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Des Alpes à la Mer: Dernier Jour

Jour 14

La Mer

Le réveil n’a jamais été aussi rapide. Comme notre envie d’en finir.

La distance qui nous sépare de la mer n’est plus que de 20 Km.

Le ciel est légèrement nuageux, mais rien de bien méchant. Aucun vent, le Petit Rhône est lisse. Il nous invite à le parcourir de ses derniers kilomètres de façon la plus sereine possible.

Le jour commence à peine à se lever que nous sautons dans nos hiloires.

La sensation est étrange. On a encore beaucoup de mal à réaliser que le périple touche à sa fin.

Le fleuve et sa forme sinueuse se joue de nous, pour faire durer le suspens jusqu’au bout.

Le paysage change, la végétation dense et haute aux abords se fait de plus en plus rare pour laisser apparaître les berges.

On aperçoit rive gauche des cabanes de fortunes montées avec des restes de planches et autres matériaux qui pouvaient traîner dans les environs. Chaque cabane a son propre bateau. Certaines d’entre elles sont travaillées et réalisées soigneusement, mais d’autres sont de véritables taudis.

Les dernières courbes du fleuves approchent, on s’impatiente. Un peu d’appréhension quand à l’état de la mer réputée violente en Camargue. Mais les dernières prévisions météo sont formelles, c’est le calme plat. Information confirmée lorsque je passe un coup de fil à la capitainerie des Saintes Maries juste avant que l’on s’engage dans l’embouchure du fleuve.

L’embouchure du fleuve…

Ca y est! On l’aperçoit au loin, on sent l’odeur de la mer…

Elle nous appelle…

On hésite encore…Comme lors d’un premier rendez vous…

On voit le bout du fleuve, une ligne horizontale parfaite, mais sans fond. On se regarde avec Lionel, en se remémorant les instants forts de notre expédition:

La pluie incessante de notre première journée…

Le portage chaotique de Génissiat…

La traversée de Lyon…

Les rencontres faites (Yannick de « Randovive », Le club de Valence, Paul & Philippe de « La Grande Traversée »).

Tous ces instants précieux et privilégiés qui sont passés si vite.

On prend notre temps, comme coincés dans cette embouchure, en sachant que lorsque nous franchirons la ligne tout sera fini. Notre objectif sera atteint.

On se lance…

La mer nous offre l’une de ses plus belles conditions de navigation. Elle est plate… Ondule à peine. Une sensation de bien être s’empare de nous.

Tout de suite, on sort nos appareils pour immortaliser l’instant que nous sommes en train de vivre… C’est incroyable…

Le soleil restera caché mais qu’importe, la beauté de ce moment est inégalable: « ON Y EST!!!!!! »

La première chose qui nous vient à l’esprit: Contacter de suite Rikou…

Rikou…

Qui par son périple sur le Rhône en 2013, narré avec brio sur le forum kayak, nous a donné l’envie de tenter l’aventure.

On est là, au milieu de la mer en train de converser avec lui. C’est magnifique de pouvoir partager cet instant.

Tout de suite après, on envoie quelques clichés à nos proches.

Le fait d’avoir fait ce périple hors saison apporte encore plus de saveur à cet instant… Tout est calme, seulement quelques pêcheurs perchés sur les digues nous regardent de loin, ne sachant rien de ce que l’on vient d’accomplir.

Je dois m’arrêter là car les mots me manquent pour transcrire toutes ces émotions fortes.

Au total: 560 Km parcourus

Une moyenne de 40 Km par jour

La plus grosse étape: 62,5Km reliant Vernaison à St Vallier.

La plus petite: 14,2 Km de Lyon à Vernaison à cause de la météo capricieuse.

J’ai une pensée pour mon compagnon de route Lionel que je remercie du fond du coeur d’avoir accepté de m’accompagner dans ce périple et d’avoir cru à son succès. Ces deux semaines passées avec lui ont été riches en émotions.

Bien sur, comme cité plus haut, je pense également à Rikou.

Je remercie surtout mon épouse pour la logistique, mais également d’avoir pris sur elle durant tout ce temps pour que notre expédition aboutisse.

J’ai une pensée pour mes parents et mes proches qui m’ont soutenu dans ce projet.

Merci aussi à:

Yannick de « Randovive » pour ses conseils précieux qui nous on permis de passer la ville de Lyon avec Succès. http://www.randovive.fr

Pierrot DESCOTES pour ses cours de qualité et sa pédagogie sans faille sur le maniement de la pagaie.

Lucile « LS COACH » pour toute la préparation physique (gainage, renforcement musculaire) https://www.facebook.com/lucile.lscoach

Je remercie infiniment www.forum-kayak.fr ses administrateurs, mais également ses membres actifs pour leur encouragements et leur messages de soutient.

Sans le forum, ce projet n’aurait jamais vu le jour.

Ce projet, bien qu’il nous ai permis de dépasser nos limites, a aussi été mis en place pour mettre dans la lumière ce sport que nous pratiquons et qui mérite d’être connu.

Ce compte rendu touche à sa fin. On espère avec Lionel que vous avez pu, au travers de ces quelques lignes, photos, et tracés GPS, voyager avec nous.

Je vous dit à très bientôt!

Yves & Lionel…

Des Alpes à la Mer: Jour 13

Jour 13

Un avant goût de victoire.

Dés le lever du soleil, nous quittons notre bivouac en direction du Petit Rhône. En amont d’Arles, le fleuve se sépare en deux:

Le Grand Rhône

Bras principal du fleuve où transite les navires commerciaux, péniches, et autres et tout le vacarme qui va avec. C’est le trajet le plus court pour rejoindre la mer.

Le Petit Rhône, celui que nous empruntons est, quand à lui beaucoup plus sauvage.

Après une petite heure à pagayer, nous voilà donc à cette intersection. Sans plus attendre nous rejoignons le Petit Rhône.

Le bruit incessant des usines et zones industrielles qui jonchaient le fleuve s’éloigne petit à petit, faisant place à un calme et une sérénité sans précédent. La planéité de l’eau est parfaite. Un vrai miroir sur lequel glisse paisiblement nos kayaks. J’entends à peine le bruit des petites vagues générées au contact de l’étrave.

Ce bras du fleuve n’a rien à voir avec le Rhône que j’ai connu jusqu’à maintenant. Il est sinueux, se dévoilant à nous timidement, toujours dans un silence absolu.

Vers midi, on arrive à une nouvelle bifurcation. Le Petit Rhône lui continu toujours son chemin, mais sur la rive droite, une écluse imposante ouvrant les portes au canal menant à Sète. On décide de faire notre pose casse croûte aux abords de cette écluse. Le soleil, qui depuis le début de notre périple se faisait timide, est maintenant écrasant. Pendant notre repas, on constate que nos réserves d’eau ne seront pas suffisantes pour aller jusqu’au bout du périple. Avec Lionel, nous nous dirigeons vers les locaux de l’écluse pour tenter notre chance. Nous rencontrons une personne fort sympathique des Voies Navigables de France qui nous vient en aide. On en profite pour discuter un peu et lui présenter notre projet et nos kayaks.

14h00.

On vise entre 45 & 50 Km pour cette journée.

Toujours dans les bras sinueux du Petit Rhône sous cette chaleur écrasante, nous continuons notre route.

17h00

Notre kilométrage visé approche. Il est temps de commencer à chercher une aire de bivouac. Autre particularité du Petit Rhône, les plages se font très rares, les abords du fleuve sont encombrés d’arbres, impossible d’y accéder.

Mais à force de patience et de persévérance, nous accostons sur ce qui sera probablement le plus beau spot de notre expédition pour passer notre dernière nuit sur le Rhône.

Au total 49 Km parcourus.

Demain, si la météo ne change pas, notre arrivée aux Saintes Maries de la Mer sera prévue pour la demie journée. Il nous reste à peine 20 Km à faire.

J’ai encore du mal à y croire. Nous sommes dans un état proche de celui d’un enfant croyant encore au Père Noël la veille du jour J.

Hâte de goûter à la finalité et la victoire de cette expédition.

Croisons les doigts.

Des Alpes à la Mer: Jour 12

Jour 12

Tout reste à faire…

7h30

Pour éviter un long portage et d’embarquer dans des conditions infernales, on décide avec Lionel de mettre nos kayaks à l’eau sur le canal du Rhône juste devant le camping d’Avignon. En effet, ce tronçon du fleuve rejoint vite son lit principal et la distance du trajet ne varie guère.

On se paye même le luxe de parier sur le mistral pour atteindre des vitesses folles et boucler le plus rapidement possible cette avant dernière étape. Une motivation sans faille nous envahie, mais également la certitude de terminer ce périple « facilement ».

Mais comme dit le proverbe: On ne vend pas la peau de l’ours….

Les 5 premiers kilomètres se passent sans encombres. Le vent nous accompagne, il est régulier, quelques petites rafales mais rien de bien méchant.

Seulement voilà, en fin de matinée, le mistral s’affole, il devient violent, soulève des vagues sur le Rhône, on se croirait en pleine mer. Tant que nous l’avions dans le dos, on arrivait plus ou moins à gérer notre navigation. Malgré tout, cette irrégularité influença notre vitesse pour faire tomber le GPS à une moyenne de 5 Km/h. Le barrage de Vallabrègues nous semblait loin, hors de portée. C’était très difficile psychologiquement car en plus de cela, ce barrage a une importance capitale à nos yeux car il s’agit du dernier ouvrage à franchir avant de rejoindre la mer.

Quelques kilomètres en amont, les vagues générées par le mistral commencèrent à nous frapper de travers, il fallait sans cesse corriger la gîte sous peine de finir à l’eau.

A un kilomètre avant la rampe, on décide de sortir nos kayaks quittes à porter sur une plus longue distance.

Arrivés au barrage, on constate que l’on a fait le bon choix. Des vagues impressionnantes frappent sans relâche la structure en béton.

Impossible pour l’instant de remettre à l’eau. Cette situation pourrait mettre en péril notre expédition.

Autre problème et pas des moindres, un habitué des lieux, travaillant pour la CNR nous déconseille de bivouaquer à proximité du barrage, dealers et autres personnes louches fréquentent régulièrement cet endroit à la tombée de la nuit.

Nous sommes donc cernés.

On repère malgré tout une ancienne rampe éloignée et à l’abri donnant sur un lit annexe au Rhône. La mise à l’eau risque d’être un peu délicate, mais qu’importe. On est loin de la route et de la zone fréquentée par les dealers.

On décide d’attendre un miracle pour que le mistral faiblisse un peu…

15h30.

On hésite, et finalement on tente le coup.

Direction, le dernier seuil, celui de Beaucaire, qui symbolisera par la même occasion le dernier portage de notre périple avant de rejoindre la mer.

La rampe de débarquement en amont du seuil est facile à trouver. Mais pour le reste, l’embarcation en aval se fait difficilement sur des rochers.

Bref, on passe ce seuil et on continue notre chemin. Reste maintenant à trouver un coin improvisé pour le bivouac.

En aval d’un champ d’éoliennes, on aperçoit des plages magnifiques. Je consulte mon GPS pour vérifier si elles sont loin des chemins, et en effet, rien à signaler.
Au lieu des 50 Km que l’on s’était fixé au départ, on en aura parcouru 32. Notre objectif n’a donc pas été atteint, mais le kilométrage réalisé n’est pas ridicule. On reculera par contre d’un jour notre arrivée aux Saintes Maries de la Mer pour Vendredi.

Des Alpes à la Mer: Jour 11

Jour 11

… On y danse, on y danse…

La veille, à notre bivouac, on décide avec Lionel de changer nos plans.

Etant donné l’avance que l’on avait sur notre timing, on change de fusil d’épaule pour faire une étape volontairement facile et faire escale au camping d’Avignon.

Cela va faire trois nuits que nous bivouaquons et une bonne douche digne de ce nom nous fera le plus grand bien. D’autant qu’il faut impérativement en profiter pour recharger les batteries des téléphones etc… Afin de pouvoir continuer à vous faire partager cet aventure.

L’étape en elle même ne sera pas très longue, environ 23 Km.

On quitte donc notre bivouac. Fort heureusement le niveau du Rhône n’a pas trop varié. Le mistral commence à souffler et gagner en intensité, et c’est tant mieux. Avec cette aide précieuse, notre vitesse arrive à grimper à 5 km/h, et ceci sans pagayer, mais la force du vent nos oblige quand même à utiliser le gouvernail.

On arrivera très vite au barrage de Sauveterre pour notre unique portage de la journée.

Si la rampe de débarquement est acceptable, il en est tout autre chose de celle en aval. Cette dernière présente une forte pente avec deux rails en bois qui, sur la fin sont détériorés laissant apparaître des tiges filetées menaçant d’abîmer nos kayaks mais également nos jambes. Et pour ne pas arranger les choses, elle est encombrée à la mise à l’eau par quelques arbres et feuillages.

Toute une mission donc, pour remettre à l’eau. On a une petite pensée pour Rikou mais également pour Pierrot Descotes en se demandant comment ils ont pu faire (tous seuls) ces portages titanesques.

On embarque donc péniblement dans des contres courants qui nous « collent » à la berge. Difficile de s’en extraire. Un peu plus loin, on rejoint les courants bienfaiteurs qui nous mènerons avec l’aide du mistral rapidement à Avignon.

J’avais sur Google Map repéré le camping qui, d’après la photo satellite était placé juste au bord du Rhône. Je m’extasiais déjà devant une arrivée triomphale dans cette ville magnifique. J’ai vite déchanté en m’apercevant sur place que la berge était dépourvue de rampe. Seul un quai qui servait tous les quarts d’heures à une navette fluviale était disponible. On décide donc péniblement d’extraire nos kayaks de l’eau en utilisant ce quai pour ensuite trouver l’entrée du camping. Au final, encore une galère de plus. Le camping était bien à côté du Rhône, mais il fallait porter sur au moins 600m et faire le tour complet pour trouver l’entrée.

13h30

On s’installe enfin sur notre emplacement.

Après une bonne douche, direction le resto pour un bon repas bien copieux.

On prend notre temps et décidons ensuite de visiter Avignon.

Demain, on prévoit une étape de 53 Km environ, et si ma météo est avec nous, on commencera à bifurquer dans le « petit Rhône ».

Des Alpes à la Mer: Jour 10

 

Jour 10

52 Km parcourus.

Cette journée se distingue par son parcours le plus long sans portages soit 41 Km entre le barrage de Donzère à celui de Caderousse.

On se sépare de nos compères de la Grande Traversée le matin même. On a un peu du mal à se quitter. On se promet de se revoir un jour, pourquoi pas à l’open canoë l’année prochaine.

Je ne sais pas si c’est la météo qui change, ou le fait que l’on approche vers le sud (ou peut être les deux), mais pour la deuxième fois consécutive à notre réveil, la tente n’est pas humide. On gagne un temps fou sur la journée sans avoir à la faire sécher.

On met le cap sur le barrage de Donzère. Le temps est nuageux et le soleil ne percera pas cette couche de toute la journée.

On arrive donc à notre premier portage. Rien a signaler. Bien que très long (1,4 Km), il se fait sans encombres.

Et c’est à nouveau sur le vieux Rhône que nous embarquons. On regarde nos GPS qui commencent à s’affoler et nous annoncer des chiffres impressionnants. 14Km/h voir des pointes à 17. On explose en même temps notre moyenne de déplacement depuis le début de l’aventure qui plafonnera à 7,8 Km/h.

Rapidement nous arrivons à Bourg St Andéol. Etant en avance sur notre timing, nous décidons d’aller dans le village prendre un café et nous ravitailler en eau. Lionel en profite pour passer à la boulangerie acheter pains au chocolats, pizzas et quiches pour midi.

On reprend notre périple sur le même rythme affolant qu’au départ. On jubile en se disant qu’à cette vitesse, on sera vite à la mer.

Malheureusement cela ne va pas durer.

Après être passés devant Pont St Esprit, le courant s’arrêt net, et il va falloir pagayer pendant des heures avant d’atteindre le barrage de Caderousse. On termine les derniers kilomètres monotones pour atteindre l’ouvrage.

On cherche la rampe de débarquement, celle ci est jonchée de bois morts et déchets en tout genre.

Le portage en lui même n’est pas très long, mais la planéité du chemin laisse à désirer. Il faut emprunter la route pendant une dizaine de mètres mais celle ci est dépourvue de trottoir ou de zone cyclable. Il faut faire vite si l’on ne veut pas être écrasé.

La sangle du chariot de Lionel s’arrache alors qu’on est à quelques mètres de la rampe d’embarquement. Bref, on improvise une petite réparation. Pour ce qui est de la rampe, sur les derniers mètres elle est encombrée de rochers, feuillages, etc… On est contraints à ranger les chariots et porter les kayaks jusqu’à l’eau.

On cherche maintenant un nouveau spot de bivouac. J’ai repéré au préalable sur google map un endroit qui pourrai faire l’affaire et bingo! Une belle petite plage de galets avec derrière les feuillages un petit passage menant à une petite clairière pour planter nos tentes.

Seul hic, on est à peine à 1 mètre au dessus du Rhône. Va falloir guetter de temps en temps une éventuelle montée des eaux. Mais le Rhône étant bas depuis un moment et qu’aucune intempérie n’a eu lieu, je reste malgré tout confiant.

Des Alpes à la Mer: Jour 9

 

Jour 9

7h00

Nous nous mettons en route en aval du barrage de Charmes sur Rhône.

Objectif de la journée, réaliser entre 40 & 50 Km, mais surtout, essayer de rejoindre l’équipe de la Grande Traversée (Paul & Philippe) qui ont décidé de relier Genève à St Nazaire en canoë, soit environ 1400 Km.

Ils sont partis trois jours avant nous de Genève, mais à mesure de notre progression, l’écart se rétrécit, et il est fort probable qu’on arrive à les rattraper dans la journée.

Direction donc le barrage de Pouzin. Nous passons devant un petit village charmant: « La Voulte sur Rhône ».

Le village de Pouzin se dessine devant nous par la suite. Ambiance beaucoup plus industrielle et moins bucolique que la Voulte sur Rhône.

On aperçoit deux éoliennes gérées par la CNR. C’est la première fois que j’ai l’occasion d’en approcher de si près.

Le portage du barrage de Pouzin se passe sans encombres, et on décide de rejoindre celui de Rochemaure pour faire notre pose déjeuner.

On traverse le petit village de Baix, très charmant.

Juste après, au loin se profile les 4 cheminées de la centrale nucléaire de Cruas. On peut l’apercevoir de l’autoroute A7. Comme celle du Bugey, elle impressionne par sa taille.

Un vent de sud se lève, on est obligé d’augmenter légèrement notre rythme si l’on veut tenir notre objectif. Et en parlant d’Objectif, je remarque une petite embarcation à environ 1 ou 2 km devant nous entrain de rejoindre le barrage. J’en suis pas certain, mais il y a de fortes chances pour qu’il s’agit de Paul & Philippe. Je passe un coup de fil à Paul et Bingo! C’est bien eux.

On décide de s’attendre à la rampe de débarquement et de déjeuner ensemble. L’occasion d’échanger sur notre passion commune et bien plus encore.

On naviguera ensemble tout l’après midi pour ensuite partager un superbe spot de bivouac pour la nuit.

Je vous recommande ce lien si vous voulez suivre le projet de Paul & Philippe « La Grande Traversée ».

https://www.facebook.com/LGTencanoe/

Des Alpes à la Mer: Jour 8

Jour 8

Nous avions des étoiles dans les yeux la veille au soir après avoir accompli l’une de nos plus belles étapes.

Retour brutal à la réalité ce matin vers 6h00. Réveil sous la pluie. A ne rien y comprendre car la météo n’annonçait rien de ce genre.

Bref, ça a duré jusqu’à notre départ: 8h00.

Mise à l’eau à la rampe d’embarquement de St Vallier. Direction 7km plus loin au barrage d’Arras. Une fois sur place on croise des pêcheurs peu loquaces. j’irai même jusqu’à dire que notre présence les dérangeaient plus qu’autre chose.

Bref, on embarque en aval pour profiter d’un calme olympien qui nous est offert par le vieux lit du fleuve.

Difficile ce matin de trouver un rythme, je m’endormirai presque sur le kayak. Je pense que c’est le contre coup d’hier.

Nous arrivons à Tournon sur Rhône. On croise beaucoup d’avirons. A croire que c’est le sport local. Leur bateau d’assistance se dirige vers nous pour papoter un peu. On lui présente notre projet qui suscite un grand intérêt de sa part.

Direction le barrage de la Roche de Glun où nous en profiterons pour faire sécher nos tentes et se restaurer un peu… Un peu… Je dirai même beaucoup en ce qui me concerne. J’ai même du mal à pagayer en début d’après midi.

Nous approchons de Bourg les Valence. Un petit vent nord nous aide dans notre progression. La ville vue du Rhône est magnifique.

On aperçoit au loin des kayakistes. Il faut reconnaître que notre sport n’attire pas beaucoup de monde et que ça fait toujours plaisir de croiser des congénères. Il s’agit du club de kayak de Valence qui fait une journée portes ouvertes. La discussion ainsi que les échanges s’engagent. Ils sont fort sympathiques et nous invitent même à boire une bière près de leur local. Petite visite de ce dernier avant notre départ. On s’échange nos adresses web et nous reprenons notre route escortés quelques centaines de mètres par un kayakiste de leur club.

On peine à trouver un endroit pour bivouaquer… Il faudra faire un dernier portage pour passer le barrage de Charmes sur Rhône et apercevoir enfin le lieu idéal au bord du vieux Rhône.

Des Alpes à la Mer: Jour 7

Jour 7

Une revanche en perspective.

La journée d’hier était difficile à avaler… 14Km… Nous étions restés sur notre faim avec l’envie d’en découdre le lendemain.

Le moral était à sec. Mais c’était sans compter sur notre ami Rikou qui a eu la gentillesse de venir nous rendre visite à notre bivouac avec Pastis, bières, saucisson fromages, etc…. Bref de quoi nous donner le sourire et nous motiver pour demain.

Demain…

Levés à 5h00, nous avions pris un peu large sur l’horaire et étions prêts avant le lever du soleil. Il a fallu patienter 20 bonnes minutes avant de mettre à l’eau.

Ce que j’affectionne plus particulièrement dans le kayak se sont justement les randonnées matinales. Tout le monde est encore couché, seule la nature s’exprime.

A mesure que nous pagayons, les rideaux de brume sortis du fleuve se dissipent dans l’atmosphère. L’ambiance était magique.

Cap sur Givors.

Lors de mes repérages, beaucoup de kayakistes m’avaient recommandé de ne pas faire un arrêt dans cette ville. C’est vilain, et mal fréquenté.

Pour ce qui est de la fréquentation, ce sera difficile à vérifier, mais pour le reste je confirme… C’est vraiment moche, et par dessus le marché, des odeurs d’hydrocarbures nauséabondes nous ont accompagnés pendant au moins 5 Km.

Bref, on pagaye avec un rythme légèrement au dessus de la moyenne pour sortir le plus vite possible de cette horreur.

Vienne se dessine petit à petit devant nos yeux. Reste encore le bruit infernal des voitures qui vont et viennent sur l’autoroute.

La ville est magnifique, encore une autre différence par rapport au Haut Rhône, l’architecture des maisons change.

On continue jusqu’au barrage de Vaugris. Une brume épaisse nous attend et nous bloque les rayons du soleil.

Curieusement, juste après avoir franchi cet ouvrage, on retrouve le soleil, et un Rhône toujours aussi large, mais beaucoup plus calme.

On commence à croiser régulièrement des péniches. Je dois dire que leur taille imposante ne me laisse pas indifférent. On s’écarte tout de suite à leur passage, et pour terminer, dans leur sillage, on ondule sur de belles vagues.

On arrive sur la commune de Condrieu. On aperçoit au loin une multitude de vignobles, c’est magnifique.

Cette ambiance paradisiaque sera vite effacée une fois arrivés face à la centrale nucléaire de St Maurice de l’Exil.

Juste après, le barrage de St Pierre de Boeuf. On en profite pour manger et faire sécher nos tentes.

On embarque sur le vieux lit du Rhône dans une réserve interdite.

Interdite, mais nous faisons exception car la nature de notre randonnée est transitoire et ne nous laisse pas d’autres choix que de passer dans cette réserve. On a d’ailleurs rencontré les gardes forestiers à Sablons qui nous on bien confirmé qu’il n’y avait pas de soucis nous concernant.

La fin de la journée approche. Au départ, nous avions prévu notre arrivée vers le barrage d’Arras. Mais le camping de St Vallier, quelques kilomètres plus tôt à retenu notre attention.

Une bonne douche bien méritée et un bon repas pour marquer le coup sur la plus grande étape que l’on a réalisé depuis notre départ de Genève: 62 Km

En arrondissant le total des étapes parcourues, nous sommes fiers d’avoir réalisé plus de la moitié du parcours soit: 280 Km.

La journée de demain s’annonce bonne, on en profitera également pour avaler les kilomètres.

Des Alpes à la Mer: Jour 6

Jour 6

A l’heure où j’écris ces quelques lignes, je suis submergé par une frustration énorme, et la sensation d’un travail inachevé.

Tout avait pourtant si bien commencé…

La veille à Lyon, on a pu nettoyer nos vêtements, manger un vrai repas, dormir avec un vrai oreiller, recharger les batteries des téléphones, GPS, etc… Bref, on était au top pour repartir le lendemain et avaler les kilomètres.

A notre réveil, on constate que le vent commence à se lever. Je fais un point météo sur Windguru et demande l’avis à notre ange gardien Rikou. Ce dernier nous annonce rien de bon et nous déconseille de partir dans ces conditions.

Nos kayaks étant déjà chargés, on se rend au port.

Et là commencent les ennuis.

Sous le poids du portage, la boucle avant de mon kayak casse net. La vis s’est arrachée et le filetage avec. Fort heureusement, le bateau étant équipé d’une boucle anti vol, j’utilise celle ci avec une corde pour continuer.

Deuxième ennui: La vis ainsi que la rondelle retenant les roues du chariot sont tombées. Après quelques centaines de mètres en sens inverse, je parviens à retrouver la vis et la rondelle. Ouf!

Le vent souffle et gagne en puissance, avec lui, les nuages gorgés d’eau.

On ne prend pas de risques et préférons se réfugier dans une brasserie autour d’un chocolat et d’un café.

Il faudra attendre le début d’après midi pour voir la situation évoluer. On en profite avant pour manger dans cette même brasserie.

13h30

On embarque donc au port de Confluence, descendant la Saône pour rejoindre le Rhône. Je constate un franc contraste et je me rend compte en flirtant avec cette partie du fleuve que je ne connais pas encore, la différence entre le Haut Rhône et le Rhône au sud de Lyon. Celui là est large, beaucoup plus large, beaucoup de bateaux circulent, et j’aperçois même la signalisation VHF indiquant le canal à utiliser. J’en profite pour tester ma radio (qui me servira en mer). Tout fonctionne 5/5.

La couleur de l’eau, les odeurs avoisinantes me font regretter le Haut Rhône. On pénètre dans la zone industrielle de Lyon et les désagréments qui vont avec: Vas et Viens incessant des voitures sur l’autoroute du soleil, déchets flottants (bouteilles en plastique, etc…).

Heureusement, l’arrivée au barrage de Pierre Bénite et le portage qui va avec nous feront oublier tout cela.

On découvre à nouveau l’ancien lit du fleuve, et c’est après avoir passé en dessous du pont de Vernaison, quelques kilomètres après que nous établissons notre bivouac.

Demain et pour les 3 prochains jours, la météo semble être de notre côté.

Notre objectif, même si il semble irréalisable, est de rejoindre le barrage d’Arras soit 70 Km à faire. Nous prévoyons notre réveil vers 5h30 pour un départ à 6h30. On verra jusqu’où on peut aller, mais le temps presse et si l’on veut caresser l’espoir de voir la mer avant que la météo ne change il va falloir mettre les bouchées doubles et oublier cette étape minable d’aujourd’hui (15 Km).