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Le Bas Séran

Toujours sous l’emprise tentaculaire des mesures restrictives imposées par le gouvernement pour tenter de contrer au mieux cette pandémie mondiale qui depuis bientôt un an bouscule sérieusement nos habitudes ainsi que notre mode de vie, nous devions, dans un rayon de 10km à ne franchir sous aucun prétexte sous peine de devoir nous affranchir d’une amende, trouver une mise à l’eau afin de pouvoir partager notre passion commune.

Initialement, nous avions prévu de profiter de cette sensation d’être « hors de portée » une fois sur l’eau pour rejoindre le lac du Bourget en empruntant le canal de Savière, juste après avoir traversé le Rhône au départ de la rampe d’embarquement de Lavours.

Mais le projet à peine sur pieds qu’il nous faudra le démanteler et rayer de notre esprit l’idée d’aller parcourir le canal et le lac. En effet, après nous être renseignés, il s’avère que la police contrôlerait même les plaisancier dans ses lieux hautement touristiques.

Inutile donc de jouer aux pirates contestataires et arrogants, accompagnés de ce sentiment d’être « intouchables » sur l’eau. Il nous sera plus sage de ranger notre fierté dans son fourreau et de mettre en route les rouages de notre imagination pour élaborer un plan « B ».

Toujours tentés malgré tout de flirter avec la ligne rouge, nous élaborons la stratégie suivante:

Embarquement à Cressin Rochefort sur la partie basse du Séran pour rejoindre le canal du Rhône, remonter ce dernier en direction de Chanaz et basculer, après un petit portage, sur le Vieux Rhône.

Une fois sur place, impossible d’être contrôlés, et il nous suffira de descendre tout simplement le fleuve pour rejoindre ensuite la lône de Moiroud, qui nous permettra au prix d’une remontée à contre courant, de retrouver à nouveau le canal du Rhône, et par conséquent, le Séran et notre point de départ.

Quelques messages postés çà et là sur notre groupe de discussion, et nous voilà sur le parking de la salle des fêtes de Cressin Rochefort, échangeant ces fameux « checks COVID » témoignant de cet esprit fraternel entre kayakistes que nous partageons tous en préambule de la sortie à venir.

Yann nous proposera d’accéder aux berges du Séran en empruntant le chemin du domicile familial situé en plein centre de Cressin.

On décide d’acheminer nos embarcations sur les lieux à l’aide de nos chariots de portage, accessoires indispensables qui nous permettront également d’effectuer les autres portages prévus entre Chanaz et le canal du Rhône.

Les uns derrière les autres, la poignée avant du kayak tracté en main, nous défilons dans Cressin Rochefort sous le regard curieux de quelques passants qui croiserons notre route. 

Un portail en fer forgé enrobé d’un blanc crème accueillera notre groupe qui, une fois après avoir traversé la grange de la propriété, sera propulsé dans un décor idyllique aux tons verdâtres et chlorophylles parsemés de quelques reflets aquatiques lumineux que renvoie un Séran calme et limpide, dont les eaux sont bombardées par un soleil généreux en ce début d’après midi.

Dans le jardin familial

J’aperçois sur une petite table abritée par l’avancée du toit de la grange, un plateau sur lequel repose une bouteille isotherme accompagnée de ses fidèles sujets illustrés pour commencer par une pile de gobelets armés de sachets de café soluble, un sachet de sucre de canne, et quelques cuillères aux tons chromés qui une fois les ingrédients insérés dans ces mêmes gobelets, agiteront toute la mixture pour obtenir le résultat tant attendu qui sera ingéré autour de conversations diverses avant d’entamer notre odyssée.

Petit café avant l’aventure!!!!

Rapidement, j’effectue un petit calcul mental du temps de trajet que nous aurons à effectuer et des difficultés qui lui seront liées, en ajoutant également le temps de cette conversation conviviale autour de ce café offert généreusement par la mère de Yann pour me rendre à l’évidence. Toujours dans un souci de respecter l’horaire imposé par le couvre feu, il nous sera difficile d’être dans les temps si nous nous en tenons à l’objectif initial.

Et pourquoi pas ne pas profiter de la partie basse du Séran en remontant ce dernier à contre courant ne serait-ce que jusqu’à Aignoz, aux portes de la réserve naturelle des Marais de Lavours?

Certes, sur le papier, le programme paraît moins ambitieux. Mais après réflexion, cette partie du Séran, malgré l’absence de précipitations abondantes depuis bientôt deux semaines, présente l’avantage énorme d’être toujours en eau. Sa proximité avec le siphon artificiel créé par la CNR à la fin des années soixante dix pour rejoindre le Rhône, génère une retenue d’eau importante et ce, sur une grande partie de la rivière.

Ni une ni deux, je balance à la figure de mes compères ce programme de dernière minute, avec un argument de taille: Aucun portage à effectuer, donc inutile de nous encombrer de nos chariots qui resteront dans le jardin. Surpris les premiers instants, ils accepterons à l’unanimité cette proposition.

La partie basse du Séran…

Je la nomme ainsi car elle illustre parfaitement cette portion de parcours entre Aignoz et le siphon en aval, qui a la particularité d’être calme avec un courant quasi nul, ce qui nous permettra de sortir des sentiers battus et de remonter aisément la rivière.

Seule ombre au tableau, de nombreux embâcles qui potentiellement risquent de nous barrer la route.

Guillaume avait pris soin d’emmener une petite scie et une hache dont il s’équipera avant d’entamer ce parcours inédit.

Acheminement des kayaks à la mise à l’eau

Ni une ni deux, nous ouvrons le petit portillon métallique au fond du jardin et sortons un par un nos kayaks sur un tapis herbeux saturé par cette couleur de l’espérance aux reflets printaniers. En contrebas, un Séran des plus calmes, affichant toutefois quelques petits picotements de surface modelés par un vent du nord filtré au préalable par la végétation abondante.

Le Séran avec en arrière plan le pont de Cressin-Rochefort

Et en parlant de végétation abondante, notre regard sera immédiatement captivé par ce saule pleureur, abritant quelques pierres sur la berge et une partie du Séran. Ses longues branches en lianes qui rendent cet arbre si caractéristique et unique, s’apparenteraient presque à deux rideaux qui une fois franchis, dévoileront toute l’intimité des lieux qui nous attendent.

Une petite cale de mise à l’eau improvisée, située justement sous ce saule, nous permettra d’embarquer aisément.

Comme un chasseur de primes, je dégaine instinctivement mon appareil pour immortaliser immédiatement les couleurs et les richesses visuelles environnantes. Tout est là, à commencer par ce ciel qui partage l’affiche avec quelques petits nuages inoffensifs qui auront pour effet de dompter les reflets célestes. Cette lumière ambiante au variations multiples, sculptera les éléments, ce qui aura pour effet de faire ressortir le plus fidèlement possible les moindres reliefs de ce paysage idyllique sur les futurs clichés.

Fred à la mise à l’eau

Mes yeux captivés, accrochent les reflets jaunâtres du kayak de Fred lorsque l’étrave commence à caresser les eaux du Séran. J’assiste à un mélange de saveurs colorées, qui se lient les unes aux autres, à commencer par cette même teinte céleste citée plus haut qui, une fois après être diluée au travers du feuillage vertical et dense du saule, rebondit sur l’eau et sur les flancs du kayak avant de renvoyer de nouvelles couleurs qui viendront assaisonner l’éclairage chlorophylle dominant. 

De superbes couleurs!!!

Comme à mon habitude, j’appuie avec frénésie sur le déclencheur, juste après avoir en préambule placé judicieusement en insufflant toute la poésie et l’inspiration qui va avec dans un cadrage des plus audacieux, le saule et ses lianes qui, dans un élan d’affection sembleraient presque vouloir caresser cette surface aquatique et de se lier dans une ode passionnelle à la rivière.

Nous y voilà enfin. Une fois à l’eau, la pointe avant de nos frêles esquifs ciblent le plus naturellement possible l’arche du pont du village, porte d’entrée de notre petite expédition à contre courant.

Yann à l’embarquement
Au départ!

Je rends rarement visite à cette partie du Séran, préférant jouer dans les courants violents en amont lorsque la rivière est en crue. Mais ce nouveau contact avec les éléments qui m’entourent, et qui plus est, immergé dans un décor inversé lié intimement au sens que l’on emprunte, me renvoie une fois de plus dans une dimension nouvelle aux perspectives enivrantes.

Le pont de Cressin-Rochefort

Je l’ai évoqué maintes fois lors de mes comptes rendus précédents, mais je ne me lasserai jamais de le répéter: Le kayak est un vecteur incroyable qui permet au plus curieux d’entre nous de vivre une expérience nouvelle et insolite, mais également de sortir des sentiers battus.

Projetés en pleine nature…

En observant le paysage vierge et dépouillé de tout artifice touristique qui se déroule sous nos yeux, nous sommes comme hypnotisés et transportés dans un sanctuaire qui semblerait n’avoir jamais eu à composer avec l’empreinte de nos congénères et les désagréments qui vont avec.

Et pour preuve, la présence d’un petit écureuil roux bondissant de branches en branches, nullement effrayé par notre présence. Bien au contraire, il pourrait presque s’apparenter à cet hôte qui nous accueille dans son univers en nous souhaitant de profiter pleinement des lieux qui nous accompagnent, ou alors, nous narguer en sachant déjà ce qui va nous arriver un peu plus loin en amont.

Quelques courbes plus loin justement, nous faisons face à notre première difficulté. Un tronc d’arbre échoué au travers de la rivière semble vouloir dans un premier temps nous barrer la route. Mais au fur et a mesure de notre approche, nous constatons rassurés que ce dernier, bien allongé de part et d’autre des berges opposées, ressort à peine de l’eau. Cette même eau glisse d’ailleurs avec suffisamment de hauteur sur le tronc pour nous permettre au prix d’un pagayage intensif, de franchir aisément cet obstacle.

Même façon de procéder sur l’embâcle suivant avec toute fois quelques petites branches en travers qui viendront que partiellement perturber notre progression.

Les choses vont commencer à se compliquer quelques centaine de mètres en amont. Un énorme barrage de troncs enchevêtrés les uns aux autres va nous contraindre à sortir provisoirement de nos embarcations pour analyser la situation. Après quelques repérages, il semblerait qu’un petit passage sur la droite soit possible, à condition bien sûr d’utiliser toute l’huile de coude disponible pour couper et évacuer un à un les branchages parasites. Et c’est parti pour un exercice d’équilibriste des plus comiques pour venir à bout, au prix de bonnes tranches de rigolade, de toute cette masse arboricole.

Premier embâcle
Acheminement des bateaux

Notre répit sera de courte durée puisqu’en sortie du virage suivant, un autre embâcle, beaucoup moins impressionnant que son prédécesseur, nous demandera autant d’efforts pour en venir à bout.

Même chose deux cents mètres en amont devant un autre tronc, beaucoup plus massif et imposant que le premier que nous avions rencontré en début de parcours qui, en plus d’être en travers, accumulera tout un résiduel de branchages et autres déchets végétaux sur une surface assez importante pour nous compliquer le passage.

Embâcle suivant

Je sors du bateau en utilisant tous mes sens d’équilibriste pour évoluer sur ce même tronc à l’instar d’un funambule pendant que Fred, sur la berge opposée me tendra la corde de sécu qui nous servira, une fois après l’avoir attachée à l’extrémité du tronc, à déplacer ce dernier en conjuguant nos efforts de traction pour extraire ce mastodonte boisé et libérer ainsi la voie.

Exercice d’équilibriste!!!!
Dégagement du tronc.

La suite de cette remontée inédite se passera sans encombres jusqu’au pont de Lavours. Rien de bien compliqué à vrai dire, mais à l’aval de l’ouvrage, le lit de la rivière présente un léger dénivelé qui aura pour effet d’accentuer légèrement le courant au point que la hauteur d’eau insuffisante pour permettre un pagayage efficace, va contraindre certains d’entre nous à sortir de nos kayaks pour franchir cette étape à pieds en traînant notre embarcation en amont, là où l’eau sera plus calme pour embarquer de nouveau.

En amont du pont de Lavours

Avant de reprendre le rythme, nous consultons avec un soupçon d’anxiété la jauge horaire afin de savoir si le temps restant est acceptable pour grignoter encore quelques centaines de mètres avant de rebrousser chemin et anticiper au mieux le couvre feu à venir.

Pas d’inquiétude à avoir, nous sommes pile poil dans les temps avec même une bonne demie heure d’avance sur le timing initialement prévu. Et de plus, les embâcles que nous avions partiellement dégagés à l’aller seront plus simples à franchir au retour, sans compter que nous aurons le sens du courant avec nous.

Le courant… 

Parlons en d’ailleurs. Il devient beaucoup plus intense en amont du pont de Lavours, et pour ne pas arranger les choses, la hauteur d’eau diminue à mesure de notre progression, ce qui ne facilite pas les choses pour chercher l’accroche nécessaire à l’aide des pales de nos pagaies pour avancer convenablement et garder notre cap.

Notre groupe initialement compact se disloque, et les premiers d’entre nous en tête seront rapidement stoppés net par un nouvel amas de branchages.

Terminus…

Cette fois ci, inutile de tenter quoi que ce soit, ne serait ce que par le peu de temps disponible qui lui aussi commence à s’effriter au fil des minutes écoulées, mais également par l’épaisseur de cet embâcle s’étirant sur plusieurs mètres en amont et qui sonnera la fin de cette aventure.

Nous faisons donc demi tour, un peu déçus de ne pas avoir pu rejoindre Aignoz, mais sans regrets quand même car ravis d’avoir pu profiter de ces conditions idéales et de l’esthétisme des lieux aux richesses visuelles somptueuses et variées qu’a su une fois de plus nous offrir le Séran.

Comme prévu, le retour se fera sans encombres dans une ambiance entre chien et loup, propre à cet état crépusculaire qui petit à petit prend l’avantage à mesure de nos coups de pagaie.

Retour à Cressin-Rochefort

Nous retrouvons Cressin reconnaissable également par les vestiges du château de Rochefort se dressant sur les hauteurs de la commune. Au dessus de ce monument des temps anciens, décline lentement la lumière ambiante qui, dans un dernier élan, projette ses plus beaux rayons au travers d’une petite masse nuageuse qui à commencer son ascension derrière ce symbole de la seigneurie d’antan.

J’immortalise cette scène unique en appuyant une dernière fois sur le déclencheur. Dans le viseur, je choisi de placer en premier plan de ce cliché Yann, contemplatif et faisant face à son village, se remémorant certainement ses premiers coups de pagaie de son enfance dans ce lieu majestueux.

Coucher de soleil avant le couvre feu.

Nous le remercions d’ailleurs tous par la suite, pour nous avoir permis de vivre le Séran de façon privilégiée au coeur du Bugey.

J’espère que vous avez pu, au travers de ces lignes, partager et apprécier tout comme nous ces instants magiques passés sur l’eau.

Au plaisir de vous conter la prochaine aventure.

CORNETTO Yves
CORNETTO Yves

[photos] Le Séran, les Rousses et le Petit Vouard

Couvre feu à 18h00, confinement repoussé mais malgré tout présent dans nos têtes, sournois, prêt à bondir sans crier gare.

Autant d’incertitudes qui nous poussent à préférer des sorties de proximité plutôt que d’aller explorer des contrées lointaines.

Retour en photo sur une odyssée Bugiste entre le Séran, les Rousses, et le Petit Vouard, accompagné de la team « LyonUrbanKayak » et « River Equipement ».

Bon visionnage

Pagayeurs du séran

C’est avec un immense plaisir que je vous propose le dernier compte rendu de cette année 2020.

Avant de vous inviter à vivre en immersion la préparation d’une sortie en rivière, et de vous conter le déroulement de celle ci, je vais commencer par vous présenter notre confrérie de kayakistes qui désormais portera les couleurs et les richesses de notre patrimoine nautique du Bugey, les:

« Pagayeurs du Séran »

L’étymologie de cette formule qui nous représente, rappellera forcément au kayakiste averti celle des « Pagayeurs du levant ». À sa prononciation, la sonorité vous paraîtra d’ailleurs familière. Et pour être franc avec vous, sans rien vous cacher, j’ai été très inspiré non seulement par ce groupe coopératif de kayakistes / céistes, mais également par leurs valeurs partagées.

En effet, chaque protagoniste évoluant au sein de notre confrérie est avant tout autonome et navigue sous sa propre responsabilité.

Nous avons par le passé, participé à des stages sur les fondamentaux en eau vive, que ce soit en club, ou alors hors cadre FFCK par l’intermédiaire de formations annexes prodiguées par des professionnels de renom.

Nous acceptons volontiers dans notre communauté, d’autres kayakistes tout aussi autonomes, désireux de faire connaissance avec le Séran, ou explorer d’autres parcours du Bugey et des environs.

Tout comme nos amis « du Levant », nous sommes fédérés par le désir d’échanger des expériences, partager de nouvelles connaissances et la volonté de progresser ensembles.

L’écusson qui défendra nos couleurs vous rappellera, pour ceux d’entre vous qui nous ont déjà aperçu, la belle vague du Groin confluant avec le Séran avec des débits avoisinants les 20m3/s, sur laquelle surfe allègrement un kayakiste enivré par les grondements perpétuels de la cascade de Cerveyrieu, reconnaissable d’ailleurs en arrière-plan sur notre logo.

Nous mettons principalement en avant nos sorties en rivière, mais nous n’hésitons pas à partager des parcours atypiques comme par exemple des navigations labyrinthiques au cœur des Marais de Lavours.

Notre confrérie sur le « Petit Vouard » au coeur des Marais – © Laurent NICOLET

Notre ami Laurent NICOLET, que nous ne présentons plus, désireux d’aller explorer un petit ruisseau « Le Petit Vouard », m’avait contacté quelques semaines avant pour faire connaissance avec ce cours d’eau et l’ajouter par la suite à son immense tableau de chasse.

A l’issue de plusieurs conversations passionnantes, nous décidons de mettre en place une sortie pour le moins originale et 100% Bugiste, estampillée « Pagayeurs du Séran », au travers de laquelle nous allons:

  • Embarquer sur le Séran quelques mètres en amont du Pont de la Cascade (45°52’36.8″N 5°40’41.3″E).
  • Descendre la rivière en n’oubliant pas de nous arrêter au confluant Groin / Séran, juste devant le gymnase d’Artemare pour quelques petites sessions de surfs(45°52’25.9″N 5°41’07.7″E).
  • Après avoir franchi le Pont SNCF de Marlieu, nous débarquerons rive gauche en amont du Pont de la Tuilière (45°51’20.6″N 5°43’15.6″E), abandonnant provisoirement le Séran pour rejoindre au prix d’un portage s’étirant sur plus d’un kilomètre, la commune de Talissieu.
  • Au cœur du village (45°51’50.9″N 5°43’32.4″E), nous embarquerons sur le « Petit Vouard », ruisseau tant convoité par Laurent.
  • Nous rejoindrons au cœur des Marais un autre ruisseau: « Les Rousses » (45°51’15.1″N 5°44’17.9″E).
  • En descendant ce petit affluent, nous en profiterons pour aller explorer les Marais avant de retrouver le Séran et de terminer notre balade en aval du Pont d’Aignoz (45°49’59.3″N 5°44’49.0″E).

Gardez bien à l’esprit qu’une sortie en rivière ne consiste en aucun cas à arriver comme une fleur, poser son kayak sur l’eau et se laisser voguer vers l’inconnu.

Les rivières sont complexes et diffèrent d’un jour à l’autre. Notez qu’il vous faudra au préalable repérer les stations de mesure sur le web, qui vous permettront de connaître les débits en temps réel, vous évitant ainsi de vous rendre à l’improviste sur les lieux tant convoités pour découvrir avec désarroi un petit filet d’eau, synonyme d’une navigation avortée. Ou alors faire face à une autre situation radicalement opposée, avec des masses d’eau et des débits tellement imposants qu’il vous sera fortement déconseillé d’embarquer sous peine de ne rien maîtriser ou pire, de rester coincés sous un embâcle, et alimenter ainsi les gros titres des journaux friands de nouvelles anxiogènes, qui seront partagées en masse sur les réseaux sociaux, faisant ainsi tâche d’huile sur notre pratique « libre » du kayak.

Le Séran à sec (Août 2019) et après de fortes pluies (Octobre 2019)

Je vous propose d’ailleurs l’un des sites les plus consultés, et qui je pense, vous apportera beaucoup d’informations sur les débits des rivières de la région:

https://www.rdbrmc.com/

En parallèle à ce site, et à l’ère où les applications tentent de détrôner les sites dédiés, je vous propose de télécharger sur IOS ou Android l’application « River App », dans laquelle vous aurez accès aux mêmes stations de mesures que le site cité plus haut, mais également la possibilité de consulter des parcours d’eau vive officiels, et ainsi de savoir en temps réel si ces mêmes parcours sont navigables ou non:

https://www.riverapp.net/

Vous l’aurez compris, organiser une sortie en rivière, c’est un peu comme nous retrouver dans la même situation qu’un félin en quête de nourriture. Tapis dans l’ombre, au travers des herbes hautes, l’œil aiguisé, observant pendant des heures dans l’espoir qu’un individu s’isole du groupe pour passer à l’attaque, nous serons tout comme lui, tapis devant notre ordinateur, smartphone, etc… attentifs aux bulletins météo dans l’espoir que ces derniers nous annoncent pour les journées à venir, et de préférence juste avant le jour « J », de fortes précipitations.

Lundi 7 Décembre 2020

Au départ, ce ne sont que de maigres estimations sur les prévisions météo à venir.

La semaine précédente avait connu de fortes chutes de neige. Ces dernières, à défaut d’alimenter nos rivières, avaient surtout recouvert le plateau d’Hauteville, offrant pour les stations de ski Nordique aux alentours, une chance inestimable de pouvoir enfin démarrer la saison.

En ce début de semaine, les seules précipitations annoncées devaient avoir lieu Vendredi. Bref, inutile pour l’instant de faire des plans sur la comète. On décide avec Laurent de reprendre contact en fin de semaine pour une approche plus précise de la situation.

Après avoir regroupé les bulletins de divers sites météo, on apprend que les pluies annoncées initialement se décalent pour se mettre à cheval entre Vendredi et Samedi avec une légère hausse des températures. Je lance un appel à notre communauté des « Pagayeurs du Séran » au travers des réseaux sociaux, leur annonçant que la sortie se fera probablement Dimanche 13 Décembre. En effet, il y a fort à parier que les hausses de températures prévues, associées à la pluie à venir, viendront faire fondre une partie de la neige accumulée la semaine précédente, alimentant significativement les cours d’eau pour notre plus grand bonheur.

Ce que peut ressentir un kayakiste de rivière à l’annonce des pluies à venir….

Vendredi 11 Décembre 22h00…

Comme bien souvent, lorsque je suis à l’affût des pluies tant convoitées, je prends toujours un certain plaisir à écouter les premières gouttes frapper en crescendo les fenêtres de toit. Et contrairement à la majorité de mes congénères, trop occupée à se morfondre tristement sur cette météo « maussade », je jubile intérieurement, scrutant avec une frénésie certaine sur l’application « River App » les premières courbes, dessinées par les stations de mesure de débits, monter au fil des heures pour atteindre des chiffres enivrants qui me feraient presque tourner la tête.

Les courbes du Séran & du Groin (11 & 12 Décembre 2020) – River App

Ces mêmes courbes qui, par une estimation visuelle sur les prochaines 24 heures, et un incroyable coup de chance, viendront se marier à l’agenda prévisionnel, et générer en nos cœurs de kayakistes de rivière, un état de transe et d’excitation quant à la sortie à venir. A cet instant précis, plus grand chose ne compte, bien au contraire. On croise les doigts pour qu’aucun événement extérieur ne vienne perturber voire annuler la sortie programmée qui, à mesure du compte à rebours annoncé, va prendre les allures d’un Graal inestimable et éphémère qu’il nous faudra apprécier comme jamais.

Très vite, je mets en charge la caméra étanche pour capturer et immortaliser ces futurs instants que l’on va passer prochainement sur l’eau. J’effectue quelques petits tests de dernière minute, m’assurant que la carte mémoire a bien été non seulement insérée, mais également formatée, prête à accueillir, je l’espère secrètement, de superbes clichés et rushs que je m’imagine déjà en train d’extraire sur mon ordinateur, revivant au travers d’un montage vidéo, les événements forts de cette sortie.

Derniers ajustements sur l’agenda pour déterminer l’heure d’embarquement la plus propice en fonction des débits en cours. La pluie ayant cessé dans la nuit pour laisser place à un soleil généreux, les courbes de débits du Séran et du Groin, après avoir atteint leur paroxysme en milieu de nuit, amorcent désormais un lent déclin.

Courbes du Séran & du Groin relevées Dimanche 13 Décembre – River App

Dimanche 13 Décembre…

Malgré cette petite perte de vitalité, la rivière reste encore active et gorgée d’eau et ce, pour de nombreuses heures à venir. Nous nous offrons même le luxe, au sein de notre confrérie, de prendre le temps pour boire un bon café et de savourer quelques viennoiseries. Des instants tout aussi précieux que la navigation qui nous attend. Bien qu’impatient d’être au rendez-vous tant convoité avec la rivière, j’aime prendre le temps d’apprécier ces minutes de convivialité entre kayakistes, d’écouter et de prendre part à des conversations passionnantes. Une étape à mes yeux symbolique, agissant malgré elle comme une mise en bouche pour la journée à venir.

Un bon p’tit café…

Nous profitons de la conversation pour organiser notre logistique, et charger la totalité des kayaks sur les navettes de départ, avant d’entamer la route vers l’arrivée à Aignoz, pour laisser sur place les autres véhicules, dans lesquels nous entreposerons plusieurs paires de sangles qui serviront plus tard à acheminer ces mêmes kayaks avant de boucler la boucle en fin de journée.

Organisation de la logistique à Aignoz

Nous voilà désormais sur la dernière ligne droite, quittant Aignoz avec les voitures chargées à bloc pour nous rendre à notre point d’embarquement. Difficile de passer inaperçus lorsque nous traversons Artemare à l’intérieur de ces mêmes voitures, sur lesquelles trônent fièrement 3 à 4 kayaks de rivière aux couleurs vives empilés les uns sur les autres.

Une fois sur place, les grondements imposants de la cascade de Cerveyrieu nous accueillent dignement. Les milliers de mètres cubes d’eau éjectés violemment d’une hauteur avoisinant les 60 mètres, se fracassent en contrebas dans un bruit assourdissant. Nous sommes là, en bord de route, face à cette cascade dominante, perchée majestueusement derrière le château de la cascade et son portail métallique qui semble garder jalousement les lieux.

La cascade de Cerveyrieu en arrière plan

Ce même bruit, mêlé à celui produit par les courants de la rivière en aval, semble propager en nous un état de transe et d’excitation mélangée à une énergie incroyable qu’il nous tarde d’aller dépenser dans les flots tumultueux de ce début de parcours.

Dans un défilé processionnaire, à l’instar d’une unité d’élite prête à en découdre, nous longeons la départementale 69, le kayak à l’épaule et la pagaie en main, pour rejoindre le pont de la cascade sous lequel nous allons pouvoir enfin, après tant d’attente et d’espérance, nous abandonner aux joies de la navigation en eau vive.

Prêts à l’embarquement!!!!

Galvanisés comme jamais, nous évoluons enfin sur la rivière tant convoitée, accompagnés par les grondements de la cascade, en direction d’Artemare. J’affectionne tout particulièrement cette première partie que nous offre le Séran. Elle est belle, sinueuse, tantôt exposée aux rayons lumineux du disque solaire particulièrement généreux en cette période de l’année, tantôt ombragée, recouverte de branchages multiples masquant dans la pénombre une partie de la rivière. De plus, le dénivelé important accentue la vitesse, et les quelques remous générés nous offrent un terrain de jeu incroyable.

Le Séran à 10m3/s – © Laurent NICOLET
L’aventure à deux pas de chez soi – © Laurent NICOLET

Rapidement, nous rejoignons le confluent Groin / Séran, juste en aval du camping « Le Vaugrais » situé en rive droite. Notre vague tant attendue va nous permettre de brûler quelques calories au cours de sessions de surf enragées. Tel d’un chasseur de primes, Laurent dégaine son reflex pour immortaliser l’instant. Nous devenons malgré nous en l’espace de quelques minutes seulement l’attraction du moment. Promeneurs, et parfois même quelques automobilistes stoppent provisoirement leurs activités afin de satisfaire leur curiosité.

Mais très vite, il nous faut poursuivre notre aventure. Nous reprenons donc notre odyssée avec pour objectif de rallier le Pont de la Tuilière.

Après avoir fait le plein d’adrénaline sur la vague du Groin, franchi avec succès une belle section de rapides à hauteur de l’ancien passage à gué d’Ameyzieu, joué avec les contres courants des piles de pont de l’ouvrage SNCF de Marlieu, nous voilà maintenant en rive gauche à quelques mètres en amont du pont de la Tuilière, tirant les kayaks hors de l’eau, et désormais face à l’inconnu pour aborder la deuxième partie originale de cette sortie.

Laurent jouant avec les contres courants au pont SNCF de Marlieu

Objectif, rejoindre Talissieu au prix d’un portage que nous appréhendons déjà par la distance théorique à parcourir, avoisinant les 1km. Nos phalanges comprimées par les poignées de portage des kayaks, mais également nos muscles trapézoïdaux peinant à supporter dans la durée le poids des bateaux, nous obligent à faire quelques pauses en bord de route. Après avoir franchi la voie ferrée, notre équipe retrouve le moral qui d’ailleurs se renforcera significativement une fois que nous aurons traversé la départementale 904. Très vite, le panneau mentionnant le nom du village tant convoité nous apportera la même satisfaction qu’un drapeau à damiers, illustrant malgré lui une ligne d’arrivée fictive que nous traversons allègrement avant de laisser nos kayaks s’échouer lourdement sur le sol.

Un long portage… – © Laurent NICOLET

Les grondements propagés par les remous du Séran laisseront place à une nouvelle musique aquatique douce et apaisante composée par « Le Petit Vouard ». La faible hauteur d’eau ainsi que la transparence cristalline de cette dernière, le tout mélangé à cette douce mélodie, nous invitent sans plus attendre, dans une attraction magnétique contagieuse, à venir embarquer au pied du lavoir du village.

L’équipe des pagayeurs du Séran au lavoir de Talissieu – © Laurent NICOLET
Embarquement sur le « Petit Vouard » – © Laurent NICOLET

Une fois à l’eau, le mouvement ainsi que la tenue de pagaie changent radicalement. Elle nous sert principalement à maintenir notre direction de façon plus douce en nous laissant dériver volontairement au fil des événements. Nos muscles sollicités de façon sportive et intensive en ce début de journée, se relâchent progressivement. Rapidement, nous laisserons le village de Talissieu derrière nous, en pénétrant à l’intérieur d’un tunnel en tôles annelées, juste en dessous de la route départementale 904 reliant Béon à Artemare.

Sous la déparementale 904

A sa sortie, nous sommes comme projetés en pleine nature, faisant partie intégrante d’un paysage idyllique qu’il nous tarde de découvrir.

Nous tendons l’oreille, à l’affût du silence pour apprécier les moindres manifestations de la faune environnante dans cette ambiance à la sauce « Into The Wild ».

Dans un univers paradisiaque –© Laurent NICOLET

Ces quelques minutes de silence et de quiétude sont cependant entrecoupées par les éloges de Laurent, décidément conquis et ravi de découvrir ce lieu idyllique qu’il convoitait depuis quelques temps. Il file à vive allure en aval, pour sortir de son bateau, dégainer à nouveau son reflex et bombarder inlassablement les lieux qui nous entourent sans en perdre une miette. La lumière ambiante perd un peu d’intensité, jouant à cache-cache avec les quelques petites masses nuageuses venues s’inviter en ce milieu de journée. Elle reste néanmoins présente, projetant ses derniers rayons orangés, pour peu que le photographe averti arrive à saisir l’instant avant qu’elle retourne se faufiler furtivement dans cette brume cotonneuse.

Le bras principal se sépare pour nous en offrir un autre, secondaire, avec une eau si calme et lisse qu’elle donnera l’impression, pour le kayakiste en tête du groupe, de naviguer sur un miroir de cristal, au travers duquel, nous arrivons à distinguer la végétation aquatique et le lit du ruisseau.

La hauteur d’eau n’étant plus suffisante, nous sommes contraints de rebrousser chemin et rejoindre à nouveau le ruisseau principal. Nous le quitterons définitivement par la suite, quelques centaines de mètres en aval, au profit d’un autre ruisseau: « Les Rousses ».

Ce dernier nous transportera rapidement, juste après avoir franchi par-dessous le pont de la départementale 37 reliant les communes de Béon et de Ceyzérieu, au cœur des Marais de Lavours qui, après ces dernières pluies intenses, sont complètement submergés. La configuration des lieux change radicalement pour nous offrir de multiples bras annexes à explorer, que nous devrons repérer au préalable avec la plus grande rigueur sous peine de nous perdre dans ce labyrinthe aquatique.

Un des multiples méandres des marais…

Des vues surprenantes s’offrent à nous, me rappelant notre dernière sortie similaire effectuée il y a deux ans au même endroit. L’imposant Géant du Bugey, plus communément appelé « Le Grand Colombier », observé depuis les marais, nous rappelle par sa grande taille qu’il règne toujours en maître incontesté des lieux.

Au coeur des marais, observés par le Grand Colombier

Avant de retrouver « Les Rousses » et poursuivre notre aventure, je prends quelques minutes de mon temps pour contempler à nouveau les choses et les apprécier comme jamais, au cœur de ses marécages, me sachant préservé des agressions du monde extérieur, comme peut l’être la faune environnante, entourée tout comme moi par ces roselières protectrices.

J’ai toujours eu énormément d’admiration pour certains de mes amis proches, qui ont eu le courage, la curiosité et l’audace pour aller à l’autre bout du monde, explorer de nouveaux continents, s’imprégner d’une nouvelle culture et de s’enrichir sur le plan intellectuel et culturel.

Pourtant… Sans être chauviniste , je persiste et je signe, que l’aventure, quelle qu’elle soit, peut se vivre avec autant d’intensité ne serait-ce qu’à deux pas de chez soi. Le Bugey, comme tout autre contrée d’ailleurs, regorge de paysages d’une variété exceptionnelle, prête à nous ouvrir les bras, pour peu que l’on prenne le temps de s’y intéresser, de repérer ces trésors visuels d’une richesse infinie au préalable.

Ce sera juste après cette petite pensée philosophique que nous rejoindrons, par le ruisseau des Rousses, le Séran. Ce dernier, toujours animé par sa puissance acquise ces dernières 24 heures grâce aux pluies abondantes de la veille, expédie encore une partie de son débit dans « les Rousses ». Il nous faudra alors forcer davantage sur la pagaie pour nous extraire du ruisseau, dont le courant inversé, semble vouloir nous retenir par sa force hydraulique, à l’intérieur des marais.

Au confluent « Rousses/Séran »

Nous retrouvons donc, au prix d’un dernier embâcle à franchir, notre ami de toujours, « Le Séran ». Il nous accompagne sur les 500 derniers mètres, aidé de ses courants puissants, vers la fin de notre odyssée Bugiste. Le pont d’Aignoz, comme à son habitude depuis pas mal de sorties maintenant, matérialisera la ligne d’arrivée. La hauteur d’eau nous obligera à être vigilants et d’incliner rapidement la tête en avant en amont de l’ouvrage, afin de ne pas percuter le pont de plein fouet.

Sous le pont d’Aignoz
L’arrivée finale…

Une fois franchi, nous profiterons comme à l’accoutumé d’un gros contre-courant en rive droite pour nous faufiler sur un chemin inondé. La hauteur d’eau anormale nous économisera d’un portage pour rejoindre le parking où nous attend nos véhicules, stationnés à l’entrée de la réserve naturelle des Marais de Lavours.

Terminus!!! Tout le monde descend!

La jupe dégrafée de l’hiloire, le pied à terre, nous échangeons tous, comme bien souvent à l’issue d’une sortie de cette envergure, un regard satisfait et complice, le cœur rempli d’énergie positive.

La lumière environnante commence petit à petit à tirer sa révérence. L’astre lumineux, source de vie, décline lentement au profit des premières ombres encore timides, qui commencent à s’étirer discrètement dans un nombre incalculable, similaire d’ailleurs, à cette végétation verticale et immense qui nous entoure.

Encerclés par la douceur de ce crépuscule de fin de journée, nous ne prenons pas encore conscience que notre esprit quant à lui, brille toujours de l’intérieur, occupé à mettre en place les premiers fragments visuels, sonores et olfactifs de ces moments forts passés sur l’eau, qui vont petit à petit prendre place, et construire durablement de précieux souvenirs.

Nous nous extrayons tant bien que mal de nos combinaisons sèches, pour ensuite ranger le matériel et hisser les premiers kayaks sur les barres de toit.

Un jeune couple, entouré de deux enfants en bas âge, profitant des derniers instants de cette journée pour prendre la direction des sentiers sur pilotis à l’entrée de la réserve naturelle des Marais de Lavours, stoppe provisoirement sa promenade à notre hauteur. Curieux et peu habitué à croiser des kayakistes en cette saison, et plus particulièrement à proximité d’un Séran aux courants puissants, le père de famille engage la conversation :

Ce n’est pas tous les jours que l’on croise des kayakistes sur cette rivière. Vous êtes partis de quel endroit ?

Nous résumons rapidement à notre interlocuteur les points forts de la journée tout en terminant de boucler les sangles sur les kayaks. J’observe en même temps, amusé, le regard d’un de ses enfants, figé sur le dernier des kayaks, resté à terre. Dans ses yeux encore innocents, qui ont jeté leur dévolu sur le bateau au sol, j’entrevois, toujours aussi amusé, un mélange d’appréhension et d’envie de faire quelques pas de plus, ne serait ce que pour pouvoir toucher ce même kayak.

Manifestement conquis par notre réponse qui attisera malgré elle sa curiosité, le père de famille, désormais tenu en haleine enchaîne :

Vous êtes loueurs de kayak ? Une association ? Ou un club ?

Avant de répondre, nous laissons planer un silence, échangeant quelques regards toujours aussi amusés et complices entre nous, avant d’enchaîner comme une évidence :

Nous sommes les…

« Pagayeurs du Séran »

CORNETTO Yves

[Photos] Les Marais de Lavours entre chien & loup

Quoi de mieux que de venir profiter des bienfaits de ce surplus d’eau au coeur des marais de Lavours? Sortie crépusculaire organisée par Fred. Au programme, une petite boucle de 2 km dans un labyrinthe de roselières dans une ambiance entre chien et loup. Des lumières magiques d’une pureté rarissime!!! Un délice pour les yeux! Régalez vous sans modération!!!!

Fondus de Kayak 2020

Dimanche 16 Février 2020,

9h35 – Rampe d’embarquement en aval du barrage de Motz.

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Rampe d’embarquement en aval du barrage de Motz

Cinq petites minutes de retard sur notre timing initial, mais qui ne perturberont en rien la magie de cette superbe journée.

Je lève les yeux au ciel avec un sentiment de méfiance quant à la météo annoncée. Elle prend un malin plaisir à flirter entre nuages quelques peu menaçants, et un soleil qui tente de toutes ses forces à se faire une place au travers de ces mêmes nuages afin de régner en maître pour ces prochaines heures.

Sept kayakistes dont je fais partie s’apprêtent à glisser sur les eaux timides d’un Rhône encore endormi. Les vannes du barrage de Motz resteront fermées, ne laissant écouler que le débit réservé minimum. Insuffisant à mes yeux pour nous permettre d’aller nous faufiler dans les méandres du vieux Rhône et caresser l’espoir d’aller chercher cette quiétude tant convoitée.

Fort heureusement, l’objectif et l’attraction principale de cette journée se trouvent ailleurs…

Nous nous apprêtons à revivre la magie conviviale de l’événement :

« Fondus de kayak »

Ce nom vous est encore inconnu ?

Je vous invite sans plus attendre à rattraper votre retard en lisant le compte rendu d’un des plus gros événements réalisés en 2017 ci-dessous :

https://kayakrhonelacs.com/2017/11/18/fondus-de-kayak/

C’est en ce Samedi 18 Janvier 2020 que la genèse de cette nouvelle édition à commencé.

Rendez vous avec Yannick VERICEL (Randovive) à son QG situé à Meyzieu pour récupérer du matos.
On en profite pour boire un verre et refaire le monde autour du kayak.
Malheureusement, le temps nous manque cruellement pour poursuivre ces échanges passionnants, et chacun doit vaquer à son agenda respectif.

Juste avant de me retourner face à mon véhicule il m’interpelle une dernière fois :

– « J’ai quelques week-ends de dispo en Février. Voudrais tu organiser à nouveau une sortie kayak avec une bonne fondue à la clé ? »

Mon emploi du temps surchargé me laisse dubitatif et émettre quelques doutes quant à l’organisation d’une sortie de cette ampleur. Mais ces mêmes secondes à peine écoulées, se dilueront instantanément devant un enthousiasme que je sens renaître en moi tel un phœnix émergeant à nouveau de ses cendres.

Rapidement une date est trouvée et sans plus attendre, je me hâte à ouvrir un groupe de discussion sur FaceBook Messenger afin de réunir les futurs protagonistes qui prendront part à cette édition 2020.

Malgré la réputation nauséabonde que l’on peut se faire des réseaux sociaux, je reste persuadé que cet outil utilisé à bon escient peut s’avérer être un fil conducteur puissant capable de nous rallier les uns aux autres autour de notre passion commune : Le Kayak

Au final, pas moins de 18 kayakistes inscrits, avec comme nouveauté cette année, le mélange des nationalités Belges, Françaises et Suisses.

Pour ces derniers, Coralie & Yves, rencontrés lors de l’événement Rhôn’O’Lac en Septembre 2019, nous proposerons de partager à leur côtés leur fondue préparée selon la plus pure tradition Suisse.

© Randovive
Coralie & Yves – © Randovive

Autre nouveauté également, l’événement attire désormais les plus jeunes : Thomas & Grégoire âgés de 11 & 12 ans.

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Thomas & Grégoire – ©JP Lesage

Traditionnellement, nous avions pour coutume d’aller naviguer sur un Lac (Bourget, Annecy). J’ai, pour cette 4ème édition, décidé d’ajouter quelques kilomètres supplémentaires sur le Rhône.

Le projet est de partir de Motz,

  • Descendre le fleuve jusqu’à Chanaz,
  • Remonter le canal de Savière en direction du Lac du Bourget
  • Parcourir ce dernier sur environ 6 km en direction de la grotte de Raphaël, lieu incontournable pour déguster la fondue tant convoitée.

Afin que cet événement soit accessible à tous, une partie du groupe aura la possibilité de prendre le train en route à Portout.

Il me faudra jongler avec une logistique optimisée de façon à privilégier ceux qui viennent de loin afin qu’ils puissent prendre la route rapidement pour le retour.

Un vrai casse tête sur le papier, mais je prends un réel plaisir à mettre toute cette organisation sur pieds. Quelques petits aléas m’incite à revoir quelques détails, mais dans l’ensemble, tout devrait pouvoir fonctionner à merveille le jour « J ».

Les quelques jours et les quelques heures précédant l’événement, je reste toujours aux aguets avec une vigilance absolue, redoutant un revirement brutal de situation (absence d’un des membres, etc..) nécessitant une remise en question complète de la logistique initiale. Bref, la métaphore du grain de sable dans une mécanique complexe.
Fort heureusement, les quelques imprévus de dernières minutes ne perturberont en rien tout ce que j’ai mis tant de temps à bâtir.

9h35

Les premiers kayaks quittent la rampe de Motz. Leurs poupes raclent légèrement la surface bétonnée de cette même rampe pour caresser et rejoindre les eaux du Rhône.

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Dirk au départ

Je pose un regard complice envers mon ami Rikou partageant avec lui depuis plusieurs années maintenant cette passion commune pour ce fleuve.

Une passion qu’il me tarde de transmettre à mes nouveaux compagnons, Fred, Coralie et Yves, qui n’ont jamais navigué en ces lieux.

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Fred & Rikou

Il nous faudra être vigilants par rapport à la hauteur d’eau qui se mesure à certains endroits en centimètres, afin de préserver au mieux les coques de nos kayaks.

La montre jouant un peu contre nous, nous la consultons régulièrement afin de ne pas trop faire attendre l’autre partie du groupe qui nous rejoindra à Portout aux alentours de 12h30.

Je garde un oeil vigilant sur la météo. En effet, la tempête « Dennis » traverse actuellement le pays sur sa partie Nord Nord/Ouest avec des vents avoisinant les 130 km/h.

De part notre position géographique et notre localisation beaucoup plus protégée, des vents nettement plus atténués sont annoncés pour cette fin de matinée avec des rafales pouvant atteindre malgré tout les 30 km/h.

Nous essuyons d’ailleurs quelques prémices de ces mêmes rafales sur le Rhône, qui arrivent parfois à nous faire légèrement dériver.

Malgré tout, je prends un plaisir certain à retrouver mes marques en ces lieux. En effet, les dernières sorties en rivière effectuées sur le Séran, m’avaient éloigné provisoirement de ma pratique initiale. Je retrouve avec joie les sensations et la vitesse du kayak de mer, porté par les eaux de mon compagnon de toujours.

Rapidement nous rejoignons Culoz, et subitement, les quelques rafales qui nous provoquaient sans cesse en ce milieu de matinée s’effacent brutalement. J’en suis le premier surpris. En temps normal, la traversée de Culoz sous les vents devient particulièrement difficile, ces derniers se renforçant souvent dans cette zone.

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Cap sur le Pont de La Loi reliant Culoz à la Savoie

A mesure de notre progression, le cercle de feu prend de l’ampleur, dépassant les quelques nuages rebroussant chemin, ne pouvant résister devant ses rayons conquérants. Ils transpercent lentement, mais surement cette masse blanche qui se disloque à notre arrivée à Chanaz.

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Yves dans l’une des rares lônes qu’on aura pu visiter en aval de Culoz

Nos combinaisons sèches nous protégeant du froid et de l’hypothermie représentent désormais un fardeau lourd à porter sous ces quelques degrés supplémentaires gagnés en quelques minutes.

Comme le fardeau cité quelques mots en arrière, il nous faudra porter également nos embarcations pour franchir la digue séparant le Rhône du Canal de Savière.

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Fred & Guillaume acheminant un kayak du Rhône au Canal de Savière

La vue sur le Grand Colombier dominant cette partie du fleuve est toujours aussi agréable à contempler. Ce géant du Bugey trône comme un roi faisant face à la Savoie.

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Coralie & Yves sur le Rhône avec en arrière plan le Grand Colombier

Le temps presse et sans plus attendre, nous prenons la direction de Chanaz que nous traverserons en l’espace de quelques petites minutes pour continuer avec frénésie notre ascension du canal pour rejoindre le reste du groupe à Portout.

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Dirk sur le point de Franchir le Pont vénitien de Chanaz

Rive droite, nous apercevons l’Auberge de Portout et son ponton aménagé spécialement pour les plaisanciers désireux de faire une pause repas sur le canal.

A ce même ponton, embarque la deuxième partie du groupe. Du moins ce qu’il en reste. Ne nous voyant pas arriver, les premiers protagonistes de Portout auront préféré rejoindre directement la grotte et ainsi gagner un temps précieux sur la préparation du feu.

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Corinne, Fred, Dirk, Rikou et Ludo sous le pont de Portout

Nous faisons une petite halte pour récupérer les vivres laissées au préalable le matin sur le parking de Portout dans les voitures de la logistique retour. En effet, il nous était inutile de s’encombrer d’un poids supplémentaire le matin même lors de notre descente du Rhône.

Plus que quelques centaines de mètres avant de rejoindre l’embouchure du canal et apercevoir cette vue panoramique incroyable que nous offre le Nord du lac du Bourget. Tout au loin de cette étendue d’eau propre au plus grand lac naturel de France, se dresse majestueusement le massif de Belledonne. Ses sommets enneigés avec générosité nous renvoient la pureté d’une lumière dynamique, générée par un soleil qui désormais, imposera pour le reste de la journée sa grandeur et sa toute puissance.

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Coralie, Yves et le reste du groupe à l’embouchure du canal de Savière avec vue sur le Lac

La surface du lac présente de légères ondulations, qui ne gêneront en rien notre progression jusqu’à notre destination finale. Le vent a complètement disparu. Les quelques rafales agressives du matin se métamorphoseront en petites brises légères nous caressant le visage avec un peu de fraîcheur, et nous aideront malgré elles à mieux supporter le poids de la chaleur à l’intérieur de nos combinaisons.

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Le Lac du Bourget avec vue sur le massif de Belledonne – © Randovive

Pas le temps d’apprécier davantage le paysage nous entourant. Les proues de nos kayaks s’alignent en direction du Château St Gilles reconnaissable à sa couleur rose, qui pourrait presque nous faire croire que nous prenons l’assaut de ce dernier afin de délivrer une pseudo princesse ressemblant à s’y méprendre aux plus gros clichés de la gent féminine des studios Disney.

Les pseudos princes charmants que nous sommes en ces lieux n’ont en aucun cas l’intention de réveiller la belle, mais plutôt de combler un vide énorme qui s’intensifie à mesure de nos coups de pagaies.

Si dans les contes de fée de notre enfance, les chevelures de ces dames de haut rang, sont pour la plupart de couleur dorée, reflétant le soleil à la manière d’un champ de blé, nous n’en retiendrons seulement que les quelques filaments parfumés d’Emmental mélangé à d’autres ingrédients tels que le Beaufort, le Vacherin et son cousin Suisse Fribourgeois, s’enroulant avec délice autour de ce morceau de pain légèrement rassis d’une croûte brunâtre craquelée suite à la pénétration vigoureuse d’un javelot en acier inoxydable. Ce même morceau de pain pompera de ces interstices le mélange d’un vin blanc chauffé dont les effluves mariées à l’odeur d’un ail raclé au préalable et noyé dans ce trio de fromage fondu cloquant sous l’effet de la chaleur.

Ces quelques pensées furtives qui ne font qu’alimenter notre faim, transmettront toute la motivation pour trouver l’énergie nécessaire afin d’arriver au plus vite à destination.

A la base du Château de St Gilles, la digue séparant son port privé nous indiquera une fois franchie, une masse sombre quelques centaines de mètres plus loin, épousant le lac.

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Vue sur l’Abbaye avec à droite, la pente rocheuse protégeant la grotte de Raphaël – © Randovive

A hauteur de cette même masse viendra se dessiner les contours de notre lieu d’accueil:

« La Grotte de Raphaël »

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La Grotte de Raphaël – ©JP Lesage

Nos kayaks s’échouent sur la plage de galets dont la surface sera recouverte au trois quarts par nos embarcations.

On s’extrait de nos hiloires et quelques uns d’entre nous retirent leurs combinaisons sèches à la manière d’un papillon sortant de sa chrysalide.

Le reste du groupe nous attend avec impatience. Derrière eux, le feu crépite de joie.

Les bouchons des trappes se déclipsent les uns après les autres, révélant à l’intérieur de chaque caisson divers accessoires et victuailles qu’il nous tarde d’extraire au plus vite.

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Les trappes ouvertes pour notre plus grand bonheur – © Randovive

Tout s’organise autour du feu à la manière de nos ancêtres lointains dépeçant leur gibier attrapé après des heures de chasse parfois au péril de leur vie.

Les quelques briquettes de jus de fruit sont quand à elles, réservées à l’âge juvénile.

Pour le reste, bière Belge, blanc, et une cuvée de Royal d’Hautecombe offerte généreusement par Yvan. Un apéritif bien fourni, agrémenté de saucisson, jambon cru, chorizo, et en bonus quelques boites de pâté maison confectionnées par la belle mère de notre ami Rikou. Un délice mélangé à une explosion de saveurs préparant notre palais à l’attraction clé tant attendue de cette journée.

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Yvan et sa cuvé de « Royal d’Hautecombe » – ©JP Lesage

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Une bonne tartine de pâté avant la suite!!! – © Randovive

Les réchauds se mettent en place. Les premières odeurs d’ail frotté sur les caquelons viennent chatouiller nos narines, libérant à l’intérieur de nous mêmes une quantité non négligeable de sérotonine qui viendra stimuler notre appétit.

Le clapotis du flot extrait du goulot de vin blanc viendra jouer les premières notes d’une musique culinaire qu’il nous tarde d’écouter. L’amorce étincelante viendra enflammer le sifflement silencieux du flux de gaz allumant ainsi les uns après les autres dans une vitesse quasi instantanée touts les interstices circulaires rangés en cercle autour du bruleur.

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Raphaëlle préparant la fondue – ©JP Lesage

Quelques minutes après, les premières effluves alcooliques, mélangées à l’ail émietté au fond du caquelon viendront amplifier d’avantage notre frénésie.

Les premiers morceaux finement coupés des ingrédients principaux tombent désormais à l’intérieur de cette bouillonnante musique qui cesse les premiers instants avant de reprendre de plus belle une fois le fromage dilué progressivement dans une danse rythmée par une spatule en bois énergique, aérant le mélange afin d’intégrer au mieux tous les éléments présents et obtenir cette osmose parfaite, parfumée et prête à déguster.

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La fondue enfin prête – © Randovive

Nous sommes trois volontaires à orchestrer cette symphonie, Raphaëlle, Yves et moi même, ajustant les derniers détails avec un soupçon de noix de Muscade et autres ingrédients propres à finaliser définitivement nos préparations. Entourés d’un auditoire dont les papilles gustatives s’emballent d’impatience et prêtes à en découdre.

 

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Yves & Yves préparant la fondue – ©JP Lesage

Seuls au fond de la grotte, imperméables à tout ce spectacle, Thomas et Grégoire s’essayent au « Fire Striker » sous l’oeil bienveillant de Yannick.

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Grégoire et Thomas suivant les instructions de Yannick – ©JP Lesage

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Et ça marche !!!!! – © Randovive

Un premier morceau de pain viendra s’immerger et s’imprégner du mélange finalisé. Je le mets en bouche avant de valider et déclarer la fondue prête à consommer.

Nous entrons tous en danse. Chacun navigant d’un caquelon à l’autre pour comparer, se délecter et apprécier comme il se doit chaque fondue.

Au final, les caquelons seront tous expédiés, certains d’entre nous usant même de leur pics pour racler le restant de fromage séché au fond par l’excédent de chaleur pour ne pas en perdre une miette.

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Affamés !!!! – ©JP Lesage

Yannick nous préparera un bon café à l’aide de sa fidèle cafetière italienne. Cette dernière chauffant progressivement sur l’un des réchauds. Les clapotis de l’eau avoisinant les 100°c métamorphoseront cette dernière en un état vaporeux qui viendra épouser le café moulu et ressortir au sommet du deuxième compartiment dans sa forme finale.

Rikou prendra rapidement le relais en dégainant sa bouteille d’eau de vie à la poire. La ration, bien que minime pour ce genre de breuvage, une fois absorbée, clôturera définitivement le repas.

S’ensuit alors au cours d’une digestion commune, des sujets de conversation diverses, pour la plupart orientés à notre pratique du kayak.

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La convivialité à son apogée!!! – © Randovive

Chaque protagoniste trouve naturellement sa place dans cette communauté improvisée. Personne n’est mis à l’écart. Néanmoins, je fais volontairement exception le temps de quelques minutes pour apprécier comme il se doit cet événement. Je m’assois furtivement près du feu, observant à distance cette convivialité, symbolisant à mes yeux la récompense de toute cette organisation qui, sans la proposition de Yannick en ce Samedi 18 Janvier dernier, n’aurait probablement pas vu le jour cette année.

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Photo de groupe!!! – ©JP Lesage

Le soleil amorce désormais son déclin. L’ombre qu’il projette depuis la grotte, se répand sur le lac. Il nous faut nous hâter et ranger rapidement nos affaires à l’intérieur des trappes étanches. Se remettre en selle et rejoindre l’embouchure du canal avant la nuit.

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Fred & le reste du groupe à l’embarquement pour le retour – ©JP Lesage

Avant de nous réfugier à l’intérieur du canal de Savière, je me retourne face à cette magnifique chaine de Belledonne, scintillant encore sous les derniers reflets lumineux.

Ce tableau de maître, que seule dame nature à la faculté de projeter sous les yeux de ceux qui veulent prendre le temps d’apprécier l’instant, symbolisera la fin de cette quatrième édition de « fondus de kayak ».

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Dernières lueurs sur le massif de Belledonne – © Randovive

Je tenais à remercier tout d’abord Yannick VERICEL de m’avoir sollicité pour organiser cet événement. De mon propre chef, je ne sais pas si j’aurai eu le courage de me lancer dans cette entreprise cette année.

Merci également à tous les protagonistes qui ont participé, ceux qui n’ont pas hésiter à bousculer leur agenda pour nous gratifier de leur présence! Ils se reconnaîtront à la lecture de ces lignes.

De nouvelles idées pour la prochaine édition commencent déjà à gamberger dans ma tête.

Hâte de vous retrouver l’année prochaine!!!!!

CORNETTO Yves

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© Randovive