous conduirons sans le moindre effort de notre part à notre arrivée finale.

Pour rajouter une dernière dose de défi à cette sortie, un dernier embâcle décidé à nous en faire baver jusqu’au bout. Je suis obligé de descendre du kayak et prendre appui sur la branche principale en travers du cours d’eau dans l’espoir que notre embarcation traverse cet obstacle avant d’apercevoir le symbole de notre arrivée :

L’arche du Pont d’Aignoz permettant aux touristes de rejoindre depuis le village les sentiers sur pilotis incontournables pour visiter les Marais de Lavours.

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Cette même arche étrangle malgré elle le courant du Séran qui s’intensifie à sa sortie. Une fois le pont traversé, nous sommes propulsés comme jamais juste avant de saisir un joli contre-courant rive droite qui nous permettra un débarquement aisé.

On se dirige vers un chemin qui, avec le débit actuel de la rivière se trouve sous l’eau. La hauteur d’eau diminue à mesure que nous avançons. L’espace est ombragé. Les arbres bordant ce chemin, forment avec leurs branches une arche qui nous protège des rayons brûlants du soleil qui atteint bientôt le zénith. Sa position écrasante au ciel symbolisant la mi journée, m’encourage, une fois après avoir débarqué, à sortir deux bonnes bières que nous dégustons, fiers de notre parcours, accoudés sur les bords du pont d’Aignoz, en observant avec respect et reconnaissance,  le Séran au loin, qui continuera sa course sans nous.

Le Kayak est dégonflé, plié et rangé dans le sac. Une opération qui ne monopolisera que quelques minutes de notre temps, nous rappelant une fois de plus le côté pratique du kayak gonflable, en nous économisant d’opérations logistiques compliquées.

Je terminerai ce récit avec un regard beaucoup plus mûr sur ces embarcations qui à mes yeux vont m’offrir de nouvelles voies à explorer que je ne manquerai pas de mettre en avant au travers de mon blog.

CORNETTO Yves

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Boucle sur le Rhône de Massignieu de Rives à Seyssel

Encore une sortie insolite, que l’on pourra désormais ajouter à notre tableau de chasse.

Voilà maintenant quelques semaines que je guette scrupuleusement le débit du Rhône dans l’espoir que ce dernier n’excède pas 200 m3/s (débit mesuré sous le pont de la Loi).
En effet, au delà de ce seuil, il nous sera alors impossible de remonter le fleuve à contre courant, et plus particulièrement dans le secteur du Pont de la Loi. Le débit du Vieux Rhône additionné à celui de son canal en sortie du barrage de Châtel va générer un courant important qui en plus de gagner en intensité, nous stoppera net, voir nous fera reculer comme ce fût le cas au mois de Mai l’année dernière (débit enregistré supérieur à 500 m3/s).

Nous allons au travers de ce parcours audacieux côtoyer 3 départements: l’Ain, la Savoie et la Haute Savoie. Comme je l’ai déjà conté dans ce blog, le Rhône n’est pas une frontière, c’est à mes yeux au contraire un lien profond qui nous unis tous, Bugistes (Pour ne pas dire Aindinois, nom trouvé récemment par le conseil départemental de l’Ain afin de pouvoir enfin nous nommer), Savoyards et Hauts Savoyards.
Le hasard à voulu qu’en cette journée exceptionnelle, chaque département soit représenté par un kayakiste.

Lionel, habitant Valmeinier (Savoie)
Cédric, moniteur de kayak au sein du club de Sévrier (Haute Savoie)
Moi même, habitant du Bugey (Ain)

Et en bonus… Notre ami Rikou, qui malgré un passage difficile à l’heure d’été, viendra compléter le groupe représentant son département qui n’a d’autre nom que celui du fleuve que l’on va parcourir.

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Embarquement au Port de Massignieu de Rives

Le départ se fera du port de Massignieu de Rives.
C’est un lieu calme et idyllique, loin des zones où se regroupe la population et le tourisme de masse.

L’objectif est de rallier Seyssel en arpentant 23 km à contre courant principalement sur le canal de déviation afin de se réserver le meilleur (Vieux Rhône) pour la suite.

Dès le départ, Cédric prend une nette avance sur nous. En effet, de part son expérience et son embarcation taillée pour la vitesse, il est évident que nous ne boxons pas du tout dans la même catégorie.

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Malgré tout, le lien entre nous se construit progressivement à mesure que nous avalons les kilomètres.

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Sur le Rhône principal à hauteur de Culoz avec vue sur le Grand Colombier

Après avoir franchi sans encombres le pont SNCF de Culoz, nous voilà maintenant dans la zone tant redoutée, celle du Pont de la Loi. Malgré un débit mesuré en dessous des 200 m3/s, on ressent pleinement la force du courant. On voit l’eau défiler, nous faisant presque croire que nous gagnons en vitesse. Mais en scrutant au travers de ces reflets cristallins, nous apercevons les galets tapis au fond qui peinent à avancer sous nos yeux.

Il va falloir jouer avec les quelques contres courants générés par les piles de pont ou les berges adjacentes pour s’économiser dans cette ascension.

Une fois l’ouvrage franchi, nous rejoignons rapidement le canal de déviation pour s’extraire au plus vite des courants résiduels afin de pouvoir souffler un peu.

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Petite pause en amont du Pont de la Loi sur le canal de déviation.

Notre prochain objectif, rallier le barrage de Châtel pour notre premier portage de la journée.
Les demandes en électricité étant moindres le week end, le canal en sortie du barrage présente peu de courant. La planéité parfaite de l’eau en surface nous ferait presque croire que nous naviguons sur un lac.

Rapidement, l’ouvrage convoité se dessine devant nos yeux et la rampe de débarquement apparaît quelques minutes après.

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Petite pause au barrage de Châtel.

Dernière partie du canal avant de rejoindre le fleuve principal en amont du barrage de Motz. Un canal long de 5 km dont une partie est constituée d’une ligne droite quasi parfaite sur 3,5 km.

A ce niveau du parcours, le Grand Colombier qui régnait en maître sur la partie sud cèdera sa place au massif du Grand Crêt d’Eau dominant le Nord. Il en impose d’avantage avec presque 100 mètres d’écart que notre géant du Bugey.
Quelques dernières traces de neige persistent sur son sommet. Signe que malgré un soleil bien présent, il n’est pas encore temps de tomber la veste. D’ailleurs un vent frais venu du nord viendra chatouiller notre visage, parasitant légèrement notre remontée.

Nous arrivons maintenant à proximité du barrage de Motz, symbole de notre deuxième portage que nous effectuerons tout à l’heure, après avoir fait demi tour à Seyssel.

Seyssel…

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Seyssel (Haute Savoie)

Cette, ou plutôt ces deux communes homonymes sont limitrophes l’une de l’autre, séparées par le Rhône.

Ces deux entités vivent en harmonie reliées par 2 ponts.
Un premier à haubans, mis en service en 1987 que nous apercevons au loin, nous guidera jusqu’à l’entrée de la ville.

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Arrivée sur Seyssel avec vue sur le pont à haubans

Quand au deuxième, il ne tardera pas à se dévoiler une fois son cadet franchi.
Le « Pont de la Vierge Noire » ou « Vieux Pont de Seyssel » date de 1840 et représente un lien fort entre ces deux communes situées sur deux départements différents (Ain & Haute Savoie).

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Entrée dans Seyssel avec au loin le Pont de la Vierge Noire

Je faisais référence à plusieurs reprises dans mes récits précédents sur l’émotion forte et poignante que je pouvais ressentir lors de mes traversées de Lyon en kayak. A plus petite échelle, je découvre que Seyssel, parcourue dans le sens inverse du Rhône procure autant de magie. A ce décor, s’ajoute également une ambiance calme et reposante.
Nos premiers 23 km vont prendre fin une fois le Pont de la Vierge Noire contourné. Quelques passants nous regardent, étonnés de nous voir avancer dans le sens inverse à la normale.
Seyssel sonnera comme une récompense de cette remontée à contre courant.
Une autre façon peu orthodoxe de parcourir le Rhône certes, mais le fait de revenir en arrière sur ce fleuve nous offre de nouvelles perspectives, de nouveaux paysages, de nouveaux angles de vue. Je me délecte de ces instants où ce sport que nous pratiquons, se mélange à tant de poésie.

Depuis mes premières expériences de kayakiste, j’ai toujours été frustré de ne pas pouvoir prendre d’avantage le temps nécessaire pour apprécier cette ville au fil de l’eau et lui donner la place qu’elle mérite dans mon coeur.
Majoritairement, Seyssel ne représentait qu’une étape de départ que l’on regardait à peine, préférant se focaliser vers l’issue de nos expéditions.

Cette euphorie restera dans ma tête durant tout le reste de la journée, au point de voler la vedette au Vieux Rhône que j’apprécie tant.

Nous rejoindrons d’ailleurs cette partie du fleuve après avoir englouti le repas sur les berges de Seyssel et effectué le portage traditionnel du barrage de Motz.

La succession des petits rapides assaisonnera notre parcours qui était, il faut le dire monotone sur les portions canalisées.

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Le Vieux Rhône et ses petits rapides bienfaiteurs.

Nous retrouverons par la suite rapidement l’une d’entre elles que nous avons parcouru le matin, reliant Lavours à Massignieu de Rives.

Cette dernière portion nous paraîtra interminable avant de pouvoir franchir le pont reliant la commune de Cressin Rochefort à Massignieu de Rives pour ensuite apercevoir le lac du Lit Au Roi avec en arrière plan le Mont du Chat.

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Rikou sur le Lac du Lit au Roi

Le compteur kilométrique atteindra les 48 km qui symboliseront la fin de notre parcours.

Quelques courbatures et ampoules aux mains, mais qu’importe, comme à l’accoutumée, cette sensation de bien être qui s’empare de nous à chaque sortie prendra le dessus, alimentant notre esprit vers de prochaines aventures.

 

CORNETTO Yves